And sparkle sounds to say.

« So, how are you holding up ? Because… I'm a potatoe. »

Stockholm

Quatrième et dernière journée — 06.11

Après avoir une nouvelle fois croisé la même mamie et le même groupe de Russes dans la cuisine en avalant mon bol de céréales, je me lance dans la fraîcheur lumineuse de ce lundi matin avec pour objectif de profiter au mieux de cette dernière journée suédoise. Il y a davantage de monde dans les rues, les métros et bus sont plus nombreux, pas de doute, la semaine a bel et bien recommencé.

 

Je grimpe dans le métro au coin de ma rue, ce qui est presque devenu une habitude. Changement de ligne et je me retrouve au terminus, au bord de Stockholm, à l’extrémité du Lidingöbron, le pont de Lidingö qui mène à l’île éponyme. Un peu d’attente saupoudrée des rayons du soleil matinal et je récupère le tramway qui parcourt la côte Sud de l’île. Sur la partie Nord, on trouve une réserve naturelle, sans doute un peu à l’image de Tyresta, mais accessible uniquement en bus et je ne pouvais pas y passer la journée. Une prochaine fois, lors d’un prochain voyage. Dans les tramways suédois, il n’y a pas de machine permettant aux voyageurs de valider leur titre de transport : c’est un agent qui vient avec son valideur voir chaque personne montant dans la rame, une fois que celle-ci est installée. Je ne sais pas trop si mes interlocuteurs du moment ont cru à mon « Hej ! » timidement suédois.
 

Millesgården, une esplanade qui fait face à la baie et accueille un grand nombre de sculptures, est fermée, je descends donc plus loin, à peu près au centre de l’île, à Brevik. Quelques minutes de marche m’amènent autour du lac Kottlasjön. À l’ombre des pins et dans les bras de la forêt silencieuse, la température descends et je retrouve la fraîcheur du début de semaine. Sur les bords du lac se trouvent de nombreux villages et il est impossible d’écarter les bâtiments et autres constructions de ce paysage. Je reprends le tramway et continue jusqu’au terminus, Gåshaga Brygga, qui se trouve à quelques pas du bord de mer. Je m’assieds au bord du quai et contemple l’étendue d’eau qui me fait face. À cet endroit, les îles sont un peu plus éloignées et on est plus facilement frappé par l’ampleur de la baie, du ciel bleu clair et des eaux sombres.
 

Encore une fois, je suis agréablement surpris de constater à quel point il est facile et rapide de s’éloigner du centre-ville de la capitale pour se retrouver dans un endroit si silencieux. Quelques vagues clapotent gentiment contre la jetée, je sens un peu de vent me frapper le visage et je m’accorde quelques minutes pour souffler un peu. L’instant est d’une rare sérénité et frôle tout juste la perfection. Je me sens presque vulnérable, à quelques centimètres au-dessus de ces eaux glacées.
 

 

Je parviens à trouver l’énergie de partir et erre quelque temps sur le petit port qui se trouve à proximité avant de reprendre le tramway en sens inverse, puis de récupérer le métro. Je le quitte en centre-ville et tombe sur un supermarché Hemköp qui propose un très riche bar à salade. Je m’empresse de composer la mienne avant de repartir en direction de Djurgården, en allant cette fois jusqu’à l’extrémité de l’île, bien après le parc Skansen. Je m’égare paisiblement dans les bois, croisant quelques personnes suivant leur propre chemin, seules pour la plupart. J’entends quelques oiseaux piailler dans les branches mais aucun écureuil ne se laisse apercevoir. Mes pas m’amènent à une petite colline, celle-ci est surplombée par un rocher éclairé par les quelques rayons du soleil qui percent à travers les arbres, et j’en fais mon lieu de pause pour midi. Encore une fois, je suis tout seul et même avec les échos du brouhaha citadin en arrière-plan, il est très facile d’apprécier le lieu et l’instant. Je déjeune tranquillement, emmitouflé dans mon manteau, mes gants et mon bonnet, avant de repartir calmement vers le Nord, longeant la côte de l’île que je n’avais pas encore découverte. Sur mon chemin, je rencontre la Femme oeuvrant pour la paix, une statue dédiée à la non-prolifération et au désarmement des armes nucléaires. Une rencontre imprévue mais surprenante et très juste, qui résonne particulièrement avec le prix Nobel de la paix 2017 décerné à l’ICAN, la campagne internationale pour l’abolissement des armes nucléaires.
 

 

Je rejoins les abords du Nordiska Museet et je peux alors reprendre le tramway pour retrouver le centre-ville.

J’ai encore l’espoir de pouvoir découvrir quelques éléments de Stockholm donc je vais rapidement retrouver l’île de l’hôtel, Södermalm, pour marcher jusqu’à l’église Sofia. Je crois que c’est la plus haute de la ville, particulièrement car elle se situe au sommet d’une butte. L’intérieur de l’édifice est plutôt carré-circulaire et je n’y vois pas d’autel, contrairement aux églises qu’on peut rencontrer en France. Je me demande presque si elle sert encore à des offices religieux par le centre est occupé par un orchestre vers lequel sont tournés tous les sièges. Toutefois, je décide de laisser la question sans réponse, ne prenant pas vraiment la peine de déchiffrer le suédois inscrit sur les quelques plaquettes explicatives. Je continue mon exploration jusqu’à Gamla Stan au coeur de laquelle je découvre encore des ruelles, cafés, places et statues. Je me rends à Storkyrkan, juste derrière le musée Nobel, qui est encore ouverte malgré la nuit qui tombe. Elle ressemble davantage aux églises « classiques » avec une forme de croix et un aménagement vaguement identique. À ma grande surprise, j’y trouve aussi une scène digne d’un livre de fantasy avec une statue dite de « St George et le dragon », où monsieur a sauvé la princesse à la condition de convertir la population au christianisme. C’était inattendu.
La nuit est maintenant tombée et les établissements touristiques ferment petit à petit leurs portes. Je me promène un peu sur Helgeandsholmen, petite île coincée derrière Gamla Stan qui comporte le siège du parlement — Riksdaghuset — et le musée médiéval de Stockholm. En bon touriste, je continue mon chemin sur Drottninggatan, longeant toutes les boutiques de souvenirs, malheureusement bien commerciales et peu authentiques — en témoigne le fait qu’elles sont intégralement en anglais —, les grands magasins et leurs baies vitrées. J’achète une carte postale et rejoins Sergels Torg, la place et station centrale de la ville au milieu de laquelle se dresse un obélisque facile à repérer car illuminé d’un rose pétillant, ce qui lui vaut a priori nombre de surnoms par les habitants de Stockholm…
 

Plus tard, je retrouve l’auberge de jeunesse qui s’est brusquement vidée de nombreux convives : nous ne sommes plus que deux dans le dortoir de huit personnes, la cuisine et les couloirs sont vides. Les voyageurs tournent, s’en vont et viennent, chacun vers son tour du monde, vers sa famille, ses amis, ses envies de découvertes, ses plans prévus ou tracés à la hâte, ses idées vagues et sa curiosité.
 

 

Demain, je prends à nouveau l’avion — cette fois pour un trajet direct — afin de retrouver la banlieue parisienne. J’ai du mal à me rendre compte que j’ai plus souvent pris l’avion en un an qu’au cours des 24 années précédentes.
 

 

Je ne pense pas rajouter de paragraphe à cet article, les contrôles de sécurité et l’inévitable pointe de mélancolie du retour mêlée à la joie de retrouver les chats ayant peu d’intérêt. En revanche, je compte bien entamer quelques heures de la prochaine nuit pour en corriger les fautes qui doivent s’y trouver et rajouter quelques détails qui me reviennent en tête.
 

 

Ce premier séjour en Suède se solde par beaucoup de jolis souvenirs, plus d’une pellicule de photos pour inaugurer mon nouvel argentique, quelques mots suédois, d’innombrables et précieuses découvertes et surtout, l’envie d’y revenir. Revenir goûter à la fraîcheur des matinées de Stockholm, à la pénombre de Fotografiska, aux accents inconnus sur des voyelles imprononçables, découvrir les nombreuses îles de l’archipel et les régions se trouvant plus au Nord. À bientôt.
 

J’espère avoir rapidement l’occasion de voyager à nouveau.
 

 

Linguistique :

« Hej ! » — Salut !
« Hur mår du ? » — Comment vas-tu ?
« Jag mår bra ! » — Je vais bien !
« Va ligger Ikea ? » — Où se trouve Ikea ?
« ABBA är mitt favoritband ! » — ABBA est mon groupe préféré !
« Jag älskar dig / arktiskt klimat ! » — Je t’aime / J’aime le climat arctique !
« Tack ! » — Merci !
(Lignes totalement tirées du tableau de « cours rapide de suédois » à l’entrée du Skanstulls Hotel, que je conseille vivement à toute personne souhaitant voyager à bas prix et dans une atmosphère chaleureuse.)

« Tänk på avståndet mellan vagn och plattform när du stiger av ! » — Pensez à la marche en descendant du train !
 

 

Troisième journée — 05.11

Ce matin, j’ai croisé les mêmes personnes qu’hier soir en cuisine. C’est drôle, l’un d’eux était assis exactement au même endroit, devant son ordinateur, à tel point que je me suis demandé s’il n’avait pas passé la nuit ici. Pourquoi pas, après tout ?

Hier soir, après dîner, j’ai rejoint les quais au sud de l’île pour une promenade nocturne, entre les bateaux et les habitations. La rive d’en face est proche et cette fois on ne peut se détacher des sons de la ville. La nuit reste apaisante malgré tout. Je me perds une nouvelle fois, mal orienté.

La petite mamie et la personne l’accompagnant se sont préparé un copieux petit déjeuner, plus que ne pouvait en supporter la table. À l’extérieur, le ciel était d’un gris uni. Je descendis prendre le métro avant de récupérer la plus vieille ligne de tramway de Stockholm encore en service qui m’amène sur Djurgården, quelques minutes après l’ouverture du Nordiska Museet, le musée de l’histoire culturelle de la Suède. J’avais omis cet adjectif, ce fut la première déception de ce voyage. Les expositions étaient, certes, riches et exhaustives mais orientées autour de l’aménagement des maisons suedoises, des habitudes vestimentaires, des jouets, des lampes… Des thèmes auxquels j’ai eu du mal à m’intéresser, ayant déjà peu de prise sur la Suède elle-même. L’une des expositions évoquait toutefois le peuple Sami et particulièrement les détails et éléments linguistiques associés au mélange de cette civilisation aux Suédois vivant plus au sud. C’était très intéressant car j’ignorais totalement l’existance de cette population mais je manquais de recul et de connaissances historiques sur le sujet pour pouvoir, là encore, complément plonger dans le thème. Par ailleurs, je vois là mes limites dans ma maîtrise de l’anglais : j’ai beau le comprendre dans sa globalité, lire des descriptions précises et denses est difficile et rapidement épuisant. Je ressortais un peu frustré de ce musée et ajoutais à ma liste l’Historiska Museet qui promettait d’exposer l’histoire scandinave de façon plus large.

Un peu de marche m’amena à Kungsträdgården, le « jardin du Roi » qui est une longue esplanade menant aux quais et à l’un des ponts reliant l’île de Gamla Stan au continent. En ce dimanche de milieu d’automne, la place était un peu vide mais il ne fait aucun doute qu’elle doit bouillonner d’activité en plein été ou même lors des festivités d’hiver. Non loin de là se situe Strömkajen, point de départ de nombreux ferries à destination d’autres quartiers de la ville, de points plus distants dans l’archipel ou bien proposant de petites croisières de découverte de Stockholm. Je longeai les quais et les bateaux pour me rendre sur Skeppsholmen, « l’île aux bateaux » au nom plus qu’approprié. Le long de l’un des quais se trouve le navire af Chapman, ancien voilier irlandais aujourd’hui reconverti en hôtel d’un blanc éclatant. Il paraissait déjà majestueux, quelques jours plus tôt, aperçu depuis l’autre côté de la ville, il l’est tout autant à quelques mètres seulement. Skeppsholmen a la particularité d’héberger plusieurs familles vivant sur leur bateau. Ceux-ci étaient amarrés de l’autre côté de l’île et bon nombre d’entre eux sont de vieux bateaux ayant subi des rénovations et restaurations pour leur redonner leur prestance d’origine. Un très joli ensemble de toutes les époques.
 

 

 

D’anciens bâtiments jalonnent également les lieux, hauts et imposants, tels qu’une ancienne usine de torpilles ou un restant de chantier naval. L’île accueille également plusieurs musées. Sur l’une des places, faisant face à un restaurant fermé pour le moment, se trouve une sorte de borne autour de laquelle étaient accrochées toutes les boîtes aux lettres bariolées correspondant aux différents habitants des bateaux. De nombreuses ancres sont posées sur les quais, comme des monuments à l’honneur de navires oubliés. Je continuai mon chemin jusqu’à Kastellholmen, accessible à pied, qui comporte un château du XIXè siècle, de brique rouge, faisant face au vent avec un drapeau suédois flottant à son sommet. Cette petite île forme une butte, aussi quand on se retrouve de l’autre côté du château on domine une bonne part de la baie de Stockholm, c’est un très joli point de vue. Enfin, tout au bout de l’île se trouve le bateau tre kronor, dédié à l’éducation et à la découverte de la mer Baltique, qui a été bâti selon d’anciennes techniques et qui était actuellement en cours d’aménagement. Un chantier naval a toujours quelque chose d’un peu magique.
Le ciel est un peu terne et malgré une superbe vue sur les autres pans de la ville, je ne parviens pas à en faire de jolies photos. N’ouvrant qu’à ƒ/3.5, l’objectif qui m’aurait permis de prendre quelques images avec un plus grand angle peine un peu à absorber suffisamment de lumière. Fort heureusement, j’utilise avec succès mon 50mm ƒ/1.4 pour obtenir des images correctes. C’est lors de mes pas sur cette île que je finis les 36 poses de ma pellicule couleur.
 

Projetant de visiter le musée Nobel et les églises de Gamla Stan, je m’attardais dans la vieille ville pour prendre un chocolat chaud — qui n’a rien d’une spécialité suédoise — avant de m’apercevoir que l’Historiska Museet, comme le Nobel, étaient fermés le lendemain. Je repris donc en vitesse le métro pour rejoindre la place Karlaplan et son grand plan d’eau, malheureusement vide à cette période de l’année. Quelques mètres plus tard, j’entre — gratuitement — dans l’Historiska et je parcours avec joie les différentes expositions évoquant le passé de la Suède. Une première partie se concentre sur les Vikings, leur mode de vie et les rites qu’ils mettaient en oeuvre. Les archéologues et historiens font un lourd travail de déductions et de suppositions pour établir des faits historiques. Il m’a surpris d’apprendre qu’ils étaient par exemple souvent inhumés avec un bateau, des rênes afin de leur garantir un moyen de se déplacer pour la suite. Il est assez fascinant de constater que les religions et croyances façonnent les grandes lignes de l’Histoire. Une autre portion du musée s’intéresse à la préhistoire et enfin, le reste du musée évoque les différents règnes, massacres, changements religieux. Là encore, sur le long terme, c’est l’utilisation de l’anglais, trop usant pour ma petite tête, qui m’a empêché de m’intéresser à la totalité des connaissances disponibles. On trouve dans ce musée le plus vieil orgue au monde.
 

Après cette parenthèse historique, je retrouvais le musée Nobel — entre temps, l’esplanade lui faisant face s’était pourvue d’un grand sapin — et entraide juste à temps pour une visite guidée en anglais. Un jeune homme passionné et barbu nous a conté l’histoire et les particularités de cette récompense unique. Par exemple, quelques personnes ont déjà reçu deux prix Nobel, comme Marie Curie, et Einstein ne l’a pas obtenu pour ses recherches préférées, celles-ci étant trop controversées. Il est possible de refuser la récompense financière mais impossible de refuser le prix dont on est lauréat quoi qu’il advienne. J’ai appris qu’on ne pouvait qu’être nominé par un pair, pas soi-même, que des personnes comme Hitler ou Trump avaient été nominées pour recevoir le prix Nobel de la paix, et que les lauréats obtenaient la gratuité d’accès au musée. Dans les couloirs du musée se trouvent différents objets ayant appartenu aux lauréats, tels que la balance ayant servi à Marie Curie, les lunettes et des écrits du Dalaï-lama, etc.

Évidemment, toute une partie du musée s’intéresse à Nobel lui-même. C’est une visite simple, exhaustive et agréable.
 

 

 

La nuit étant tombée, j’en profitais pour parcourir les rues pavées et illuminées de Gamla Stan, découvrant des murs, places et ruelles inconnues.

La journée se termine en rejoignant Södermalm au travers du quartier Slussen en rénovation — ce qui impliquait la fermeture du musée de la ville — et en suivant les quais jusqu’à Fotografiska, avant de retrouver les buildings modernes et lumineux du centre-ville puis l’auberge.
Demain, pour la dernière journée, j’aimerais rejoindre Lidingö et peut-être apercevoir les statues de Millesgården. Si le temps le permet — ce sera sans doute le cas — j’irai me perdre dans les bois de Djurgården, à la recherche d’un écureuil.

 

 

Deuxième journée — 04.11

Une nouvelle fois, je me réveille vers 8h, avec quelques nouveaux voisins. Dans les couloirs, je croise une dame assez âgée, ayant sans doute plus de 80 ans. La jeunesse, c’est dans la tête. En mettant les pieds à l’extérieur, ce matin, il fait plus doux que la veille mais quelques gouttes de pluie sont également présentes. J’hésite, craignant de me retrouver sous la pluie dans la forêt et pas assez rassuré par l’incertitude de mon application météo. L’hésitation est de courte durée et je rejoins l’arrêt de bus qui me porte en un peu moins d’une heure hors de la banlieue de Stockholm, à l’extrémité d’un dernier paquet de maisons. Elles ont beaucoup de points communs entre elles : pour la plupart, elles sont d’une couleur ocre avec un large liseré blanc entourant chaque mur ainsi que le toit. Elles semblent chaleureuses et pensées pour résister à l’hiver.
Le parking se situant à l’entrée du parc étant en travaux, il me faut parcourir quelques kilomètres avant de le rejoindre. Sur la vingtaine de voyageurs que comptait le bus au départ, nous ne sommes que trois à descendre au terminus. Un couple de jeunes adultes marche devant moi, plus énergiques que moi, je les perds petit à petit de vue.
Hormis le passage de quelques voitures sur la route toute proche, la campagne est vide et silencieuse. Elle procure à elle seule un gentil bol d’air frais.

Je suis le chemin qui finit par donner sur Tyresta By, le hameau tenu comme étant l’une des entrées dans le parc. Là encore, l’endroit est paisible, calme, et chaleureux. Après m’être délesté de 20kr pour me procurer une carte des lieux, je pars à l’aventure sur le chemin le plus proche. Celui serpente doucement dans la forêt en longeant un ruisseau en contrebas. En suivant le flanc de la petite montagne à ma gauche, j’arrive au bord du premier lac, Bylsjön. La vue y est splendide, l’eau reflète doucement les arbres et les nuages qui filent dans le ciel, et le silence n’est rompu que par quelques bruits de pas et rires d’enfants. Après quelques minutes d’admiration et autant de photos, je continue à m’enfoncer dans le parc avec pour objectif de rejoindre un deuxième lac, Stensjön. Le chemin se divise et cède brusquement la place à un sentier tout juste balisé qui s’aventure dans la forêt.
 

 

 

Par endroits, le sol est imbibé d’eau, on trouve parfois quelques planches qui aménagent un passage. Encore quelques clichés. En l’espace de quelques mètres, la forêt luxuriante s’efface pour me laisser face à une étendue de roches et de sapins, de laquelle émergent quelques pins brulés. C’est Brandområdet, la « zone d’incendie », correspondant à un feu de forêt ayant eu lieu en 1999. On ne peut pas exactement parler de désolation puisque de jeunes sapins reprennent doucement le dessus sur les rochers, cependant le ciel est soudainement dégagé de toute branche et on voit apparaître un labyrinthe valloné constitué d’arbres morts, secs et de roche grise polie par le vent et le temps. C’est le seul endroit du parc dont il est difficile de rendre compte avec une image. Quelques groupes de Suédois se sont posés sur les différentes hauteurs afin d’admirer la vue que je renonce à photographier.
 

Cette portion du chemin est plus pénible que je l’aurais crue, la terre meuble ayant laissé la place à un sol dur et lisse, un paysage grisonnant au sein duquel les balises sont moins évidentes à remarquer. Aux points les plus hauts du parcours, je remarque quelques tas de pierres empilées, témoins du temps, des souvenirs, des marcheurs passés par là. J’arrive au bout de mes peines et retrouve ce deuxième lac, bien plus grand que le premier. La vue y est tout aussi belle, je ne suis d’ailleurs pas le seul à en profiter. Un petit groupe s’est posé en bordure du lac et prépare de quoi bivouaquer. Les nuages sont un peu plus présents dans le ciel et je dois à présent choisir quel voie emprunter. Continuer vers un troisième lac ou clore la boucle pour retrouver l’entrée de la réserve ?

Le soleil devant se coucher un peu avant 16h et n’ayant pas envie de me retrouver dans cet endroit aussi splendide qu’inconnu après la nuit tombée, je décide de rentrer. J’emprunte une première portion assez vallonée et elle aussi, discrètement balisée. J’ai perdu quelques fois le chemin de vue et il est alors difficile de savoir si on se trouve sur le sentier indiqué sur la carte ou bien sur une trace laissée par de nombreux voyageurs égarés auparavant. Je traverse à nouveau une autre portion de la forêt carbonisée, seul avec mes pensées et mon appareil photo. Les premières gouttes de pluie tombent et font doucement sonner l’environnement. Dans cette grande étendue désolée, le silence est pesant, la solitude omniprésente mais exquise, face à la nature.
 

Au son des arbres qui craquent et gémissent au gré du vent, je longe un troisième lac, Årsjön, que je peux admirer depuis les hauteurs avant que le chemin ne descende plus bas. Un petit kilomètre plus loin, mes narines perçoivent le parfum de chamallows grillés et je traverse l’un des sites de bivouac du parc. Une vingtaine de personne s’y trouve, toutes ne semblent pas avoir de tente. Un feu crépite non loin de la cabane ouverte qui fait office d’abri. Les rires sonnent dans l’air. Je continue mon chemin et croise un panneau indiquant la direction Ved, le site pour les campeurs souhaitant récupérer du bois.
 

 

 

La luminosité n’a pas beaucoup évolué depuis mon arrivée. Les rayons du soleil couchant traversent un bosquet de bouleaux et illuminent les lieux d’une délicate blancheur. Je range mon appareil photo pour qu’il ne subisse pas trop la pluie. Quelques dizaines de minutes plus tard, je retrouve le premier lac de la journée, puis le chemin que j’ai emprunté à l’aller. La nuit tombe et je suis content de mon périple. Découvrir cet endroit alors que les journées sont plus longues, ou au cours de l’hiver quand les lacs s’immobilisent sous la glace et que le givre recouvre les arbres et les étendues d’herbes doit être une opportunité fantastique. J’imagine que c’est un univers qui évolue énormément en fonction des saisons.

Cette journée constitua une très jolie promenade dans un lieu très paisible et ne se situant pourtant qu’à une quinzaine de kilomètres de la capitale. J’ai manqué à plusieurs reprises de me retrouver le nez par terre ou dans l’eau mais Tyresta m’a offert de beaux souvenirs.

Les jours passent, les uns après les autres, et j’ai de plus en plus envie de revenir en Suède.

