Le poster rassemblant les couvertures d’albums de Muse s’ouvrit, dévoilant une porte qui donnait sur un noir infini. Julie sortit du mur, nonchalamment, sans que cette arrivée ne la perturbe d’aucune façon. Accoutrée cette fois d’une longue veste de cuir usé, à la mode steampunk, elle sauta d’un geste leste sur ls plancher avant de saluer l’assemblée, d’une unique personne, par l’habituelle formule de politesse d’usage dans ce cas : « Yop !
-S’lut.
-Et bien, c’est tout ce que ça te fait ? Tu vois une fille débarquer dans ta chambre via une porte dans le mur et ça ne te surprend pas ?
-Oh, tu sais, plus rien ne m’étonne avec toi. J’ai l’habitude d’être impressionné », dit-il en souriant.
-Haha fort bien ! Fort bien fort bien… Comment vas-tu ?
-Ma foi, je vais. Et toi ?
-Question rhétorique, évidemment ? Il est exclu que j’aille mal. Après tout, c’est bien pour cela que je suis née.
-Certes…
-Oh, d’ailleurs, tu aurais presque pu m’appeler « Jade », tu ne penses pas ?
-C’est vrai que j’y ai pensé aussi.
-Hééé tu es trop blasé en ce moment dis-moi !
-Je n’irai pas jusqu’à dire que tu as tort, effectivement.
-Bien. Comme dirait l’autre, tu es vivant alors vis ta vie ! Être ainsi désintéressé n’est que rarement attractif.
-Ouais ben j’y peux rien, je suis comme ça moi…
-SI tu y peux quelques chose, il ne te reste plus qu’à le vouloir. Tu sais le nombre de fois où on t’a dit d’aller de l’avant ? Combien de fois tu as écouté ces gens, combien de fois tu l’as vraiment fait ? Jamais ! Tu restes toujours cloîtré dans ton passé et te focalises en permanence sur tes rêves.
-Et alors ?
-Ca ne te réussit pas. Ca ne réussit à personne. C’est comme dans la chanson de Good Charlotte, tu sais ? « I Just wanna Liiiiive » ! Bha voilà, fais-le pour une fois.
-Non.
-Pourquoi non ? Quand on veut on peut. Il ne te reste plus qu’à le vouloir. T’es pas si bête que ça, au point de vouloir consciemment t’enfoncer !
-Oh, tu sais…
-Ouais, je sais, et je sais que non. Alors ferme les yeux, balance-moi tes rêves et tes souvenirs par la fenêtre une bonne fois pour toutes et VIS ! »

Julie posa sa main sur la tête de son interlocuteur endormi et lui ébouriffa doucement les cheveux. Avec un petit sourire triste, elle dit : « Je ne veux pas avoir à le redire », puis disparut dans l’obscurité.