And sparkle sounds to say.

« So, how are you holding up ? Because… I'm a potatoe. »

Mois : mars 2011

#Warp

C’était la nuit. La lune aidée de lampadaires éclairait faiblement d’une lueur jaunâtre une allée pavée coincée entre deux murs de briques rongées par le lierre. Le seul bruit de ses pas résonnait dans le silence nocturne sur le sol froid. Lentement, et sans précipitation. Mais comme de façon… Instoppable. Comme si sa marche et l’objectif à laquelle elle menait étaient inéluctables.

L’homme était complètement vêtu de noir. Un long manteau le couvrait et masquait ses formes. De son visage ne s’échappait qu’un fin nuage de fumée dû au tabac qu’inspiraient ses poumons à intervalles réguliers.

Des feuilles bruissèrent sous le passage soudain d’un chat, et l’inconnu se mit alors à suivre le félin, sans rupture dans son pas.

Il fut mené à une petite place d’où naissaient trois autres allées pareilles à celle d’où il venait, qui se trouvaient sur sa droite. Il s’arrêta pour mieux la saisir du regard.

La place avait la forme d’un demi cercle, les pavés au sol s’arrêtaient en effet pour former les berges d’un fleuve immense qui passait là.
En face de lui, des eaux noires. Sur la crête des vaguelettes se reflétaient parfois les lueurs des ampoules jaunies des lampadaires entourant la place. L’autre rive du fleuve était invisible en cette heure de la nuit, ces sombres eaux se perdant dans le néant des étoiles aussi loin que pouvait porter son regard.

Au centre de la place trônait, au milieu d’un cercle de terre, un saule pleureur au pied duquel s’était arrêté le chat. Le tronc s’élevait d’environ quatre mètres avant de se répandre en une multitude de branches — de larmes — qui continuaient à monter vers les cieux, se courbaient sous leur propre poids et se résignaient à pointer vers le sol.

Les lampadaires grésillèrent un instant, plongeant la scène dans le noir durant une fraction de seconde, et le félin disparut durant ce laps de temps.

L’homme s’avança doucement vers l’arbre et stoppa sa marche à quelques mètres des premiers branchages.

Il leva les yeux et aperçut une ombre, perchée dans l’arbre.

« Tu mériterais des baffes. », dit sur un ton las une voix qui semblait provenir de l’ombre en question.

Puis celle-ci se laissa tomber vers le sol, les feuilles sonnant le bruit de la descente comme un long souffle de vent. Enfin, ses pieds touchèrent le sol et l’être apparut en pleine lumière sous le feu du plus proche lampadaire. Julie.
Mais elle semblait avoir évolué.

Cette fois-ci, ses cheveux étaient rouges. Non pas roux, mais rouges. Rouge sang. Cette couleur ressortait d’une façon particulièrement inquiétante avec la luminosité ambiante. Elle portait un pantalon blanc et la même veste brune qu’à sa dernière apparition ainsi que des gants noirs en laine.

Ce qui l’avait changée, c’est son regard. Il était plus déterminé. En la regardant, on voyait réellement un être venu d’un autre monde.

« J’ai bien envie de te mettre mon poing dans les phalanges pour te remettre les idées en place mais j’ai peur que ta vie et, de fait, mon existence soient remis en question avec cet acte aussi je m’abstiendrai. »

