Archive for juin, 2011


Vite, vite, vite, écrivons avant que la magie ne s’estompe !
Pendant que des bribes de notes me restent en mémoire.
Non, je ne me souviens pas de tout le concert. S’en rappeler parfaitement serait par trop insipide, je ne peux juste pas me rendre compte de sa richesse et de toutes les émotions qui m’ont *littéralement* fait fondre en larmes dès les premières notes.

J’aime Joe Hisaishi et sa musique absolument superbe.
Cela faisait longtemps que je n’étais pas entré dans un Zénith. J’étais relativement bien placé et, bien qu’un peu loin, je voyais très bien la scène.
Un piano bien évidemment au premier plan, entouré de violonistes et autres instruments à corde. Tout à droite, deux harpes siégaient fièrement…
Au second plan, Les bois. Il y avait des clarinettes, des hautbois, quelques bassons et flûtes traversières.
Derrière eux, les cuivres. Un tuba, des cors. À leur gauche, un second piano.
En arrière plan viennent tout d’abord cymbales, timbales et autres percussions, un gong, plusieurs xylophones ; au fond de la scène se trouvaient trois ou quatre rangs de choristes.
L’orchestre, le Star Pop Orchestra, a très joliment joué, à mes yeux c’était vraiment parfait.

Une soliste aussi a pris place sur scène pour quelques morceaux. Toutefois je dois dire que j’ai été assez déçu de l’entendre chanter en anglais et non en japonais. Je pense que ça aurait eu plus de charme, mais bon.

Le concert a débuté sur des morceaux tirés de Nausicaä et de la Princesse Mononoké. Ce sont ceux qui m’ont le plus transporté. Superbes. C’est difficile de mettre les mots sur une sensation aussi forte que celle que j’ai ressenti durant ces quelques heures de concert. Je ne vois pas vraiment comment l’expliquer ou le décrire…
Je ne sais pas trop pourquoi, mais des morceaux que j’avais simplement appréciés dans leur version normale étaient sur le coup extrêmement émouvants. J’en ai pleuré, oui, dès les premières notes, et c’est la première fois depuis plusieurs années je crois que je n’avais pas versé de telles larmes.

Ni de tristesse, ni de joie, seulement d’une émotion indescriptible, de beauté, de mélancolie, je ne sais pas trop.
Suivirent ensuite quelques morceaux tirés de films que je ne connaissais pas, très beaux eux aussi… L’entracte, puis l’Été de Kikujiro, entre autres, puis Totoro pour achever ce spectacle dans l’énergie et la liesse.

Parmi les morceaux que j’ai découverts et aimés (bien que ce soit le cas pour tous, d’une façon générale), il y a Kids Return — La version orchestrale est bien plus sublime que les versions disponibles sur le net — qui m’a tout autant transporté que les morceaux tirés de Nausicaä…

En réalité, c’était un vrai soulagement, un vrai bonheur de pleurer sans raison. C’était indescriptible. Et si sublime.

Durant les morceaux étaient diffusées des extraits de films ou bien des images du Japon en ruines… Autant vous dire qu’il est normal d’être ému.

C’était mon premier concert de musique « classique », et je ne regrette vraiment pas d’y avoir assisté. Une magnifique et inoubliable expérience.

À part ça, rien.
Enfin, si. Mais disons que tout ce que j’aurais à raconter me semble maintenant tellement fade et insipide à côté de sa musique…
Ce qui est assez étonnant, c’est que même l’immense et lancinante mélancolie ─ grâce à laquelle je sais toutefois désormais sans erreur ni hésitation quels sont les sentiments que je ressens en ce moment et depuis tout ce temps, ndlr. ─ que j’éprouvais hier encore suite à la journée que j’avais passée à discuter, assis sur l’herbe des Tuileries, comme durant l’été dernier à Parménie, s’est totalement envolée durant ce concert et a joliment disparu.
Magnifique sensation de vide que celle que je ressens ce matin.
Magnifique et pourtant assez désagréable au final. Mais bon, ce n’est pas vraiment ça qui me dérange.

