And sparkle sounds to say.

« So, how are you holding up ? Because… I'm a potatoe. »

Mois : janvier 2011

M.u.s.i.c

Je viens tout juste d’écouter In The Morning, de Wolfmother, et je suis dans un état un peu… second. Tout simplement, cette chanson respire la vie. Je ne sais pas vraiment comment le décrire, mais en l’écoutant j’aurais pu passer des heures à juste admirer la ville de Paris qui s’étalait sous mes yeux. Sans y réfléchir, juste à regarder le paysage.

En ce qui concerne le morceau suivant, qui se nomme 10,000 feet et est joué par le même groupe, je crois que c’est la première fois que je l’entends. Cette fois, ce morceau me transmet un état d’esprit différent. Il est plein d’énergie. On pourrait marcher des heures sans but juste avec cette musique. Mouhahaha, c’est puissant.

Tout ça me fait penser avec la discussion que j’ai eue ce week-end avec une petite fan de Muse. Sur le fait que la musique est quand même extrêmement importante et très… déterminante je dirais. Je veux dire, personnellement la musique m’affecte beaucoup. L’écoute d’un seul morceau peut me rendre triste ou joyeux, peut être entraînante ou bien me blaser comme jamais. Une seule composition peut me rendre mélancolique ou bien m’éviter de repenser au passé. Une seule chanson peut me mettre en colère ou m’énerver…

A bien y réfléchir, les discussions les plus intéressantes que j’ai, sur le plan de la perception, concernent la musique.

C’est quand même beau la musique. C’est beau de savoir l’écouter et de ne pas passer dessus comme sur n’importe quel morceau. Non. Chaque son a sa personnalité, ses émotions, sa force ou sa faiblesse… Qu’il nous transmet.

Être un artiste, ce n’est pas créer un morceau. C’est lui donner vie, le faire exister pleinement. Faire en sorte qu’il ne soit pas plat et inintéressant. Non. Il faut qu’il soit surprenant la première fois où on l’écoute, qu’il nous rappelle une personne, un événement. Qu’ils nous transporte en un lieu inconnu.

Je pense que trop peu de personnes ont vraiment écouté un morceau de musique. Je ne parle pas d’avoir un morceau en arrière-plan pendant qu’on fait la cuisine. Non, juste s’allonger, tranquillement, avec de la musique.
Laisser son corps s’engourdir jusqu’au point de ne plus le ressentir. oublier sa respiration et son rythme cardiaque. Ne rien voir, ne rien sentir d’autre que les sons que l’on entend.Il n’est pas nécessaire de faire appel à du classique pour ça. Non, il suffit juste de se poser avec un morceau qu’on apprécie. Et de ne rien faire pendant ce laps de temps, juste profiter des notes qui parviennent au cerveau.

Mais pour cela, il faut le vouloir, en prendre le temps, ce que personne ne veut faire aujourd’hui.

#Empty

Elle était assise dans le cadre de ce qui avait été autrefois le cadre d’une grande fenêtre. Ses jambes se balançaient lentement dans le vide. Les mèches blondes de ses cheveux flottaient doucement sous un léger souffle de vent. Son regard bleu était vide et semblait perdu dans l’immensité du paysage qui s’offrait à eux.

Quelques collines, toutes recouvertes de la même herbe turquoise. Celle-ci ondulait doucement, formant de petites vagues terrestres qui se perdaient dans le lointain en murmurant. Peu avant l’horizon se dessinait l’orée d’une forêt, sombre et regorgeant de vie. De petits arbustes parsemaient la plaine, parfois parés de lavande, de lilas ou encore de quelque fleur blanche dont on ignorait le nom. De jeunes pommiers étaient répartis ici et là, amenant avec eux le bruissement de leurs feuilles et le grincement de leurs branches.

Le soleil n’était plus au zénith depuis de nombreuses heures et ses feux commençaient déjà à donner au ciel une teinte orangée, loin au dessus de l’océan qui s’étendait à l’Est. Ici, d’autres vagues venaient ajouter leur ressac au silence ambiant, délivrant une atmosphère de calme apaisant.
Quelques hirondelles voletaient sans un bruit dans le ciel azuré et poursuivaient avec aisance et majesté leur course contre la gravité.

Julie observait tout cela d’un regard vide et désenchanté.
« Je m’ennuie. »

#Smoke

Ce soir, elle errait sur les toits de la capitale à la recherche des étoiles. Vêtue d’un long manteau noir, qu’elle avait laissé ouvert, et d’une écharpe rouge, Julie chantonnait. Une mélodie qu’elle seule connaissait, évidemment. Un peu de magie dans tout cela, et elle dansait, volant à moitié dans les airs. Elle s’arrêta soudainement devant une colonne de fumée qui s’échappant en toussotant d’une cheminée à l’âge incertain.
– « Tiens, Salut ! dit-elle d’un ton enjoué
–  Bonsoir ma chère, répondit une voix grave semblant sortir des volutes grisâtres auxquelles elle faisait face.
– Cela te dérange si on marche un peu ?
– Ho, aucunement voyons. »

