Tiens, si j’écrivais un livre…

Moi, j’aimerais écrire. Une nouvelle, une histoire. La vie d’un personnage. Seulement voilà, je n’ai pas d’idée. Je ne trouve pas l’inspiration. Pas de trame, pas de scénario. Pas d’histoire. Donc je ne peux pas écrire. Et pourtant, j’en ai tellement envie ! C’est frustrant.

En parlant d’ouvrages littéraires, Nausicaä !
Hier dans la soirée, j’ai terminé la lecture du septième et dernier volume des aventures de la princesse éponyme. Tout d’abord, ce sont des livres très denses — désolé de cette dénomination de « livre » un peu floue, mais l’œuvre se situe clairement à un niveau supérieur aux mangas mais n’a en aucun cas le format d’une BD, ni d’un roman… Je crois que ce qui correspondrait le plus comme genre est celui du « récit illustré ». —.
Par « denses », je veux dire que le lecteur n’a droit qu’à peu de répit entre les différentes scènes et que les actions tout comme les raisonnements et les dialogues s’enchaînent, se suivent et se superposent à une vitesse assez déroutante au début.

Vers la fin en particulier, les histoires sont vraiment très emmêlées et en même temps très complexes, tout doit pourtant s’emboîter pour correspondre au scénario les englobant, ce qui m’a parfois poussé à retourner quelques pages en arrière afin de me remémorer certains détails. Mais bon, ça ne rend le récit que plus intéressant !

C’est un récit très condensé. Et donc… extrêmement riche. Le contexte spatial est très varié — Nausicaä aimant en effet beaucoup se balader un peu partout — et très… disparate. On a droit à de légendaires cités millénaires, des déserts arides, des forêts luxuriantes, des vallées simplistes, des champs de bataille, des monts enneigés ou bien des galeries souterraines. On a pas vraiment le temps de s’ennuyer. A vrai dire, l’espace joue un rôle assez secondaire à mon avis. Enfin je veux dire que par rapport à la trame et à l’idée globale qui ressort de ces sept tomes, la géolocalisation des personnages importe peu.
Les noms attribués à ces différents lieux sont très… mélodieux et pas du tout agressifs.

En ce qui concerne le contexte temporel, il est assez ardu à suivre. Hayao Miyazaki jongle entre différents personnages qui se retrouvent réunis, puis séparés, puis re-réunis, puis re-séparés… Ce n’est pas toujours facile de suivre, mais au moins on ne perd pas de temps. Globalement, le récit suit le cheminement de Nausicaä, dont on ne connait pas les objectifs. Et elle ne les connaît pas non plus elle-même, elle les découvre au fur et à mesure de son avancée dans l’histoire.

Les personnages sont très riches.
Nausicaä symbolise tout simplement la candeur absolue. Attention, toutefois : la candeur sans naïveté. Disons qu’elle prône l’Amour des êtres humains, des insectes, de la planète et de la forêt. De tout. Elle refuse de faire le mal et ne supporte pas la violence. Elle n’obéit qu’à elle seule et suit son cœur. C’est un être qui semble comme tombé du ciel dans un monde cruel et violent qui lui est inconnu. Mais elle s’y adapte. Ou plutôt, le monde va s’adapter à elle et ses points de vues presque enfantins. Oui, Nausicaä est enfantine, dans le sens où elle ne semble pas éprouver les soucis, peurs et raisonnements capillotractés réservés aux adultes. Elle est… pure. Voilà, c’est le mot. Pure.
Très empathique aussi. Elle déteste voir un être vivant souffrir, que ce soit son ami, son ennemi, un arbre ou un insecte. Elle pleure la mort de sa monture en plein milieu d’un champ de bataille alors que les balles fusent de partout. Quand Nausicaä fait preuve de violence, c’est soit parce qu’elle n’a pas le choix, soit parce que c’est instinctif, qu’elle le fait pour les causes qu’elle protège.
À noter aussi que cette princesse est similaire à l’être d’une prophétie. Prophétie qui se retrouve légèrement bâclée dans le film, par ailleurs. Celle-ci mentionne un être vêtu de bleu, chevauchant un grand oiseau blanc, qui libérera le peuple de son mal. Assez… banal, mais bon. Nausicaä est vêtue de bleu. Le bleu de son vêtement vient du sang d’ômus — des insectes intelligents — et son mœve, sorte de grand cerf-volant sur lequel elle se déplace, ressemble à l’oiseau de la légende. En quelque sorte, elle est un sauveur qui s’ignore. Ce que Nausicaä fait, ce n’est pas pour l’accomplissement de la prophétie, c’est pour elle, pour ce qu’elle protège et qu’elle aime.

C’est somme toute un personnage extrêmement riche, plein de surprises, et que j’aurais aimé rencontrer si elle était réelle :D

Yupa, c’est en quelque sorte un maître. Celui de la Vallée du Vent en l’occurrence. Qui détient sagesse et gentillesse. Un vieux sage sorti des temps anciens qui sait tout sur tout. Généralement, il est là pour redonner du souffle au récit.

Kushana, c’est la princesse du royaume Tolmèque. Au départ du récit, elle apparaît comme étant la grande vilaine, mais on s’aperçoit vite que non. Derrière sa violence et sa haine, elle cache des objectifs presque aussi positifs que Nausicaä. D’ailleurs, on peut noter qu’au fur et à mesure du roman, elle se rapproche du comportement de cette dernière.