 

 

Première matinée – 03.11

Pour cette première nuit, je n’avais pas souhaité mettre de réveil. J’ai bien émergé du sommeil quelques fois au cours de la nuit : un nouvel arrivant a pris possession de son lit bien après minuit, ma voisine de chambre était malade et l’un des voyageurs est parti très tôt. J’avais noté que le soleil se lèverait un peu plus tôt qu’en France, vers 7h. J’ai ouvert les yeux un peu avant 8h, c’était l’idéal. Mon téléphone annonçait une température légèrement négative, la première de l’année pour moi.

Une fois dehors, j’ai à nouveau parcouru l’île Södermalm où je me trouvais, jusqu’à rejoindre l’île Stadsholmen, littéralement « île de la cité », sur laquelle s’étend Gamla Stan, la vieille ville. Il était encore tôt et les rayons du soleil peinaient à se frayer un chemin dans les rues étroites et réchauffaient doucement les pavés. Les places étaient quasiment vides, le silence régnant entre les vieux bâtiments colorés. L’atmosphère était extrêmement paisible. D’une certaine façon, j’y retrouvais le charme de St Malo où l’activité bouillonnante du soir cédait la place à quelques promeneurs au matin. Je passai devant le musée Nobel, fermé, ainsi que devant la Tyska Kyrkan — église allemande — et la Storkyrkan — « grande église », ou église St Nicolas — fermées elles aussi. Bien évidemment, je ne pouvais pas louper le palais de Stockholm, modestement érigé devant une grande esplanade et j’ai retrouvé les quais faisant face à l’île voisine de Skeppsholmen, profitant de l’occasion pour photographier le magnifique navire d’un blanc éclatant qui y était amarré. La vue était splendide.
 

 

J’ai continué mon chemin, bonnet sur la tête, jusqu’à rejoindre les jardins de l’Observatoire qui m’offrirent une vue très étendue sur les quartiers Nord de Stockholm. Après cette petite pause avec vue sur les toits de la ville, chemin en sens inverse jusqu’à rejoindre les quais le long de l’avenue Strandvägen que j’ai suivie jusqu’à rejoindre l’île de Djurgården.

L’intérêt principal de l’île est Skansen, qui consiste en une reconstitution de bâtiments et de scènes de vie datant d’une autre époque de la Suède. On y rencontre des personnes en costumes d’époque qui participent à nous présenter l’email façon d’exercer des métiers d’autrefois : apothicaire, boulanger, souffleur de verre, etc.
 

J’ai passé du temps dans (la reconstitution d’) un vieil atelier de mécanique rempli d’outils et de machines en tous genres, avec le cliquetis régulier d’une ancienne pendule qui oscillait dans un coin, seule dans un silence surprenant. Un régal pour les sens et pour la pellicule photo. Après cela, j’ai erré sur les chemins qui serpentaient le long de l’histoire du pays, rencontrant une école de plus de 200 ans — à cette époque, pour pallier leur bas salaire, les professeurs conjugaient souvent leur emploi avec celui d’apiculteur —, le plus haut beffroi de Suède, un moulin tombant en ruines, de vieux manoirs et d’anciens jardins, et bien d’autres témoins du temps qui passe. Un paon s’est mêlé à la visite ainsi que quelques oiseaux. En revanche, je suis un peu triste de ne pas avoir croisé d’écureuil. La deuxième partie du parc consiste en un zoo qui me permit d’apercecoir des loups, lynx, bisons et élans, tous très élégants, mais qui seraient sans aucun doute mieux dans un environnement plus vaste et naturel.

L’île offre de très jolis points vue. Skansen se trouvant sur une sorte de colline, il est très facile d’apercevoir d’autres quartiers de Stockholm.

En sortant du parc, j’ai directement rejoint le Vasamuseet, dédié au navire Vasa qui coula en 1628 dans la baie de Stockholm. Il était destiné à rejoindre la flotte de guerre du roi mais, souffrant de défauts de conception, il n’a pas résisté aux premiers vents de son voyage inaugural et s’est donc enfoui sous les eaux à la sortie du port. Oups. Le navire fut oublié pendant des siècles jusqu’à ce que l’idée de le renflouer soit remise au goût du jour par un plongeur particulier dans les années 1960. Quelques dizaines d’années plus tard, le Vasa est aujourd’hui l’un des plus gros objets historiques encore conservé, et subit continuellement des efforts de restauration afin de le maintenir debout. Le musée s’organise littéralement autour du bateau, sur les quatre étages de sa hauteur (!). Outre l’histoire du navire, on explore les histoires liées aux objets retrouvés à bord ou alentour lors des fouilles, les éléments de la société suédoise contemporaine à sa construction — le rôle des femmes, l’organisation du chantier, etc. — ainsi que les informations étudiées ou devinées sur les squelettes des trente personnes noyées lors du naufrage. C’est un musée assez intéressant : il couvre un sujet très précis mais je crois qu’il n’a clairement pas sa pareille.
 

Ma journée semble vide. Elle s’est finie un peu plus tôt qu’hier. Ayant sans cesse marché d’un lieu à l’autre, je suis content de me poser un petit peu pour écrire, actuellement assis à une table sous les photos de Stockholm du jeune David Thomsson. Je vais sans doute sortir à nouveau ce soir, pour tâcher de découvrir la ville sous une autre lumière que celle du soleil. Demain, je rejoindrai le parc Tyresta pour m’accorder quelques heures dans une poche de nature élégante et isolée.
 

 

Premier bout de journée – 02.11

Le réveil sonna à six heures, ce matin. Ce n’était pas sans me rappeler le rythme que j’ai pu avoir en stage ou, plus récemment, lors de mes semaines d’intégration au sein de mon nouveau service. Les miaulements du chat qui, lui, serait bien resté dormir, m’ont accompagné jusqu’à ce que je lui fournisse des croquettes quotidiennes. Quelques dizaines de minutes plus tard, je referme la porte de l’appartement, l’inconnu au bout du chemin. Il faisait frais. Un froid matin d’hiver. Le jour ne s’était pas encore totalement levé, contrairement aux travailleurs parisiens aux côtés desquels je m’engouffrai dans le RER avec mes deux sacs. Une heure de somnolence et quelques contrôles de sécurité plus tard et c’est un premier décollage à destination de Riga. Il faisait beau au-dessus des nuages, c’est la pluie qui nous attend à l’arrivée et malgré deux heures de vol je ne comprends toujours rien au letton. Je patiente quelques minutes dans la salle d’embarquement, face à des pots de fleurs qui regardent silencieusement les avions décoller sous la grisaille. Second vol, avec Stockholm pour destination. Cette fois, je suis placé près du hublot et je peux apercevoir une multitude de lacs avant que l’appareil transperce à nouveau la couche nuageuse. Retour dans le passé — Riga se situe à +1h de décalage horaire de Paris et Stockholm — et atterrissage sous les nuages, mais sans pluie.

 

Je réussis à ne pas m’égarer dans l’aéroport, ayant compris qu’utgång indiquait la sortie. Je grimpe dans un bus qui effleure les embouteillages et me dépose au centre de la capitale une heure plus tard. Tunnelbana, c’est le métro. J’en profite pour investir dans une carte illimitée pour la semaine et me rends à l’auberge de jeunesse. Au sein de la chambre où je dormirai pour les nuits à venir, seuls quelques lits semblent occupés, bien que les personnes soient absentes à cette heure — il fait nuit noire mais il n’est que 16h —. Je fais rapidement mon lit avec les draps qu’on m’a confié, me débarrasse de mon sac et repars tout de suite en direction de Fotografiska. Le musée de la photo est ouvert jusqu’à une heure du matin et se situe à un bon quart d’heure de marche. N’ayant pas mangé depuis ce matin, je passe dans un supermarché pour craquer devant un trio de kanelbullar, de merveilleuses pâtisseries à la cannelle, avant de rejoindre le port. La lumière ne me permet pas de faire de jolies photos de la ville qui se dresse sur l’autre rive. J’aperçois les lumières du parc d’attraction Gröna Lund et des cris d’enfants et adultes sur les montagnes russes me parviennent avec les gouttes de pluie.

 

Bien emmitouflé, j’arrive à Fotografiska. L’heure semble si tardive. Le bâtiment en briques rouges est d’une douceur étonnante. Sur deux étages, j’y découvre quatre expositions :
Being There, du photojouraliste Paul Hansen, qui a suivi et immortalisé de très nombreux conflits (la guerre en Syrie, en Iraq, le conflit israélo-palestinien, les conflits au Rwanda ou en Somalie…), le tremblement de terre d’Haiti et les violences qui ont suivi, le soulèvement et la répression en Ukraine et dans les pays du Printemps Arabe. Tant de vies mutilées, brisées. Les photos sont poignantes. Tellement de victimes. Dans sa description de l’exposition, l’auteur nous dit que sur place on lui demandait souvent, en tant que journaliste, de quel côté il se situait. Autrefois, il répondait rester neutre et n’être là que pour témoigner des faits. Par la suite, sa réponse changé : il se place toujours du côté des victimes innocentes.
Last Night in Sweden, aux auteurs multiples, qui existe principalement en réponse à D. Trump ayant fait référence en début d’année à « ce qu’il s’était passé hier soir en Suède » pour alimenter un discours dont lui seul a la saveur et le secret. Ces clichés retracent de façon simple et intense des instants de vie suédoise, des portraits de citoyens dans différents environnements. Une série réaliste, une ode franche à ce pays scandinave.
Höstsalongen, le Salon d’automne, qui donne comme tous les ans la possibilité à tout photographe suédois d’exposer ses oeuvres au musée. Le jury a reçu plus de 1600 photos et a sélectionné 31 artistes qui ont pu exposer leurs travaux. C’est une exposition très variée, les thèmes allant de la microphotographie de planctons à 352 clichés Instagram de nourriture jetée — pour sensibiliser contre le gaspillage alimentaire — en passant par des autoportraits colorés, une session sur la première dresseuse d’aigle de Mongolie ou la radiographie aux rayons X de plantes médicinales. On ne s’y ennuie pas, il ta de très beaux éléments bien que certains m’aient moins touché. C’est intéressant de voir cette âme de la Suède.
UMBRA, de Viviane Sassenage, qui met en scène des clichés jouant sur la lumière, les couleurs, des compositions curieuses mettant l’imagination du spectateur à rude épreuve. Il devient difficile de déterminer ce que représente, particulièrement, telle image. Visuellement, c’est un ensemble de photos très intéressant et qui a du nécessiter un travail colossal. Elle expose également un film qui consiste en un poème déclamé à haute voix par une voix off et retranscrit sur l’écran par deux bras s’exprimant en langue des signes. Une autre façon d’écrire et pour le spectateur, de lire. C’est très curieux.

 

Je ressors tout content de cette première découverte culturelle avec quelques cartes-photos en guise de souvenirs et traverse le quartier pour rejoindre mon matelas. Je m’égare un peu — beaucoup, même — et passe devant Sofia kyrka, l’église Sophie. Son horloge illuminée indique plus de 20h et les contours de l’édifice me surplombent dans l’obscurité. Je devrais pouvoir en faire de belles photos, demain.

L’auberge de jeunesse est silencieuse, les autres clients lisent ou sont sur leur ordinateur. Il y a un occupant de plus dans la chambre. Bonne nuit !

 

 

Petite liste – 30.10

Autant bonnes que mauvaises, les surprises sont toujours inattendues. C’est donc avec stupeur et tristesse que j’ai constaté, ce week-end, que mon appareil photo ne fonctionnait plus. Le déclencheur était bloqué. J’ai bien réussi à le remettre en route à l’aide d’un déclencheur souple, mais avec l’impossibilité de régler le temps d’exposition — par ailleurs, j’ai un peu peur des conséquences sur la dernière pellicule ayant alimenté cet appareil. J’étais donc contraint d’immortaliser l’atmosphère suédoise avec un petit smartphone. Fort heureusement, je lui ai trouvé un remplaçant, un Nikon F2. Tout joli, tout robuste.

J’ai quelques appréhensions à l’idée de me retrouver dans un pays dont je ne maîtrise ni ne connais pas le langage. L’idée que Stockholm en est la capitale m’apporte un peu de réconfort, j’y trouverai sans doute de nombreux éléments anglophones. Ça reste néanmoins déstabilisant, et intéressant. Il est un peu difficile d’imaginer que mes pas me porteront sans doute à l’avenir, j’espère, auprès de populations utilisant un alphabet différent.
À ce jour, voilà ce que contient ma petite liste de monuments à voir, de musées à visiter, de lieux à découvrir :
Fotografiska, le musée de la photo, qui sera sans doute un passage obligé dès mon arrivée à Stockholm, se trouvant dans le même quartier que l’auberge de jeunesse.
Stadsmuseet i Stockholm, le musée de la ville de Stockholm, retraçant son histoire, sa culture. Il faut bien s’instruire.
Postmuseum, le musée des services postaux suédois. Le monde relié par des lettres et des cartes postales.
Nobelmuseet, le musée dédié aux prix Nobel.
Gamla Stan — la vieille ville —, le palais de Stockholm et l’église Saint-Nicolas.
Skansen, un parc comportant une reconstitution de la vie suédoise d’antan. La rumeur raconte qu’on y trouve des écureuils.
Vasamuseet, exposant le navire Vasa du XVIIè siècle. Voir un tel navire et apprendre son histoire promet d’être un fabuleux voyage dans le temps.
Nordiska Museet, dédié à l’Histoire suédoise et scandinave.
Tyresta, un grand parc national, il se situe à distance de la capitale mais j’aurai peut-être l’opportunité d’aller y passer une journée, si la météo me donne son accord.
Et il me reste à éplucher plus des 3/4 de mon guide de voyage.
Ces vacances rafraîchissantes promettent d’être riches, inoubliables et instructives. J’espère retenir quelques mots suédois et réussir à faire de jolies photos.
Stockholm est située trop au Sud pour pouvoir y observer des aurores boréales. L’hiver suédois et la nuit — le soleil s’y couchant plus tôt qu’en France — seront déjà de jolis moments à vivre.

P.S. : J’ai pris le temps de regarder Blade Runner. C’était très chouette, le film offre une atmosphère saisissante, la frontière entre l’humain et la machine est très floue. C’est intéressant de constater qu’il y a 35 ans, l’intelligence artificielle questionnait déjà les gens. Et aujourd’hui, un robot vient de recevoir la nationalité saoudienne. Mention admirative pour Rutger Hauer, interprétant un androïde avec une force et une véracité surprenantes.

 

 

 

Mise au point – 22.10

L’idée première de ce court voyage était de pouvoir découvrir de nouveaux lieux, vivre quelques instants précieux dans un petit morceau de planète qui m’était jusque là inconnu. Ça reste intimidant car malgré ce séjour, je ne connaitrai rien à la Suède, Stockholm représentant — de façon très factuelle — moins de 0,1% de sa superficie. Est-on vraiment capables de parcourir et découvrir le monde ? On peut faire le tour du monde et ne pas toucher tu bout du doigt une fraction de ce qu’il contient.

Aparté : la compagnie de médias Great Big Story partage justement de nombreuses poches de vie, de détails, de préparations culinaires, de monuments, un peu partout sur Terre. C’est beau et fascinant.
Mon guide de voyage et les prévisions météo annoncent des températures entre 0°C et 5°C à cette période de l’année. Sortons couverts. Il me faudra oeuvrer pour faire tenir mes affaires dans les 8kg de bagages autorisés pour un voyage en avion. Un peu moins de cinq heures de trajet à l’aller, avec escale à Riga (Lettonie) et trois au retour. Un grand avantage au déménagement en région parisienne et qu’il n’est plus nécessaire de rajouter plusieurs heures de TGV pour rentrer chez soi. Ces jours-ci, je cherche avec quels artistes accompagner ce voyage.

Le dernier album d’Alt-J, autant que les deux premiers, est tout doux et extrêmement riche. La « reprise » d’House of the Rising Sun est vibrante et paisible. De même qu’Adeline. Les chansons arborant un prénom comme titre ont toujours une valeur particulière, comme si elles prenaient vie, un peu à l’instar de Matilda du même collectif, Augustine de Patrick Wolf ou encore Cecilia de Simon & Garfunkel.

Dans un univers totalement différent, je suis tombé amoureux de Rachel’s Song, issue de la bande-son du film Blade Runner, composée par Vangelis et chantée par Mary Hopkin. À ce stade, il me faut avouer ne pas avoir vu le film en question. Il faut que je trouve le temps de passer quelques heures devant le joli minois d’Harisson Ford. Le morceau est tout aussi paisible et a toutefois cette étrange capacité à faire tourner la tête, à nous amener dans un monde un peu inconnu et déstabilisant.
Par ailleurs, Blade Runner 2049, récemment sorti au cinéma, est lui aussi une oeuvre monumentale. La musique y est différemment délicate, imposante sous les notes d’Hans Zimmer. Il se dégage du film une beauté lumineuse, oppressante, silencieuse. Ce long métrage est une oxymore à lui seul qui donne le vertige. Il n’en fallait pas moins pour produire une suite à l’adaptation du roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? de Philip K. Dick, l’homme qui « se souvenait du futur ». Une mention toute spéciale et émue à Ana de Armas, l’interprète de Joi, l’intelligence artificielle et compagne du protagoniste, qui est parvenue à me toucher bien plus que Samantha de Her ou Ava d’Ex Machina.

Pour ces six jours scandinaves, c’est mon fidèle boîtier argentique Minolta XD-5 qui m’accompagnera, équipé d’un objectif touche-à-tout Tokina 28-70mm ƒ/2.8-4.3. Une pellicule noir et blanc est en cours, j’emporterai également de quoi photographier en couleurs une fois celle-ci achevée. Le numérique c’est chouette, mais ça pèse lourd et je suis bien incapable de faire le choix du bon objectif à emporter.
On dit du temps qu’il avance inexorablement. J’ai hâte de vivre des moments inédits.

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Jours précédents – 21.10

Au début du mois de novembre, mes pas égarés au milieu d’une semaine de vacances m’emmèneront dans la capitale suédoise, Stockholm. Plus de trois ans sont passés depuis mon dernier article ici, avec un certain nombre de changements. Le principal et plus heureux d’entre eux, est que j’ai obtenu mon diplôme d’infirmier. Récemment, la fonction publique m’a ouvert ses portes pour un premier contrat en service de neurologie. Six ans plus tôt, un autre hôpital me permettait alors de faire mes premiers pas auprès des patients, aussi en service de neurologie. Les coïncidences. Ma cadre m’a donc gentiment offert une semaine de vacances, libre à moi de l’utiliser à bon escient. J’aurais presque pu laisser au hasard le choix de ma destination de voyage mais j’ai finalement choisi Stockholm. Sans raison précise autre que l’envie de partir un peu, ailleurs. J’espère que cette petite parenthèse de voyage est la première d’une plus ou moins longue série, auquel cas je tenais à prendre note de ce que je voyais et expérimentais.

Ce n’est pour le moment qu’une idée, il est bien possible qu’en fin de compte cet article ne voie jamais fleurir d’autre paragraphe. Ça m’offre au moins l’opportunité d’écrire un peu plus régulièrement ici.

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Préhension

Je me rappelle d’une librairie et d’un piano. Pas séparément, d’un piano qui se trouvait dans une librairie. Celle-ci siégeait au coeur de Paris et de ses lumières, en-face-mais-pas-vraiment de la Cathédrale Notre-Dame. Il fallait bien s’attendre à entendre de la musique lorsqu’on mettait le pied sur la pierre froide du Shakespeare & Co. bookshop, puisqu’il y avait un videur à l’entrée. C’est la première fois qu’on m’empêche d’entrer dans une librairie car cell-ci était trop bondée. C’est fou. Folie et démesure parisienne, un peu, attrait touristique du lieu, beaucoup. La première fois que j’y suis entré c’était au début de la décennie et personne ne bloquait l’entrée. Durant ces temps, je n’avais jamais entendu parler de Game of Thrones. Aujourd’hui, je suis ressorti de l’endroit avec une copie du 4è tome d’A Song of Ice and Fire. C’est assez intimidant comme rencontre. Des livres partout, tellement qu’ils pourraient nous tomber sur la tête. Une échelle sur roues, adossée à un mur pour accéder aux rayons les plus hauts, je ne pensais pas que cela existait hors d’Harry Potter et de la boutique d’Ollivander. Au rez-de-chaussée se trouvent les ouvrages et collections les plus connues, les plus demandées, les plus modernes. C’est là qu’on trouve des oeuvres aux couvertures hautes en couleur, plastifiées, empilées. Le plus commercial. C’est normal, le but d’une librairie reste de vendre des livres. Pour peu qu’on prenne la peine et qu’on trouve la curiosité de franchir les premières arcades, on pourra apercevoir dans un recoin de la librairie un vieil escalier en bois. Il semble provenir d’un autre âge, mais ses marches sont solides malgré les grincements qu’elles fournissent.

 

A l’étage, l’atmosphère est toute autre. Mise à part une portion du couloir, aucun livre présent dans les étagères n’est à vendre. Tous ces brins de culture anglophone sont disponibles et recommandés pour lecture personnelle, mais aucun ne devra sortir de ces quatre petits murs. Lecture libre et encouragée sur l’un des vieux canapés présents entre deux étagères. Un gros matou sera peut-être même attiré par le bruit des pages qui se tournent et s’endormira là où on lui fera de la place. Convient-il de lire à voix haute pour faire profiter le félin des mots qu’on parcourt ?

Dans un autre recoin de l’étage, derrière un dernier renfoncement, un piano. Ses touches jaunies et son bois craquelé le témoignent bien, l’instrument s’est enraciné là depuis plus d’une vie de musicien. Qu’importe, des mains plus ou moins jeunes glissent de temps à autre sur le clavier. Même si quelques touches sont sourdes et que les pédales grincent, les notes qui s’enchaînent confèrent à la pièce un apaisant silence humain. Quelques personnes viennent pour écouter, d’autres pour lire, d’autres viennent pour venir. Une bulle de silence musical qui fait oublier le reste du monde est une belle destination. Quiconque faisant oublier le monde est une belle destination.

Les livres qui couvrent les murs, là-haut, sont méconnus. Certains titres sonnent à notre oreille comme une association de syllabes qu’on aurait déjà entendue, avec plus ou moins de véracité. Les couvertures sont moins colorées et il n’y figure généralement aucun résumé. Simplement le titre. Et encore. En plus de ces légères nuances colorées qui tiennent lieu de reliures, la pièce que l’on va appeler salon est remplie d’une odeur de vieux papier. Les milliers et milliers de pages qui se trouvent entre ces murs, c’est tout bonnement affolant…

On trouve des machines à écrire avec, parfois, des bribes de phrases en haut d’une feuille, faiblement éclairée par une vieille lampe poussiéreuse. Un mur sert de point d’accroche pour de nombreux papiers porteurs, d’un nom, d’une date, parfois d’une photo. Ce coin lumineux sert à la fois de mémorial pour des inconnus vivants, et de lieu de rencontre.

 

Tel est le portrait du Shakespeare & Company Bookshop, situé sur les quais de Seine, en-face-mais-pas-vraiment de la Cathédrale Notre-Dame.

 

Bien plus qu’une librairie ou qu’une attraction touristique, cet endroit est une parenthèse au coeur de Paris. Une bulle de solitude accompagnée d’ouvrages vieux comme le temps voire antérieurs, tapissée de quelques notes et d’autres lecteurs, enfouis dans leur canapé-bulle. Un groupe de gens souvent solitaires qui se retrouvent entre les pages. C’est une belle image, un bel instant de calme hors des fourmis de Paris qui s’agitent dans tous les sens. Même lorsque la fenêtre de l’étage est ouverte, les sons habituellement assourdissants de la ville ne sont plus si agressifs.