Julie se remit alors en marche sur les tuiles, plus doucement, et la fumée disparut.
« Comment vas-tu, chère Hydre ? — Elle semblait s’adresser à elle-même, ou aux étoiles. Ou bien les deux —.
– Oh tu sais, moi… Il n’y a pas de quoi aller mal, répondit une voix.
– Je n’en suis pas si sûre, vois-tu. Je vois bien que ce choix te pose quelques soucis.
– Tu as décidément toujours été perspicace…
– Eh ! Ce n’est pas à moi qu’il faut en vouloir pour ça !
– Certes, certes, mes excuses.
– Passons. Il faut donc croire que tu te plais à être insensé. Faire preuve de discernement n’a jamais été ton fort, mais pour une fois tu vas plus loin que la simple prise de position. Enfin, je critique, mais je comprends parfaitement ta volonté.
– Ha, tu dois bien être la seule.
– Figure-toi que tu serais surpris.
– Soit, je te crois.
– Le cœur, le corps… Cet attachement est fort aisément concevable, et je l’éprouve moi-même par instants, toutefois il émane du cœur. Et dans la voie que tu choisis, c’est le corps que l’on étudie. Je pense que tu peux croire ces demoiselles quand elles te conseillent de retourner en province. Je sais bien que le choix est difficile, mais pourtant il faut en être conscient…
– Ho, mais je pense aussi parfaitement que je peux les croire, et que je devrais. D’ailleurs, ce n’est pas là la question, puisque je les entends parfaitement et que je suis totalement du même avis qu’elles. Mais vois-tu, il y a un facteur qui ne rentre pas en compte dans ces estimations.
– Je sais de quel facteur il s’agit, mon cher, cependant… Illogique ! Tout illogique que tu sois, il faut bien se raisonner un jour ou l’autre.
– Je le sais bien, et pourtant, je ne veux pas. Je ne veux pas réfléchir et me convaincre qu’aller en province me conviendra de A à Z.
– L’ivresse parisienne.
– Exact, tu sais ce que c’est. Ce n’est pas si simple de quitter ce contexte.
– Je comprends bien, mais s’il le faut ? Tu pourras toujours y revenir à l’avenir si le cœur t’en dit.
– Non. Si je quitte la capitale, je n’y retournerai pas. Je le sais.
– Soit.
– Pour une fois que je crois en quelque chose. Que je n’ai pas peur de perdre. Que je pense pouvoir réussir. Faut-il qu’on m’en décourage ? Je te dis, ils ne me comprennent pas. Tu sais bien comment je serai dans cette autre ville.
– Certainement, et c’est pas beau à voir. Mais il ne tient qu’à toi d’améliorer cette image.
– J’aimerais bien, tu le sais aussi. Tous ces gens ont probablement raison, contrairement à moi. Ne pas suivre son instinct ou ses goûts. Inhiber. Paris… Peut-être bien que je n’y arriverai pas, certainement même. Mais j’aurais au moins fait ce dont j’avais vraiment envie, ce en quoi je croyais à ce moment.
– C’est beau, mais peu réfléchi, tu en conviendras. L’échec, tu commences à la connaître. Autant te débarrasser de cette sangsue.
– Il faut croire que je sois un fol idiot doublé d’un être insensé.
– Exactement. »

Il y eu un temps de silence qui marquait la fin de la conversation. Il n’y avait rien à ajouter. Julie marcha jusqu’au bord du toit, sourit, souffla quelques mots entre ses lèvres « Va de l’avant, hein ? », et sauta nonchalamment dans le vide. Atterrissant en douceur sur les pavés, elle reprit sa promenade nocturne, l’air de rien.

ʎɹoʇs

C’était une petite colline, au sommet battu, balayé et poli par les vents. Entourée de monts d’un vert sombre et parfois ornés de champs éclatants et lumineux, pourvue de forêts sur ses flancs et jusqu’à ses pieds.

D’un côté s’étendait une allée qui apparaissait illuminée d’activité une fois la nuit tombée. Une petite église agrémentée de quelques constructions en bois ou en pierre ainsi que de l’herbe simple, verdoyante et ondulant sous l’air ambiant, constituaient le point culminant de cette petite colline.

Nous étions à la mi-juillet, le ciel était d’un bleu sans impuretés et le soleil rayonnait sans ciller, loin au-dessus des frondaisons.

Tout a commencé à l’ombre d’un ukulélé, entre présentations et rires. Petit groupe « abandonné » là, à attendre quelques minutes l’arrivée d’une voiture.

Des goutes de couleur, souriantes et bariolées, vinrent à leur tour se loger sur cette petite colline. Ce petit groupe d’une quarantaine de personnes se retrouva réuni pour dix-sept jours.

23 juillet

Je m’allonge dans l’herbe légèrement humidifiée par une rosée crépusculaire.
Je ferme les yeux. le chant de quelques hirondelles ainsi que le bruissement des feuilles ondulant dans le vent parvient à mes oreilles en une curieuse mélodie.
Avec chacune de mes mains, j’attrape quelques brins d’herbe. Ces petits morceaux de vie tendus entre mes doigts me murmurent toute l’activité de ce sol terreux sur lequel je suis affalé.

Je m’étire autant que je le peux, et je sens le poids de mon corps s’évaporer peu à peu. Le souffle du vent, bien que léger, déclenche quelques frissons. Je me décide enfin à ouvrir les yeux.
Un nuage s’offre à moi, me proclamant toute sa morosité par une gerbe de gris noircie par l’absence de lumière ainsi que par le contre-jour lunaire.

En parlant de la Lune, cette dernière arbore un disque presque plein, dévoilant de multiples tâches noirâtres étant autant de cratères et dotant les nuages alentour d’un halo brumeux qui illumine l’espace tel une flamboyante aéronef.
Malgré la lueur diffusée par l’astre, quelques étoiles parviennent à pointiller le ciel nocturne de tâches lumineuses, nimbant les cieux d’autant de lucioles argentées.
Je pourrais m’endormir.