Miralupa, l’un des dirigeants de l’empire Dork (ennemi de Tolmèque) qui s’avérera être un être de souffrance. Peine qu’il endure et qui lui enrichit l’âme. Il est à la fois repoussant et touchant.

Selm, et le peuple de la forêt plus globalement, est détenteur de la connaissance, des raisons d’exister de ce monde. Ce sont des misanthropes convaincus qui restaient jusqu’alors dans leur rôle d’observateur sous les frondaisons des arbres, à attendre la fin du monde.

C’est donc très varié, et la toile des relations se tissant entre eux prend des proportions énormes, si bien qu’au final… tout le monde se connaît, ou presque. Je trouve ça fun, mais c’est bien de ne pas rester figer sur deux ou trois personnages d’un bout à l’autre du récit. Ç’aurait été lassant, sinon.
Enfin la liste est longue !

L’œuvre véhicule bien évidemment, de par son contexte, des idées plus qu’écologiques. L’amour de la nature et même de ses côtés les plus repoussants plus que l’amour des humains est l’un des points forts de cette histoire. Cette idée est expliquée et décortiquée tout au long du roman, si bien qu’on finit par la comprendre et presque à y adhérer.

Un autre côté prépondérant est la non-violence. À travers les guerres et les pillages vus de l’œil de Nausicaä, Miyazaki nous montre bien son point de vue sur la chose, sur la haine de l’Homme envers l’Homme, sur les raisons insensées de se battre, etc.

Enfin, la vie. L’idée du « mal pour un bien ». C’est un concept très intéressant, et l’accepter comme les personnages le font dans le roman est une très belle façon de se plier à son inébranlable destin tout en refusant les raisons de ce destin. Comme une défaite consentante, en quelque sorte.

Les dessins — réalisés par Miyazaki évidemment — sont plus que sublimes et infiniment plus attrayants que les manga que l’on peut trouver de nos jours. On a à la fois l’impression de regarder un film et de lire un livre, c’est très agréable. En noir et blanc, tons bicolores auxquels ont ajoute un sens de lecture japonais, et ça rajoute du… folklore. Enfin, on se sent plus plongé dans le récit, je trouve.

Au début de chaque tome se trouve une aquarelle — colorée — réalisée par le dessinateur, et c’est là qu’il découvre son véritable talent. Miyazaki est vraiment un artiste comme il en existe peu, et toute cette histoire porte sa plume d’une façon indélébile.

Au final, Nausicaä de la Vallée du Vent est un récit plutôt mature et absolument pas enfantin, comparé au film qui est un peu plus orienté vers le grand public. Il est vraiment très dense mais très attirant et personnellement, à chaque tome achevé j’avais une terrible envie de lire la suite tellement j’étais captivé par ce nouveau monde qui s’ouvrait à mes yeux.

Et avis à ceux que lire des manga rebuterait de par le côté infantile de la chose, sachez que cette œuvre n’en est définitivement pas un et qu’elle est incontestablement à classer dans une catégorie à part.

En m’avançant un peu, je pense pouvoir dire que c’est l’œuvre japonaise que j’ai le plus apprécié jusqu’à maintenant, et même l’œuvre illustrée qui m’a été le plus agréable à lire. Pas de prise de tête et pourtant très profond.

Quelques lignes pour terminer.

J’ai découvert il y a quelques heures d’autres vidéos de Nanalew, que je crois avoir déjà mentionnée ici.
Notamment Hello, Fascination et Playmate !.

J’ai beaucoup aimé la première. Elle est musicale, met en scène la demoiselle susnommée dans un scénario assez étrange et intriguant, dans un environnement étrange aussi. Somme toute, une vidéo artistique, artistically artistic même, que j’ai beaucoup aimé et qui m’a fait encore plus aimer cette miss.

La seconde, c’est juste… amusant. C’est pas fortement intéressant comme vidéo, toutefois, je sais pas, elle y respire la joie sans se forcer… Elle semble juste heureuse, et j’aime cette vidéo.

(je dédie le paragraphe qui suit à une demoiselle qui se reconnaîtra)

Bliss. Une jeune fille, brune aux cheveux longs et aux yeux bleus. Vêtue d’un T-Shirt blanc et d’un jean bleu légèrement délavé. Les jambes à l’arrêt, la poitrine qui se soulève doucement sous sa respiration, les paupières fermées. Une paire de converses rouges. Une campagne vallonnée, un ciel bleu, des forêts au loin et des oiseaux qui gazouillent. Des herbes hautes poussant entre des épis de blés dans des champs à moitié abandonnés.
Un casque Skullcandy sur les oreilles. Blanc. Ses yeux qui s’ouvrent doucement. Un morceau qui démarre au même instant. By The Way, des Red Hot Chili Peppers. Un léger ralenti dans l’air. Son pied droit qui se soulève. Elle se met à courir. Droit, sans but, vers l’horizon. Elle court sans s’arrêter, sentant les brins d’herbe lui fouetter les mollets et l’air lui souffler au visage. Un sourire qui se dessine sur ses lèvres roses. Elle court, toujours.