 

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L’avantage de tenir un journal est qu’on peut y retrouver des souvenirs afin de donner du corps à un article tel que celui-ci. Depuis le 15 mai 2013, dernier écrit en date sur ce blog, que s’est-il passé ? Bien trop de choses ne nécessitant pas d’être racontées. Oula. Je viens d’ouvrir le journal de l’an dernier, ça fait vraiment trop de choses.

 

Tiens, parlons de Londres puisqu’après tout, j’y ai posé les pieds durant quelques jours à la fin du mois de juin, 2013. Celui-ci était déjà merveilleusement fourni avec un concert d’une Muse. Haut en couleurs et en théâtre, ce spectacle.

Londres, donc. Une ville qui, en bonne capitale, se veut similaire et pourtant tellement différente de Paris. Imposante, grisante de par sa taille. Toutefois, l’attitude des londoniens, l’organisation, l’architecture n’ont rien à voir. Etrange paradoxe que de se sentir dépaysé en ville, pour un citadin. La quantité de taxis tous identiques fait tourner la tête, la folie des bus rouges semble quasiment magique. Se retrouver devant des monuments que je n’avais jusque là qu’aperçus sur des cartes postales procure un sentiment étrange et agréable. Je me plais à pouvoir contempler le Tower Bridge, Buckingham Palace et ‘Big Ben’ en bon touriste. J’aime les rues anglaises qui semblent calmes et d’une toute autre atmosphère que les trottoirs parisiens.

Passage dans un musée rempli de formol contenant diverses pièces anatomiques. Inhabituel comme visite mais il s’agit d’une découverte intéressée.

 

Durant quelques heures, je décide de me faire accompagner par les vers de Shakespeare et assiste donc à une représentation de Macbeth. Je l’attendais avec impatience. Entendre des lignes si folles et si fortes, se laisser aller au sein du décor et du jeu des acteurs, tout ça sous la plume d’un certain William. Ecrire des pièces de théâtre et inventer des vies, des rôles,  des expressions et dialogues ; trouver chaque mot adéquat pour conserver une part de l’attention du lecteur.

La réincarnation de l’auteur aidée par le metteur en scène nous tient en haleine sous le ciel londonien — le Shakespeare’s Globe est un théâtre à ciel ouvert — jusqu’aux dernières lignes de la pièce. Personnages loufoques, modernisés et pourtant enchaînés à leur texte. la beauté de l’adaptation est qu’ils font de leurs liens autant de rubans leur permettant de danser, de jouer, de vivre le texte dans son contexte, et dans leur contexte.

 

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La vie est comme un voyage en train. On peut être tenté de se questionner sur la destination. Imaginons qu’on nous propulse dans un TGV, de nuit, sans savoir où l’on va. Un réflexe humain serait de déterminer la destination ainsi que l’heure. Lucy le dit avec adresse : « Nous avons codifié notre existence pour la ramener à échelle humaine ». Briser la beauté d’un mystère et d’une inconnue nocturne. L’ignorance est extase. N’avoir aucun indice sur ce qui se trouve dans l’obscurité au-dehors du train permet de l’imaginer. Des champs, des monts, une rangée de coquelicots sur le bord de la voie, épuisés par le souffle des machines. Une douce courbe en bord de mer, la profonde et grisante hauteur d’une vallée, invisibles. Invisibles et pourtant susceptibles d’être imaginées.

A noter que dans la nuit, un regard vers la fenêtre, en plus de l’obscurité, nous présente une seule chose : notre propre reflet. L’inconnu nous appartient, nous sommes libres de le modeler à la guise de nos pensées. Ce n’est pas dangereux pour la santé, vous pouvez essayer. L’imagination procure une petite sensation de plénitude quand on s’y laisse porter. On finit par ne plus garder les pieds sur Terre, oublier nos sens l’espace d’une minute qui se rallonge.

 

Pour quelle raison devrions-nous nous borner à accepter la vie telle qu’elle est ? À quoi peut bien servir la vie, si tant est qu’elle soit utile à quelque chose d’autre qu’exister, se vivre.

La raison d’être est une question continue à laquelle on n’a de cesse de chercher une nouvelle réponse. D’essayer, au moins. L’Homme dispose apparemment du libre-arbitre, chacun a donc la possibilité de se trouver une ou plusieurs raisons de vivre. Le sens de la vie c’est peut-être simplement de trouver quelque chose à en faire.

 

 

 

Mogwai est un groupe d’artistes dont les compositions sont majoritairement instrumentales. On se rencontre à travers les créations de ce genre que la voix est un bonus sans être nécessaire pour faire ressentir quoi que ce soit. Les instruments disposent chacun d’une importante richesse de sons, associés ils ne forment qu’une mosaïque plus vaste. Les musiciens sont pareils à des peintres avec leur palette. On leur déconseille simplement de trop colorer les touches de leur piano.

Les couleurs restent dans leur esprit et se transmettent à l’auditeur. Le plus souvent, elles sont altérées. La libre interprétation est ce qui donne sa beauté à un morceau de musique. Chacun a sa façon de l’écouter.

Mogwai produit donc de longs albums instrumentaux, qui ressemblent parfois à une bande-son qu’on pourrait imprimer en filigrane sur une vie. Personnellement, ils m’aident à m’isoler et me concentrer, m’enfermant dans leur continuelle bulle musicale.

Leur chanson : This Messiah Needs Watching

 

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J’ai récemment (re)découvert le groupe Archive à l’occasion de leur dernier album et court-métrage. Ou long, je n’ai aucune idée de la durée limite. Étrangement appelé Axiom, on y découvre rien qu’au son une histoire en plusieurs chapitres. Le film qui s’y associe ne fait que rajouter des images à la composition. Le visuel et le sonore sont indissociables et pourtant chacun pourrait parfaitement se voir sans l’autre. Des passages vocaux permettent d’imaginer des personnages, les images ne font que leur donner un peu de consistance en deux dimensions et niveaux de gris. C’est une oeuvre intéressante traitant justement du son, de la voix, du dialogue, de l’écoute. On retrouve un bout de 1984 avec un système dystocique organisé autour d’une cloche. On oblige les gens à écouter son chant et celui du « Big Brother ». La différence est la suivante. Là où on avait « Big Brother vous regarde », on se retrouve avec « Écoutez-moi ainsi que le chant d’Axiom ».

J’aime beaucoup cette différence et ces similitudes. Le rapport aux sens. Les distorted angels sont les rebelles de ce monde imaginé, ceux qui refusent d’écouter et qui vont jusqu’à se brûler les tympans à l’acide pour ne plus rien entendre. Être libérés du discours de leur despote et avoir la possibilité d’imaginer autant de sons que possible, imaginer une explosion de musiques.

Leur chanson : Controlling Crowds

 

Petit parallèle avec un passage du film Another Earth, « The Russian Cosmonaut » : un simple son, rythmé, un cliquetis d’origine inconnue dans une minuscule capsule spatiale, que le personnage parvient à gorger d’imagination, d’interprétation, pour finir par créer une composition musicale autour. Entourer la réalité par l’imaginaire. Une autre façon de voir le monde et de le rendre plaisant ou différent.

 

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Je n’aime pas finir par associer un morceau à un souvenir. Ce lien devient généralement trop important, des bribes d’images réelles reviennent en tête dès les premières notes, la composition perd son sens et ne vit plus que par le souvenir d’un moment égaré. Plaisant sur le moment, néanmoins on gagne en mémoire pour perdre en nouveauté. Donnant-donnant. Ignorer la musique pour mieux se rappeler d’autre chose, se nourrir des notes pour les recracher en pensées vécues encore et encore.

 

 

 

On m’avait recommandé à plusieurs reprises L’Alchimiste, de P. Coelho. J’en avais entendu beaucoup de bien donc j’en attendais forcément beaucoup. L’ensemble du livre s’est conforté à cette opinion : à travers des métaphores qui s’enchaînent, l’auteur nous donne des leçons de morale, chapitre après chapitre. Nous instruit sur la façon d’appréhender la vie et les expériences qu’on rencontre, le voyage, l’objectif à rechercher, la justesse des choix. C’est un bon ouvrage. Mon seul regret est que P. Coelho semble se perdre dans ses pensées au fil du livre et que le final a l’effet d’un pétard mouillé. Comme s’il n’avait pas vraiment d’idée sur la façon d’achever son récit, « donc voilà« . Je ne sais pas, au vu du livre je m’attendais à autre chose, mieux. Là, c’est juste le point qui termine une phrase. Fade.

 

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Richard Linklater, le réalisateur et scénariste de Boyhood, a eu une idée : et si on regardait un acteur grandir à l’écran ? Rien à voir avec le Truman Show, il s’agit ici d’un long-métrage presque documentaire sur la vraie vie d’un vrai enfant, adolescent et jeune adulte. Il a pour cela recruté un enfant de 6 ans qu’il a suivi durant douze ans. Chaque année, il filmait quelques scènes avec le protagoniste et sa famille fictive, de façon à voir les acteurs progresser autant que le scénario qu’il avait écrit.

Le simple fait que la croissance du personnage soit réelle (et donc réaliste) et non pas la conséquence d’un recrutement de plusieurs acteurs d’âges différents donne au film une force intéressante. C’est plus facile de se reconnaître et de s’attacher quand les personnages semblent vivre pour de bon. Mason est un garçon qui suit les déboires familiaux de sa mère et qui cherche en même temps à se construire au travers de rencontres, de déceptions et de réussites. C’est un film qu’on comprend, qui a du charme. Les 2h45 passent sans sentir les aiguilles tourner et la bande-son est plus qu’adéquate et merveilleusement bien choisie. Une réussite, à voir, ça ne sera pas une perte de temps.

 

 

Her est un film de Spike Jonze qui raconte l’histoire, peut-être réelle dans quelques décennies, de Theodore — prononcer à l’anglaise — qui installe un énième assistant personnel sur son ordinateur, à l’instar de Siri. Cette assistante, puisqu’elle est féminine, emprunte la voix de Scarlett Johansson et est bien plus performante que prévu. Il s’agit presque d’une humaine virtuelle qui va évoluer, développer des sentiments… au-delà de la fiction de l’intelligence artificielle et du jeu de l’acteur principal, j’ai trouvé en ce film une autre dimension des relations de couple telles qu’habituellement visitées au cinéma. Là où on voit habituellement deux belles personnes courir l’une vers l’autre sur une plage de sable fin, on n’a ici que le protagoniste et son smartphone pour faire passer des émotions aux acteurs. Dans ce film les apparences sont mises de côté, de même que les gestes, et l’accent est mis sur les mots, les conversations, les phrases échangées. C’est un point qui est souvent écarté dans d’autres films où au contraire, les moments intenses sont notés par du silence, des regards, des caresses. Ça témoigne du désintérêt actuel des gens pour les mots. Personne n’a plus envie de décrire ou de mettre quelques syllabes sur une expérience vécue, ça devient désuet.

« Une image vaut plus que mille mots », certes, je pense surtout que ce sont des éléments complémentaires. Une image est colorée, un film procure du mouvement, toutefois ça brise l’imagination. Quand on regarde un film et une scène d’amour, on la prend pour dite et le taux de libre interprétation restant est quasi-nul. La plupart des photos sont accompagnées d’un titre et/ou d’une légende. Les mots sont essentiels, on cherche simplement à les ignorer. J’ai donc beaucoup aimé ce film qui, pour une fois, prend cette idée à contre-courant. C’est plus intéressant.

 

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L’importance des mots et l’une des raisons qui me pousse à continuer d’écrire. Aussi bien ici, sans régularité, que sur un autre blog ou de façon quotidienne dans les pages de mon journal. Surtout dans mon journal. La vie et le temps qui passent sont trop riches pour qu’on ne s’en souvienne pas, pour qu’on n’en parle pas. Donc j’écris. Un peu, pas toujours droit ou correctement, avec des ratures mais j’écris, j’essaie. Je me dis qu’en écrivant dans mon journal, s’il arrive un jour que tout tombe en panne, je pourrais continuer à écrire et à lire. L’importance du manuscrit. Heureusement, en trois ans, j’ai eu le temps d’évoluer. Piètres premiers jours où je décrivais une vie terre-à-terre avec peu d’intérêt — bien qu’un peu de curiosité —, aujourd’hui j’y emmagasine plus de pensées, plus de couleurs. Une par jour, c’est plus agréable, les jours semblent être plus variés. J’y ai toujours glissé des photos et désormais j’y rajoute des places de cinéma, tickets de bus des affiches découpées. Des citations hebdomadaires. Tout ne rentre pas et il est parfois difficile à refermer. Ça se voit sur la tranche, il y a des pages qui débordent. Mais c’est ce qui me plait, encore une fois, je ne cherche pas à me contenter d’aligner des mots. Je cherche à enrichir ces mots pour faire de mes journaux successifs des petits morceaux de vie. Peut-être qu’un jour j’arrêterai, peut-être pas. À voir, mais pour l’instant ça m’aide à raccrocher et à noter au sol mes tentatives d’évasion du monde.

 

Note, il faut que je lise La Disparition — il s’agit d’un roman pour lequel l’auteur n’a jamais utilisé la lettre <e> —. Avant ce point, cet article en contenait 2155.

 

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Parlons Ghibli, un peu, puisqu’en tant de temps il y en a eu. En premier lieu, Le Vent Se Lève, dernier long-métrage de Miyazaki père, Hayao de son petit nom. On suit l’histoire d’un ingénieur japonais dont le rôle est de dessiner les plans des avions de guerre servant lors de la onde guerre mondiale. Il est amené à aller vivre en Allemagne. C’est intéressant de voir une histoire vue du côté que nous Occidentaux avons appris à considérer comme, basiquement, les « méchants ». Ça permet de se rendre compte d’humains. Ce film est aussi une histoire d’amour avec le personnage que va rencontrer le protagoniste, au gré des vents et des flammes. Un film plus terre-à-terre que ceux qu’on peut connaître des studios Ghibli comme Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro ou même, simplement, Arrietty. C’est le premier film de ce réalisateur où je vois une scène durant laquelle deux personnages s’embrassent. les manifestations d’amour et d’attachement sont habituellement plus subtiles, plus discrètes, en tout cas jamais aussi évidentes.

C’est une oeuvre au long de laquelle on peut effectuer une double-lecture : le côté artistique et coloré des dessins contraste avec leur objectif final, la mort de l’adversaire. Par moments on ne sait pas vraiment distinguer ce qui est réel de ce qui ne l’est pas.

On apprend aussi que les notions de bonheur et de malheur sont relatives à l’individu et que rapportées à un autre contexte ou un autre point de vue, on voit les choses différemment.

 

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Plus récent, Le Conte de la princesse Kaguya, d’Isao Takahata. Là, on nous offre un retour dans le mystique et le magique avec une fille dont la naissance se fait au sein d’un pied de bambou. On retrouve ici un semblant de Mononoké associé à Nausicaä : mademoiselle est amoureuse de la nature et des animaux. Toutefois, on n’y oppose pas la violence humaine qui tend à détruire cette nature, non, ce film s’axe plutôt sur l’impact de l’Homme sur lui-même. Les coutumes, les valeurs, les lois. On note particulièrement à ce film une esthétique particulière et qui tranche avec les oeuvres d’H. Miyazaki. On connaît un style coloré, presque bariolé, aux contours lisses et nets. Ici, on rencontre au contraire des dessins faits au fil du crayon, moins réguliers. J’apprécie cette oxymore entre un univers en permanence plein de magie et le dessin collé au papier. On verrait presque les éclats de la mine de crayon. Je me souviens particulièrement d’une scène où la princesse se met dans une colère telle qu’elle en chamboule l’artiste. Des traits percent l’écran à la façon d’Envi Bilal, le tracé est brusque et violent, ça m’a donné des frissons. On se trouve dans un univers moins enfantin que d’habitude. C’est justement le thème de la confrontation à un monde adulte qui est abordé dans ce film, un monde dont la princesse ne veut pas. Ça fait conte de fée de dire ça.

Il s’agit d’un film assez mature, sombre et là aussi, il contraste avec les autres oeuvres ghibliesques que j’ai vues.

 

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Durant le mois de juillet j’ai passé un week-end à Paris, avec une amie. Le samedi soir, je nous ai emmené vers un bar dont j’avais vaguement entendu parler, en bien, « Le Dernier Bar avant la fin du monde ». Enseigne qui accroche, après avoir suivi quelques rues on se retrouve devant l’entrée. Mon oreille gauche me titille légèrement et je reconnais un rythme, des sonorités distantes que je pense appartenir à des compositions du groupe Fauve. Oui, groupe. Ils donnaient effectivement un concert en plein air devant l’Hôtel de Ville. Vous imaginez sans peine que la place était comble. Néanmoins j’ai tenu à assister à cette prestation, par principe. J’étais parti de l’idée que je n’aimais pas ce groupe, toutefois pour juger il faut un minimum connaître son sujet. Trois morceaux plus tard et un concert achevé, mon impression était confirmé après une performance pleine d’arrogance. Aujourd’hui, je me force à écouter leur second album et à lire leurs textes. Comme ça, on ne pourra pas me reprocher de parler dans le vide.

Tout d’abord, leurs textes, donc. Mis à part les morceaux Loterie, Infirmière, Lettre à Zoé et Vieux Frère qui s’évadent dans des considérations pseudo-positives bien que de courte durée, leurs vers donnent l’impression de sortir d’un chapeau à clichés. Leurs chansons ont toutes le même sens, le même fond, la même structure musicale, désespérément inexistante. Le monde est noir, bah ouais, c’est con.

La même terrible absence de mélodie. C’est le plus insupportable, un ton si lamentablement identique au long de la chanson qu’on croirait écouter du Lana del Rey.

Fauve aurait pu résumer son album en trois chansons et n’aurait pas perdu en contenu. C’est quand même subtil.

Fauve se répète. Pas en permanence, mais trop à mon goût.

Fauve est arrogant. En clamant leur haine de l’humanité, leur rejet réciproque de la société, ils ne font que créer leur groupe à eux. Ça sert à rien de se proclamer indépendants si tout ce qu’on cherche à faire c’est rassembler les foules. Les clichés. Le courage de « chanter » ce que trop pensent tout bas. Faut pas rêver, on est tous pareils. Et je ne cherche pas à écouter un artiste qui se borne à répéter mes pensées. J’ai plutôt comme avis que la musique, c’est l’évasion. Pas la contention. C’est bien français, se plaindre du monde entier.

Conclusion, « ce n’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut se taire ».

 

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12 Years A Slave. Un film vu deux fois, dont une sur grand écran. C’était une séance qui m’a scotché au fauteuil. Difficile de s’en extirper avant la fin du générique. A l’instar d’un chat face à un orage, je me sentais désespérément petit et insignifiant, sans l’aspect de fascination qu’on rencontre sous une cathédrale d’éclairs. On se sent écrasé par un film si prenant qu’il en pèse sur la conscience. J’exagère. C’est un film intense. Deuxième visionnage, ce n’est peut-être pas le meilleur film que j’aie jamais vu. Mais c’est certain qu’il m’a fait énormément d’effet. Une oeuvre intense qui base son rythme sur l’accumulation de contrastes : entre l’obscurité et la lumière, entre le silence et le bruit assourdissant, entre une musique mise au premier plan et de simples sons de la vie et de la nature. C’est un film étrangement coloré et pourvu d’instants assez contemplatifs. De plans fixes et douloureux. Celui de 3mn où C. Ejiofor tient sur la pointe des pieds pour survivre à la corde pendue à son cou alors qu’un semblant de vie indifférente reprend son cours autour de lui, mais aussi sur des pans de nature plus ou moins en mouvement. L’esthétique est superbe.

L’histoire racontée est based on a true story. Ce n’est pas un film divertissant ni qui fait réfléchir — si ce n’est par quelques phrases et réflexions ici ou là —, mais un film qui fait grandir, enrichit d’une expérience. Un rappel d’Histoire et des infinies possibilités de stupidité humaine. Je pense que c’est un film à voir.

 

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Depuis bientôt un an, j’ai en ma possession un appareil photo argentique. Il s’agit d’un Minolta XD-5, datant des années 80. Je l’ai déniché sur une brocante, sans vraiment le chercher. Pas de quoi en faire un coup de foudre, c’était simplement la concrétisation d’une curiosité. Un enclenchement de pellicule plus tard, je constate déjà un changement dans ma façon de prendre des photos. Sachant que le film ne comporte que 24 poses, chaque cliché doit compter. Pas de gâchis. Une photo ratée ou approximative est tout de même perdue.

Je crois que je travaille davantage mes photos. Je prends le temps de chercher l’angle qui me convienne, de faire la mise au point adéquate. Absence de mode automatique, évidemment, tout est manuel. C’est une jolie science, ça me plaît. J’aime beaucoup l’idée que la prise de la photo se fasse sans conversion électronique, que seule une étincelle de chimie entre en jeu.

La lumière entre par l’objectif, suit un ensemble de lentilles avant d’aller réagir de façon plus ou moins importante avec une légère substance déposée sur la pellicule. Et hop, l’image est imprimée. Cette façon de fonctionner paraît plus « réelle » qu’avec un capteur électronique qui convertit la lumière en une aride succession de 0 et de 1. Chaque photo que je prends a plus de sens, de consistance. Du moins j’essaie. Idéalement, je cherche à obtenir la photo parfaite.

Sur un plan plus esthétique, les boîtiers argentiques produisent généralement une sorte de « grain » sur la photo. C’est difficilement descriptible mais c’est un effet qui me plaît.

Depuis un an, je parcours timidement Tours et Paris armé de ce vieil objet. Récemment, j’ai même utilisé un film monochromatique, qui ne résultera qu’en des photos faites de nuances de gris.

« Monochromatique », j’aime particulièrement les mots tels que celui-ci qui prennent instinctivement une coloration particulière.

 

 

 

Avec le temps et un peu de routine musical vient la lassitude. Avec la lassitude vient l’envie de découvrir de nouveaux horizons. Je suis un éternel insatisfait mélodique et culturel, j’ai un besoin fou de découvertes régulières. Ayez merci si je vous dit avoir découvert Massive Attack il y a moins d’un an. Un groupe qui forme à mes oreilles un bouillon varié et atypique — c’est fou comme le mot « bouillon » est totalement dépourvu de charme —. Des voix variées, particulièrement grâce aux artistes ayant participé à l’album Heligoland, un fond musical qui évolue et change entre les morceaux et les mesures, de quoi apporter de l’inhabituel. On retrouve à ce groupe un ensemble qui semble — allitération — plutôt recherché, qui ne se lance pas dans des sons trop électriques ou marqués pour apporter de la force aux compositions. Massive Attack réussit joliment à jongler entre la présence de la voix et la richesse du fond sonore pour produire quelque chose d’unique.