24 juillet

Les cailloux du sentier crissent sous mes pieds tandis que je me dirige vers le réfectoire. L’ai rais matinal ainsi que quelques gouttelettes de rosée déclenchent un petit frisson qui me fait enfiler un pull polaire. Ces derniers sont diablement bien faits. A la manière du pelage des ours vivant dans les étendues gelées de la banquise, sa texture crée une enveloppe d’air qui a pour particularité de conserver la chaleur.
Au moment où je me retrouve emmitouflé, je sens un petit peu d’air chaud m’envelopper. Je savoure cette sensation et hume l’air de ce matin. L’atmosphère plus que rafraîchie pénètre mes narines en créant un agréable picotement au niveau de mes joues.

J’aime ce moment.
Tant de silence. Pas de cris d’oiseaux ni de bruits d’enfants.
Aucun son tandis que je souffle quelques nuages de légère vapeur.

J’enfonce mes mains dans mes poches pour les protéger du froid. Je rêve qu’un petit oisillon vient se poser sur une branche basse puis sur mes doigts tandis que j’avance ma main vers ses plumes.
Enfin, la réalité me rappelle à elle alors que je me remets à penser.

Mon cœur bat à bon rythme après quelques échanges de balle au volley. je respire amplement afin d’emplir mes poumons d’oxygène.
En regardant autour de moi, je peux apercevoir des joueurs de chaque côté du filet ainsi que quelques groupes de filles assistant au spectacle. En arrière-plan, les arbres font un decrescendo en suivant la pente de la colline, découpant leur teinte turquoise sur des nuages d’un blanc laiteux et sur un ciel d’un bleu aussi pur que les yeux d’une princesse.

Un léger parfum de menthe lié à celui du chocolat, avec un soupçon de grenadine, emplit mes narines.

Je m’allonge dans l’herbe, les yeux fermés. Le contact de la nature sèche sur ma peau provoque un petit picotement sur mes bras, sensation très agréable. Je m’étends autant que je le peux. je sens un léger souffle de vent frapper mon corps et faire doucement onduler mon t-shirt..
Il me semble sentir une fourmi grimper le long de ma jambe gauche. Je la repousse doucement sur terre.

Mon corps entier est au repos. J’entends les feuilles des arbres à ma gauche qui, poussées par le vent, murmurent une liesse de mots m’étant totalement incompréhensibles.
Tandis qu’un nuage s’écarte, je sens le soleil ruisseler sur ma peau, provoquant une agréable sensation de chaleur sur mes bras et mon visage. A travers mes yeux fermés, je perçois une vive avalanche de lumière. Je les garde clos durant encore un instant pour profiter de mes autres sens.

Lorsque je les ouvre, c’est pour voir une masse nuageuse masquer une grande partie du ciel bleu. je peux apercevoir l’éclat solaire à la périphérie de mon champ de vision, à travers mon œil droit à moitié fermé et aveuglé par la lumière. il paraît qu’au soleil mes yeux se teintent de vert.
Je me relève et m’assieds pour admirer le paysage. Je vois quelques personnes assises, certaines écrivant, d’autres méditant sur je-ne-sais-quel sujet qui les intéresse. Je peux voir les feuilles en face de moi onduler sans ue le bruit de leur mouvement ne parvienne totalement à mes oreilles.

Un nuage se dresse au loin, surplombant l’à-pic des montagnes environnantes. Ils se déplacent toujours assez rapidement, signe d’un souffle puissant les habitant.
D’où je suis, je peux apercevoir leur masse cotonneuse de haut, du moins en partie.

Je m’allonge à nouveau pour profiter de quelques minutes supplémentaires d’ouverture au monde.

J’ouvre une dernière fois les yeux et regarde un triplet d’hirondelles voguer sur les vents.

[ La plume crisse sur le papier et projette son ombre sur les carreaux violacés d’un cahier à la couverture bleue.]

Les dernières paroles d’un chant résonnent encore dans ma tête.
L’univers m’entourant en ce moment est drapé d’ombre, uniquement éclairé par un halo de pleine lune. Aucun souffle de vent ne se ressent. La sensation du bois froid sur ma peau est très agréable.
J’entends les sons de la fête parvenir à mes oreilles et faire doucement trembler le sol.

Je vais danser.
Dans une légère pénombre, les gens exécutent des chorégraphies plus ou moins improvisées, au son de la musique diffusée par les hauts-parleurs. Le rythme de mon cœur s’adapte à celui, lourd, des basses. les pulsations m’entraînent moi aussi à bouger débilement dans tous les sens.

Il y a trop de lumière.

25 juillet

Le son des cloches me réveille par une tonalité étouffée par l’atmosphère. Je m’étire, emmitouflé dans son duvet tel un papillon naissant dans son cocon. L’air est frais et le contact de la toile glacée sur ma peau me fait frissonner. Je me prépare, soupire lentement, puis sors pieds nus de notre tente.
Le contact de la terre gelée et des herbes trempées, des cailloux du sentier, sur la paume de mes pieds provoque une sensation de douleur plus qu’appréciée en cet instant de la journée. Je marche étrangement, tentant en vain d’éviter les cailloux sans pour autant vraiment le vouloir, en me dirigeant vers la douche tout en frissonnant.

Arrivé sous l’eau brûlante et ruisselante qui me détend de manière plutôt efficace, je pense à Misguided Ghosts qui me trotte dans la tête. Aucune idée claire ne me traverse l’esprit. Je goûte cette tranquillité.
Toutes s’entremêlent, formant un nœud inextricable que je tente, avec un succès relatif, d’enfouir au plus profond de mes pensées.