Sans cela… J’ai eu ma période de poétisation et j’ai écrit deux soit-disant poèmes, même s’il s’agit plutôt ici de récits auxquels j’ai ajouté des rimes…

Le premier, que je vous inflige presque à regret, n’a pas vraiment de titre — et de toutes façons je n’ai jamais été doué pour en trouver, donc si l’un d’entre vous est inspiré, qu’il se dénonce. — et raconte… Je ne sais pas trop, au juste.
Disons qu’il décrit le ressenti que j’avais au moment où j’ai voulu l’écrire.

Là n’est plus question de logique ni de vérité
On en vient même à se demander
Si de Mars il ne singe pas l’animal
Ou si son collègue immaculé ne l’a pas rattrapé.

Tel la tortue forcée de courir à sa suite
Cette victoire on-ne-peut plus subite
N’en était pas réellement une
Étant aussi probable que la chute de la Lune.

« Ni l’un ni l’autre mes braves », aurait dit ce héraut
Qui autrefois de la reine tissait les chapeaux
« Simplement de mémoire en histoire
Et de souvenirs en soupirs
Il est parfois difficile de distinguer
Le rêve du sommeil de la réalité. »

Mais passons, là n’est pas l’importance.
Rien ne sert plus d’aller voir quelque sage
Qui d’un papillon a pris les feuillages
Lui assurant plus de prestance
Que l’être visqueux, chenille bleutée
Qu’autrefois elle était.

Notre malicieux ami souriant
Au conseils pourtant fort avisés
Se verrait dans ce cas bien malaisé
De devoir raisonner cet être aimant
Celui-ci n’écoutant plus que son cœur
Oui ce qu’il en reste n’ayant pas été brisé par la peur.
Ses conseils aussi sournois que malfaisants
Ne sauraient donc altérer de notre homme les tourments.

Heureusement, notre sanglant pion peut entrer en scène.
Parfaite dans son rôle de royal tyran,
Elle pourrait prononcer son injonction à tout instant
Et pourquoi pas user de son atout tranchant
Pour le délester de cet encombrant appendice
Dont il ne semble plus avoir l’usage depuis le dernier solstice.

Toutefois rien n’est moins sûr
Que cette lame percerait son armure
Longuement forgée par l’amour et le temps
Qui ne s’encombrèrent pas à prendre des gants.

Donc je propose de le laisser encore mijoter
Au fond de cette théière endiablée
Et attendons donc de voir ce qu’il advient
De ce fol être humain.

Le second, que j’ai voulu rendre aussi abstrait que celui-ci et sans pour autant réussir, raconte juste… un souvenir qui m’a particulièrement marqué et que j’avais évoqué dans cet article — ha ben non c’est vrai je l’ai supprimé celui-là \o/ —

Il n’a bien évidemment pas de titre non plus.

Tout à coup, sans raison,
Ce souvenir a décidé de refaire son apparition.
Subitement et sans prévenir,
Voilà que je me surprends à revivre cette fin d’un avenir.

À bien y réfléchir, c’est assez surprenant
De voir qu’il suffit d’un seul instant,
Que l’on n’aurait pas osé imaginer,
Pour que tout bascule et que ce qu’on appelait réalité
Soit défait de toute substance,
Perde la totalité de son essence,
Et voie ses atomes se décomposer.

Mais cessons de digresser.
Revenons plutôt à ce fâcheux événement,
Qui me plongea quelque temps dans le tourment,
Et que je parviens pourtant sans peine à me remémorer.

Sa chronologie en reste parfaitement claire.
C’était au mois de juin, et je venais alors de disserter
Sur un sujet par lequel je n’étais vraiment pas intéressé.
Encore un, certes, mais celui-ci ne me plaisait guère.