Impassible devant cette apparition et cette première phrase peu aiguicheuse, l’homme en noir répondit :
« Trop aimable. Toutefois, tout entêté que je suis, je doute que cela ait un quelconque effet.
-Certes, certes. Il faut avouer que t’es vraiment assez borné. En fait, je crois que j’aimerais bien aller faire un tour entre tes oreilles pour découvrir pourquoi tu agis comme ça. Enfin je veux dire, qu’est-ce qui fait que tu t’accroches tant ? Même inconsciemment, regarde : un saule. « Je trouve ça poétique, l’image d’un saule pleureur sous la pluie. C’est beau. », tu t’en souviens ? Question rhétorique, évidemment que tu t’en souviens. Idiot va. Pose-toi la question : pourquoi est-ce que tu persistes à vouloir te rappeler de tous ces gens ? À bien y réfléchir, je pense que la niaise maxime « Le passé rattrape le présent quand celui-ci n’est plus à la hauteur » est on-ne-peut-plus vraie. Seulement, tu es trop détaché de ton présent et ne peux l’apprécier à sa juste valeur. Encore des conseils que tu donnes aux autres mais que t’es incapable de suivre toi-même. Le fameux « Ouais ben laisse tomber et passe à autre chose pour de bon ! », tu l’as dit combien de fois à l’autre geek ? Et LUI au moins il l’a fait. Toi, nada.
-Tu crois que je le sais pas ? Tu crois peut-être que je m’en fous ? Est-ce que tu oserais venir me dire que j’aime cette situation ?
-Ben ouais, j’ose te le dire. De mon point de vue, j’ai la sensation que oui, tu aimes à te faire du mal. J’ai l’impression que oui, tu aimes être borné et rester englué dans ton passé… Au lieu de te tourner vers ton avenir. Non mais sérieux, « on ne doit se résigner qu’au bonheur »… Oui, je suis totalement d’accord, il ne te reste plus qu’à le faire pour une fois. Il n’y a rien au monde qui justifie que tu sois malheureux. Alors aucune raison de l’être.
-Tu sais bien que j’y peux rien.
-N’importe quoi, quand on veut, on peut, c’est juste que tu ne veux pas ! Aies au moins la décence d’admettre ça !
-Soit, je l’admets. Mais peut-être que toi au moins peux me comprendre. Toutes ces discussions, tous ces échanges qui ont eu lieu entre ces personnes et moi… C’est du passé, et tirer un trait sur tout ça est juste impensable. Je peux pas, j’en suis incapable. Et même si je le pouvais, je ne suis pas sûr de le faire. Je ne veux pas perdre tout ça. Aussi « douloureux » que cela paraisse, ce sont ces discussions, ces mots, ces échanges et relations autrefois si riches qui aujourd’hui me manquent.
-C’est bien ce que je dis. Regarde ton présent. Les gens sont différents, mais c’est similaire.
-À d’autres.
-Essaie de te convaincre que c’est pareil.
-Bah, laisse tomber. Je ne veux pas que ce soit pareil. Je veux pas revivre la même chose. Avec la même fin qui semble inéluctable apparemment. Et de toutes façons, c’est impossible de revivre quelque chose d’aussi riche. Tu le sais bien.
-Ouais, je le sais… Mais c’est pas une raison pour refuser de vivre autre chose.
-Tu as raison. Mais je n’y arrive pas.
-Je vois. Idiot.
-Comme tu dis. Et tu sais, j’ai peur, aussi.
-Ho, en voilà une idée ! Et de quoi donc je te prie ?
-De ne pas grandir. De voir ces gens se faire une vie et oublier ce qu’on a vécu ensemble et que je reste englué dans ces années passées. Et pourtant, « tout irait bien ».
-Et oui mon p’tit ! C’est la vie ! Mais bon, ça ne te posera pas trop de problèmes puisque tu aimes à dire « tant pis », non ? Bon, trève de plaisanteries. Il faudra bien que tu grandisses un jour. Ces personnes et le monde qui t’entourent ne vont pas t’attendre. Donc tu grandiras, tu tourneras la page — à noter que j’aime pas cette formulation —, comme la plupart des gens finissent par faire. Il le faut, tu le dois, tu le feras, point. Je ne te laisse pas le choix.
-Le pire étant que nous savons tous les deux que d’ici quelques temps je referai appel à toi pour tenter d’évacuer mes angoisses.
-Mais tu en as parlé à quelques personnes hier, c’est bien. Et elles t’ont aidées à leur façon. La prochaine étape serait de parvenir à en discuter avec les principales intéressées. Ce dont je suis certaine que tu es incapable, malheureusement.
-Yep.
-Tant pis, c’est déjà ça. Et arrête de faire semblant d’en parler à travers des articles comme celui-ci, et comme on te l’a déjà dit, arrête de fuir et sois moins incompréhensible. Ça, en revanche, tu en es capable.
-Il paraît oui.
-Bien. Et par pitié, n’aies plus recours à moi. J’ai pas que ça à faire. »

Julie se retourna, marcha vers les flots, sauta sur les eaux calmes du fleuve, marcha quelques mètres vers l’autre rive, salua de façon nonchalante Chihiro qui passait par là et disparut dans le brouillard.

Quant à moi, j’esquissai un sourire et regardai ce monde s’effondrer en une multitude de cubes colorés, dévoilant une petite colline au-dessus de laquelle sonnaient quelques notes d’Hisaishi.

Pray for Japan

Because they need it.