[ Au fond, je n’ai jamais été qu’une plume devant une page vierge, à la recherche d’encre.]

Je me remémore une senteur de lilas associée à celle de la rose trémière. Le tout entouré d’un parfum de sève de sapin. La terre crissait doucement sous mes pieds tandis que la paire de lames que je tenais entre mes doigts entaillait la chair de ces fleurs.
J’imagine des êtres drapés de robes blanches, se mouvant sans bruit parmi les les plantes, s’y faufilant comme si elles en faisaient partie. Dryades ?

Brick by Boring Brick fait résonner ses accords à mes oreilles tandis que je fais briller les vitres avec un essuie-tout magique.
21 Guns vient ensuite, dévoilant sa puissante batterie. Je connais les paroles, les sons tout comme le rythme absolument par cœur.
Ayant terminé mon œuvre, je me mets à « osciller » en rythme, à jouer les pulsations de la grosse caisse avec ma main droite. Je chante aussi juste que je le peux (ahem), jusqu’au solo de guitare qui marque l’apothéose.

Assis, je fixe les flammes orangées dansant sur les braises rougies par la chaleur. Quelques petits brins de flamme virevoltent dans la fumée, créant autant de petites étoiles qui disparaissent dans les airs. La fumée est visible sous la forme d’un nuage grisâtre s’échappant en volutes des morceaux de bois enflammés.
je sens une odeur de brûlé, ce qui provoque un léger picotement dû certainement à la chaleur que j’inhale. J’aime sentir cette fumée.

Je ferme les yeux et écoute le léger souffle de vent faire frémir les étoiles, les craquements du bois soumis à l’étreinte mordante du feu, le crissement des grillons et les claquements de l’herbe qui se casse entre les doigts d’autres participants étant présents ici.

Des prénoms, des phrases, quelques faibles sanglots.

Des lumières dansent à travers mes paupières.

26 juillet

Mes doigts pianotent comme ils peuvent sur le manche de la guitare tandis que ma seconde main gratte les cordes pour tenter d’en faire sortir un son.
Je m’essaie à Wonderwall, d’Oasis, et je suis plutôt content de moi. Je joue ensuite ce qui me passe par la tête, sans que cela ait un sens, dans le seul et unique but de me distraire et m’occuper l’esprit.
J’entends les oiseaux gazouiller. De loin me parvient le bruit de la morsure d’une débroussailleuse. Un bourdonnement fébrile me fait tourner la tête et j’aperçois quelques guêpes voltant irrégulièrement et avec entrain autour des fleurs avoisinantes.

Une belle journée se termine. Entre une expédition parmi les arbres, des préjugés sur les geeks, un moment de solitude très agréable, une discussion intéressante qui a le mérite de mettre les choses au clair…
Je me rappelle. Le ballonnement du bus, diffusant une musique niaise. Des discussions plus ou moins intéressantes sur les sièges avoisinants. Mon esprit fatigué de réfléchir.

J’entends une musique assourdie par les murs, qui gagne en intensité tandis que la porte s’ouvre.

Je sens une odeur… nocturne. Juste celle d’un monde qui dort.

Voilà, je n’avais jamais pris la peine de publier tout ça, mais je pense qu’il n’y a pas de meilleur moment que maintenant pour le faire. :)

(bon, pour la suite, j’ai peur d’être un peu… maladroit, désolé :S)

Sentiments enfouis ou bien encore inexistants,
Toujours est-il que c’est alors en ce temps
Qu’une demoiselle aux yeux verts
Est entrée dans mon univers.

En ces jours d’été le ciel était bleu
Comme en réalité l’étaient en partie ses yeux ;
Et aussi niais que cela puisse sembler
Cette couleur en ma mémoire s’est imprimée.

Ce serait bien évidemment mentir
Que de dire qu’au premier coup d’œil
J’ai senti mon cœur bondir.

Non, je n’ai au premier abord rien ressenti de particulier
Après tout, je venais tout juste de faire sa connaissance,
Et rien ne pouvait à mes yeux alors justifier
Que je donne à cette rencontre tant d’importance.

Toujours est-il que ce séjour s’est admirablement déroulé,
La demoiselle et moi avons agréablement discuté ;
J’ai commencé à apprendre à la connaître
Et c’est sans doute à ce moment que ce que je ressens envers elle a dû naître.

Je me souviens d’avec elle avoir dansé,
C’était pour moi une première et j’ai beaucoup apprécié
Tout comme les quelques promenades nocturnes auxquelles
Nombre d’entre nous se sont adonnés,
Dans la quiétude d’une Lune pleine et belle,
Dans le silence des nuits d’été.

Après tous les jours que sur cette colline on a passé,
Il a bien fallu hélas un jour s’en détacher.
Illusion groupale, il paraît que ça a un nom.
Mais nous on s’en fichait, c’était surtout passé trop vite, au fond.

Ensuite, il nous a fallu oublier les chants en canon
Et s’adonner à toutes sortes d’émotions.
Décidément, il y a toujours autant d’adieux,
Et à chaque fois on a l’impression d’être plus malheureux.

Mais qu’importe !
Des souvenirs plein la tête et des étoiles plein les yeux,
Il leur a bien fallu rentrer chez eux
Et repenser durant quelques instants
A ce qu’on avait vécu, ensemble, auparavant.