Une fois sorti de cette usine d’encriers fumants,
J’avais aussitôt l’esprit ailleurs, ne songeant plus vraiment
À ce piètre essai que je venais d’accomplir
Et pour lequel je n’avais pris aucun plaisir.

Aussitôt dehors, j’étais déjà lentement bercé
Par la lumière que les feuillages alentour laissaient passer
Soleil éclatant, ciel limpide et bleuté,
Voilà le tableau que je dressais de cette banale journée.

Toutefois le hasard, suivant son machiavélique dessein,
Décida de prendre le destin d’une étrangère entre ses mains.

Entrent en scène les artistes de cet étrange drame,
Monstre aux crocs d’aciers, symbole d’une civilisation
Ayant alors perdu depuis longtemps toute son âme ;
Silhouette inconnue , dont les cellules vibraient de vie à l’unisson ;
Terrible personnage, s’amusant de ces cordes tendues
Qu’il pouvait couper à loisir quand il l’aurait voulu ;
Puissant et diabolique dramaturge, usant de ses doigts effilés
Pour contraindre ses marionnettes à se déplacer.

En un instant et en un lieu, l’action étant bien évidemment
Terminée dès la fin de son commencement.
Un claquement de doigts, ceux de Maître Destin
Et la pièce commence enfin.

Petite poupée sans identité, insouciante
De ce qu’il allait lui arriver, se prit à vouloir avancer
Dans ses yeux aucune peur, et dans ses pas aucun tremblement,
Le script étant réservé à nos deux marionnettistes hors de la réalité.
Celle-ci ne pouvait donc à nul moment
Savoir ce qui allait au prochain instant
Lui arriver

Tout à coup, sans prévenir, l’impact, le choc !
Guidé par ses fils lui insufflant sa vitesse
Le monstre argenté se jeta soudainement sur la princesse
L’espace d’un instant, celle-ci s’envola ;
L’espace d’un instant, le temps s’arrêta.
Hélas, le bruit comme son mouvement étaient des plus équivoques…

Fracas brutal et assourdissant,
Vol plané violent et terrifiant !

Sans crier gare, notre petite poupée
Avait soudainement vu le ciel basculer
Suite à ce mastodonte d’acier
Qui l’avait percutée
Avant qu’elle ne retombe,
Inconsciente,
Sur le pavé.

Voilà, voilà.
J’avais aussi écrit une petite nouvelle à l’intention de la demoiselle aux yeux verts — dont j’avais dit que j’arrêterais de parler et que je lui trouverais un autre surnom (même si à bien y réfléchir, combiner les deux est relativement impossible \o/)… — mais j’ai envie qu’elle en garde le privilège. Mouhahaha. De toutes façons, c’était court et enfantin. Un petit peu d’écriture dirigée ne fait pas de mal parfois, et puis dans le fond ça m’a plu, je crois… Oui, bon, d’accord, je l’admets, j’ai aimé. Voilà. BREF.

À part ça, comme je voulais le dire au départ, suite à cette journée de mercredi passée avec quelques bafaiens, j’étais un peu dans un état second. J’avais beaucoup de choses à dire ─ à qui, je ne sais pas ─ et en même temps ça tenant en si peu de mots… Mais j’avais envie de le dire, de le redire encore et encore… Je n’ai pensé qu’à ces quelques mots dans les heures qui suivirent et j’avais envie d’en écrire des pages entières.

C’est là, à cet instant précis, qu’entre en scène le Moleskine. Miam.
Cela faisait 111 jours (no fake) que je ne l’avais pas pris en main. Et pour compenser, j’ai écrit durant plusieurs pages, en me répétant inlassablement, j’ai écrit pour aussitôt passer à autre chose et ne plus jamais lire les mots que j’avais couchés sur le papier. C’est fou ce besoin que j’avais de monologuer sans propos.
Non, franchement, il faut l’avouer, quel intérêt j’aurais à relire ce que j’écris dans ce petit carnet ? Absolument aucun. Je me suis en effet aperçu que je le prenais quand j’étais plus troublé que d’habitude. Donc relire les passages précédents ne ferait que raviver ces troubles. Ce dont je n’ai, bien évidemment, pas particulièrement envie, vous vous en doutez.