Kaze no Tani no Naushika ♫

Tiens, si j’écrivais un livre…

Moi, j’aimerais écrire. Une nouvelle, une histoire. La vie d’un personnage. Seulement voilà, je n’ai pas d’idée. Je ne trouve pas l’inspiration. Pas de trame, pas de scénario. Pas d’histoire. Donc je ne peux pas écrire. Et pourtant, j’en ai tellement envie ! C’est frustrant.

En parlant d’ouvrages littéraires, Nausicaä !
Hier dans la soirée, j’ai terminé la lecture du septième et dernier volume des aventures de la princesse éponyme. Tout d’abord, ce sont des livres très denses — désolé de cette dénomination de « livre » un peu floue, mais l’œuvre se situe clairement à un niveau supérieur aux mangas mais n’a en aucun cas le format d’une BD, ni d’un roman… Je crois que ce qui correspondrait le plus comme genre est celui du « récit illustré ». —.
Par « denses », je veux dire que le lecteur n’a droit qu’à peu de répit entre les différentes scènes et que les actions tout comme les raisonnements et les dialogues s’enchaînent, se suivent et se superposent à une vitesse assez déroutante au début.

Vers la fin en particulier, les histoires sont vraiment très emmêlées et en même temps très complexes, tout doit pourtant s’emboîter pour correspondre au scénario les englobant, ce qui m’a parfois poussé à retourner quelques pages en arrière afin de me remémorer certains détails. Mais bon, ça ne rend le récit que plus intéressant !

C’est un récit très condensé. Et donc… extrêmement riche. Le contexte spatial est très varié — Nausicaä aimant en effet beaucoup se balader un peu partout — et très… disparate. On a droit à de légendaires cités millénaires, des déserts arides, des forêts luxuriantes, des vallées simplistes, des champs de bataille, des monts enneigés ou bien des galeries souterraines. On a pas vraiment le temps de s’ennuyer. A vrai dire, l’espace joue un rôle assez secondaire à mon avis. Enfin je veux dire que par rapport à la trame et à l’idée globale qui ressort de ces sept tomes, la géolocalisation des personnages importe peu.
Les noms attribués à ces différents lieux sont très… mélodieux et pas du tout agressifs.

En ce qui concerne le contexte temporel, il est assez ardu à suivre. Hayao Miyazaki jongle entre différents personnages qui se retrouvent réunis, puis séparés, puis re-réunis, puis re-séparés… Ce n’est pas toujours facile de suivre, mais au moins on ne perd pas de temps. Globalement, le récit suit le cheminement de Nausicaä, dont on ne connait pas les objectifs. Et elle ne les connaît pas non plus elle-même, elle les découvre au fur et à mesure de son avancée dans l’histoire.

Les personnages sont très riches.
Nausicaä symbolise tout simplement la candeur absolue. Attention, toutefois : la candeur sans naïveté. Disons qu’elle prône l’Amour des êtres humains, des insectes, de la planète et de la forêt. De tout. Elle refuse de faire le mal et ne supporte pas la violence. Elle n’obéit qu’à elle seule et suit son cœur. C’est un être qui semble comme tombé du ciel dans un monde cruel et violent qui lui est inconnu. Mais elle s’y adapte. Ou plutôt, le monde va s’adapter à elle et ses points de vues presque enfantins. Oui, Nausicaä est enfantine, dans le sens où elle ne semble pas éprouver les soucis, peurs et raisonnements capillotractés réservés aux adultes. Elle est… pure. Voilà, c’est le mot. Pure.
Très empathique aussi. Elle déteste voir un être vivant souffrir, que ce soit son ami, son ennemi, un arbre ou un insecte. Elle pleure la mort de sa monture en plein milieu d’un champ de bataille alors que les balles fusent de partout. Quand Nausicaä fait preuve de violence, c’est soit parce qu’elle n’a pas le choix, soit parce que c’est instinctif, qu’elle le fait pour les causes qu’elle protège.
À noter aussi que cette princesse est similaire à l’être d’une prophétie. Prophétie qui se retrouve légèrement bâclée dans le film, par ailleurs. Celle-ci mentionne un être vêtu de bleu, chevauchant un grand oiseau blanc, qui libérera le peuple de son mal. Assez… banal, mais bon. Nausicaä est vêtue de bleu. Le bleu de son vêtement vient du sang d’ômus — des insectes intelligents — et son mœve, sorte de grand cerf-volant sur lequel elle se déplace, ressemble à l’oiseau de la légende. En quelque sorte, elle est un sauveur qui s’ignore. Ce que Nausicaä fait, ce n’est pas pour l’accomplissement de la prophétie, c’est pour elle, pour ce qu’elle protège et qu’elle aime.

