And sparkle sounds to say.

« So, how are you holding up ? Because… I'm a potatoe. »

Mois : novembre 2010

Snow

Une goutte de sang qui tombe dans la neige. Tapis blanc qui recouvre cette sombre forêt inconnue. Pas un bruit. Le vent s’est tu depuis plusieurs jours avec l’arrivée du gel et le bois des arbres alentour n’ose même plus craquer devant le froid le lacérant.
Le peu de corbeaux qui traversaient le ciel quelques minutes auparavant se sont maintenant enfouis dans le cœur glacé des arbres morts.
La lueur faiblarde de la Lune éclaire l’hiver d’une lumière terne, rendue sinistre par le halo brumeux qui entoure l’astre.

Cette petite tache de sang n’en est pas réellement une. Lorsqu’on quitte le ciel pour descendre l’observer de plus près, celle-ci grandit à vue d’œil, et ce qui devait être le fruit d’une blessure est en réalité la robe rouge de la femme qui se trouve là.
Le froid ne semble pas avoir d’emprise sur elle, ses dents glacées glissent autour d’elle sans avoir d’emprise sur ses épaules. Uniquement vêtue de cette robe vermeille et allant pieds nus, cet être étrange se met en chemin dans le silence, ne produisant par ce déplacement qu’un infime murmure, un bruissement que nulle oreille ne saurait percevoir.

Sa blonde chevelure descendant jusqu’entre les omoplates ondule légèrement sous le mouvement produit par ses pas, ses deux bras oscillent de part et d’autre de son corps, et ses yeux couleur de printemps semblent dardés sur un horizon lointain dont elle seule semble avoir conscience.
Sa poitrine n’esquisse aucun semblant de respiration. L’être n’a l’air d’avoir aucune consistance, tel un fantôme errant depuis des temps immémoriaux. Une aura mystique l’entoure. Des entités indescriptibles viennent parfois échouer dans ces terres mystérieuses, mais cet être-ci a quelque chose particulier, de noble.
Comme si cette femme à l’allure si gracieuse possédait un grand pouvoir qu’on l’on ne puisse vraiment cerner que lorsqu’on est sous son emprise.
Ses lèvres d’un rouge sanglant dessinent un sourire, peut-être destiné à d’inconnus êtres invisibles hantant ces bois infinis.

Soudain, un souffle de vent se fait brusquement entendre, un courant d’air la traverse, et elle porte tout à coup la main à sa poitrine. Devenue d’une pâleur extrême et ne souriant plus, son regard est affolé et semble chercher un repère auquel se raccrocher. Perdue, elle halète désormais, mais l’air ne parvient pas à trouver son chemin jusqu’à ses poumons. Elle titube tandis que son bras se couvre doucement d’un liquide rougeâtre. Elle finit par lentement tomber en avant, et sa joue vient alors heurter le sol glacé sans un bruit, son regard palpite encore quelques instants avant de s’en aller fixer à jamais quelque univers inaccessible.

Encore une « nouvelle » qui n’a pas de sens. Je n’avais comme inspiration que la goutte de sang dans la neige, et j’ai essayé d’en faire quelque chose…

Tayzay

Avant toute chose, je tiens à préciser que j’ai écrit ce qui suit « sous le feu de l’action », donc cela ne reflète pas forcément mon état d’esprit en cet instant là-maintenant-tout-de-suite, ni ce que j’ai pu éprouver par la suite.

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J’ai l’impression de ne pas être vraiment moi-même. Le train a cet avantage, de par le calme que j’éprouve en le prenant, de faire amplement réfléchir. Là, j’ai l’impression d’être comme une sorte de spectateur. Les formes de ce TGV et les personnes y étant semblent être autant de volutes de fumée.
Floues, ces silhouettes remplissent mon univers. Mes lèvres sont sèches, les odeurs ne me parviennent que partiellement, et je ne perçois plus parfaitement le goût de ce qui parvient à mes papilles.
Mes sens sont comme… émoussés. Et j’ai les jambes engourdies. D’habitude j’aime cette dernière sensation, mais dans ce contexte ce n’est pas des plus agréables.