Quant à moi, je n’ai rien trouvé de mieux à faire
Que de dans l’écriture une fois de plus me complaire ;
Et c’est donc tout guilleret et sans réfléchir
Que j’ai écrit une longue lettre à cette demoiselle dont me hantait le sourire.

Ayant terminé, je ne saurais dire comment j’avais fait…
Écrire autant, sans but, j’irais presque jusqu’à dire que ça m’effrayait.
C’est fou ce que parfois, sans faire attention
En laissant notre esprit voguer à l’horizon,
On peut se surprendre soi-même
A écrire des pages et des pages irréfléchies, sans aucune peine.

Je sais pas comment te dire
Ce que je peux pas écrire,
Faudrait que j’invente des mots
Qu’existent pas dans le dico !

Je ne saurais pas vraiment comment décrire
Ce qu’envers elle alors je ressentais,
Mais aujourd’hui ça me fait sourire
De voir toute la mélancolie qu’alors j’avais.

Toujours est-il qu’on a parlé,
Prétextant un pari insensé ;
Mais moi j’étais juste heureux
De pouvoir autant converser.
Je crois pouvoir dire sans trop me tromper
Que d’une belle part de nos vies on a discuté.

Ensuite, au début de cette année,
C’est une pièce assez confuse qu’elle et moi avons joué
Mais dans le fond c’était plutôt compréhensible
La distance et le temps nous ayant pris pour cibles.

C’est étrange ce qu’alors je ressentais
Toutefois, je pense être capable de dire
Que cette demoiselle, je l’aimais.
Il me faut bien admettre que c’était différent.
Des demoiselles, j’en avais aimées, mais à bien y réfléchir
Cette fois ça n’était vraiment pas comme auparavant.

C’était plus intense, et plus puissant
J’y étais plus attaché et je le ressentais différemment

Après tous ces jours passés à discuter
Je n’ai pas peur d’annoncer
Qu’elle fait depuis
Partie de ma vie

C’est ainsi, et aujourd’hui je ne sais pas.
Ce que je dois en penser,
Si il est raisonnable d’encore aimer.
Ni comment tout cela finira

Je peux même dire qu’en réalité je ne sais pas vraiment
Ce qu’à ce jour envers elle je ressens.

Parfois, je me surprends à y repenser
Lors de grands monologues insensés
Et je me dis alors que de toutes façons
C’est perdu d’avance et que j’ai été un peu con
D’avoir un jour seulement pensé
Qu’à quelque chose illogiquement ça pouvait mener

Mais il paraît qu’en plus de donner des ailes
L’amour a tendance à nous aveugler.

Il ne reste plus qu’à laisser le temps s’écouler
Avancer,
Jouer,
Manipuler ses petites poupées ;
Et regarder tout cela évoluer

Je ne voulais pas l’écrire sous forme de « poème » au départ, mais je n’ai pas réussi à le rendre assez beau sans ça… Désolé pour certaines rimes foireuses et tournures de phrases étranges ^^ »

Voilà voilà… C’est une histoire. Je ne sais pas trop à quoi ça rime d’écrire ça maintenant, mais ça me tenait à cœur depuis quelques jours.

Ce que je ressens / ai ressenti envers elle, c’était vraiment la première fois que ça m’arrivait.
C’est unique.

Je crois que je comprends maintenant un peu mieux le vrai sens du verbe Aimer.

Avec une majuscule.

#Book

Le train était arrivé depuis quelques heures déjà, et à ce moment de la journée il faisait déjà nuit.
Elle avait passé tout son trajet depuis les contrées bretonnes à lire le dernier ouvrage d’un dénommé Liam Walker, auteur de talent dont elle suivait les péripéties depuis plusieurs mois déjà. Son histoire, si particulière, l’avait dès lors beaucoup intriguée. Au final, elle avait découvert au fil des pages la ie d’un homme mystérieux, envoûtant, meurtri certes mais aussi… fascinant. L’aura d’inconnues qui l’entourait continuellement, c’était tout simplement magique. Elle s’était promis de relire ses anciennes oeuvres dès son retour.

Durant les dernières heures précédant le crépuscules, ses pas l’avaient emmenée flâner dans les rues autrefois pavées de la capitale. la ville-lumière qui était beaucoup plus grise en journée. Enfin c’est le souvenir qu’elle en avait, aussi fût-elle surprise en arrivant à Paris sous un beau ciel bleu et une température plus qu’agréable.
Parcourant des ruelles uniquement peuplées de quelques couples muets devant l’air frais, ou bien des avenues noircies par l’Homme en ce jour de soldes, elle avait aimé rester à la frontière entre ses deux mondes grâce à la musique qui l’accompagnait continuellement.
Elle n’appréciait pourtant pas spécialement tous les artifices plastifiés auxquels les humains donnent tant d’importance, mais le casque qui rejoignait sa blonde chevelure dès qu’elle se dirigeait vers les villes lui était tout simplement vital.
Le brouhaha causé par tous ces gens désirant seulement parler pour ne rien dire, cette agitation constante et vibrante, telle une fourmilière en ébullition… Elle en avait assez et était bien heureuse de ne plus faire partie de ce monde.

Au détour de sa promenade, Julie s’était arrêtée devant une librairie qui se détachait des autres de par son apparence. Elle enleva son casque, coupa la musique et étudia plus attentivement l’échoppe.
Une façade colorée bien qui légèrement ternie par le temps, sans affiches publicitaires venant gâcher sa vitrine, derrière laquelle s’amassaient en désordre des livres cornés et usés. Ce n’est pas ce que les humains attendent d’une librairie habituelle, aussi elle entra après avoir admiré pendant quelques instants l’enseigne de la boutique, qui portait le nom d’Alpha et Oméga.