Leur chanson : Small Time Shot Away

 

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Les illusions d’optique sont une façon de montrer que nous n’avons pas toujours raison. Ou comment un morceau de réalité particulièrement agencé réussir à tromper notre joli réseau de neurones. Je me souviens du motif de Kanizsa où l’on croit discerner un triangle, dont le contour est en partie dessiné par d’autres formes. L’interprétation dont on doit faire preuve dans ce cas est extrêmement importante. Je ne sais plus quel professeur nous avait dit une fois qu’un Homme n’ayant dans sa culture aucune connaissance des lignes droites ne serait pas capable de voir le triangle. Un ordinateur ne serait pas troublé par une illusion d’optique. Un ordinateur ne sait pas « voir », seulement traiter l’information et l’utiliser, pour la transmettre, la stocker. Un ordinateur n’interprète que si on lui apprend à le faire. On pourrait peut-être faire bugguer un ordinateur en lui demandant de compter le nombre de faces d’un ruban de Möbius ou de calculer le volume d’un cube de Penrose. L’Homme et son ego interprètent et jugent l’univers qui les entoure. C’est naturel et on ne peut s’en détacher. la personne la plus bienveillante du monde aura nécessairement un jugement envers les personnes qu’elle rencontrera, un avis fondé sur ses seules perceptions, sur ce qu’il ou elle croit voir. C’est normal. Parfois, l’avis qu’on se fait d’un personne est correct, parfois, il ne l’est pas. Beaucoup de gens sur cette Terre pensent que leur façon d’être et de fonctionner est inaccessible à autrui. Mais les psychiatres ont pris un malin plaisir à mettre l’indiscernable en cases.

Il ne faut pas trop se baser sur la première impression, ou avec discernement. Il ne faut pas se laisser emporter par un soubresaut d’affection ou de désintérêt car après coup, son avis est trop vite biaisé pour être correct. Et puis côtoyer quelqu’un pousse à changer, à incliner son axe de rotation, on fait parfois des choses auparavant considérées comme improbables. Une autre façon de se connaître réside dans la faculté à saisir la façon dont on est perçu par autrui. Ça aide à se construire. La beauté d’une relation, des sentiments et émotions réside toutefois dans le fait que ça ne correspond pas à du rationnel. On s’octroie la liberté de ne pas faire ce qui est simplement bon pour la survie de l’espèce et de l’individu, de se laisser aller vers un peu, un petit peu d’inconnu. Les gens poursuivent — ou pas — des buts différents en élaborant avec plus ou moins de réflexion une relation avec autrui. Les raisons sont aussi variées qu’il y a d’humains sur Terre : besoin d’affection, de sécurité, de présence, d’une oreille, pour d’autres besoin de fournir une présence, besoin de fournir un soutien, d’autres encore besoin charnel, intérêt intellectuel, professionnel, financier, de nouveauté. Besoins, ou envies.

La différence entre un besoin et une envie est que le besoin doit a priori nécessairement être rempli pour que l’individu ait une sensation de bien-être. L’envie est l’expression d’un désir potentiellement oubliable.

Pour ma part, je crois que je transmets un peu trop de mon empathie générale dans mes relations amicales. Vouloir aider et soutenir son prochain. Il y a des personnes qui, simplement, n’aiment pas se sentir soutenues. Et il m’a fallu un temps de recul avant de comprendre que c’était leur version de ce qui était bien pour elles.

En tant qu’humains, capables d’avoir un avis et un point de vue, permettons-nous un instant d’avoir tort et d’accepter plusieurs versions de la vérité. Déjà, « la » vérité. Pourquoi n’y en aurait-il qu’une, particulièrement dans quelque chose qui met en lien deux êtres humains et donc des possibilités multipliées ? Toute vérité n’est pas bonne à dire. Ma vérité l’est peut-être dans un contexte sans l’être dans un autre. La confrontation à un point de vue adverse qui s’avère être plus véridique que le sien est une façon efficace de construire sa personnalité. Un peu de la façon dont une théorie scientifique n’est considérée comme telle que si elle est potentiellement réfutable.

 

 

Les certitudes n’existent pas de façon absolue. Auguste Comte l’avait compris, « tout est relatif ». A. Einstein l’a mis en pratique dans le domaine de la physique, il est facile de l’extrapoler à la psychologie. Une certitude est inhérente à l’instant de sa création, dépend de la personne qui l’émet, des personnes qui la reçoivent, de l’interprétation qu’elles en font. Au lieu d’être si fièrement sûrs de nous-mêmes, remettons-nous en question et l’humain ne s’en verra que plus grandi.

 

 

Concluons cet article en citant un éminent philosophe simiesque de son temps, reconnu bien que peu compris : « regarde au-delà de ce que tu vois ».

 

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Occurrences

Dans le service d’imagerie, les murs de la pièce était peints couleur saumon, quelques chariots s’entremêlaient dans les coins et l’éclairage était plutôt tamisé… Il y avait peu de monde qui déambulait, l’air était vierge de poussière et c’était ce laps de temps, en attendant un patient au retour d’un examen. Une pièce parmi d’autres donnant sur un couloir parmi d’autres, la salle d’attente. Et là, allongée sur un lit, les pieds vers le couloir, sur le côté et tournée vers moi, une inconnue. Elle était légèrement plus jeune que moi. Brune aux iris que je dirais verts malgré le flou qui entoure ce souvenir. Elle serrait contre elle, avec ses deux bras, un ours brun en peluche. Ses yeux étaient presque humides de larmes et sa bouche semblait hésiter entre le sourire timide et les pleurs. Nos regards se croisèrent. Vision touchante qui me laissa K.O. durant quelques secondes, avant que je ne reparte tel un fantôme vêtu de blanc…

La vie ne consiste en rien si ce n’est une suite d’éléments plus ou moins imprévus.

Ce souvenir est l’un des rares qui me reste clairement distinct de mon séjour hostpitalier, il y a presque deux ans de cela. C’est dans ce genre de situation qu’on sait rarement par quoi, exactement, on est touché.

Avec un peu de recul, je pense pouvoir dire qu’une telle rencontre insuffle de la force. Parce qu’il en faut pour venir en aide à ceux qui réclament assistance ou réconfort. Et voir cette scène troublante est — personnellement — ce dont j’ai besoin pour me faire pousser des ailes.

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Bref quoi qu’il en soit, bonjour.

Les occurrences, donc. Une coïncidence relativement intéressante et parfaitement inattendue est celle du thème de cet article. Le film Cloud Atlas, oeuvre de génie artistique basée sur le livre éponyme, en fait l’ode d’un bout à l’autre. On y suit plusieurs (un seul ?) protagonistes au travers de six époques, qui présentent entre elles quelques répétitions, des similitudes… Par-dessus tout, on y trouve des liens, on y devine un sens étrangement global et surnaturel, comme si tout concourrait à… au destin, à l’avenir.

“ Our lives are not our own. From womb to tomb we’re bound to others, past and present. And by each crime and every kindness, we birth our future. ”

C’est vrai qu’il s’agit là d’un sujet assez intéressant : qu’est-ce qui a conduit à l’instant t, à ce que chacun est précisément à ce moment ?

Dans une vidéo dont je ne me rappelle plus l’auteur — Mais je soupçonne qu’elle soit de Vsauce —, il était dit qu’il nous fallait simplement… Savourer chaque instant, le magnifier, le rendre parfait car il était absolument unique. Que chaque atome de l’univers avait (c’est quelque peu limité et égoïste néanmoins réel) concourru à cet instant précis, à ce qu’on est exactement à ce moment et pas à un être humain slightly different.
Pour le coup, j’aime bien ce point de vue. Ça pousse à relativiser, à se rendre compte qu’on peut donner de la valeur à la moindre petite chose. La vie est belle parce que l’univers tout entier y est favorable.

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Au sein d’une autre vidéo de l’auteur susnommé, Why do we kiss ?, un constat assez intéressant est énoncé. À travers des tests et expériences mettant en jeu des animaux, qui seraient aujourd’hui interdits pour des raisons d’éthique, des scientifiques ont été amenés à prouver différentes choses :
– Premièrement, le rejet est un paramètre d’une relation qui renforce l’affection de la part de l’individu rejeté.
– Deuxièmement, l’incertitude de la satisfaction ou de la punition donne lieu à un attachement plus solide que pour des sujets étant toujours comblés d’affection.

Ces deux conclusions, bien qu’un peu effrayantes, donnent une profondeur un peu plus crédible aux légendaires friendzoning et consorts. Le fait de se faire rejeter ou de ne pas trouver répnse adéquate à ses sentiments a effectivement pour effet daccroître ceux-ci. En plus d’être un ressenti personnel pour de nombreux insatisfaits amoureux, maintenant ça a aussi une dimension scientifique, ce qui n’est pas plus mal. Une précision dans la science de l’amour !
Simplement, pourquoi est-ce qu’on s’attache plus à ce qui nous est difficile d’atteindre ?
D’aucuns diraient que c’est la recherche du bonheur qui importe et non le fait d’être soi-même heureux, et en conséquence de cela aimer quelqu’un de plus inaccessible ou présentant moins de réciprocité ne serait que l’attitude logique à avoir pour être plus épanoui dans sa recherche du bonheur.
Je pense que cette théorie n’est que peu exacte. Je crois que simplement… on se plait à aimer une personne inaccessible ou distante car elle nous apparait comme correspondant parfaitement à des idéaux qu’on admet plus ou moins. C’est plus agréable d’idéaliser une relation que de la confronter à la réalité. Ce qui est dommage puisque cette dernière peut s’avérer magnifique et pleine de surprises.
Et puis c’est le fait de ne pas avoir, de ne pas connaître qui nous attire. Ce que je mets en lien avec la seconde expérience (attention amis des animaux) : le chercheur avait séparé trois groupes de chiots. Dans le premier, les petits recevaient des caresses à chaque fois qu’ils s’approchaient des chercheurs. Dans le deuxième, ils étaient repoussés et punis à chaque fois. Dans le troisième groupe, les chiots étaient soit punis soit caressés, de façon aléatoire…
Or, ils auront observé que les chiots manifestant le plus d’attachement étaient ceux du troisième groupe, qui vivaient dans l’incertitude permanente. Si on ne sait pas la teneur des sentiments de la personne qu’on aime, si on n’a aucune idée quant au fait qu’elle soit éventuellement potentiellement accessible, alors il y a — bêtement — plus matière à jouer avec le hasard, au mystère, à spéculer et idéaliser. L’être humain a besoin de rêver.

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Pourquoi la vocation ? Pourquoi la Médecine ? Avec ou sans majuscule ? Déjà je pense qu’on pourrait remplacer « médecine » par « santé » dans mon cas. La médecine était le versant de la santé qui m’aurait accordé, lors de mon cursus, un apport de connaissances scientifiques pointues, des gestes irréalisables par d’autres professionnels de santé, un droit de décision, de réaction et de prescription… Néanmoins le métier d’infirmier se situe tout autant dans le domaine de la santé que celui de médecin. Peut-être même plus, dans certains domaines.

Travailler dans la santé, c’est vouloir dédier sa vie — de façon un peu bisounours, utopique et idéaliste peut-être, mais tout de même — et son temps au bien-être d’autrui, d’inconnus. C’est vouloir faire en sorte que les gens sourient, que leur douleur s’atténue, les aider à regagner de a fierté humaine. Je ne le cache pas, je n’ai pas foi en l’humanité. L’effet de masse est bien trop omniprésent et abrutissant pour me laisser un autre choix. Toutefois, je crois encore en la qualité de chaque individu. Enfin la plupart. L’Homme a ces qualités formidables que sont le sens critique et la capacité d’introspection. Je pense que l’immense majorité des êtres humains peuplant cette boule bleue qu’est notre bonne vieille Terre est capable de bien, de gentillesse, d’amour de son prochain.
C’est extrêmement niais mais je crois en une étincelle d’espoir au plus profond de chacun qui peut pousser cette personne à simplement ne pas suivre la cruauté et la bêtise humaines.
C’est au nom de cette petite étoile que oui, je pense que tout le monde mérite d’être soigné, pansé, aidé. Même le dernier des c*nnards qui n’aurait même pas pris la peine de vous écraser sous la semelle de sa chaussure. Je pense qu’il n’y a pas de notion de jugement dans l’acte de soins. De la même façon que certaines personnes ont trouvé leur place dans ce monde en créant des chansons, d’autres en vendant du chocolat, j’ai le profond sentiment que mon rôle, à moi, égoïstement, petit Couette, c’est de soigner les gens. C’est peut-être prétentieux ou débile ou cquevousvoulvoul, néanmoins c’est le sens que je crois deviner à ma vie.

J’avais assisté une fois à une petite présentation sur la réussite, et l’animateur distinguait bien réussir sa vie et réussir dans sa vie.
Réussir sa vie, c’est pouvoir se dire que sa vie a eu un sens, que ce soit rendre des gens heureux, que ce soit laisser une empreinte musicale, une trace encyclopédique, qu’importe.
C’est pour ça que… oui, je suis marié à la santé, à la médecine. C’est un fait, je ne m’en sépare plus et je ne vois pas mon avenir autrement désormais.

Quant à la Paces, et bien… Je crois que l’échec n’existe pas. L’échec n’est que le ressenti qui nous tombe dessus lorsqu’un croisement de chemins se fait, comme lors d’un choix. Une porte se ferme et d’autres s’ouvrent. L’échec n’est pas une impasse, ce n’est qu’une intersection. L’important c’est d’aller de l’avant !

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Twice

Une jeune fille aux cheveux d’une éternelle couleur rouge cramoisi est accoudée à la fenêtre du train.

Sirotant un café dans le thermos qu’elle tient au creux de ses mains, à quelques pas de l’isolement des compartiments, elle était là. Julie, contemplant le paysage qui défilait devant ses yeux.

On ne saurait dire si son regard suivait simplement l’horizon ou cherchait une étincelle d’inspiration virevoltant au-dessus des champs.

 

Sortant du box dans lequel on l’avait placé, il sortit à son tour pour se placer à son côté. Dans le couloir traversant d’un bout à l’autre le wagon, on pouvait voir gambader quelques enfants ainsi que marcher quelques adultes d’un pas lourd, avec un air nettement plus sérieux. Etrangement, ce train et cet instant imprévu avec elle étaient une bouffée d’oxygène. Ils aimeraient pouvoir ainsi se suivre jusqu’au bout de la ligne et plus loin encore, quelque par sous le soleil, dans un lieu apaisé.

 

Sans tourner la tête, elle dit : “ toujours les mêmes sandwiches ”, ce à quoi il répondit “ et toujours le même café ”. Lui prenant doucement le thermos des mains, il but une gorgée du liquide amer et soupira légèrement, avant de lui dire avec gentillesse “ tu m’as manqué, tu sais.
– Oui, je sais. Pas d’ma faute hein.”
Par cette simple phrase on n’aurait pu deviner si elle était d’humeur moqueuse ou rancunière vis-à-vis de la blessure qu’il lui avait infligée il y a quelques mois de cela.
– “ J’y penserai, à l’avenir.
– Tu n’as pas promis, c’est bien !
– Quelle idée de ne pas tenir ses promesses, aussi.
– Je vous le demande !”

Au milieu des champs bercés par le brouillard apparut une usine, plongée dans les blanches volutes qui s’échappaient de ses cheminées. L’héroïne la suivit du regard quelques instants, agita la main comme pour chasser un moustique et fit ainsi disparaître l’édifice, ramenant la quiétude qu’elle recherhait sur ce paysage.
Lui se sentait enfant, face à cette flamboyante demoiselle qui conservait ses secrets.
– “ Tu cherches quoi dire, on dirait !
– Oui, tu m’intimides, maintenant.
– Il n’y a pas de raison pourtant. Tu ferais bien de retrouver cet esprit littéraire et cinéphile qui t’allait si bien ”, dit-elle avec douceur.
– “ Après la PACES.
– Après la PACES. Cruelle année qui te prive d’un peu de tes libertés, et pourtant… tu en es bien heureux.
– Oui, il me faut l’avouer, je me sens bien, vraiment. Rien ne concourt à me contrarier. Comme on me l’a si bien dit autrefois, il faut aller de l’avant.
– Ça fait au moins une chose qu’elle avait raison de te dire… Je sais, il y en a eu d’autres, je te taquine. Après tout, ce n’était pas quelqu’un de mauvais.”

Dans le compartiment, un enfant et sa soeur s’amusent à raconter ensemble une histoire dont ils inventent la suite au fil de leurs mots. C’est une scène pleine de candeur et de sincérité naturellement infantiles.
– “ Tu sais à qui tu me fais penser ?
– Non, déjà que tu me penses littéralement !
– À Ruby.
– Cette cousine ! Tu sais que j’ai beaucoup aimé cette histoire ?
– Je m’en serais douté, on dirait presque toi.
– À la différence que je reste libre”, dit-elle avant de lui donner une petite pichenette sur la joue avec l’index.
– “ Où est-ce que ce train t’emmène ?
– Je ne sais pas. Là où tu pourras toujours faire appel à moi.
– C’est gentil ”, dit-il en souriant. “ Et désolé pour la fois précédente. Je n’ai pas osé venir à ta rencontre après cela.
– Ça peut se comprendre, tu avais trop honte. Et dieu sait si tu avais raison. Néanmoins, eh, elle ne me va pas si mal, cette balafre ! Et puis comme tu le dis, il ne s’agit que d’une cicatrice apparenant à mon vécu, à ce que je suis aujourd’hui, donc il me faut vivre avec et ne pas la renier.
– J’y penserai !
– Tu n’as encore pas promis, tu apprends vite.
– Ça me fait du bien d’écrire, de t’écrire.
– Ça me fait plaisir aussi.
– Tu évolues et j’ai toujours les mêmes peurs, les mêmes faiblesses. Les autres, la perte. Au moins, avec toi c’est un peu différent.
– Attention, tu tombes à nouveau dans le mélodrame. Tâche ne pas trop t’attacher à cela, ça te fera du bien et t’aidera à encore plus aller de l’avant.
– C’est difficile.
– Mais tu essaieras, dans un premier temps tu échoueras et ensuite, petit à petit, tu y parviendras. Tu ne peux pas continuer à souffrir ainsi comme un bébé !
– Tu as raison.
– Evidemment. Ça m’a fait plaisir de te revoir.
– Moi de même, ma chère !
– Tss, là tu triches ! Mais soit.”
Alors qu’elle tendait la main pour récupérer son thermos posé sur le rebord de la fenêtre, il remarqua sur son poignet gauche un tatouage à l’encre noire. Une cochlée.
– “ Merci pour ça, je l’aime beaucoup !
– Je sais.
– À plus tard, et bon vent.”
Elle posa quelques instants son front contre celui de son interloctueur et disparu doucement dans l’air, laissant une infime odeur de fleur flotter dans l’atmosphère.

Jessica Dube

Echo

Quelques vers, de l’encre tombée sur le papier.

 

[Syndrome de la page blanche]

Regard teinté de doubles croches
Encre sur les doigts, le monde sans sa poche,
Celui qui est tout sauf l’Homme de demain
Ne sait entamer d’autre refrain.

[Ode à la Solitude]

Croire et évoluer :
Penser que seule une en a la clef.
Laisser l’autre s’exprimer,
Et apprendre à naviguer.

[Lueur]

Elle revêt son habit de noir
Aux couleurs des larmes de ses filles.
Le silence, à l’instant ;
Cette beauté, discret firmament !

[L’Ami]

Tigre enfantin
Naturelle honnêteté
Plus que nous, humains,
Accompagne tes pensées !

[Panique]

Aux couleurs de l’esprit,
L’amour se mèle à la folie :
Des notes qui s’entrechoquent
— Sonnant l’espoir
Et la fin d’une époque.

[Sens]

Bonheur et résignation,
Etranges oxymores sentimentales.
Se donner et suivre une mission,
Embryons de bonheur global.

[Nuance]

Enfouies sous la pluie
Des mélodies sonnent à l’Orient.
Les fleurs sont réjouies,
On court après le temps.

[Création]

Entendre sous la pluie
Toutes ces mélodies
Causer de vie et d’humanité
En des lieux trop éloignés…

[Paix]

Le jour doucement s’éteint
Au creux de notes heureuses ;
Prenons nos destins en main
Et rêvons d’une année fructueuse !

[Imagine]

Retrouver cette joie amoureuse
D’une Canadienne aux rimes rêveuses ;
Dévoiler les pétales,
Courir après son idéal.

[Jour]

C’est la fin des aurores
La frise se déplace
Réfugions-nous dehors
Inlassable, si tenace !

[Temps]

Elargir ses perceptions
Sous un monde aux milliers de sons.
La solitude d’un jour qui s’éteint
L’hiver, n’est plus si loin.

[Avance]

S’élancer vers les étoiles
Vouloir surpasser son égal
Établir la confiance
Et arrêter les imprudences.

 

 

Olivia Ong, Emily

Le Questionnaire de Proust

Ma vertu préférée.
– La capacité de discernement. Savoir comprendre. Et chercher à vouloir comprendre ce qu’on ne connaît pas. Être intéressé par l’inconnu.

 

La qualité que je préfère chez un homme.
– La sincérité au-delà de la fierté. Quand un homme se révèle tel qu’il est vraiment, et non pas tel qu’il veut paraître au monde. Les hommes sont très taciturnes et communiquent peu sur leurs sentiments. C’est très positif d’en voir un s’extérioriser.

 

La qualité que je préfère chez une femme.
– Savoir sourire. Savoir être différente mais accepter ses points communs avec le monde quand elle en a. Savoir vivre sans se soucier des règles qu’elle se fixe.

 

Votre caractéristique première.
– La peur. La peur de rencontrer des gens, la peur de faire mauvaise impression, la peur d’être maladroit, ridicule. La peur d’avancer vers l’avenir. La peur de perdre les personnes auxquelles je tiens. La peur de me tromper.

 

Ce que j’apprécie le plus chez mes amis.
– Leur capacité à détendre l’atmosphère, quel que soit le lieu et l’instant. L’ensemble heureux qu’on forme. Leurs capacités d’écoute et de présence. La réciprocité de notre amitié.

 

Mon principal défaut.
– Avoir trop de défauts.

 

Mon occupation préférée.
– Écouter de la musique, tout le temps. Découvrir de nouveaux morceaux, les redécouvrir quelque temps plus tard. Les apprécier en fond, durant une lecture, une séance photo, une marche, un voyage, pendant que j’écris.

 

Mon rêve de bonheur.
– Être médecin et rendre heureux les gens qui m’entourent.

 

Quel serait mon plus grand malheur ?
– Devenir sourd. Ne plus pouvoir entendre les gens parler, ni écouter de musique. Vivre pour le restant de mes jours dans un silence oppressant. Cette idée me terrifie rien que d’y penser.

 

Ce que je voudrais être.
– Une feuille ou un pétale de fleur fané, porté par les vents et pouvant visiter le monde entier en écoutant la Musique des Sphères autour de moi.

 

Le pays où je désirerais vivre.
– La Terre. Probablement un pays anglophone, mais nulle part en particulier. Juste un lieu où sentir que je suis heureux d’y vivre et où je perçois de la joie, quelques sourires. Partout à la fois, finalement. À travers l’immensité des Etats-Unis. En mouvement.

 

La couleur que je préfère.
– Le turquoise, légèrement éclairci. Une couleur au milieu du bleu aquatique, maritime, céleste présent tout autour de nous bien qu’il soit tout juste imperceptible ; et du vert des plantes, des spots lumineux, de la vie en mouvement, qui respire et sonne en permanence.

 

La fleur que j’aime.
– La lavande, pour son parfum. La rose, pour son élégance, sa noblesse et ses épines. L’edelweiss, pour son éclat et son nom si mélodieux : l’étoile d’argent.

 

L’oiseau que je préfère.
– Aucun volatile ne me fait trembler d’intérêt. Toutefois, j’aime bien le nom et la poésie du colibri.

 

Mes auteurs favoris en prose.
– Bien que trop nombreux pour être nommés, je retiens principalement J.R.R. Tolkien, pour son œuvre fantastique et majestueuse. On pourrait considérer sa perfection comme inégalée que ce ne serait pas volé. Sa plume porte à croire dès les premières ligne qu’on se trouve au sein d’une biographie, d’un récit de voyage. C’est stupéfiant. Cela fait très longtemps que je n’en ai pas parcouru les ouvrages, mais j’en garde un excellent souvenir.

