Un beau soir de novembre froid,
Alors que le vent filait tout droit,
Eut lieu par un futile hasard en un endroit inconnu
La rencontre de deux êtres jamais vus.

L’un était sombre et déjà mélancolique,
L’autre rayonnait de lumière ;
Lui vivait dans un monde rempli de poussière,
Elle était tout simplement magique.

Ces deux personnes de plus en plus parlèrent,
Et certains secrets ils se sont confiés.
Pour lui c’était somme redécouvrir la mer,
Et elle semblait s’en amuser.

Des instants uniques ils ont ainsi partagé
Que ne semblait pas troubler l’univers auquel il était enchaîné
Et dont elle l’aidait à s’envoler.

Longtemps ainsi leurs vies furent unies
Par un lien étrange et impalpable,
Et le temps dans sa grande folie
Semblait alors tomber sur un obstacle inébranlable.

Toutefois il arriva un moment,
Où cela n’amusa plus nos jeunes gens.
En ce cas il faut plutôt parler d’elle,
Puisque cette dernière choisit de regagner son ciel.

Il faut croire que la demoiselle se lassa
De l’écouter déblatérer tout ce blabla,
Et préféra alors cesser de converser
Avec la personne qui l’avait tant appréciée.

Privé alors de sa seule source d’oxygène,
Lui tenta pendant un moment de refouler sa peine
Mais tomba finalement dans le désespoir
Et commença alors à broyer du noir.

De cette peine durant un temps il ne put se remettre,
Mais heureusement, au-dessus de toute chose régnait alors un maître :
Le dieu Chronos, qui s’aperçut avoir tout causé,
Tenta alors par tous les moyens de lui faire oublier
Cette demoiselle aux cheveux dorés
Qu’il avait tant aimé.

On peut ainsi dire qu’il y parvint.
Mais malencontreusement notre homme se souvint
Des moments qu’avec elle il avait passés.
Dès lors il s’abandonna à un fol espoir
Qui était celui d’un jour la retrouver.
Et depuis, chaque soir,
Inlassablement il continue à patienter.

Il se dit souvent qu’il ne comprend pas pourquoi
Toute cette histoire le met dans cet état.
Mais il n’a simplement pas songé
Qu’à cette demoiselle il s’était trop attaché.
Il se dit alors qu’il pourrait l’ignorer,
Mais dans la tristesse il ne manquerait pas de tomber.

Il est également hors de question de l’oublier
Puisqu’il faut bien avouer en premier
Que de ce courage il ne peut pas disposer.
Après tout ce qu’avec elle il a partagé,
En lui à jamais ces souvenirs sont ancrés.

Pour finir, cela l’attriste énormément
De voir que de lui elle se fiche désormais totalement,
Qu’elle semble l’avoir oublié celui
Avec qui elle avait autrefois tant ri.

Quelquefois encore il essaie de faire preuve de poésie,
Mais chacun des messages qu’il envoie se perd dans l’oubli…

Et le pire dans tout ça,
C’est que malgré les mauvais côtés qu’on y voit là
Sa vie est pourvue de plusieurs joyeusetés
Mais tristement sur cette histoire il préfère se focaliser.

« Ainsi est l’histoire de cette fameuse Neuilléenne ».
Après avoir prononcé ces mots et ayant fini d’écrire, Julie reposa sa plume, laissa quelques secondes à l’encre le temps de sécher puis caressa doucement les parties encore vierges de la page manuscrite. Le désordre qui régnait sur son bureau projetait sur le papier un chaotique et dément décor d’ombres.
Elle souffla la bougie qui s’éteignit sans un bruit, sortit de chez elle et s’enfut en courant dans l’obscurité, sous l’oeil blanchâtre de la Lune.

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