Pourquoi cela ? En fait, ce serait bien que vous, lecteurs (voire lectrices), ayiez la réponse à cette question, parce que je ne la connais pas.
Ou bien je refuse de la connaître, de l’admettre, je ne sais pas vraiment.
je suis fatigué, trop fatigué. Physiquement, c’est plus que certain, comme en témoignent mes épuisements à répétition et les nombreux
fail réveil que j’ai pu avoir dernièrement.
Mentalement, aussi. je suis fatigué de réfléchir, de trop penser. Non pas que les cours soient éreintants, loin de là, puisqu’il me faut bien admettre que je n’y réfléchis guère.
Non, pas vraiment. Mais pourquoi ? ha ça, bonne question. une appréhension d’aller à Taizé seul, peut-être ? J’en doute, puisque je n’y serai au contraire pas seul. Mais un peu quand même. Car nul doute que ses pupilles bleu-vertes manqueront cruellement à la scène pour que le tableau soit parfait.
A bien y réfléchir, c’est peut-être (sûrement ?) la cause de cet univers que je ne perçois en cet instant précis qu’à demi. Son absence.
« Cette personne brille par son absence. » Pas vraiment, non. Je serais tout de même curieux de savoir qui est plus ou moins le créateur de cette phrase, ainsi que dans quel contexte il a été amené à la prononcer. Quoiqu’il en soit, il est certain qu’elle présente, ç’aurait été un un bonheur total. En ce qui me concerne, du moins.
Sans oublier, évidemment, les autres absents, tels qu’un coude, un Nanterrien et Coco, par exemple.

mais bon, la vie est ainsi faite. C’est certainement très égoïste de ma part que de désirer ainsi sa présence alors qu’elle est occupée à se forger un avenir, mais je suis définitivement trop têtu pour parvenir à tenter de faire éclater et mourir cette bulle de sentiments qui persiste.
Mais pardon pour ces propos défaitistes.

A présent…
Le ciel est en majeure partie bleuté, bien que parsemé de nuages gris clair. j’aime à traverser ces plates contrées, légèrement vallonnées
(paradoxe, désolé), composées de champs et par instant striées de routes. Cette non-présence humaine est un régal pour les yeux et pour l’esprit. Le soleil vient de faire son apparition au-delà des arbres bordant la voie, haies boisées que nous parcourons à toute vitesse.
Ce si rapide mode de déplacement a quelque chose de grandiose une fois mis en musique. C’est grisant de voir le paysage se mouvoir si vite et rester flou à mes yeux.

Je conclurai cette première partie par un conseil : ne jouez jamais à saute-mouton avec une licorne.

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Ressentir toutes ces personnes chantant d’une même voix dans la chaleur de l’église comme un tout, comme un ensemble uni et indivisible.
Cette superbe sensation que je n’ai éprouvée qu’à Taizé.
Lorsqu’on entame ces chants pour la première fois, j’en frissonne. Ça fait si longtemps. C’est … oecuménique, vraiment. C’est beau. Si je vois flou, cette fois, c’est certes par la fatigue, mais aussi parce qu’il n’y a plus besoin de discerner chaque personne pour en voir les contours, la beauté, la grandeur, l’esprit. Nul besoin d’yeux pour cela. Ce qui est sans doute l’une des raisons qui fassent que l’on ferme les yeux durant le temps de silence.
Arrive le premier temps de prière justement. Temps de calme que je refusais de m’accorder depuis trop longtemps. A un instant, une bouffée d’amour fou m’envahit.
Et là, c’est vraiment la première fois que je ressens ça. Ce qui me fait songer que pour une fois, j’aime réellement une personne à ce point, que ce n’est plus une idiote lubie d’adolescent frustré.

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Décidément, Taizé me surprendra toujours autant. les temps de prière, au nombre de trois par jour, diffèrent grandement de ceux que j’ai connu les années précédentes. Maintenant que j’y pense, parce que j’ai fait ma confirmation ? C’est possible, très possible…
En particulier les temps de silence. Quoique je fasse, mes pensées finissent inlassablement par se tourner vers elle. Et je n’en peux plus de réfléchir autant à cela. Néanmoins, j’apprécie ces instants d’infinie tranquillité, bercé par le chant de centaines de voix oeuvrant à l’unisson pour produire le plus bel ensemble possible.
Ils me font du bien. Ce calme, je ne me l’étais pas accordé depuis longtemps. Dans ma nouvelle vie, je les refusais. Non pas que je n’en aurais pas eu la possibilité, mais je ne voulais pas. j’aurais dû vouloir, mais quelque chose m’en empêchait.
Cet univers dont je fais partie depuis quelque mois me semble… étranger. Et je ne m’y sens pas à ma place. Tous ces gens, bien que généralement aimables et agréables, ne s’offrent pas d’autre perspective que de passer tout leur temps devant un écran insensible. Ils semblent consternés que je me permette de partir et lâcher ce monde étouffant durant quelques jours. Mais qu’importe. Si cela continue à ne pas me correspondre, je préférerai choisir une voie qui me prendra moins la tête.
Pour en revenir à Taizé et aux pensées que j’y ai, qu’elle n’aille pas penser que l’évoquer en esprit elle, son souvenir ou son existence ne me fasse du mal, non, loin de là.
C’est simplement que c’est presque en permanence et que je n’en peux plus.