 

Mes poètes préférés.
– Shakespeare. C’est peut-être à tort que je le considère comme poète, mais je définis son style comme de la prose poétique. Bien que le plus souvent dépourvues de rimes, ses lignes sonnent comme un chant, accordées sur le ton de la scène. C’est une façon d’écrire plutôt intéressante et dans laquelle se retrouve un certain charme.

 

Mes héros dans la fiction.
– Je crois pouvoir nommer Batman. Celui de la trilogie de films créés par C. Nolan. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’un personnage que l’on voit se construire et qui essaie de saisir le monde qui l’entoure alors que celui-ci évolue et se détruit à petit feu. Il y a un fond très intéressant dans ces films, je crois que c’est la recherche de son identité. Bruce Wayne se fraie tant bien que mal un chemin à travers la folie, et prend peu à peu conscience du monde réel. C’est un personnage qui a du sens, et c’est suffisamment rare pour être remarqué.

 

Mes héroïnes favorites dans la fiction.
– Certainement Nausicaä, protagoniste de l’œuvre de la Vallée du Vent, de Hayao Miyazaki. Tout au long des sept tomes de l’œuvre à mi-chemin entre le roman, le manga et la bande dessinée, elle cherche à donner une raison d’être au monde qui l’entoure, en essayant de le comprendre avec son âme encore enfantine. Ici, la trame se situe à mon sens dans l’évolution, le passage à une personnalité adulte sans perdre les fondements de son enfance.

 

Mes compositeurs préférés.
– L’hésitation entre le contexte de la création de ce questionnaire et les temps actuels me fait osciller entre la musique « classique » et « moderne », mais je porte finalement mon choix sur Matthew Bellamy. Nul autre que le compositeur de la plupart des morceaux de Muse, je trouve qu’il parvient à transmettre beaucoup de… matière dans ses créations. Ses morceaux ne sonnent pas de façon vide. Ils sont pleins de force et d’originalité. Aucun ne ressemble à un autre, et c’est formidable. Aussi pour son Exogenesis Symphony, majestueuse.
– Mais aussi, Joe Hisaishi est un artiste hors pair. Un compositeur classique de talent, le seul qui m’ait fait pleurer en concert. Chacune des notes qu’il pose sur sa partition est un concentré d’émotions. Ses oeuvres sont tout simplement belles et mélodieuses. Parfaites, pleines d’une douce beauté inconnue qui nous envoie rêver.

 

Mes peintres favoris.
– Salvador Dalí, pour son oeuvre irréaliste. Ses créations semblent sorties d’un imaginaire improbable et totalement fou, à peine limité par les possibilités de ses pinceaux. Il est certes difficile d’en saisir le sens — en admettant qu’il y en ait un — mais je trouve ses tableaux très prenants, remplis de mystère.

 

Mes héros dans la vie réelle.
– Nelson Mandela. Je ne sais pas vraiment pourquoi mais c’est une personne qui m’a toujours inspiré énormément de respect. Quelqu’un qui a énormément donné de sa personne pour son prochain, sacrifiant une grande partie de sa vie pour ses idéaux, le bien de l’immense population qui l’entourait.


Mes héroïnes dans la vie réelle.

– Marilyn Monroe. Je ne connais pas vraiment son histoire et n’ai vu qu’un seul film où elle tient un rôle — Some Like It Hot — mais elle me semble être quelqu’un de très sensible et une actrice très intéressante. Je pense qu’elle a subi beaucoup de choses désagréables et qu’elle s’en est infligé autant. Je pense qu’elle sacrifiait une grande partie de sa personnalité afin d’être comme elle voulait. Elle reste, je crois, un idéal pour beaucoup de demoiselles et, finalement, c’est la seule personne féminine qui m’est venue en tête.


Les personnes dans l’histoire que vous détestez le plus.

– Il ne s’agit pas d’A. Hitler. Je crois que c’était un homme rongé par sa maladie mais avant tout par sa folie. J’en veux bien plus à toutes les personnes des échelons inférieurs, les meurtriers directs des nombreux génocides qui tapissent l’histoire et qui prenaient un malin plaisir à faire souffrir ceux qui leur tombaient entre les mains.

 

Mes héroïnes dans l’histoire.
– Elizabeth II, la Reine du Royaume-Uni et du Commonwealth. On peut la considérer comme un personnage historique, vu son âge. Je trouve qu’elle a endossé la casquette de Princesse, puis la couronne de Reine, avec beaucoup de noblesse et de force. Aujourd’hui, la grandeur royale de l’Angleterre est vraiment unique en son genre. Pour la grandeur de cette famille royale et de son souverain, j’aimerais énormément être de nationalité anglaise.

 

Vos plats et boissons préférés.
– En ce qui concerne la boisson, un diabolo grenadine. Exquis mélange de limonade et de sirop de fruits rouges. Une boisson rafraîchissante, au parfum délicieux et pétillant
-Pour le plat… Rien de particulier, je crois. J’aime bien les pâtes carbonara, une bonne soupe, les courgettes, de la limande…

 

Mes noms favoris.
– Suzie.

 

Ce que je déteste par-dessus tout.
– L’hypocrisie. Les personnes qui se font passer pour quelqu’un d’appréciable et qui n’attendent que le bon instant pour vous faire souffrir. Et la prétention. Se croire mieux que d’autres, c’est déjà prouver qu’on ne l’est pas.

 

Personnages historiques que je méprise le plus.
– Mépriser quelqu’un, c’est déjà éprouver un minimum d’intérêt pour ses actes. Donc je ne méprise personne.

 

Le fait militaire que j’admire le plus.
– La création de l’Empire de Napoléon. Un grand personnage plein de force et de confiance en son pays. Je ne m’intéresse pas vraiment à l’histoire. Ah, toutefois j’ai beaucoup d’admiration pour l’époque japonaise des Samourais. Ce peuple dégageait une noblesse et une sérennité d’esprit primordiales dans leur culture. Basés sur l’honneur, la bravoure et le courage, ils représentaient des valeurs qui seraient bonnes à rappeler actuellement.

 

La réforme que j’estime le plus.
– L’obligation pour les enfants d’accéder à l’école publique. C’est noble de vouloir donner une éducation à tout le monde. C’est ce qui permet ensuite le discernement, et généralement un avenir.

 

Le don de la nature que je voudrais avoir.
– La possibilité de me mêler au monde. De m’allonger quelque part, dans un tapis de feuilles, et de ressentir avec paix tout ce qui m’entoure. On peut déjà y parvenir si on est particulièrement calme, et c’est une sensation très agréable de percevoir le monde par ses sens, sans les analyser.

 

Comment j’aimerais mourir.
– En étant toujours capable de discernement. La fin en elle-même m’importe peu du moment que je suis encore conscient de mes faits, réflexions et gestes. S’il faut préciser une façon particulière, noyé. Sans aucun doute. C’est parfois bn de ressentir la panique à l’idée de se sentir perdu. Se noyer est bref, le temps d’une inspiration et ensuite, c’est terminé. J’aime l’idée de pouvoir m’enfoncer dans des eaux profondes et inconnues, au milieu des poissons et d’un océan présent depuis l’aube des temps.

 

État d’esprit actuel.
– Rétrospectif et introspectif. Ce questionnaire est une bonne façon de se forcer à se redécouvrir un peu. Sinon, mon esprit est comme la météo. Ensoleillée, et m’efforçant de souffler les nuages hors du paysage.

 

Fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence.
– Toutes quand on aime. On est alors capable de pardonner tout et n’importe quoi. De trop pardonner, certainement. Je ne sais pas vraiment. Je suis capable facilement de pardonner l’absence. Et on m’a suffisamment pardonné mes erreurs pour qu’aujourd’hui je comprenne qu’il est essentiel de savoir pardonner.

 

Ma devise.
– Être ou ne pas être, telle est la question.

Pluperfect

Bon alors en premier lieu, la retranscription d’un rêve datant d’à peu près un an et demi, qui m’avait vraiment marqué sur le coup. Donc voilà, il est tard, l’inspiration vient plus facilement quand l’inconscient montre le bout de son nez, du coup, je me suis permis de réécrire le rêve en question. Ben quoi, j’avais aucune idée pour remplir cet article donc il faut bien trouver quelque chose ! :D
Qui plus est, ça me tournait dans la tête depuis quelque temps…

—–
Comment tu peux me faire ça ? Et surtout, comment oses-tu me le faire maintenant ?! Je te déteste, je te hais, tu n’as pas le droit ! Tout avait si bien commencé, et toi, cachée derrière tes cheveux blonds, tu t’empresses de tout foutre en l’air en un clin d’œil… Bravo à toi, ô insensée !
Je ne sais même pas si je dois rire ou pleurer, je ne sais même pas à quoi tu m’autorises. Pathétique de la situation, fatalité du destin… Ironie du sort. Ce même destin que tu t’es amusée à provoquer une fois de plus. Une fois de trop.
Idiote !

J’ai mal. L’éclat soudain de la lumière me brûle les yeux. Tous ces rayons de soleil frappant l’océan, une multitude de miroirs pointés vers la côte. Secondes d’aveuglement puis le monde retrouve ses couleurs. C’est en plissant les yeux face à l’astre au zénith que j’aperçois les premières esquisses du paysage qui s’étend au-delà de la route bordant la plage qui forme un léger arc de cercle.
La marée semble basse et les vagues frappent timidement les premiers bancs de sable. Des parasols plantent leur pied dans le sable, épars. La fusion de ces parapluies estivaux avec les serviettes étalées tel un patchwork géant forme certainement un tableau des plus appréciables vus du ciel.
Les enfants sautent, courent après des ballons multicolores en se jetant des gerbes d’eau scintillante. Toutes ces silhouettes inconnues dansent et chantent intérieurement sous le soleil qui leur brûle doucement la peau.
Le vent chaud sur mes joues signifie, même pour le citadin que je suis, que c’est une belle journée. Je me laisse emporter par l’atmosphère de tranquillité régnant dans ce non-lieu et souhaiterais presque m’envoler pour suivre la côte et les rochers.
J’ai encore du mal à y croire. Le cri sifflant des quelques mouettes planant au-dessus des eaux translucides me ramène vivement à la réalité et à la voiture bleue qui passe moins d’un mètre devant moi à toute vitesse.
Je ne veux pas regarder, mais je sais qu’ils se trouvent dans mon dos. Tous. Toutes ces tentations et tous ces chapitres, toute mon histoire que je veux laisser derrière moi pour quelques heures. Tous ces buildings gris, croulant sous leur propre poids, gonflés par les pièces rouillées des touristes venant s’aventurer en ces lieux. Oublions, ils ne m’intéressent pas aujourd’hui.

Le monde s’amuse et une silhouette s’en détache. Pas besoin de l’observer des heures durant pour savoir. Je te reconnaîtrais entre mille.

Grotesque. Ta bouche tremblante et pleine de sang qui esquisse un sourire, survolant les mensonges que tu t’apprêtes à dire. Tes cheveux si blonds qui volent au vent et tombent devant tes yeux. Par un geste de l’une de tes mains brisées, tu replaces la mèche rebelle derrière ton oreille. Cliché. Terriblement cliché.
Et pourtant, j’y crois. J’y ai toujours cru. Tes yeux bruns qui se lèvent et se posent sur moi. Un ange. C’est un ange que je vais rencontrer.

Je sens une sorte de panique prendre ses droits sur mon corps. Respiration, rythme cardiaque, système nerveux. L’air trouve difficilement son chemin vers mes poumons tandis que mon cœur décide subitement de faire un bond et d’accélérer sans prévenir. Impatience. Un léger tremblement agite ma main droite qui se crispe instinctivement. Je ne peux pas y croire. C’est impossible. Et pourtant, c’est réel.
Menteuse !

Tes lèvres roses dévoilent tes dents et son sourire s’agrandit. Bonheur. Ton pas s’accélère et tu poses le pied sur le bitume, sur le premier de ces rectangles blancs parfaitement alignés. Des sandales accompagnent tes pieds nus, ces traîtres qui auraient dû s’arrêter. Tu portes un t-shirt blanc légèrement trop long ensanglanté et considérablement sali. Un short de jean bleu complète ce dont tu es vêtue en cette journée brûlante et dévoile la longueur de tes jambes en morceaux.
Si j’essaie de me souvenir, alors je me rappelle une écriture rose pâle. « Rock ! », écrit en grand et en diagonale sur ton t-shirt, suivi de « Music. Life. » en plus petit. Tu as une mèche brune derrière ton oreille gauche, rougie par le sang. Un liseré blanc le long de ton short. Un tableau parfait, mais qui n’est qu’un faux. Une odieuse impression cachée derrière un brin d’irréelle authenticité.

Un rêve. De ceux qu’on ose pas imaginer, irréalisables et définitivement inaccessibles. Ce doit être la surprise de me rendre compte que c’est réel qui me choque à ce point. Hahaha. Quel idiot je fais. Stupide et crédule. Je me laisse berner par la perfection de l’instant, par ton sourire théâtral et toute cette scène magnifiquement orchestrée pour que je ne me doute de rien jusqu’au bout. LIAR ! L’anglais prend le dessus quand je ne sais pas comment exprimer ma frustration, ou ma honte d’être tombé dans tes filets avec une telle facilité.

Telle une magicienne qui aurait cliqué sur un personnage, demoiselle au prénom doré, tu t’avances tranquillement vers moi en occultant le reste. Là, en revanche, tu as fait une faute : il y a de l’impatience dans tes yeux et dans tes pas pressés. C’est ce qui t’a achevée. En écrivant cette ligne, je me dis que tout ce manège était peut-être réel, finalement. Pourquoi pas. Mais c’est trop tard. Parce qu’à l’instant suivant, tu y mets fin.

Choc.
Ah ça, tu as joué ton rôle à merveille. Rien, aucun indice jusqu’au bouquet final. La surprise fut totale…

Tu regardes devant toi, en ma direction. Un rapide regard vers ta droite, tu accélères le pas pour traverser. Crissement de pneus qui freinent brutalement et tentent vainement de s’accrocher au bitume. Le bruit te fait tourner la tête, trop tard.
Formidable. Quelle maestria ! Applaudissons ensemble le metteur en scène de cet acte et l’actrice principale formant un duo des plus explosifs !
Moi qui attendais ce moment depuis si longtemps… Une réunion unique que je n’avais autrefois même pas osé espérer. Mes félicitations ma chère, tu viens de réduire à néant ce fol espoir ! Tu es douée, il n’y a pas à le nier, jusqu’à la fin je n’ai rien soupçonné !

Comme dans les films. Je vois le choc juste avant qu’il se produise. Du coin de l’œil, cette tâche rouge mouvante m’interpelle. Sa vitesse est anormale. Non, non, non, non, non, non ! Tout se fige comme une photo, je vois l’avenir défiler devant mes yeux et je ne peux rien faire pour l’éviter. Je meurs une première fois, tué sur le coup par mon impuissance flagrante.

Le véhicule rouge vif arrivant par ta gauche te fauche à hauteur des genoux, tes jambes forment quelques instants un angle improbable avant de se briser, ta sandale droite quitte ton pied et tu t’envoles sous l’impulsion. Tu marches sur les cieux durant un instant, ta tête heurte le pare-brise sur lequel tu retombes lourdement. Il se fissure et tu glisses au bas du meurtrier qui parvient à s’arrêter trois mètres plus loin. Trop loin. S’arrêter au moment opportun aurait été trop prévisible de toutes façons.

Ce serait mentir que dire que je m’y attendais. Secondes de silence total, sans battement de cœur, sans réfléchir. Choc. Retour à la réalité. C’est paniqué que j’interpelle vivement le conducteur, un barbu d’environ vingt-cinq ans — je ne sais pas pourquoi tant de détails me reviennent à l’esprit —, pour lui ordonner d’appeler les urgences, pour me rassurer mais sans grande conviction.

Non, non, non, non, non, non ! Cela ne se peut pas !

Tu es consciente mais tes yeux cherchent un repère. J’oublie instantanément tout ce que j’ai pu apprendre et cours à tes côtés. Sans savoir pourquoi, je note d’innombrables détails. Un grain de beauté sur ta joue gauche, tes oreilles vierges de tout artifice, une seconde mèche brune dans tes cheveux, la commissure de tes lèvres très légèrement plus haute à gauche qu’à droite, la teinte de vert dans tes iris… C’est naturellement que ta main vient se loger dans la mienne. J’ai peur. Je suis paniqué et je ne sais pas quoi faire. Tu cherches à parler mais le sang t’en empêche, tu essaies de murmurer avec peine. Tu as mal. Je le vois, je le sais. Tu ne me quittes pas du regard quelques larmes perlent à tes yeux. Je ne peux rien dire. Rien. Je ne peux rien faire.

Non, non, non ! Tu n’as pas le droit ! Menteuse ! Arrête ça tout de suite, tu ne peux pas faire ça ! Cruelle, tu es cruelle ! Tu oublies tout ce que tu as promis, tout ce que l’on avait prévu ; tout ce qu’on attendait tous les deux ! Menteuse !

Ce fouillis intérieur est vain. Je peux à peine te tenir dans mes bras tellement je crains de te faire souffrir. Toutes ces années pour quoi ? Rien. Je ne peux rien faire, rien dire, rien penser. Tous ces détails que j’emmagasine, gravés dans ma mémoire comme une ultime confidence empoisonnée que tu me fais.
Je suis à peine bon à prononcer ton prénom, comme une plainte pour te rattacher à la vie. S’il te plaît…

Ta poitrine se soulève de façon irrégulière et, comme dans le plus nul de tous les films, de plus en plus lentement.
Incapable, je suis juste bon à te regarder mourir sous le zénith, entourés du bruit des enfants riant sur la plage.
Morte. Tu es morte.

Tu avais promis… Et tu as tout détruit.

Voilà, voilà. Ce qui est amusant, c’est de constater que bien que le temps passe inlassablement — sisi je vous assure, comptez les secondes et vous verrez qu’elles ne s’arrêtent pas avant que la pile de votre montre soit vide… — j’apprécie toujours autant cette demoiselle. Enfin comme un bon nombre de personnes, je ne supporterais pas qu’il lui arrive quelque chose. BREF.
J’avais aussi envie d’écrire un texte sur le froid, mais là j’ai la flemme donc peut-être en fin d’article, si vous êtes sages et qu’il est pas trop tôt.

Alors, sinon ! Alors pour commencer, j’ai pour Noël eu droit à un joli agenda estampillé Moleskine, rougi aux couleurs de New York. Ledit agenda, de relativement petit format, m’offre généreusement dix lignes par jour. Lignes que j’ai choisi d’utiliser pour conter mes aventures ! Yeaaaah. Enfin, c’est un bien grand mot. Disons que j’y note ce qui m’a +/- marqué dans la journée, ou mes pensées quotidiennes. Et je m’oblige à faire ça tous les jours, jusqu’à la fin de l’année.
Première question qui se pose : pourquoi ? Pourquoi se lancer dans un petit projet sans intérêt comme celui-là ? Et bien tout simplement parce que ça me permet de me rendre compte que je suis bel et bien vivant — sisi je vous assure —, que j’ai bien vécu chaque jour de cette année 2012. Et puis ça me permettra de m’en rappeler les détails. Si un jour je veux me souvenir de ce que j’ai fait à ce moment, je n’aurai qu’à ouvrir mon carnet pour le lire.
Oh, je ne sais pas si c’est une bonne chose d’avoir la possibilité de raviver n’importe quel souvenir à partir du 26 décembre 2011 — premier jour de l’agenda, ndlr. — mais je pense que ça peut être intéressant. Et si le cœur m’en dit, peut-être que je récidiverai l’an prochain, pourquoi pas après tout. Mais pour l’instant, j’ai encore la majeure partie de l’année à compléter.

Deuxième question qui se pose… Est-ce que je vais vraiment m’en rappeler rien qu’en relisant ? À cette question que l’on pourrait presque considérer comme étant rhétorique je répondrai comme suit : non. Je ne me souviendrai certainement pas de tout puisque tout dans cette année ne me marquera pas tant que ça. Et aussi… Parce que je n’accroche pas une photo par jour. Encore heureux sinon il aurait déjà quadruplé de volume. Mais pour certains jours, oui. Simplement les clichés que je trouve réussis, ou beaux.

Troisième et dernière question… Qu’est-ce que ça signifie pour moi ? En vérité, j’aimerais bien placer ma vie dans ce carnet. C’est pour cette raison que j’ai joins aussi des photos des artistes, films et compositeurs que j’apprécie, que j’y ai noté des dates d’anniversaire et que j’ai utilisé quelques trombones supplémentaires pour accrocher le portrait de personnes auxquelles je tiens particulièrement. Peut-être que tu y es, petit/e lecteur/trice, qui sait ? :)

C’est aussi pour ça que, bien que ce soit très personnel finalement comme écrit, j’aimerais le faire lire, un jour, à quelqu’un. Qui ? Je n’en sais encore rien et ne suis pas pressé de le découvrir mais ça aussi, ça me tient à cœur.

Tiens, en parlant de ça, ma motivation. En fait, je suis motivé pour réussir cette année parce que je veux devenir médecin. Toutefois, si je réussis ce semestre et laisse donc la Paces derrière moi à la fin de l’année — en admettant que ce soit possible… —, j’ai quelque chose à faire. Quelque chose qui me tient énormément à cœur, depuis beaucoup trop longtemps. Oui, c’est un « secret » que j’ai sur le cœur mais qui ne me pèse pas du tout. Ce sont des aveux qui me donneront — je crois — une pèche incroyable pour la suite. Et si ce n’est pas le cas, tant pis, j’ai vraiment envie de trouver enfin le courage de faire ça.

Mais — car il y a un mais — tout cela dépend d’une condition. Il faut que je réussisse du premier coup. Sinon… Beh, je crois que sinon je ne vaux pas la peine de le faire, et que dans ce cas il faudra oublier ce fol espoir.
Attention, ce n’est pas pour dire que dans ce cas je ne redoublerai pas ! Mais que devrai certainement renoncer à ce dont j’ai tant envie au fond de moi.

Note : c’est amusant parce que j’en connais une qui s’échine à vouloir deviner ce que c’est… Peine perdue ! :D

Maintenant, tentons de parler littérature !
Enfin, je dis ça mais je n’ai pas lu grand-chose. Il faudrait. J’ai commencé beaucoup trop de livres pour que ce soit raisonnable et j’en ai lu quelques-uns.

Le premier d’entre eux est L’Ombre d’un Destin. Inutile que je mentionne l’auteure puisque c’est une amie et que vous ne la connaissez pas. Un écrit intéressant bien qu’un peu enfantin. Comme tout débutant, elle a du progrès à faire et je suis sûr qu’elle pourra atteindre des sommets !

Le second livre que j’ai parcouru de long en large est L’Amour dure trois ans, de F. Beigbeder.
Bon alors autant vous dire qu’il n’y a que deux choses qui m’ont marqué dans ce livre : l’emploi d’une première personne franche et vive assez prenante, enivrante, et le manque total d’intérêt de cette œuvre.
Mes impressions sont, pour ce livre, que Beigbeder ne se livre ici qu’à dire à voix haute ce que les gens aimeraient dire et/ou penser. Donc aucune inventivité. Normal puisque c’est une autobiographie à ce qu’il paraît. L’œuvre est bourrée de clichés et prévisible. On ne prend pas un plaisir fou en le lisant, surtout pour une chute aussi inintéressante que pathétique. Franchement, je l’ai lu mais il ne m’a pas intéressé. Vraiment pas. Je l’ai lu parce qu’on me l’avait recommandé mais je n’en suis pas ressorti grandi, enrichi avec, si ce n’est pas un enseignement, au moins une expérience notable. Non, même pas. Après l’avoir lu j’avais juste envie de dire « ok. » Il ne m’a rien appris, si ce n’est la durée de vie de l’ocytocine… Merci Dr. Beigbeder pour cette instruction !
Par ailleurs, sur le plan relationnel, rien d’intéressant non plus… Honnêtement c’est un livre à lire, un bon livre parce qu’après en avoir parcouru les pages on peut dire « je l’ai lu. ». Sinon, pas la peine de perdre votre temps.

Parmi les ouvrages que j’ai commencés… Il y a Le Roi Lear, Bettý — un policier à rebours assez prenant —, La Fin de L’Eternité — de la cience-fiction, comme vous vous en doutez — d’I.Asimov, Macbeth et bien évidemment Insomniatic Dreams dont je fais la lecture perpétuelle.
Et dans mes piles de livre s’alignant sur ma table de chevet se trouvent 1984, Le Livre sans nom, Othello, Cher Jupiter, Entre le chaperon rouge, le loup, et moi, c’est fini… Autant vous dire que les prochaines vacances que je rencontrerai seront littéraires !

Maintenant parlons 7è Art !

Alors tout d’abord, j’ai vu Contagion. Un film catastrophe plutôt intéressant sur ce qu’il se passerait probablement en cas d’épidémie soudaine et de grande envergure. Sur le plan médical, sociologique, humanitaire, tout ça, il est vraiment passionnant. Des médecins ont participé à l’écriture du scénario et ça se ressent.
En fait, il était très réaliste… La corruption des gouvernements par les laboratoires pharmaceutiques, mettant en péril la survie de la moitié de l’humanité en refusant d’admettre l’efficacité d’un homéopathique. La crainte des gens de perdre pouvoir et argent en investissant dans des structures d’accueil de soin… Le choix des premiers vaccinés…
Ça fait un peu peur dans un sens, mais c’était vraiment très intéressant.

Dans le même registre, j’ai aussi regardé Living In Emergency, un documentaire sur Médecins Sans Frontières. Comment dire ce que j’ai ressenti… Ça prenait au cœur quoi. Ça a l’air terrible mais ça donne vraiment envie d’y participer tellement il y en a besoin. Je pense que c’est une expérience vraiment difficile à vivre mais qui est très enrichissante. En ce qui me concerne j’ai déjà décidé que je le ferai, sans nul doute.
J’ai retenu notamment une phrase : « Je ne pouvais pas imaginer ce que ça ferait d’être *le* docteur de la ville ». Là-bas, pas d’horaires jolies et gentilles. La disponibilité doit être quasi-permanente. Vraiment très intéressant et très touchant.

Du côté des Studios Ghibli, deux nouveautés et demi !
La première, Le Royaume des Chats. Très objectivement, c’est le conte de la famille à Totoro que je trouve le plus agréable. Le plus mignon, le plus léger, le plus enfantin. Une lycéenne qui se retrouve transformée en chat et coincée par la même occasion dans le petit monde des félins, si ce n’est pas mignon ça. Un peu trop enfantin comme départ peut-être, mais finalement c’est surtout magique et absolument pas niais. Les personnages sont caricaturés et pleins de comique, c’est plutôt rafraîchissant.
Qui plus est, l’histoire est tout de même relativement belle, avec presque une critique du monde réel. J’aime beaucoup, c’est vraiment le genre d’œuvre qui fait agréablement voyager pendant un peu plus d’une heure. Il est vrai qu’il est moins mature que les films de Miyazaki, mais justement c’est tout un charme. Et c’est peu facile aussi, je le crois. Créer un conte sans tomber dans la niaiserie… C’est un défi relevé d’une main de maître.

En deuxième lieu, Si tu tends l’oreille. Là encore, la protagoniste est une lycéenne. On y retrouve d’ailleurs quelques personnages félins de l’œuvre sus-nommée.
À travers l’écriture et la musique, elle chercher à s’évader dans un autre monde qui serait discrètement tapi dans le notre. J’ai trouvé ce film très touchant parce que Shizuku essaie en même temps d’atteindre un but, de se prouver quelque chose… Un peu comme moi en fin de compte. C’est une fois qu’elle l’a prouvé qu’elle se rend compte que oui, elle ne vaut pas rien.
Ce dont je ne suis pas encore tout à fait convaincu pour moi par moments, je dois l’avouer.
Se lie en filigrane une relation amoureuse avec un petit violoniste tout aussi rêveur qu’elle.
J’ai bien aimé le fait qu’elle s’acharne vraiment sur l’écriture, délaissant sa famille, sa santé au profit de ce dont elle a envie, et de son amour finalement. C’est peut-être — et même certainement — égoïste mais j’ai trouvé que c’était bien rendu. Il faut y croire !
Le film se termine, ô belle coïncidence, sur un lever de soleil. Bien sûr, cela m’a aussitôt rappelé Parménie. Puis, une très charmante déclaration d’amour, que je vais reprendre ici tellement je la trouve joliment formulée. Pour rappel, les deux personnages sont deux adolescents et ne forment alors pas de couple.. Et ici c’est le garçon qui parle.
« Dis, je peux te demander quelque chose ? Voilà, je ne sais pas dans combien de temps ce sera mais… Shizuku, veux-tu m’épouser ? » #CutenessOverload

La dernière moitié de partie cinématographie Ghiblienne est… La colline aux coquelicots ! À moitié parce qu’il m’intéresse maiiiiis seulement je ne l’ai pas vu… Il a l’air toutefois toujours aussi intéressant. Peut-être demain, qui sait.

Ensuite, entre temps, je suis allé voir Hugo Cabret. Un petit conte assez mignon qui narre les péripéties d’un jeune enfant poursuivant les fantômes de son père à travers le métier d’horloger. L’histoire est belle mais manque cruellement de profondeur. J’aurais bien aimé qu’elle soit plus glauque, plus steampunk. Plus réaliste qu’un conte enfantin.
Toutefois j’ai bien aimé les apparitions des films de Georges Méliès ainsi que de la jeune Chloë Moretz. Une petite actrice que j’aime bien.

Ensuite, j’ai vu Intouchables. Ce film est absolument génial. Deux petites heures de pur fou rire. Sur ce point, le meilleur film que j’ai jamais vu. De la vraie détente. Un film que je ne regrette vraiment pas d’être allé voir.

Ensuite, il y a Take Shelter. Ça, c’est différent. Je l’ai vu dans un cinéma d’Art & d’Essai, un soir. C’était très amusant car dans le hall il n’y avait que des amateurs de films. Des vrais. Des cultivés. Qui allaient vers les gens leur dire bonjour, ce qui suggérait l’appartenance à un club de cinéphiles. C’était vraiment une très belle atmosphère. Le genre de personnes avec lesquelles on peut parler après le film et avoir un vrai avis, fondé, sur ce qu’on vient de voir.
Évidemment, un tel film ne pouvait être projeté qu’en version originale. J’ai donc eu l’immense plaisir de voir une œuvre de plus en anglais dans une salle de cinéma. Je crois que ma dernière expérience de ce genre remonte à Arrietty, vu au cinéma des Halles Châtelet avec une petite écrivaine.

Take Shelter ou l’histoire de la paranoïa.

Le protagoniste ? Un ouvrier, père de famille, aimé par sa femme et sa fille, sourde. Rêves récurrents d’une tempête étrange, violente et empêchant les gens d’agir d’eux-mêmes. Au lieu de cela, humains comme animaux déploient une haine meurtrière envers leurs confrères et vers notre homme. L’apparition de ces rêves vire donc à la paranoïa. Il se met à construire un abri anti-tempête — « take shelter » signifiant « se mettre à l’abri » —…
C’est un film très intéressant car bien qu’il semble être le fou, l’insensé du film, on a aussi un point de vue particulièrement crédible sur lui, ce qui fait qu’il n’est pas si effrayant pour le spectateur.
Il me semble très réaliste par ailleurs. Exemple avec la scène où il se rend chez un psychologue et débute la consultation par « ma mère était schizophrène à tel âge, j’ai à peu près le même âge […] il faut tels symptômes pour une schizophrénie, j’en ai 4/10, ce qui correspond à tel niveau de la maladie… », et là on voit bien la peur qui l’habite.
Les rêves qu’ils fait sont angoissants, tant pour lui que pour le spectateur qui est contraint de les suivre à la première personne. Il lui arrive aussi de perdre le contrôle de lui-même et de se lancer dans des crises de folle colère assez violentes.
Somme toute la folie est vraiment parfaitement rendue ici, mais plus sur le plan pathologique que sur le plan spirituel. Dans Hamlet, le héros éponyme devient fou parce qu’il le veut, rien à voir avec une quelconque hallucination. Là c’est différent. Deux œuvres incomparables et qui pourtant se recroisent…

Sans cela j’ai aussi vu J.Edgar, le dernier long-métrage réalisé par Clint Eastwood ! La biographie de l’homme du même nom qui était le premier patron du FBI, et aussi considéré comme homosexuel voire travesti à ses heures perdues.
C’est un film plutôt intéressant, toujours sous la marque d’Eastwood. Très réaliste. Bien évidemment, ce n’est pas très dynamique, contrairement à Public Enemies qui est bien plus vivant.
Dans J.Edgar joue DiCaprio dans le rôle principal, que je vois avec joie revenir sous le feu des projecteurs pour des rôles assez intéressants : Shutter Island, Inception… C’est agréable car on se rend compte qu’il a un certain potentiel.
C’est Johnny Depp qui tient le premier rôle dans Public Enemies. Et c’est tout aussi agréable car il montre avoir la capacité d’exécuter des rôles plus sérieux que celui d’un pirate caribéen ! En effet, n’est pas John Dillinger qui veut, celui que l’on considère comme l’un des plus grands bandits des années 30 aux USA !
Il est d’ailleurs amusant car entre ces deux films le parallèle s’est fait de façon automatique. Et puis comme sieur Edgar a activement participé à la capture de Dillinger, c’est tout à fait normal de les relier en fin de compte.

Au fur et à mesure que j’écris je me souviens de film que j’ai vus et dont je n’ai pas parlé…

Rain Man par exemple ! Ou l’histoire d’un autiste que l’on confronte au monde réel. Une épopée très intéressante menée par lui et son frère, au départ dans le but de gagner de l’argent mais, finalement, d’apprendre à se connaître. C’est une belle histoire parce que les deux personnages évoluent vraiment le long du film. Il faut apprendre à traiter les autistes avec sympathie et à ne pas leur demander de s’aligner sur nos lois. Au contraire.

D’ailleurs, qui a décrété de quel côté des murs se trouvait l’asile ? Hmm ?

Bon alors comme à mon habitude, un peu de musique pour terminer cette grande accolade d’inutilité ! :D

Commençons par du classique ! Et commençons par Dvorak. Ce grand Dvorak, auteur de la symphonie que l’on nomme comme étant celle du « Nouveau Monde » et dont vous avez certainement entendu l’une des parties les plus connues. Je trouve ça… Indescriptible. Cette composition a une telle force, c’est vraiment incroyable. Je devrais écouter ça en allant à la fac pour oublier le froid tiens.
Ah je crois que je ne comprendrai jamais comment un simple assemblage de notes peut véhiculer tant de puissance. Mon dieu.

En deuxième lieu, je vous avais déjà brièvement parlé de la bande-son de L’Étrange Noël de Monsieur Jack. Je prends cette fois en considération What’s This, dont je me suis subitement aperçu connaître les paroles ._.
J’aime beaucoup ce morceau, très enchanté, dynamique… Plein de couleurs. Toutes les conditions sont donc réunies pour une reprise par les Fall Out Boy ! Et cette version est pleine d’énergie, j’ai envie de secouer la tête en sautant partout quand je la chante, ce qui est très rare et donc à prendre en note…

Troisièmement, place au groupe au nom étrange, M83, et à son album Hurry Up, We’re Dreaming !.
Je dois admettre avoir eu un véritable coup de cœur pour le morceau s’intitulant Raconte-moi une histoire. C’est un groupe anglophone mais le titre est très équivoque et parfaitement bien choisi. Les paroles traitent d’une toute petite fille narrant l’histoire d’une petite grenouille magique… Très beau. S’il y a un morceau à écouter, c’est bien celui-là !

Dans un registre un peu plus large, M83 est un groupe étrange mais leur musique est particulièrement belle. Midnight City est particulièrement réussie elle aussi.
Ils semblent moyennement connus mais c’est un groupe innovant qui gagnerait à être répandu pour son talent !
C’est bien cet album qui constitue mon coup de cœur musical du moment, sans un seul instant de doute. Je le conseille à tout amateur de nouvelles sensations fort plaisantes (oui cette phrase est à double sens, bande de pervers !), il/elle sera satisfait/e.

Et, le plus surprenant pour la fin… L’adaptation au piano de la bande-son d’un jeu chelou que je ne connais pas. J’ai nommé U.N. Owen was her. Ce petit morceau est très bien pensé, intriguant, inhabituel et donc on-en-peut-plus intéressant à découvrir. En fait, il est étrange donc indescriptible.
Et pourtant, très envoûtant… Je pourrais l’écouter en boucle.
Dans la vidéo, j’aime particulièrement le fait qu’il s’agisse d’un piano « automatique », qui abaisse seul les touches… Ça donne un côté magique et surnaturel à la chose, assez amusant.

Sans cela… l’un des événements majeurs du mois de décembre fut, il faut l’admettre, ce satané concours. L’aboutissement de ce premier semestre dont je me tirai avec une note minable, en sachant que pour l’instant je ne valais pas mieux. Au-dessus de la barre des 50%, j’ai alors vu mes chances de passer dès cette année fondre comme neige au soleil. Normal. Mais maintenant que j’ai trouvé une vraie raison de réussir, je crois que je serai frustré à la fin de l’année parce que finalement je ne m’autoriserai pas à faire ce dont j’ai tellement envie, par cause de cet échec. Enfin bon, nous verrons bien. Il n’y a plus qu’à s’accrocher et Alea jacta est, comme dirait Jules.

Mis à part ces péripéties studieuses, j’ai eu l’immense plaisir de me voir offrir un joli Reflex pour Noël. C’est beau. Je n’aurais jamais cru cela possible. Et pourtant, je peux le tenir entre mes mains. Cela fait pas mal de temps que j’aimerais aller me promener et faire de belles photos, mais en fait Tours est inintéressante. Elle permet de beaux clichés à partir du moment où il y a du monde. Ou alors… de la neige ! Comme c’est subitement le cas ce matin ! C’est formidable, si vous saviez depuis le temps que j’attendais que ça tombe… Je suis heureux, et si les flocons ont la gentillesse de s’achever avant le coucher du soleil, je m’offrirai peut-être une rafraîchissante épopée photographique dans les rues de la ville.

Hmmm encore une fois j’ai oublié l’essentiel. Et l’essentiel, c’est quoi ? Pink Floyd mes amis, PINK FLOYD !
Le best-of de ce groupe, sorti d’outre tombe dans les rayons de la Fnac, m’attirait depuis quelque temps. Il est évident que c’est un groupe que l’on ne peut que difficilement qualifier de récent, et qu’en conséquence de ça il m’intéresse au plus haut point. Toutefois, le prix avait tendance à me refroidir. C’est pourquoi, dans l’illégalité la plus totale, j’ai préféré l’obtenir via un site pas du tout légal et maintenant hors-ligne, avec 100% de réduction.
Après une sympathique écoute desdits morceaux, qui me touchaient au plus haut point, j’ai décidé d’aller acheter l’album qui, à mon sens, en valait finalement le prix. Chose que je n’aurai certainement jamais faite si toute forme de téléchargement gratuit était interdite, mais bref.

C’est donc ainsi que A foot in the door se retrouva au sommet de ma pile de disques. Ah, Pink Floyd. Groupe mythique comme il n’en existe plus de nos jours.
Bien entendu, je suis sûr que chacun et chaun d’entre vous a déjà eu le plaisir d’écouter Another Brick In The Wall (part 2). Sisi, je vous assure. Un morceau qui ne se définit plus tellement il y a de choses à dire à son sujet. Mythique et inoubliable.

En deuxième lieu, High Hopes. Ce morceau-là est le premier qui m’a frappé. Un son de cloches déstabilisant mais, pour tous vous dire, mystérieusement envoûtant. Un morceau à écouter au calme et à suivre avec attention. C’est une sorte de… complainte apocalyptique, de renaissance, de choses étranges entremêlées pour notre plus grand plaisir auditif.

Enfin, Shine On You Crazy Diamond. Ça, c’est le morceau indescriptible. Celui qui laisse sans voix. Une symphonie électrique, une ode à la musique… Une composition formidable et tout aussi grandiose que Stairway to Heaven (de Led Zeppelin évidemment), que je considère comme le morceau le plus parfait que j’aie jamais entendu.
Shine’ est vraiment belle, découpée en plusieurs parties, plusieurs mouvements. C’est magnifiquement musical et ça, c’est de la vraie et belle musique, au même plan que Dvorak.

nb: article n°42 !

#Le point musical

Je profite d’un moment de creux dans ma nuit de révisions pour faire un petit point sur les nouveautés musicales et artistiques qui ont bousculé mon horizon ces derniers temps :)
Par contre je vous préviens, j’ai mis le meilleur à la fin.

Commençons par Coldplay. I Bloom Blaum est le premier morceau de ce groupe que j’ai ajouté à ma collection. Tiré de l’EP In My Place, c’est une charmante balade joliment amoureuse. Très calme, c’est le morceau à écouter une fois que l’on est sur le point de s’endormir car celui-ci parvient à nous faire passer le pas. Elle est belle, mais pas à écouter en boucle.

I Ran Away est, quant à lui, le deuxième morceau. Une fois de plus pas grand-chose à en dire, c’est une chanson agréable mais pas transcendante. Elle reste toutefois entraînante pour peu qu’on lui laisse le temps de commencer à défiler, ensuite on se laisse agréablement porter jusqu’à la fin du morceau. Enfin ça dépend de l’état d’esprit dans lequel on l’écoute, mais disons qu’après avoir découvert Mylo Xyloto, on a un peu de mal à revenir à des morceaux plus… classiques. Enfin ce n’est que mon avis.

En ce qui concerne Crests of Waves, le troisième et dernier morceau, je le préfère aux deux précédents. Enfin, c’est différent. Disons que dans ce cas, les paroles aussi m’intéressent, en plus de l’air relativement agréable et entraînant. Lesdites paroles, à mes yeux, expliquent la façon de positiver, en quelque sorte. Enfin je les comprends ainsi. Dire que ça pourrait être pire. Ils mettent en particulier l’accent sur la solitude, j’aime bien :)

En deuxième lieu, je voudrais parler des Crystal Castles et de leur morceau Empathy. Celui-ci m’a été dévoilé par Shawna, demoiselle dont j’ai fait les louanges dans mon article précédent. C’est un groupe qui sort de l’ordinaire. Ce morceau-là a des sonorités particulièrement étranges, comme beaucoup d’autres de leurs œuvres. J’aime particulièrement la sorte de « murmure » de la chanteuse qui tient lieu de ligne vocale au morceau.
En ce qui concerne les paroles, elles sont trop abstraites pour que j’aie le niveau suffisant d’anglais pour pouvoir les déchiffrer et en comprendre la portée. Néanmoins, quelque chose les rend intéressantes, sûrement cette étrangeté !
Toutefois, à noter que je n’apprécie pas tous leurs morceaux…

Pour continuer sur ma lancée, Black Aura de The Glitch Mob accompagné de Theophilus London est un morceau que l’on devrait qualifier de rap US. Et ce serait exact de le classer dans cette catégorie. C’est vrai qu’il diffère beaucoup du type de musique que j’écoute, mais j’apprécie ce morceau, sa force, son rythme lourd et agressif. À relier aux notes de dubstep qui poussent parfois entre mes oreilles bien entendu. Disons que je l’ai découvert parce que je connaissais déjà TGM et qu’ils le proposaient en téléchargement gratuit… Sympathique une fois de plus, mais trop agressif pour être écouté en boucle…

Ensuite, Josie Charlwood. J’avais déjà mentionnée cette artiste il y a quelque temps, pour sa reprise de Feel Good Inc., de Gorillaz. Reprise qu’elle effectue avec une maestria indéniable. J’ai donc cherché d’autres créations de cette gente dame, et me suis aperçu qu’elle était aussi l’auteure de morceaux qu’elle avait elle-même composés.
Généralement accompagnée d’un piano, sa voix enchaîne doucement les mots dans ses chansons paisibles et mélodieuses.
J’aime bien Making Faces, qui parle du mensonge, de l’hypocrisie… Intéressante en soi, très mélodieuse et entraînante.
Les quelques — trois — autres morceaux que je connais sont très agréables, en particulier Velvet Sea, mais je ne les ai pas trouvés. Celui-ci, c’est une très belle balade au piano, vraiment superbe. Je suis un peu frustré de ne pas pouvoir vous la faire découvrir parce que c’est peut-être le plus beau de ses morceaux…
On sent encore quelques erreurs dans ses morceaux mais ça reste très appréciable :D

Viennent ensuite, brièvement, quelques morceaux de Muse. Tirés de leurs B-sides, il y a notamment Host. Un morceau assez vif et rythmé que j’ai apprécié car je me suis reconnu dans ses paroles lorsque je l’ai découvert. Le groupe traite l’abandon, la haine, la défaite. Autant de sentiments qu’il m’est arrivé de ressentir et dont je perçois encore les secousses par moments :)
Nishe, le second morceau, est d’un tout autre style. Celui-ci est tout d’abord totalement instrumental. Pas un mot ne s’échappe des lèvres de l’un des membres du groupe. Un côté assez jazz vient compléter cet agréable silence musical. C’est beau, et ça a le don de calmer de façon remarquable, tout au contraire de Host…
Il y a d’autres morceaux qui sont venus s’ajouter à ma bibliothèque mais ils ne m’ont pas assez intéressés pour que je les développe.

Continuons sur cette bonne voie dans l’ordre alphabétique !
Vient alors le tour de OneRepublic !
C’est un groupe que j’ai encore une fois découvert grâce à Nanalew. Et quelle n’a pas été ma surprise lorsque je me suis aperçu que je connaissais déjà quelques-uns de leurs morceaux ! Enfin, vous savez, ça arrive qu’on connaisse l’air d’un morceau sans connaître forcément le groupe qui l’a écrit.
Par exemple, Secrets et Apologize sont les deux morceaux que je connaissais déjà plus ou moins inconsciemment. C’est assez amusant en fin de compte.
Je ne m’attarderai pas sur eux, c’est la seule chose que j’en ai retenue ou presque.
En revanche, All The Right Moves est un morceau qui m’a un peu plus marqué. Certainement parce qu’il est vivant, festif, entraînant, que sais-je encore.
Je dois admettre que j’aime écouter des morceaux légers, en ce moment. Sans prise de tête. Mon cerveau à d’autres soucis à ce faire en cette harassante période de révisions, il paraît…

Enfin, dernier groupe de cette première partie, j’ai nommé Weezer avec son morceau Pork And Beans — esprits sérieux s’abstenir de regarder ce clip —. Que dire, si ce n’est que cette chanson déjantée reprend, dans son clip, la plupart des memes que l’on peut trouver sur le web ? Amusant.
De plus, les paroles sont un minimum intéressantes quant à elles, puisqu’elles concernent le fait d’être soi-même sans faire attention au jugement des autres.
Groupe assez fun en soi, qui signe ses albums éponymes par des couleurs. On a ainsi le red album, le green album et le blue album…

Maintenant, passons aux artistes et œuvres qui m’ont plus profondément touché, dans un ordre plutôt chronologique cette fois.