Elle ouvrit la porte, qui grinça sous l’effort et fit tinter quelques clochettes accrochées au plafond, puis la referma derrière elle. Derrière une dénomination légèrement prétentieuse se cachait une minuscule échoppe que l’on aurait pu loger dans une chambre d’étudiant.
Des étagères encombrées et couvertes de poussière comblaient les trois murs de la pièce qui n’étaient pas occupés par la vitrine.
Il y avait deux meubles au centre de la pièce, mariages entre une petite étagère et une table, tous deux aussi enfouis sous des livres entassés en désordre.
Dès qu’elle fit un pas dans la pièce, le plancher grinça comme s’il venait de subir d’un coup le poids de plusieurs siècles d’usure, et quelques livres chutèrent des étagères où ils se trouvaient.
Julie huma l’air et sentit un très léger parfum de lilas, mêlé à de la lavande, dont elle ne put trouver la provenance au premier coup d’oeil. Elle parcourut lentement les rayons. Sartre, Saint-Exupéry, mais aussi Burton, Malzieux et Garagnon… Cet ensemble hétéroclite n’était pas idiot, bien qu’il semble étonnant au premier regard, loin de là. Après encore quelques instants, elle tomba même sur des ouvrages assez étranges de Van Vogt ou Dan Simmons. Mais qu’importe si cela était déconcertant de trouver tout cela ici. Cette librairie, au nom si équivoque, n’était pas comme toutes les autres.
Il y avait de nombreux auteurs qu’elle ne connaissait pas, mais cela lui importait peu, elle les découvrirait si elle valait la peine d’en être la lectrice.

Au bout d’un certain temps passé à parcourir tous les recoins de la petite boutique qui était toujours aussi vide, elle tomba — littéralement, ayant trébuché sur le troisième volume de l’Encyclopædia universalis qui traînait par là — nez-à-nez avec l’ouvrage qu’elle venait de lire dans le train. Elle se releva, et découvrit derrière, juste dépassant très légèrement sur le côté, un coin bleu marine. Elle sortit le livre incriminé du rayon, le retourna entre ses mains. Il n’était pas très épais, certainement d’une centaine de pages. Sur le dos étaient écrites quelques lignes qu’elle parcourut rapidement sans s’y attarder particulièrement ; elle en épousseta rapidement la couverture, qui s’avéra être étonnamment colorée, et resta bloquée pendant quelques secondes devant le titre de cet éclatant ouvrage : Insomniatic Dreams.

Notre protagoniste n’avait jamais entendu parler de cet écrit auparavant. Son auteur aussi, Shawna Howson, lui était totalement inconnu. Pourtant, il l’intriguait. Ne serait-ce que pour le titre. Insomniatic Dreams. L’anglais ne l’avait jamais effrayée, non, elle avait longtemps vécu au Royaume-Uni, ce n’est pas le problème. Mais il en ressortait une sensation étrange. De curiosité, un peu, oui.

Elle relut alors les quelques lignes au dos qu’elle avait vues plus tôt.
« She wants to be a pixie
Small to fly away
With nylon fibred, thin-stringed wings
And sparkle sounds to say.
But pretty little pixies
So tiny for a whim
All their magic, glow—forgo
To be like her or him.
 »

Elle trouva ça fort joli, et encore plus intriguant. Elle voulait savoir ce qui se cachait derrière ces lignes, quelle était la personne qui l’avait écrit et pourquoi. Suivant, comme à son habitude, ses impulsions premières, elle prit le livre dans le but de l’acheter, mais ne trouvant personne pour cela, elle laissa un billet sur le bureau qui semblait être le moins empoussiéré et sortit de la boutique comme n’importe quelle autre Parisienne venant de faire l’acquisition de quelque chose dont elle avait envie et qu’elle était heureuse d’avoir désormais. Gardant le petit livre dans sa main et ayant remis son casque, elle se remit à suivre le chemin que ses pieds lui dictaient, et finit par se retrouver aux Jardins du Luxembourg.

Elle n’y était jamais venue auparavant, et pourtant elle savait qu’elle aimait déjà cet endroit. Bien que très peuplé en ce dimanche parisien, ce parc était grand, c’était une sorte de poumon géant. Un peu d’air parmi les bâtiments gris et décrépis de la capitale.
Julie se promena durant presque une heure dans le parc, admirant les rayons du soleil qui jouaient avec les branches effeuillées, les grandes mains noueuses des arbres qui se dressaient vers le ciel aussi bleu que ses yeux, les éclats de lumière que reflétaient les eaux des fontaines… Elle crut même apercevoir son étoile durant quelques instants, adossée à une colonne, encore en train d’écrire quelque texte chaotique dans son petit carnet noir comme elle en avait l’habitude. Mais il est possible que son esprit lui ait joué un tour en cet instant.