C’est somme toute un personnage extrêmement riche, plein de surprises, et que j’aurais aimé rencontrer si elle était réelle :D

Yupa, c’est en quelque sorte un maître. Celui de la Vallée du Vent en l’occurrence. Qui détient sagesse et gentillesse. Un vieux sage sorti des temps anciens qui sait tout sur tout. Généralement, il est là pour redonner du souffle au récit.

Kushana, c’est la princesse du royaume Tolmèque. Au départ du récit, elle apparaît comme étant la grande vilaine, mais on s’aperçoit vite que non. Derrière sa violence et sa haine, elle cache des objectifs presque aussi positifs que Nausicaä. D’ailleurs, on peut noter qu’au fur et à mesure du roman, elle se rapproche du comportement de cette dernière.

Miralupa, l’un des dirigeants de l’empire Dork (ennemi de Tolmèque) qui s’avérera être un être de souffrance. Peine qu’il endure et qui lui enrichit l’âme. Il est à la fois repoussant et touchant.

Selm, et le peuple de la forêt plus globalement, est détenteur de la connaissance, des raisons d’exister de ce monde. Ce sont des misanthropes convaincus qui restaient jusqu’alors dans leur rôle d’observateur sous les frondaisons des arbres, à attendre la fin du monde.

C’est donc très varié, et la toile des relations se tissant entre eux prend des proportions énormes, si bien qu’au final… tout le monde se connaît, ou presque. Je trouve ça fun, mais c’est bien de ne pas rester figer sur deux ou trois personnages d’un bout à l’autre du récit. Ç’aurait été lassant, sinon.
Enfin la liste est longue !

L’œuvre véhicule bien évidemment, de par son contexte, des idées plus qu’écologiques. L’amour de la nature et même de ses côtés les plus repoussants plus que l’amour des humains est l’un des points forts de cette histoire. Cette idée est expliquée et décortiquée tout au long du roman, si bien qu’on finit par la comprendre et presque à y adhérer.

Un autre côté prépondérant est la non-violence. À travers les guerres et les pillages vus de l’œil de Nausicaä, Miyazaki nous montre bien son point de vue sur la chose, sur la haine de l’Homme envers l’Homme, sur les raisons insensées de se battre, etc.

Enfin, la vie. L’idée du « mal pour un bien ». C’est un concept très intéressant, et l’accepter comme les personnages le font dans le roman est une très belle façon de se plier à son inébranlable destin tout en refusant les raisons de ce destin. Comme une défaite consentante, en quelque sorte.

Les dessins — réalisés par Miyazaki évidemment — sont plus que sublimes et infiniment plus attrayants que les manga que l’on peut trouver de nos jours. On a à la fois l’impression de regarder un film et de lire un livre, c’est très agréable. En noir et blanc, tons bicolores auxquels ont ajoute un sens de lecture japonais, et ça rajoute du… folklore. Enfin, on se sent plus plongé dans le récit, je trouve.

Au début de chaque tome se trouve une aquarelle — colorée — réalisée par le dessinateur, et c’est là qu’il découvre son véritable talent. Miyazaki est vraiment un artiste comme il en existe peu, et toute cette histoire porte sa plume d’une façon indélébile.

Au final, Nausicaä de la Vallée du Vent est un récit plutôt mature et absolument pas enfantin, comparé au film qui est un peu plus orienté vers le grand public. Il est vraiment très dense mais très attirant et personnellement, à chaque tome achevé j’avais une terrible envie de lire la suite tellement j’étais captivé par ce nouveau monde qui s’ouvrait à mes yeux.

Et avis à ceux que lire des manga rebuterait de par le côté infantile de la chose, sachez que cette œuvre n’en est définitivement pas un et qu’elle est incontestablement à classer dans une catégorie à part.

En m’avançant un peu, je pense pouvoir dire que c’est l’œuvre japonaise que j’ai le plus apprécié jusqu’à maintenant, et même l’œuvre illustrée qui m’a été le plus agréable à lire. Pas de prise de tête et pourtant très profond.

Quelques lignes pour terminer.

J’ai découvert il y a quelques heures d’autres vidéos de Nanalew, que je crois avoir déjà mentionnée ici.
Notamment Hello, Fascination et Playmate !.