Dernièrement, j’ai aussi vu Minuit à Paris. Je ne suis pas particulièrement friand des films de Woody Allen ─ C’était la première de ses œuvres que je voyais ─ mais j’ai vraiment eu le coup de foudre pour ce film. Je le conseille plus que fortement à toutes celles et ceux qui ne l’ont pas encore vu.
Sur un fond de comédie romantique, c’est l’histoire d’un écrivain qui cherche l’inspiration. Et il pense la trouver au travers de promenades dans les rues de Paris, une fois la nuit tombée et minuit sonné. mais lors de ses déambulations, il va tomber sur un agréable anachronisme paradoxal et se retrouver au milieu d’écrivains d’un autre temps.
C’est vraiment un film magique, on se laisse très facilement emporter par son ambiance… En tant qu’amoureux de la capitale, je ne pouvais bien évidemment pas ne pas l’apprécier. Il est très mélodieux. Sans que ça ait de rapport avec la bande-son, qui se fait discrète, non, c’est juste que ce film est comme… une seule danse.
En plus de cela, c’est un film très intéressant et captivant sur le plan culturel, puisqu’il nous fait visiter le Paris d’il y a quelques décennies et la vie de célèbres artistes de l’époque…

Enfin, je me suis aussi plongé dans la lecture des classiques de Shakespeare… Hmm ce cher William. Oui, je l’admets, j’aime l’anglais, et c’est à mes yeux une raison suffisante pour apprécier cette culture si particulière. Ou pour élargir sa culture d’une façon générale.
À noter que je me suis procuré les ouvrages ci-dessous en version bilingue mais que j’ai vite abandonné la lecture anglaise, le niveau étant légèrement trop élevé pour moi, dommage…
En premier lieu, Hamlet. Une pièce remarquable qui met en scène une trahison, une vengeance et un amour. Le tout encadré par la folie. Celle-ci est ici parfaitement dépeinte et c’était vraiment très intéressant de lire les tirades d’Hamlet (le protagoniste) et d’y discerner au fond une part de logique… Vraiment une œuvre passionnante que je conseille à tous ceux ayant un brin d’âme littéraire.

Ensuite, Le Songe d’une nuit d’été. Celle-ci est une pièce à tendance moins capillotractée, elle est juste agréable et amusante. Rien d’énormément transcendant à mes yeux, mais c’était intéressant tout de même… Et relativement simple à comprendre, contrairement à Hamlet où on se perdait quelquefois.

Et là, je vais entamer Othello… Après, je ne sais pas. Mystère, vide absolu.
Je sais qu’en revanche je continuerai à écouter les bandes-son de Nausicaä, Chihiro et Mononoké en boucle !

Je vais finir sur une citation de Nietzsche que j’aime particulièrement et qui me donne un tout petit peu confiance en moi :

« Il y a toujours un peu de folie dans l’amour. Mais il y a toujours un peu de raison dans la folie. »

C’est inutile. J’ai essayé de dormir depuis une demi-heure, et je n’y arrive pas. Écrire ici est une sorte de drogue. C’est la seule chose que j’espère et attends. Cet après-midi, j’ai lu ce que j’ai écrit… et ça m’a paru plein de vivacité. Je sais que cela tient à mon imagination, qui remplit tous les vides qu’une autre personne ne comprendrait pas. C’est de la vanité, au fond. Mais c’est comme une sorte de magie… et je ne peux tout simplement pas vivre dans ce présent-là.
Sinon, je deviendrai fou.

—John Fowles

Passage intéressant tiré de Misery que je parviens enfin à clore, assez représentatif de ce que je ressens parfois — le passé aurait ici été plus correct, j’en conviens — quand j’écris — idem — sur ce blog.