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Les alto. de si belles voix associées qui forment un sublime ensemble En les écoutant chanter, j’ai eu l’impression d’entendre la voix des anges.
Aussi, je suis resté ce soir jusqu’à plus de 22h30 dans la grande église de Taizé. Non pas pour prier, ou confier une quelconque pensée à Dieu, non, je l’admets.
Simplement pour chanter et résonner avec les quelques dizaines de personnes qui restaient. Ca fait tellement de bien de juste écouter ces chants. En fait, je me suis aperçu que ça me permettait de ne pas réfléchir. Du tout.
Et chasser quelqu’un de son esprit alors que cette personne nous hantait quasi-continuellement auparavant, ça procure un bien fou.

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C’est dans la quiétude peuplée de cette chambre 202 que j’écris. Il y a la belle mélodie de Cocoon qui me pousse à continuer la rédaction de ce pseudo-journal quotidien. Hier soir, la veillée agrémentée de bougies a subliment illuminé l’église. C’était beau. Et puis ensuite, comme dit précédemment, j’ai voulu rester. Parce que juste écouter, parfois chanter les mélodies dictées par trois chiffres lumineux, c’est vraiment relaxant. Et ça permet de se ressourcer, de se calmer. De ne lus penser à rien d’autre que ces chants, et ça en particulier, m’a donné beaucoup de bien.

Ha aussi, hier, MEJ à midi. On a retrouvé le camp qui était venu ici, on a chanté et dansé avec de parfaits inconnus, c’était vraiment très agréable.

A cet instant, un orchestre improvisé par un bonnet orange vient juste de se terminer dans des éclats de rire. pour ce qui était de nous remonter le moral, c’est réussi. Merci donc à lui pour ce moment.

Tout cela me fait découvrir un attrayant répertoire musical, qui va de la mélancolie aux histories d’amour en passant par les odes à la vie. C’est particulièrement bien de chanter tout ça, car en plus de me faire sourire, ça m’évite de me focaliser sur autre chose. Mais excusez-moi, je me répète.
Tout comme le contexte de Taizé, à bien y réfléchir. C’est vrai qu’ici j’y pense beaucoup moins. Son souvenir qui s’estompe devant tous ces visages étrangers ? Non, je ne le pense pas. Peut-être plutôt qu’occupé, j’ai l’esprit plus aisément tournée vers autre chose.

[J’apprécie notamment ces paroles :

Et je cours,
Je me raccroche à la vie,
Je me saoule avec le bruit
Des corps qui m’entourent ;
Comme des lianes nouées de tresses
Sans comprendre la détresse
Des mots que j’envoie.]

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Je retrouve l’ambiance conviviale que j’apprécie tant ici. une douce et légère musique, le murmure de quelques voix et le bruissement de tissus qui se frôlent, c’est relaxant. Une lumière gentiment tamisée sans pousser à l’excès. En ajoutant une appréciable chaleur à cela, ainsi qu’un groupe d’amis alentour, je me sens juste bien. Détendu.

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Sur cette dernière journée flotte comme toujours un parfum de départ. Je ne sais pas comment l’ont ressentie les autres, mais je me sentais un peu étranger de tous ces gens. En effet, tout le monde est parti la veille, et ce sont désormais des personnes différentes que nous croisons. C’est agréable, mais troublant. Je note en particulier un sweat d’une suédoise estampillé « I love 9A ». Ce 9A restera un mystère, mais ça m’a plu. Le fait que les langues, les peuples, les coutumes (par exemple celle de se balader en soutien-gorge en sortant de la douche) se mélangent. C’est surprenant et vivifiant.

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Le train. Encore. C’est assez amusant de voir qu’une histoire se commence comme elle se termine. Ce que je retiendrai de ce séjour, c’est en majorité les « rencontres » que j’ai pu y faire. Bien qu’il y ait eu bien trop peu d’étrangers à mon goût, j’ai apprécie quand, par exemple, je chantais dans l’église tout en échangeant regards et sourires avec les personnes alentours. Ou les paroles échangées avec des inconnu(e)s autour d’un chocolat chaud à l’oyak.
Taizé est donc en définitive un lieu agréable, que j’apprécie énormément et qui, en l’occurrence, m’a réellement fait du bien, et relaxé comme je ne l’étais plus depuis plusieurs mois.

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