J’ai beaucoup aimé la première. Elle est musicale, met en scène la demoiselle susnommée dans un scénario assez étrange et intriguant, dans un environnement étrange aussi. Somme toute, une vidéo artistique, artistically artistic même, que j’ai beaucoup aimé et qui m’a fait encore plus aimer cette miss.

La seconde, c’est juste… amusant. C’est pas fortement intéressant comme vidéo, toutefois, je sais pas, elle y respire la joie sans se forcer… Elle semble juste heureuse, et j’aime cette vidéo.

(je dédie le paragraphe qui suit à une demoiselle qui se reconnaîtra)

Bliss. Une jeune fille, brune aux cheveux longs et aux yeux bleus. Vêtue d’un T-Shirt blanc et d’un jean bleu légèrement délavé. Les jambes à l’arrêt, la poitrine qui se soulève doucement sous sa respiration, les paupières fermées. Une paire de converses rouges. Une campagne vallonnée, un ciel bleu, des forêts au loin et des oiseaux qui gazouillent. Des herbes hautes poussant entre des épis de blés dans des champs à moitié abandonnés.
Un casque Skullcandy sur les oreilles. Blanc. Ses yeux qui s’ouvrent doucement. Un morceau qui démarre au même instant. By The Way, des Red Hot Chili Peppers. Un léger ralenti dans l’air. Son pied droit qui se soulève. Elle se met à courir. Droit, sans but, vers l’horizon. Elle court sans s’arrêter, sentant les brins d’herbe lui fouetter les mollets et l’air lui souffler au visage. Un sourire qui se dessine sur ses lèvres roses. Elle court, toujours.

#¿Dream

Le poster rassemblant les couvertures d’albums de Muse s’ouvrit, dévoilant une porte qui donnait sur un noir infini. Julie sortit du mur, nonchalamment, sans que cette arrivée ne la perturbe d’aucune façon. Accoutrée cette fois d’une longue veste de cuir usé, à la mode steampunk, elle sauta d’un geste leste sur ls plancher avant de saluer l’assemblée, d’une unique personne, par l’habituelle formule de politesse d’usage dans ce cas : « Yop !
-S’lut.
-Et bien, c’est tout ce que ça te fait ? Tu vois une fille débarquer dans ta chambre via une porte dans le mur et ça ne te surprend pas ?
-Oh, tu sais, plus rien ne m’étonne avec toi. J’ai l’habitude d’être impressionné », dit-il en souriant.
-Haha fort bien ! Fort bien fort bien… Comment vas-tu ?
-Ma foi, je vais. Et toi ?
-Question rhétorique, évidemment ? Il est exclu que j’aille mal. Après tout, c’est bien pour cela que je suis née.
-Certes…
-Oh, d’ailleurs, tu aurais presque pu m’appeler « Jade », tu ne penses pas ?
-C’est vrai que j’y ai pensé aussi.
-Hééé tu es trop blasé en ce moment dis-moi !
-Je n’irai pas jusqu’à dire que tu as tort, effectivement.
-Bien. Comme dirait l’autre, tu es vivant alors vis ta vie ! Être ainsi désintéressé n’est que rarement attractif.
-Ouais ben j’y peux rien, je suis comme ça moi…
-SI tu y peux quelques chose, il ne te reste plus qu’à le vouloir. Tu sais le nombre de fois où on t’a dit d’aller de l’avant ? Combien de fois tu as écouté ces gens, combien de fois tu l’as vraiment fait ? Jamais ! Tu restes toujours cloîtré dans ton passé et te focalises en permanence sur tes rêves.
-Et alors ?
-Ca ne te réussit pas. Ca ne réussit à personne. C’est comme dans la chanson de Good Charlotte, tu sais ? « I Just wanna Liiiiive » ! Bha voilà, fais-le pour une fois.
-Non.
-Pourquoi non ? Quand on veut on peut. Il ne te reste plus qu’à le vouloir. T’es pas si bête que ça, au point de vouloir consciemment t’enfoncer !
-Oh, tu sais…
-Ouais, je sais, et je sais que non. Alors ferme les yeux, balance-moi tes rêves et tes souvenirs par la fenêtre une bonne fois pour toutes et VIS ! »

Julie posa sa main sur la tête de son interlocuteur endormi et lui ébouriffa doucement les cheveux. Avec un petit sourire triste, elle dit : « Je ne veux pas avoir à le redire », puis disparut dans l’obscurité.

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