Puis, elle sortit du parc à la tombée de la nuit, continua à errer dans le quartier universitaire, au coeur de la capitale avant d’échouer dans un café, anglais, près de la station de métro au nom d’arènes poétiques. Elle se posa quelques minutes au point de quasiment s’assoupir, sans penser, juste à avoir l’esprit vide, calme, apaisé et insouciant.
Elle secoua la tête pour se remettre les idées en place, faisant voler ses mèches blondes autour de son visage, commença à lire le petit livre qu’elle avait déniché plus tôt et…

Désolé de ce petit melting-pot ! Mais bon, dans un sens, j’aime que ce soit chaotique et incompréhensible aux mortels :D
Sinon, contrairement à ce qu’on pourrait croire, je n’ai pas lu
Insomniatic Dreams, mais j’en meurs d’envie. l’auteur, quant à lui (enfin, elle), je l’ai découvert il y a quelques jours parmi des centaines de vidéos sur YouTube, que vous connaissez certainement. Nanalew, tel est son pseudonyme, est évidemment anglophone, mais j’aime beaucoup ce qu’elle fait, et a une façon très… touchante, amusante et légèrement intriguante, je dirais, de voir la vie. Voilà pourquoi son livre m’intéresse tant.

Story.

Un beau soir de novembre froid,
Alors que le vent filait tout droit,
Eut lieu par un futile hasard en un endroit inconnu
La rencontre de deux êtres jamais vus.

L’un était sombre et déjà mélancolique,
L’autre rayonnait de lumière ;
Lui vivait dans un monde rempli de poussière,
Elle était tout simplement magique.

Ces deux personnes de plus en plus parlèrent,
Et certains secrets ils se sont confiés.
Pour lui c’était somme redécouvrir la mer,
Et elle semblait s’en amuser.

Des instants uniques ils ont ainsi partagé
Que ne semblait pas troubler l’univers auquel il était enchaîné
Et dont elle l’aidait à s’envoler.

Longtemps ainsi leurs vies furent unies
Par un lien étrange et impalpable,
Et le temps dans sa grande folie
Semblait alors tomber sur un obstacle inébranlable.

Toutefois il arriva un moment,
Où cela n’amusa plus nos jeunes gens.
En ce cas il faut plutôt parler d’elle,
Puisque cette dernière choisit de regagner son ciel.

Il faut croire que la demoiselle se lassa
De l’écouter déblatérer tout ce blabla,
Et préféra alors cesser de converser
Avec la personne qui l’avait tant appréciée.

Privé alors de sa seule source d’oxygène,
Lui tenta pendant un moment de refouler sa peine
Mais tomba finalement dans le désespoir
Et commença alors à broyer du noir.

De cette peine durant un temps il ne put se remettre,
Mais heureusement, au-dessus de toute chose régnait alors un maître :
Le dieu Chronos, qui s’aperçut avoir tout causé,
Tenta alors par tous les moyens de lui faire oublier
Cette demoiselle aux cheveux dorés
Qu’il avait tant aimé.

On peut ainsi dire qu’il y parvint.
Mais malencontreusement notre homme se souvint
Des moments qu’avec elle il avait passés.
Dès lors il s’abandonna à un fol espoir
Qui était celui d’un jour la retrouver.
Et depuis, chaque soir,
Inlassablement il continue à patienter.

Il se dit souvent qu’il ne comprend pas pourquoi
Toute cette histoire le met dans cet état.
Mais il n’a simplement pas songé
Qu’à cette demoiselle il s’était trop attaché.
Il se dit alors qu’il pourrait l’ignorer,
Mais dans la tristesse il ne manquerait pas de tomber.

Il est également hors de question de l’oublier
Puisqu’il faut bien avouer en premier
Que de ce courage il ne peut pas disposer.
Après tout ce qu’avec elle il a partagé,
En lui à jamais ces souvenirs sont ancrés.

Pour finir, cela l’attriste énormément
De voir que de lui elle se fiche désormais totalement,
Qu’elle semble l’avoir oublié celui
Avec qui elle avait autrefois tant ri.

Quelquefois encore il essaie de faire preuve de poésie,
Mais chacun des messages qu’il envoie se perd dans l’oubli…

Et le pire dans tout ça,
C’est que malgré les mauvais côtés qu’on y voit là
Sa vie est pourvue de plusieurs joyeusetés
Mais tristement sur cette histoire il préfère se focaliser.

« Ainsi est l’histoire de cette fameuse Neuilléenne ».
Après avoir prononcé ces mots et ayant fini d’écrire, Julie reposa sa plume, laissa quelques secondes à l’encre le temps de sécher puis caressa doucement les parties encore vierges de la page manuscrite. Le désordre qui régnait sur son bureau projetait sur le papier un chaotique et dément décor d’ombres.
Elle souffla la bougie qui s’éteignit sans un bruit, sortit de chez elle et s’enfut en courant dans l’obscurité, sous l’oeil blanchâtre de la Lune.

Wr|te

Ca me fait du bien de pouvoir écrire a nouveau. D’écrire vraiment.
Je vois vos yeux ébahis et arrondis devant une telle phrase, qui doit certainement vous étonner autant que si vous trouviez un Edelweiss aux Jardins du Luxembourg, enfin bon.

Oui, écrire vraiment. je veux dire, de façon moins virtuelle que par ce clavier froid et un tantinet insensible que je frappe joyeusement en cet instant.

Moleskine. Certains connaîtront peut-être ces carnets. Ho, ils n’ont rien de réellement spécial. J’ai simplement l’impression que d’eux émerge une petite aura. je ne saurais pas le décrire exactement, mais c’est cette sensation que j’ai. Ce petit carnet de notes que je trimballe désormais dans mon sac de jour en jour.

J’ai dit à ce cher fiston que… Je pourrais enfin raconter ma vie. Sans avoir à la taper pathétiquement sur le « clavier » de mon portable, sans avoir forcément à la poster ici.

C’est l’un des bienfaits de l’écriture manuscrite. C’est si fragile, si éphémère… Une simple allumette et voilà des paragraphes entiers qui disparaissent sous l’emprise des flammes.
On peut toujours en déchirer une page, y rayer des mots.