Commençons donc par School of Seven Bells.
Des trois groupes que je vais développer céans, c ‘est sans aucun doute celui que j’ai apprécié avec le plus d’émerveillement.
Sous cette allitération se cache un groupe de musique que l’on pourrait qualifier d’alternative qui est vraiment, vraiment intéressant. En écoutant leur album Alpinism, je ne me suis pas rendu compte qu’il était arrivé à la fin, c’est pour vous dire la variété !
J’ai en premier lieu découvert leur morceau Iamundernodisguise, courte, répétitive et pourtant magique mélodie… Dès la première écoute j’ai été totalement charmé par ces douce instrumentalisation qui progresse, la voix douce des chanteuses qui s’insère petit à petit dans le morceau pour finalement arriver au refrain et puis à une charmante mélopée soutenue par les quelques instruments du groupe.
Oui, ça sort de l’ordinaire et ça en est d’autant plus agréable à écouter.
Je dois l’admettre, j’ai le défaut d’avoir besoin de renouveler mon stock de musique. Découvrir un groupe tel que S7B, avec une musique si… psychédélique, c’est un régal pour l’esprit comme les oreilles.
Le deuxième morceau de ce groupe que j’apprécie énormément, c’est Connjur. En fait, c’est parce qu’il fait partie de ces morceaux légers, qu’on apprécie juste sans se soucier de ce qui nous entoure. C’est un morceau qui fait voyager. Il suffit de l’écouter en fermant les yeux, pendant cinq petites minutes, pour s’en apercevoir. En ce qui me concerne, ça me fait du bien de m’envoler loin de la médecine après que mes neurones aient fondu. Et ce morceau m’y aide formidablement, je le conseille à tous ceux qui auraient besoin d’aller faire un tour loin de leur monde :)
Le dernier morceau de leur part que je présenterai est White Elephant Coat. La version que je vous donne ici est un live, mais acoustique. Ça le rend infiniment plus mélodieux que la version originale. Là encore, fermer les yeux est un plaisir. Ce morceau est… relaxant. Il apaise et permet non pas de voyager, mais de rester où l’on est en oubliant le reste.
Leur autre album, Disconnect From Desire, a une approche plus… vivante. Plus énergique que le précédent, il est très agréable aussi, ça donne envie d’écouter ce groupe encore et encore, juste pour le plaisir.
Ils ont vraiment une approche particulière de la musique. Moins logique, moins spectaculaire. C’est donc plus léger et plus agréable.
Somme toute c’est un excellent groupe que j’aime à découvrir, je sens que de longues soirées de mélomanie à leurs côtés m’attendent ^_^

Vient ensuite le tour de Metric.
Curieusement, je ne pense pas m’étendre très longtemps dessus, mais c’est un groupe qui m’a littéralement frappé. Il m’a tout de suite troublé par son étrangeté, son incohérence en quelque sorte.
Si je ne devais retenir qu’une seule de leurs chansons, il s’agirait sans aucun doute de Help I’m Alive. Pourquoi ? Pour son introduction que je trouve tellement puissante. Pleine de volume, de son saturé et de mécaniques. Le genre d’ouverture qui ne dit jamais sur quoi on va tomber. J’adore. je suis tombé amoureux de cette introduction. C’est le morceau que je peux écouter en boucle sans aucun souci en ce moment. Et dans ce morceau s’alignent aussi des moments très intenses de silence, accompagnés uniquement par la voix de la chanteuse, avant que ce lourd son de métal grinçant ne reprenne le dessus encore une fois. C’est magique. Inhabituel et d’autant plus agréable. Très… artistique, en fin de compte. les bons artistes devraient savoir sortir de l’ordinaire.
Du morceau suivant, Sick Muse, une seule ligne m’a vraiment marquée, c’est « I’ll write you harmony in C ». Je ne saurais dire pourquoi mais l’intonation qu’elle a de prononcer ces quelques mots, je trouve ça magique. Comme une déclaration, ça invite à chanter avec elle j’ai l’impression.
Dans l’ensemble, leurs chansons sont fort agréables et innovantes. Elles sont légèrement trop répétitives mais ça reste intéressant à écouter.
Toutefois… Cela ne concerne que leur album Fantasies. En effet, le groupe a complètement perdu ce côté si particulier qu’il avait dans ce premier opus. Dans leurs autres albums, j’ai l’impression d’entendre de la musique on-ne-peut-plus banale. C’est dommage, je n’accroche pas du tout.

Et enfin, une autre YouTubeuse entre en scène. Il s’agit de Lindsey Stirling, une violoniste.
Quoi de particulier à ça, me direz-vous ? Et bien elle n’est pas seulement violoniste mais aussi un peu danseuse. De plus, elle donne à ses morceaux une teinte légèrement électro qui n’est pas pour me déplaire.
Ce que j’aime chez elle, c’est qu’elle est très énergique dans les vidéos où elle se met en scène, jouant l’un de ses morceaux. À noter que par ailleurs ceux-ci ont très entraînants. Du coup, ça fait du bien de regarder quelqu’un avec autant de vie et d’énergie en soi, ça donne la pèche !
Certains on souligné qu’elle avait quelques défauts, notamment l’interprétation musicale approximative et la danse un peu trop omniprésente à leur goût. En ce qui me concerne, je trouve que ces infimes défauts la rendent encore plus agréable à regarder et à écouter car elle est plus réelle de cette façon. Et ça lui donne du charme. Bref, je l’apprécie déjà, je dois avouer que la découvrir m’a fait du bien :)
En fait, j’admets que finalement la médecine ce n’est pas si facile. Il faut savoir s’accrocher, et parfois il arrive qu’on parvienne à un point où on pense ne plus être capable de rien. C’est là que cette artiste intervient. Elle donne la pèche, ça redonne aisément le sourire et on peut se remettre à bosser l’esprit léger et vierge de toute déprime.
Somme toute, elle m’a bien aidé, là où d’autres n’ont pas réussi / pas essayé :)
Le mélange de l’électro/ hip-hop et du violon produit un résultat certes incongru mais agréable. Et puis elle se débrouille suffisamment bien pour que ça donne d’une façon parfaite et non agressive. Inhabituel encore une fois et d’autant plus appréciable !
Sa composition que j’apprécie le plus est certainement Song of the Caged Bird. Douce et mélodieuse, entraînante, que demander de plus ? C’est de plus l’une de ses compositions les moins électroniques, ce qui n’est pas plus mal puisque je trouve que ça correspond bien à l’ambiance qu’elle semble avoir voulu instaurer via ce morceau.
L’un de ses morceaux nettement plus dance, et le dernier que je vais vous présenter, c’est Spontaneous Me. Celui-là est plus virtuel, mais bien plus entraînant à côté de ça. Elle parvient à donner envie de danser à ses côtés, c’est vraiment amusant et revigorant !
C’est un morceau que j’apprécie beaucoup car on voit tout son sourire et sa joie de vivre :)

Petit ajout : son morceau que j’aime définitivement le plus, celui qui est à mes yeux le plus entraînant, c’est Shadows. Très mélodieux, on-ne-peut-plus entraînant ; parfait en fin de compte ! Une excellente compositrice, à n’en pas douter !

Open your eyes, look up to the skies and see…

Amis du soir, bonsoir.

Voilà que quelques semaines ont passé depuis mon dernier article, aussi j’ai pas mal de rien à dire, cela va de soi. C’est aussi pour cette raison que mes publications sont espacées, pour qu’il y ait quelque chose à dire !

Commençons donc par le commencement, en l’occurrence choisissons de continuer cette charmante et caquetante allitération concernant la lettre C par le composé que vous allez bientôt connaître, puisque je compte certainement le faire comparaître ici sans crier gare, dans ce claquant premier chapitre, alias la Chlorpromazine (abrégée Cpz). C’est une molécule utilisée dans le traitement de psychoses graves, notamment la schizophrénie. J’ai subi quelques cinglantes remarques quant au fait que j’appréciais bien cette idée.
Je tiens toutefois à rassurer les hypocondriaques : je ne prends aucun traitement pour quoi que ce soit en ce moment. Sauf si on considère l’antiseptique comme un médicament, mais j’en doute.

Je tiens donc à m’expliquer un peu plus clairement quant à l’engouement que ça a suscité chez moi.

« On » — comprendre, la personne m’ayant fait des remarques au sujet de la Cpz — m’a trop souvent reproché d’être enfoui dans sa folie, en décalé. Je le reconnais, cette personne a raison. Julie en est la preuve. J’ai mes moments de folie, comme d’autres font, que sais-je, des crises de somnambulisme. Pour moi, c’est juste un moyen de communication comme un autre. Après, je conçois facilement qu’aujourd’hui, apprécier Shakespeare, Asimov et autres auteurs un peu hors du commun — comprendre, autres que Stephenie Meyer et J.K. Rowling — relève de la folie furieuse.
Bon, d’accord, j’exagère. Mais j’essaie de comprendre ce qui déroute les gens dans le fait d’apprécier des films particuliers tels que Melancholia ou Funny Games US, dans le fait d’être complètement accro à la musique, dans le fait de préférer écrire des lettres que parler au téléphone, dans le fait d’aimer raconter sa vie par paquets de milliers de mots plutôt que par des textos, de vouloir partir du jour au lendemain par le premier train pour l’étranger que je croiserais…

Donc la Chlorpromazine, c’est un peu ça. J’essaie de comprendre pourquoi, pourquoi, être comme je suis est siiiii incompréhensible (ironie inside évidemment) que ça ne vaille pas la peine de s’y intéresser plus que ça.
C’est ça, et aussi… Parfois j’aimerais être un peu plus comme tout le monde… Ne jamais avoir ouvert ce blog, ni créé Julie, ni connu Shawna, juste vivre une vie lambda. Parfois ça me démange car alors je me dis que tout serait certainement plus facile.
« On » me dit aussi parfois, teinté d’une très légère touche d’ironie, que je fais peur. Même si je me doute bien que ces mots sont en partie dits dans une volonté humoristique, ils n’en sont pas moins vrais. Enfin, je veux dire, ils sont quand même pensés. Ils sortent du cœur, presque sans réfléchir. Je crois que dans le fond oui, je lui fais vraiment peur.
Mais passons.

Le deuxième thème que je souhaiterais développer, c’est Melancholia. Avis à ceux ne l’ayant pas encore vu, je vais essayer d’éviter les spoilers pour vous gâcher le plaisir.

Melancholia conte donc l’histoire de Justine, en plein mariage ; et de Claire, sa sœur. Jouée par K. Dunst — qui mérite par ailleurs totalement son prix d’interprétation féminine du festival de Cannes —, Justine est un personnage fascinant. Dépressif ou déprimé, c’est selon. Disons plutôt, avec plus d’exactitude, qu’elle ne sait pas vouloir être heureuse.
La fin du monde approchant, celle-ci montrera son indifférence totale vis-à-vis de cet événement.
Ils y a quelques points qui m’ont particulièrement frappés dans ce film, qui sont les suivants.

Tout d’abord, la lenteur. Le rythme est donnée par l’élongation du thème principal, qui se répète inlassablement tout au long de l’œuvre. Très effrayante mélodie par ailleurs. De longs passages de silence instaurent une sorte de « pause » dans le temps, c’est très bien rendu.
Enfin, l’introduction est absolument superbe. Uniquement de très beaux ralentis avec références culturelles, refaçonnés par Lars von Trier à la sauce Melancholia.

Ensuite, le mal à l’aise. Il provient certainement de l’excès de réalisme qui ressort de ce film. C’est pour cette raison que je l’ai trouvé si effrayant. Nul besoin de monstres ou de zombies, il suffit de réalisme, d’angoisse exprimée par les acteurs, et l’effet est garanti.
L’acceptation de la fin du monde par Justine est vraiment fascinante, très dérangeante par rapport à sa sœur, qui elle n’y est pas du tout préparée.
Par ailleurs, le jeu des acteurs est très bien orchestré. Parfois, nul besoin de mots, leurs regards et expressions suffisent. La peur qui se lit dans les yeux de Claire… Ça fait froid dans le dos.

Un autre point que j’ai particulièrement apprécié, c’est tout simplement le personnage principal. Elle est absolument fascinante. Elle a une personnalité si ambigüe, tellement enfouie au fond d’elle-même… Comme une coquille vide qui chercherait à se remplir… Mais qui en même temps n’en aurait que faire d’être vide.
Parfois on en viendrait presque à la plaindre. Elle semble malade, ce qu’elle mange a le goût de la cendre. Ça met mal à l’aise de voir cette situation.
Le regard… Kirsten Dunst a, durant une bonne partie du film, un regard vide. Vitreux et vierge de toute émotion, de toute sensation. C’est dans ces moments-là qu’on voit vraiment le manque total d’intérêt du personnage pour le monde qui l’entoure. C’est très intéressant de voir qu’elle vit au ralenti alors que la planète entière s’affaire pour gérer cette apocalypse qui approche.
Justine fait sans aucun doute partie des personnages fictifs que j’aurais aimé rencontrer, et elle se place dans le haut de la liste.

La chronologie de l’œuvre est parfaitement régulée aussi, à mes yeux. Au départ, on se croirait dans un conte de fées. Puis, au fur et à mesure que l’aiguille progresse, la tension monte, des frontières se créent, la bonne ambiance se brise… C’est assez terrible mais c’est rendu avec une maestria remarquable.

Somme toute, Melancholia est le meilleur film que j’aie jamais vu depuis The Dark Knight.
Je ne saurai que vous le conseiller ardemment, mais certainement qu’il ne plaira pas tellement aux plus enjoués d’entre vous qui, trop heureux, ne sauront probablement pas apprécier la beauté de la déprime de la protagoniste.

Car oui, il faut avouer que Melancholia porte bien son nom. Durant ce film flotte une atmosphère de mélancolie, d’envie d’une époque plus simple et sans soucis…
Je me rends compte que c’est lié… Quand je suis très mélancolique, j’éprouve une indifférence criante pour le monde qui m’entoure, et généralement j’écoute de la musique qui me vide la tête pour ne plus penser à rien d’autre que les notes qui arrivent.
Là, c’est la même chose. Justine est mélancolique et est, de fait, désintéressée de ce qui l’entoure.
J’aime beaucoup. Une œuvre parfaite et, comme je le répète depuis le début, très réelle, ce qui en fait sa force.

Parlons maintenant de Another Earth. Je dois avouer que n’en ayant pas parlé depuis que je l’ai vu, et ayant entre-temps regardé Melancholia, la trame est un peu occultée mais ce qui en reste dans mon esprit devrait suffire.
Cette œuvre, qui n’a vraisemblablement pas eu de succès, narre l’histoire de Rhoda, une adolescente de 17 ans tout juste diplômée, qui voit sa vie basculer en un instant. Un soir, au volant, elle apprend l’existence d’une planète jumelle et décide de la contempler dans le ciel étoilé. Intriguée, elle ne fait pas attention à sa direction et percute une voiture de plein fouet qui venait d’en face.
Dans le véhicule en question, un écrivain et compositeur accompagné de sa femme et de son enfant. Ces deux derniers sont tués sur le coup.
Rhoda, sortant de prison quelques années plus tard, va alors entrer en contact avec John, l’auteur susnommé, afin de racheter son pardon. Elle veut lui rendre la vie meilleure pour avoir causé la mort de sa famille.

À mes yeux, la trame n’est là que pour mettre en place la question primordiale qui est : « que me dirais-je si je me rencontrais ? ».
Rhoda ayant la possibilité de gagner un voyage sur ‘Terre 2’ — la planète jumelle —, et donc de pouvoir se rencontrer, tout le film s’articule autour de cette question. Force est de voir qu’elle n’en trouve pas la réponse.
Ce film est intéressant, très bien tourné et vraiment, vraiment très mélodieux, mais sa teneur trop philosophique a certainement apeuré le grand public. C’est dommage.
Je regrette en revanche qu’une intrigue amoureuse se mette en place entre les deux personnages, ça gâche un peu la… véracité de l’œuvre, en quelque sorte.

Bien évidemment, en sortant du cinéma et sur le loooong trajet de vingt mètres qui me séparait de chez moi, j’ai réfléchi à cette question. Qu’est-ce que je me dirais ? Je dois avouer que je n’en sais vraiment rien.
Ce serait une expérience sans nul doute très intéressante à vivre, mais j’ai peur que moi et moi restions tous deux à bégayer sans savoir quoi dire. Remarquez, c’est déjà ce que je fais presque avec les interventions de Julie. Même si elle est plutôt là pour me faire la morale.

Je pense que ce que je me dirais, c’est les regrets que j’ai. Les erreurs innombrables que j’ai faites et les merveilleuses situations dans lesquelles je trouve toujours moyen de m’enfouir.
En fait, si je me rencontrais, je pense que je ne m’aimerais pas. Que je préférerai ne pas rester avec moi, je ne sais pas pourquoi.
À bien y réfléchir, on a toute notre vie pour trouver une réponse à cette satanée question. Se placer devant un miroir et monologuer — chose que je n’ai jamais faite et ne ferai certainement jamais —, ce n’est pas vraiment pareil.

Cette question pousse tout de même à chercher le sens que l’on veut donner à sa vie. Bien qu’étant en médecine, je ne sais toujours pas quel est le sens de ma vie. Je sais quoi faire de ma vie mais je ne sais pas si cette dernière a un sens. Du moins, pour l’instant — Il faudrait que je trouve le temps de rajouter à ma pile de livre non entamés Qu’est-ce que la vie, de E. Schrödinger. Il paraît que c’est intéressant —.
C’est quelque chose que j’aimerais bien savoir, mais d’un autre côté… C’est comme les plus grands secrets de romans, on ne les connaît qu’à la fin.

Maintenant, parlons un peu… musique !
Vous n’êtes pas sans savoir, bien évidemment — je vous taquine — que Coldplay a sorti un autre album il y a peu.
Intitulé Mylo Xyloto, cet ovni musical a une particularité que j’ai retrouvée chez quelques groupes uniquement.
Ses chansons, sa composition… Ça rend heureux ! Sans trop savoir pourquoi, elles donnent envie de chanter, de sauter, de danser avec des inconnus… Ça donne envie de vivre les JMJ !
Et ça, c’est vraiment, vraiment grandiose. Ça fait un bien fou de l’écouter, je me laisse toujours emporter.
De plus, Coldplay change assez de style dans cet album, ça a quelque chose de ressourçant. On est intrigué par cette nouveauté, par cet extra-terrestre coldplayesque.
Un album vraiment très agréable à écouter, d’un bout à l’autre.

Les chansons que j’y apprécie particulièrement… Mon top3, tiens.
Charlie Brown. Parce qu’elle est vivante, énergique. Ça donne la pêche ! À écouter de toute urgence quand on est déprimé ou tout simplement qu’on a un peu froid !

Princess of China. C’est avec étonnement que j’ai vu qu’ici le groupe signait un duo, surprenant, avec Rihanna. L’ensemble formé est très entraînant. On a l’impression que la chanson raconte une petite histoire. C’est agréable. Et les voix de Chris Martin et Rihanna s’accordent vraiment d’une façon admirable. C’est un beau morceau.

Hurts Like Heaven. En partie pour les paroles et en majorité pour les sons. On dirait du Passion Pit durant les première secondes. C’est rythmé, mélodieux, agréable à écouter, comme de contempler le paysage ensoleillé après la pluie.
« Oh you, use your heart as a weapon, and it hurts like heaven »

A contrario, le dernier album de Blink-182, portant le nom de Neighborhoods, m’a moins enjoué. Certains morceaux sont très bien musicalement parlant, mais je les trouve trop « sombres » comparés à MX. Le style de leurs chansons dans cet album est plus classique aussi. On reconnaît Blink. Je m’y étais habitué et n’ai donc en conséquence pas été agréablement surpris par les sonorités de cet album. C’est un lot de chansons faisant agréablement passer le temps, sans plus.

Ah oui, ce qu’a Coldplay dans cet album que d’autres groupes n’ont pas… C’est cette énergie dans leurs chansons.
Muse est un groupe magnifiquement grandiose, et je n’ai pas envie d’aller voir Coldplay en concert, au contraire d’eux.
Mais Muse… C’est du spectacle, c’est du grand art. Dans un sens, c’est moins réel que Coldplay. Plus spatial. Et quand j’écoute du Muse, j’ai rarement envie de danser partout en chantant que j’aime la viiiiiiiiiie. Muse, ça confère plutôt une sensation de… puissance, plus que de bien-être.
Je retrouve cette impression de joie sans limites avec Coldplay, AC/DC mais aussi et surtout… Queen.
Dans ma playlist, la série Crazy Little Things Called Love, Bohemian Rhapsody et Don’t Stop Me Now, toutes trois de Queen, me donne plus la pèche que tout autre assemblage de chansons.
C’est quand même assez étonnant. Mais ce sont les meilleurs pour ça. Des groupes comme ça, on en fait plus.
Toujours est-il qu’à chaque fois que je les écoute, mon cerveau se met presque en pause et que j’oublie durant plusieurs minutes tous les soucis qui pourraient venir ternir le tableau.

J’ai découvert il y a peu un autre style de musique permettant la même évasion. Le dubstep.
Pour ceux ne connaissant pas (et je suis sûr qu’il y en a), c’est un très lointain cousin de la dance / techno. Ici, les artistes mettent la force de leurs morceaux dans la répétition de rythme lourds et de sons saccadés, industriels. C’est assez agressif pour les oreilles mais, de fait, quand j’en écoute ça me déconnecte vraiment. Juste ces sons étranges qui parviennent à mes tympans. Ça détruit tout le reste pour la durée du morceau. C’est assez… utile disons, presque agréable mais ça reste malgré tout assez lourd à la longue.
Le morceau le plus écoutable, c’est sans aucun doute Louder.
Une seconde composition, beaucoup plus mélodieuse mais moins « dubstepienne » : Graduation, par Gemini.

Je ne veux pas terminer cet article là-dessus, alors je vais tenter de trouver un autre thème à aborder.

Ah tiens, si on se la jouait façon Doctor Who ? Dans un épisode dont j’ai oublié le nom, un personnage force l’un des deux protagonistes, Donna, à remonter dans sa mémoire jusqu’à l’Événement qui a conduit à sa rencontre avec le docteur. Au choix qui a tout changé.

Alors… Si je me demandais… Qu’est-ce qui a fait que je suis en médecine ? Bien que l’idée me trottât alors dans la tête depuis quelque temps, je ne m’étais pas décidé à y aller pour autant. Alors quoi, pourquoi ? Je pense que l’instant déclencheur a été l’accident que je vous ai conté il y a quelque temps — tiens, quel étrange hasard, l’article se nomme Melancholia —
Il a eu lieu il y a plus d’un an, mais… J’ai vraiment été très troublé par cet événement, à l’époque.
Je m’en souviens encore. J’ai vu cette inconnue voler dans les airs après un crissement de pneus, ça m’a laissé coi pendant un moment.
Je me suis senti incapable, aussi. Même si plusieurs personnes (dont un policier si je me souviens bien) sont venus s’occuper d’elle, j’étais dépourvu de tous mes moyens et je n’ai pas pu être utile. C’est terrible comme sensation.
J’ai certainement trop d’empathie, et je suis certain qu’un jour ça me causera du tort. Mais je n’y peux rien, c’est ma façon d’être et je ne supporte pas de voir quelqu’un souffrir.