Dixit moi m’exprimant à ce sujet avec Sa Sainteté — oui, j’italise (néologisme ?) les surnoms désormais. —, ce n’est pas particulièrement pour les lecteurs éventuels que je prends un malin plaisir à écrire ici.
Non, dans le fond, je ne sais toujours pas pourquoi je tiens ce blog un tant soit peu à jour. Étrange. J’aime bien me raconter ma vie et/ou me l’inventer, sans doute. Probablement possible.

Donc, pour commencer, Misery. Derrière ce titre se cache un roman de Stephen King narrant la vie d’un écrivain qui se retrouve bien malgré lui emprisonné par son admiratrice n°1.
Je dois admettre avoir été assez enthousiasmé par l’oeuvre au départ, mais une fois arrivé à ses deux tiers j’ai eu quelques difficultés à poursuivre, la folie y étant trop omniprésente pour pouvoir en saisir les mailles correctement. Mais j’ai tenu bon et ai couru jusqu’au final flamboyant délivré par l’auteur.
C’est un huis clos angoissant et terriblement prenant, diaboliquement fou et passionnant. Un peu dérangeant et ayant tendance à mettre le lecteur mal à l’aise, il n’en est que plus attractif et intéressant.
Le protagoniste étant un écrivain, j’ai vraiment trouvé passionnante la façon dont était décortiqué le processus créatif. Emplie de folie et de perte totale de conscience, de contrôle… À noter que Paul Sheldon — l’écrivain en question — utilise aussi l’écriture comme un moyen pour s’évader de cet enfer et entrevoir un autre monde à travers sa plume.
Vraiment un ouvrage plus qu’excellent, que je conseille à tous les littéraires, écrivains ou psychopathes en herbe.

Je me permets de rapporter une seconde citation extraite du livre :

Les deux choses sont aussi différentes que des pommes et des oranges, Annie. En général, les gens qui savent raconter des histoires ne savent pas les écrire. Si vous croyez que les gens capables d’écrire des histoires savent aussi s’exprimer, c’est que vous n’avez jamais regardé un romancier bafouiller et s’empêtrer lors d’une émission littéraire à la télé.

Il a raison, absolument raison. On me dit asocial, mais c’est juste que je ne suis pas particulièrement à l’aise dans les dialogues réels. Oui, j’en conviens, c’est triste, c’est pathétique, mais c’est comme ça. Alors je comble cette faille béante par d’autres modes d’expression… Bref.

À part ça… Igby Goes Down est un film qu’une inconnue suédoise avait recommandé, ne l’ayant déniché qu’en version anglaise sans sous-titres, l’expérience fut assez amusante — puisque je ne comprenais pas même une phrase sur deux — et divertissante comme le veut un film sans trop de prise de tête.
L’histoire d’un garçon qui s’émancipe et découvre le monde… Intéressant mais encore plus en le comprenant. Libre à vous de le regarder si vous avez du temps à perdre.

The Joker. Ou comment deux seuls petits mots peuvent provoquer le chaos. J’ai pu revoir récemment The Dark Knight en HD et en version originale sous titrée anglais, et j’ai eu l’impression — mais ce n’est sans doute pas très objectif — que j’avais mieux saisi l’ampleur de l’œuvre de sieur Nolan.
La théorie du Joker, ou comment une seule chute peut entraîner les dominos dans sa folie. Ou comment une seule étincelle peut chambouler tout un univers. Il est inutile de dire que bien évidemment, il est un personnage fascinant. Que j’admire, presque, pour sa maestria du chaos. Un homme sans scrupules et sans limites qui ne cherche qu’à prouver que chacun peut libérer sa dose de folie enfouie en lui lorsque la situation l’incombe. Et il y parvient. C’est superbe.
Le Joker a vraiment un point de vue fascinant sur le monde. Et il est diabolique. Extrêmement intéressant.
Ce film est un chef d’œuvre et la performance d’Heath Ledger tout autant.
C’est une critique très bien pensée sur le monde d’aujourd’hui que l’on voit ici pourri jusqu’à la moelle. Je l’admets, j’adhère aux points de vue du Joker. Par forcément à ses méthodes légèrement cruelles, mais elles font partie du personnage, que j’admire.
Réussir à le concrétiser et ensuite à l’interpréter est une prouesse magnifique.