Ecrire au clavier, c’est une façon plus… mécanique de s’exprimer. Pour écrire à la main, il faut le vouloir. Les mots viennent moins facilement. Mais sont étrangement plus plaisants à écrire.

Alors voilà, je vais enfin pouvoir raconter ma vie. Noter des bribes de mon existence qui n’auront d’importance et de réalité, de signification, que pour moi. Je n’ai pas la prétention d’être un écrivain, encore heureux, loin de là. Non, je me considère comme étant mon propre lecteur.

Qui sait où ce petit carnet atterrira un jour ? Qui sait ce qu’il adviendra de lui lorsqu’il sera rempli de griffonnages noircis par le temps ? Personne ne le sait, et encore moins moi-même. Seulement ça m’a semblé être une expérience intéressante, quel qu’en soit l’aboutissement.

Peut-être que je vous en ferai partager quelques mots, quelques phrases, pourquoi. Peut-être qu’une bienheureuse personne aura un jour la volonté de le lire, ou que j’aurais alors envie de lui faire lire. Peut-être que, désespérant de mon passé, dans un futur je ressasserai sans cesse ces anecdotes futiles de mon présent.

Je ne sais pas vraiment quelle est la raison d’exister de ce petit carnet qui ne contient que deux courtes lignes pour l’instant, ni s’il en aura une réelle un jour. Mais bon. C’est pas comme si tout ce que l’on faisait avait un sens.

#Speaks

Une petite habitation, à quelques mètres du bord de mer. Celle-ci était simplissime : le toit était fait de tuiles rougeâtres et légèrement brunies par le temps, les murs était quant à eux composés de briquues grises et irrégulières. Une petite cheminée exhalait de la fumée et on pouvait apercevoir la lueur d’une lampe à travers le verre translucide dont étaient pourvues les trois fenêtres de l’habitat.

Une fois à l’intérieur, quelques meubles en bois. Vernis ou non. Sur certains d’entres eux s’entaissaient des collections de vieux vinyles ainsi que des disques numériques.
Un feu ronronnait doucement dans l’âtre et diffusait sa chaleur à travers la pièce.

Julie était tournée vers l’un des murs. Vêtue d’un large pantalon vert et d’un t-shirt blanc trop grand pour sa taille, elle s’activait à un ouvrage que son petit corps cachait pour le moment. En se rapprochant d’elle, on s’apercevait alors que ses doigts étaient salis par une sorte de boue grise, dans laquelle notre artiste piochait allègrement afin de modeler une figure qui, pour le moment, n’avait pas de traits reconnaissables. Après encore une heure de labeur, l’oeuvre d’argile ressemblait enfin à quelque chose. A quelqu’un, plutôt. Cette personne, c’était lui. La personnalité dont elle était issue et qui lui avait donnée vie il y a de cela plusieurs jours. Elle fit chauffer son ouvrage quelques minutes dans la cheminée afin de lui donner une consistance fixe, puis le posa sur une table, à une place entre une pile de livres usagés et un tas de vinyles poussiéreux.
Après cela, elle se positionna face à son oeuvre, prit une profonde inspiration avant de s’adresser au visage avec véhémence
:

« Bon, j’ai pas l’habitude de m’énerver ainsi et je m’excuse si je tombe si bas, mais là je me devais de faire quelque chose. Faut arrêter là ! Non mais franchement, tu t’es vu ? Tu agis comme une loque ces derniers temps ; et on dirait presque que ça te plait d’avoir cette pseudo-personnalité qui est, je dois dire, complètement stupide !
Donc arrête de vivre comme un chiffon tombé par terre, bouge-toi un peu ! Si ça te plaît pas ce que tu fais, bah tant pis, tu as de quoi vivre ta vie tranquillement sans t’en préoccuper ! La musique, les films, les livres, l’écriture, Paris, et encore, j’en passe ! Alors arrête de te focaliser sur quelque chose qui n’en vaut pas la peine.
Maintenant, oui, il y a des gens idiots partout, et en nombre, ça, je te l’accorde. Mais permets-moi de penser qu’il existe aussi beaucoup de personnes en lesquelles avoir confiance, avec lesquelles tu peux partager des fragments de ta vie sans pour autant en craindre les critiques. Et là, tu ne peux raisonnablement pas me contredire. Alors tu sais ce qu’il te reste à faire. C’est comme on te l’a déjà dit : pas la peine de rester bloqué devant une porte. Sois tu entres, sois tu fais demi-tour. Regarde ce que patienter vainement t’a apporté auparavant ! C’est bien gentil de dire aux autres de se ressaisir, mais tu devrais le faire aussi !
A partir de maintenant, tu arrêtes de te focaliser sur le passé, si heureux et tentant soit-il, et tu vas de l’avant ! »

Elle reprit son calme, regarda son oeuvre dans les yeux et lui dit, avec un demi-sourire mais beaucoup de sérieux dans ses iris bleutés :

« Inutile de te dire que ce n’est pas discutable. »

Elle prit ensuite le buste de terre et l’enveloppa dans un drap rouge, troué, qui traînait par là. Elle sortit rapidement de ce lieu, courut jusqu’au bord de la plus proche falaise puis sortit sa création de son enveloppe de tissu. Elle l’embrassa légèrement sur le front de ses lèvres rosées, la réenveloppa dans le drap pourpre avant de la jeter dans les flots bleus et agités de Bretagne.

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén