Ses cheveux blonds, teintés de quelques mèches brunes, se rabattent sur son visage sous le souffle vent. Elle est habillée d’une veste rose et d’un jean bleu. Un pleu presque identique bien que légèrement plus clair habite ses iris orientés vers l’océan. Ce dernier revêt encore une fois sa couleur abyssale, bien que moiroitante par endroits sous les rayons du soleil estival. Nous sommes en plein après-midi, au sommet d’une falaise. Le sol est recouvert d’une légère épaisseur d’herbe teintée d’émeraude, quelques fleurs pointillent cette couleur unie par des tâches la plupart du temps blanches ou jaunes dans le verdure. Un arbre de quelques années est planté au bord du précipice. Ses fruits, quels qu’ils soient, sont tombés depuis plusieurs mois et le végétal n’est donc garni que de feuilles vertes réfléchissant en mosaïque la lumière du soleil qui vient les frapper.
Julie, elle, est assise au bord du vide, les jambes se balançant lentement, rêvant encore une fois à des lieux inconcevables et inaccessibles, laissant tranquillement sa peau légèremet brunie subir la caresse de l’air et appréciant les langues de lumière qui viennent lui réchauffer le visage.

Ses lèvres esquissent un sourire, puis elle soupire lentement. Elle semble heureuse.

« Vous savez, c’est bien de ne rien faire. A ce jour, notre société toujourd hyperactive et soumise à un stress permanent ne s’arrête jamais de tourner. Elle continue sa course folle, chaotique et arythmique, inlassablement telle un troupeau de Lemmings. Les gens ne prennent plus le temps de profiter du temps. Cet unité universelle qui se révèle si précieuse une fois qu’on sait l’écouter… Aujourd’hui, voyez-vous, « le temps c’est de l’argent », et rien d’autre. Ho, bien sûr, on répondra à cela que c’est par souci d’efficacité, de rentabilité. La longueur même de ces mots est un contre-sens. Plus on gaspille de temps pour concevoir un objet, plus le mot qui le décrira sera long. Et passablement inutile. Si, il faut bien l’admettre. Aujourd’hui, on ne sait plus quoi inventer à part de quoi passer notre temps à nous occuper « intelligemment ». Permettez-moi d’en rire.
Le temps est si précieux. Alors profitons-en ! Passer quelques instants à ne rien faire, simplement se relâcher. Ecuter, regarder, sentir. Même nos sens les plus primaires sont émoussés après tout ce temps de pourissement.
Je ne doute pas un seul instant que vous ne m’écouterez pas, mais c’est comme ça que me vient l’inspiration. Que j’entends la mélodie que ma plume composera ensuite.
Pour cela, il suffit de le vouloir. De prendre le temps de savourer le temps… »

Cet écho résonne quelques instants dans le murmure du vent, puis la quiétude de la journée reprend ses droits.

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