C’est certainement cette avalanche de sentiments qui m’a décidé à vouloir aller en médecine.

Pour finir sur un cliché, je me suis octroyé la permission de regarder V pour Vendetta le 5 novembre au soir.
Bon, soit, en réalité nous étions alors le 6 au petit matin, mais bon !
J’ai encore une fois beaucoup aimé ce film. La façon dont je le vois, c’est que V propose simplement aux gens d’oser sortir de leur carcan, d’élargir leurs esprits, d’apprécier un peu de culture. C’est étonnant de voir que c’est toujours on-ne-peut-plus vrai aujourd’hui. Mais bon, la société évolue, les gens aussi. Malheureusement, je crois que ce n’est pas toujours dans le bon sens. Mais que l’humanité fasse ce qu’elle veule, je m’en fiche.
Oui c’est orgueilleux de me croire différent, oui je suis pleinement égocentrique, et bien je l’assume. Si j’avais pu choisir je serais né chat et non humain. Ou arbre. Ou dynéine. Ou pas du tout. Que l’Homme aille se faire foutre, voilà.

Brefdoncjedisais… Le V. Personnage fascinant. Enfin, c’est plutôt un idéal fascinant. La nuance est à voir, il le dit lui-même. Ce qui est frappant dans ce film, c’est que les foules parviennent à bouger pour leurs idées. Peut-être grâce aux années d’oppression qu’elles viennent d’essuyer.
Le fait est qu’aujourd’hui, on n’a plus besoin d’un dictateur pour ne plus avoir accès à la culture. les gens le font par eux-mêmes. Ils se privent volontairement de tout un univers qui, pourtant, est fascinant.
Je trouve ça dommage. Mais c’est leur choix, tant pis.
V pour Vendetta ou la bataille pour donner aux citoyens la volonté de se lever du canapé et d’éteindre la télé pour aller voir le monde extérieur. C’est pourquoi je l’aime tant.

À part tout ça, j’ai tenté de regarder Hamlet, la version ou David Tennant joue le protagoniste. Mais force est d’admettre qu’à… tard dans la nuit, il est difficile de se concentrer suffisamment pour apprécier un chef-d’oeuvre tel que celui-ci. En VO, sous-titré d’anglais… de vieil anglais… de vieil anglais shakespearien… de vieil anglais shakespearien théâtral… de vieil anglais shakespearien théâtral avec accent hollandais…
C’est loin d’être a cup of tea.
Mais j’aime tellement Hamlet. Cette pièce est tout bonnement fascinante. La folie, quelle folie, si bien rendue… Hamlet s’y perd, c’est vraiment époustouflant la façon dont ce cher Will traite ça. À tous les coups, il était un peu fou lui aussi. Mais j’en ai déjà parlé, ne revenons pas dessus. Shakespeare était un génie, à n’en pas douter.

Sinon, et bien je n’ai vraiment pas grand-chose à raconter.
La médecine, ça prend du temps… J’ai en revanche pu aller faire quelques photos vendredi dernier, le 11/11/11. Dernier jour binaire du siècle, vous vous rendez compte ! :)
Les quais de tours sous un ciel ensoleillé, c’est beau. mais c’est petit, j’ai fini par déchanter.
Cette ville ne vaut définitivement pas Paris.
Du coup, côté événements, il ne se passe rien, donc je n’ai rien à dire si ce n’est que je n’ai rien à dire :x
Il y a des moments où je me sens bien et heureux, d’autres non. Mais comme toujours, du Queen et c’est fini.

Je souhaiterais terminer cet article par un paragraphe à propos de Shawna — Nanalew de son pseudonyme —. C’est une idée qui me trotte dans la tête depuis peu. Écrire les raisons faisant qu’elle m’inspire tant.

Je l’ai découverte par le plus grand des hasard au travers de la vidéo I won’t say I’m in love !. Elle y reprend à sa façon une chanson d’Hercule, le Disney. J’ai tout de suite été charmé par la fraîcheur et l’innocence qu’elle dégageait.
Il y a toujours une joie de vivre en transparence dans les petites saynètes qu’elle filme.
Ses vidéos, c’est comme autant de rêves qu’elle semble mettre en images.
C’est ça qui est très touchant. On parcourt à sa suite son univers, sa vision des choses. Souvent décalée et très rarement dépourvue de beauté et de poésie. Il lui arrive de tout simplement filmer un paysage, jouant quant à elle son rôle insensé, sans un mot, avec de la musique. C’est beau, c’est magique.
J’ai particulièrement apprécié son œuvre Captured. Je l’apprécie toujours. C’est difficile de décrire cet enchaînement d’images. Disons qu’elle se présente, en partie. Je crois que c’est à cause de cette vidéo que je suis encore plus charmé par cette demoiselle.

Toutefois, ce que j’apprécie aussi chez elle, c’est sa capacité de faire des vidéos plus sombres. Je ne citerai que You are my Polysporin dans ce cas. Un poème saccadé et relativement noir sur la nicotine, l’héroïne et la Polysporine (pommade aidant à la cicatrisation). Un trio très Requiem for a Dream.
Il y a aussi Flicker que j’aime beaucoup. Elle y met en images — très abstraites et vagues je dois dire, mais ce mystère rend le tout d’autant plus attrayant — son poème du même nom, publié dans Insomniatic Dreams, que voici :

I’ll be your thousandth technicoloured anthem
Your rythm in the storm
When stars
Atlases
And worlds combust,
You know I’ll keep you warm.
I’ll light you up—African suns
We’ll drive into them all,
You know
You know
You know me
The thousandth flicker
In your fall.

—Shawna Howson

C’est abstrait, très abstrait. Mais étrangement, cette étrangeté est la bienvenue. Ça rend bien.

Ce que j’aime beaucoup, aussi, c’est qu’elle décrit sa personnalité à travers des poèmes. C’est bien pour ça que j’ai acheté Insomniatic Dreams, son recueil.
Même si je dois reconnaître ne pas tout comprendre, elle est passionnante. Très riche et pleine de recoins à découvrir.
Et le fait qu’elle parvienne à être heureuse et malheureuse, qu’elle le couche sur le papier et l’immortalise en images… C’est un fait rare et très appréciable.
Shawna compte publier un second recueil avant Noël, j’ai hâte de voir ce qu’il en est !

Je voudrais terminer cet article par un autre de ses poèmes, que j’espère plus compréhensible. Ce serait une bonne chose que vous compreniez sa signification, et donc ce partage.

Et oui, après tout ce temps, toujours…

Il s’agit de Silver.

The trees glow silver in the dark
The birds, the meadows—snow embarks
To cast them in vast picture white
From you, my love, the source of light.

My heart surveys the skies, the trees
The mountains, valleys, face of thee
God gave dark earth a sun, a moon
My lonely heart, the face of you.

In winter’s frost, in winter’s glow
Under God’s moon and in this snow
I’ll hold your eyes in silent night
Ne’er will I stray from you, my light.

—Shawna Howson

Let the sun shine.

Une nouvelle vie, c’est quoi ?

Du changement. Dans ses activités comme dans tout le reste.
Les deux premières différences sont ici, pour moi, les plus évidentes.
En premier lieu, Orléans s’est encore une fois effacée à l’horizon et j’ai rejoint une autre épingle sur le carte, celle de Tours. Je dois reconnaître avoir eu au départ quelques appréhensions, mais finalement c’est pas si mal comme ville. Enfin bon, c’est sûr que comparée à Paris… Non, non non non, c’est pas pareil. Pas comparable.

En second lieu, fini les écoles d’ingénieur privées et égoïstes, voici venu le temps des bancs de la fac ! Ah, y’a pas à dire, c’est un univers qui me plaît. Je sens vraiment que cette année et les suivantes vont être particulièrement agréables à vivre.

Voilà donc pour le changement.

C’est aussi une découverte. En ce qui me concerne, cette nouvelle vision était celle de la Médecine. Depuis que j’ai envisagé ces études et depuis quelques mois qu’elles sont confirmées, j’ai vraiment perçu un changement dans ma façon d’être et d’appréhender les choses. Plus heureux, plus épanoui et plus à l’aise dans ma peau et dans mes pensées, c’est dans ce nouvel esprit que j’attends les péripéties de la vie.

C’est la première fois que je me sens aussi bien dans quelque cgose que j’entreprends. Je crois que ça a débuté durant le mois que j’ai passé en neurologie.

Mais aussi rencontres. Et c’est à ce moment que je vais rebondir sur le sujet que je n’ai toujours pas traité… Les JMJ !
Ah ben oui il était temps hein…
Les JMJ, Journées Mondiales de la Jeunesse, WYD ou autres acronymes inconnus, l’un des moments les plus riches que j’aie jamais vécus.
Pourquoi ?
Par amour… Voir ces centaines de milliers de jeunes réunis en un seul lieu, simplement pour vivre cette unité dans la joie, ça donne foi en l’humanité, ça donne envie de hurler « J’AIME LA VIE ! », ça donne envie de vivre ! Enjoy !
Je fais ressurgir une courte saynète issue de mes souvenirs de ces jours : On était sur le quai du métro pour rentrer au gymnase après une soirée bien remplie, quand on commença à… Danser / chanter / communiquer / vivre avec des italiennes du quai d’en face. Et je me souviens qu’à un moment, l’une d’elles a formé un coeur avec ses mains, nous l’adressant. Je crois être le premier à avoir répondu à son message, nos regards se sont croisés, ça l’a faite sourire et j’ai presque vu les étoiles dans ses yeux. Puis les deux groupes l’ont repris et c’était beau.

Étrangement, je crois que c’est la rencontre qui m’a le plus touché. Quelques infimes et pourtant touchantes secondes avec une inconnue dont je ne connais ni le prénom ni la ville d’origine ni quoi que ce soit… C’est ce qui fait la beauté des JMJ… Le fait que tout se réduise à un battement d’ailes d’un papillon, que tout soit tellement éphémère qu’il faille le vivre pleinement pour que tout le monde en profite… C’est encore plus intense qu’un camp Mej, à mes yeux.
Cette déconnexion de la réalité pendant quelques jours, pour vivre en chœur avec tout ce monde, c’est vraiment quelque chose qui m’a subjugué.

Voilà, petite parenthèse fermée. J’ai pris des notes sur ce voyage et si j’y pense, je publierai ici celles avec le plus d’intérêt !

L’amour, parlons-en tiens… Ou plutôt NON, n’en parlons pas ! :D
C’est vrai quoi, pas de philosophie inutile aujourd’hui !

Je disais donc. Une nouvelle vie, c’est aussi des rencontres… Il y a donc toutes celles que j’ai pu faire à Madrid, qui m’ont fait beaucoup avancer sur le chemin de la joie de vivre ; mais il y a aussi les personnes plus réelles que l’on peut être amenés à connaître.
La demoiselle aux auto-portraits si réussis « rencontrée » il y a quelques jours en fait partie… Tout comme les profs de la fac et les quelques hospitaliers avec lesquels j’ai pu discuter. C’est vraiment un monde particulier et très riche dans lequel je suis plus qu’heureux de faire mes premiers pas.

Et puis le dernier changement que je noterai, le plus important et de loin, c’est la façon d’accrocher mes posters ! On m’a obligé d’utiliser du scotch, et en plus de ne pas tenir ça déchire le papier — comme l’a vu mon cher tableau regroupant tous les albums de Muse… —, donc du coup j’ai fait mon troll et j’utilise de la Patafix blanche. Na.

À part ça… En fait, la médecine c’est trop bien ! Pour tout vous dire, je m’attendais vraiment à pire… Je pensais être totalement largué et ne rien comprendre (étant donné qu’en plus je n’avais absolument pas relu mes cours de term’ qui étaient désormais un peu loin), mais finalement je suis agréablement surpris par la limpidité et la facilité de compréhension des cours. La seule difficulté que j’y vois est tout simplement la densité de l’information et le nombre de connaissances à retenir. À part ça, ça ne me semble pas insurmontable :D
J’espère avoir raison, ce serait vraiment bien que je puisse fêter ma réussite avec tous les Spé et ex-lycéens que je connais ainsi que les carrés… Ce serait au moins une preuve qu’avec suffisamment de volonté et de boulot, on peut réussir sans souci :D
Donc pour l’instant, voyez que je pars plutôt dans un esprit positif. Comme je l’ai déjà dit, on verra bien qui de médecine ou moi sera le plus fort ^__^
Bon, ça n’empêche pas les petits moments de saturation comme celui que j’ai pu vivre samedi soir, et je suis désolé pour ceux en ayant fait les frais.

Sans cela… côté culture, j’ai enfin trouvé la volonté pour regarder Requiem for a Dream. Le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est une oeuvre très particulière. Elle est vraiment très dérangeante et pourtant je l’ai vraiment aimée. Peut-être grâce à son « réalisme » ? Je trouve, bien qu’il soit très exagéré, que c’est un film très… terrestre. Et bien que son sujet principal soit la drogue, on y trouve la représentation d’autres addictions, en l’occurrence la TV. C’est un point très intéressant qu’on peut élargir à beaucoup de choses. Jusqu’où est-on prêt à aller pour obtenir ce qu’on veut ? Il paraît que la fin justifie les moyens. Je n’en suis pas si sûr après avoir vu ce film. Bien évidemment ça dépend du but que l’on veut atteindre, mais ici on voit que pour peu que l’on obtienne pas ce que l’on veut, on est rapidement entraîné dans une chute des plus effrayantes… C’est un film vraiment très dérangeant, troublant et qui devrait me tourner longtemps entre les oreilles… Enfin ç’aurait été le cas si je n’étais pas focalisé sur mes cours.
Je le trouve de plus très bien réalisé, avec la trame entrecoupée de séquences ultrarapides et mécaniques que sont les prises de ces drogues, c’est vraiment très intriguant. Ça met mal à l’aise mais c’est un excellent film.

Le thème principal est de plus parfait pour illustrer cette sensation de chute, quand on perd prise sur la réalité… L’écouter me fait penser à ce qu’on ressent parfois quand on est malade et allongé dans son lit. Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé, mais il m’arrive alors d’avoir l’impression de tomber dans un abîme sans fond en tourbillonnant à une vitesse suffisamment lente pour être écœurante et faire tourner la tête… Quand j’écoute ce thème à tête reposée, c’est exactement ça que je ressens.
C’est fou les impacts que peut avoir la musique sur nos petits esprits si fragiles quand même.

Bref, après ce film je suis resté dans un état second pendant quelques minutes avant de retourner dans ma réalité de 18 m²…

Sinon, j’ai à nouveau regardé Edward aux Mains d’Argent, et cela va sans dire que j’ai encore une fois beaucoup apprécié. Je l’avais rapidement mentionné autrefois, sans vraiment développer ce que j’en avais pensé. La volonté de notre « Frankenstein » américain et légèrement plus abouti que l’original de vouloir s’insérer dans une société qu’il ne connaît pas, c’est vraiment très touchant et ça donne à réfléchir. La difficulté que tout le monde a à sortir de son carcan pour aller vers des personnes qui sont différentes de l’humain lambda peuplant cette planète est très bien illustrée. Encore une fois, il est montré qu’un nombre très mince de personnes comprennent cet être insensé et que seules elles comprennent que la société représentée ici est vraiment nulle. J’approuve ce point de vue, et c’est encore plus vrai aujourd’hui je pense. La tolérance de l’étranger est une chose inconnue de nos jours… Je le vois bien, quand des gens devant moi dans la rue font un écart de trois mètres pour ne pas risquer de frôler quelqu’un semblant subir une quelconque maladie mentale… C’est triste de voir ça. Et dans un sens, c’est peut-être pour ça que je me dirige vers la médecine aussi… Pour me prouver qu’il existe encore un peu d’humanité dans ce monde et que certaines personnes choisissent encore d’aller vers les autres.

Je vais tout d’abord le relier à une vidéo que j’ai trouvée il y a plusieurs mois de cela s’intitulant The Bystander Effect. Pour les anglophobes, il y est dit que dans une population, les gens ont tendance à rester dans leur masse et à ne pas aller vers ceux en ayant besoin. Dans la vidéo ci-dessus, les « malades » sont des comédiens et ne sont généralement secourus par personne. Pourquoi ? Par peur. C’est terrible, mais les gens ont peur de quitter leur nombre si rassurant… il n’y a qu’à voir ce qui arrive, quelques minutes après, une fois que quelqu’un se décide à aller voir cette personne. Automatiquement, un deuxième groupe se forme autour d’elle.
Enfin, et c’est je crois le plus effrayant, que se passe-t-il lorsque la personne à secourir semble faire partie d’un milieu aisé ? Au bout de quelques secondes à peine, tout un amas de personnes vient se former autour d’elle… Alors que c’est un humain aussi, tout comme les acteurs précédents ! C’est absurde… L’apparence…

On dit souvent, lors de discussions, qu’on ne juge pas sur les apparences. Et pourtant si. Même si l’on ne veut pas juger par le physique, c’est néanmoins celui-ci qui nous donne une première impression sur la nature du personnage que l’on va aborder, et peut déterminer le comportement que l’on va avoir ensuite.

Voilà comment faire grossièrement le lien avec l’article du Washington Post ayant reçu le Prix Pulitzer 2008. Attention, anglophobes s’abstenir et il n’y a pas de traduction disponible autre que celle de Google, je le crains…
Ici, le journaliste décrit l’expérience qu’il a lancée. À savoir que Joshua Bell, un grand violoniste, a joué un matin dans une station de métro de Washington, à l’heure de pointe, comme n’importe quel amateur voulant partager sa musique ou comme n’importe quel hobo voulant arrêter le temps quelques instants. À noter qu’il a joué, durant ce moment, des pièces extrêmement complexes et célèbres, comme la Chaconne de Bach avec son joli Stradivarius. Et évidemment, une seule personne l’a reconnue et le reste est passé à côté comme si de rien n’était. Comme s’il s’agissait d’un clochard parmi d’autres, alors qu’il avait fait salle comble la veille à Boston pour plus de $100 la place… C’est quand même dingue de voir que l’on ne veut pas non plus sortir de la masse pour apprécier la beauté de la musique, ou de toute forme d’art en général. C’est quelque chose que je ne comprends pas. C’est pourtant tellement beau et si unique.
Le journaliste a vraiment une interprétation du phénomène très intéressante, et je vous suggérerais vraiment de prendre le temps de lire toutes ces lignes si vous en avez le temps, je suis certain que vous en ressortiriez différents. Après l’avoir lu, je me suis dit que l’anglais n’était pas juste bon à créer des memes ou du Shakespeare, mais qu’on pouvait aussi lire des textes très sensés dans cette langue, comme dans beaucoup d’autres. Il faut juste les trouver. Ce Gene Weingarten a mérité son Prix Pulitzer, cela ne fait aucun doute.
C’est triste de constater qu’au fil des décennies, le monde s’enferme de plus en plus dans ses building gris et sans âme derrière son ordinateur pour se relier rapidement à Facebook et aux fluctuations de la bourse. Monde de merde.

C’est pour ça que j’aime la photo, c’est une belle façon de s’évader quand on ne peut pas le faire réellement ou en-dehors de ses rêves.

Et Edward aux Mains d’Argent montre aussi à quel point il est parfois difficile de vivre l’amour que l’on peut ressentir… En particulier dans la scène ou Kim demande à Ed de la prendre dans ses bras et qu’avec ses doigts tranchants il ne peut pas, par crainte de la blesser. Se rendre compte de l’impossibilité, c’est terrible. Et finalement il ne gagne pas. Ce n’est pas vraiment une happy end parce qu’ils ne peuvent pas vivre cet amour. C’est cruel de voir que la réalité a parfois raison, bien plus que les sentiments.

Ou, pour reprendre les mots de l’un des protagonistes de (500) days of Summer : « You know what sucks? That everything you believe in is complete and utter bullshit. It sucks. You know, destiny, soul mates, true love and all that childhood fairytale, none sense »
Ou, en bon françois : « Tu sais ce qui est nul ? De se rendre compte que tout ce en quoi tu crois, ce n’est que des conneries. C’est nul. Tu sais, le destin, les âmes soeurs, le Vrai Amour et touts ces contes de fées enfantins, aucun n’a de sens. »

Maintenant, je me dis que c’est vrai, je ne crois pas à toutes ces bêtises. Non, je crois plutôt à une coïncidence. Le fait que j’aie rencontré cette demoiselle aux yeux dont vous connaissez la couleur, c’est juste arrivé et voilà. Pas d’histoire de grand et zoli n’amour avec des coeurs partouts et surtout « cette rencontre ÉTAIT ÉCRITE », non non. C’est comme ça, c’est la vie, c’est tout. Et ça me plaît d’aborder ce que je ressens de cette façon.

Enfin, pour finir, il y a Other Lives. Ça va certainement sembler un peu faible après tout ça, mais c’est un groupe sans prétention que j’ai découvert il y a quelques jours et qui a pour particularité de créer une musique relativement agréable et très calme… À des années-lumières de Muse, et pourtant un groupe très bon. La chanson For 12 est encore plus belle que les autres. Elle laisse vraiment s’envoler et donne une impression de légèreté très agréable. Il y a aussi la Black Tables, présente dans un épisode de Grey’s Anatomy, qui est beaucoup plus mélancolique mais qui présente un aspect très apaisant dans un certain sens.

J’ai failli oublier ! J’ai aussi regardé Coraline, un dessin animé très burtonesque… Et pourtant ce n’est pas lui le réalisateur ! C’est l’histoire d’une petite fille qui se perd dans ses rêves… J’ai vraiment accroché, l’univers présenté ici est très beau et vraiment magique — rêverie oblige, me direz-vous —, et la bande-son est très entraînante une fois qu’on y a mis les pieds !
À mes yeux c’est un film assez… fou, et avec certainement un sens caché que je n’ai pas réussi à discerner dans sa totalité. C’est un peu comme Inception, quand on finit par préférer le rêve à la réalité…
Je n’aurais jamais cru faire un jour un parallèle aussi osé \o/
— Après avoir regardé ce film j’ai parfois du mal à bien orthographier Caroline / Coraline… Je m’emmêle les pinceaux. D’ailleurs, j’ai remarqué que depuis que je dois prendre mes cours à toute vitesse, je fais beaucoup plus de fautes dans ceux-ci… C’est terrible ! Ça me fait une raison de plus pour réussir en un an ! —

Avoir regardé Coraline m’a donné envie de redécouvrir L’Étrange Noël de Monsieur Jack ainsi que les Noces Funèbres, enfin plus particulièrement leur bande-son. Danny Elfman est définitivement un compositeur très talentueux, et c’est un plaisir que de le voir faire la paire avec Tim Burton.
C’est donc avec joie que j’ai appris les paroles de This is Halloween et que je me la passe régulièrement… Généralement, c’est pendant que je fais la vaisselle.

Bon ben voilà, je crois avoir fait le tour d’à peu près tout, sauf de ce que j’aurai oublié !

EDIT : Eeeet voilà, j’avais oublié quelque chose. Internet, c’est fou ! On trouve beaucoup de nullités sur YouTube, tout autant que de grands chanteurs… Mais parfois on tombe sur des gens sans prétention et qui ont du talent. C’est le cas de Josie Charlwood, qui a interprétée à elle seule la chanson Feel Good Inc. de Gorillaz. Et je dois dire que c’est très réussi, et que ça enjolive ma journée de tomber sur une telle réalisation ! Enjoy !

Pour résumer… la médecine me plaît plus que jamais et tout va parfaitement bien, grâce à ça en plus de la musique et de diverses rencontres…

La vie est belle, tâchez de ne pas l’oublier !

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