Je conseille à tous ceux qui ne l’ont pas vu — sans exception — de le dénicher et de le regarder le plus vite possible.

Il y a un extrait que j’ai particulièrement apprécié. Enfin, j’ai été totalement subjugué par le film dans sa totalité, mais si on devait le condenser pour en conserver l’essence, alors il resterait le scène de l’hôpital — anglophobes s’abstenir —. C’est le moment où le Joker exprime sont point de vue, sa façon de faire et ses raisons. Vraiment un instant fascinant et extrêmement intéressant voire… inspirant.

–1h34

–2h13

Dans l’obscurité, ce qui est rationnel devient stupide et la logique se réduit à un rêve.

J’aime la nuit et tous ses non-sens. Quand elle efface tout ce qui est inutile pour ne laisser filtrer que quelques rayons de lumière jaunâtre. Quand le brouhaha de la ville et de la vie s’est tu pour laisser place à la quiétude nocturne.

Ce n’est pas une surprise, j’aime particulièrement me promener la nuit. Dans les rues abandonnées et désertes de ces villes fantôme. C’est enivrant.

On se sent libre. Et c’est à ce moment que l’esprit s’envole et délaisse la réalité au profit de limbes plus attrayantes, que l’on peut voyager parmi les souvenirs sans avoir à craindre d’être interrompu, que l’on peut se questionner et éventuellement trouver des réponses aux questions que l’on ne se serait pas posées en plein jour. J’aime la nuit, donc.
C’est le moment le plus intense de la « journée » et, personnellement, celui où je suis le plus inspiré pour écrire ces lignes. Alors que le soleil est encore levé, on est toujours dérangé par un bruit, par n’importe quoi. La nuit, on est libre de ces contraintes. Voilà pourquoi je dors peu.
J’ai dans l’idée qu’une promenade nocturne dans les rues de Paris, qui doit alors bien porter son nom de « ville-lumière », doit être assez agréable et pourquoi pas relaxante. Il faudra que je pense à le faire, un jour, si j’en ai l’occasion.

–2h22
Bien que j’y rechigne habituellement, je continuerai plus tard, je ne suis plus inspiré pour ce soir. Mais ça viendra. Viendra le temps où je pourrai poser les notes sur cette partition.

À part tout cela, je continue de parcourir avec délectation les pages d’Insomniatic Dreams. Je suis vraiment heureux de lire ce recueil de poèmes, parce que c’est vrai, ils donnent accès à une petite partie d’elle-même. Elle a vraiment une personnalité très intéressante, très riche et pleine de surprises, que je me plais à découvrir petit à petit.

Voici Eyelines.

If words described a heavy eye
You know I’d never sleep,
But stem the tide of dreaming—I’d
Write you a book to keep.

And line on line, a phrase of rhymes
Would tell you you’re my thought,
When lying, moons, and sleep sublime
Call me away to dark.

I’ll hold off dreams with drowsy eyes
Skies—bleak without you near,
And I won’t dream, but words and I
Will dance until you’re here.

— Shawna J. D. Howson

Je trouve ce poème très beau ainsi que très vrai et très profond. Je dois avouer m’y identifier un peu. À faire un peu de rétrospection sur moi-même, je remarque que les dernières mesures de ma vie ont été une longue valse dansante entre rêves, musique et littérature. Ce qui, je l’admets aussi, n’est pas pour me déplaire.
Mademoiselle Shawna — quel beau prénom, je ne m’en lasse pas ^^ — a aussi la particularité d’être insomniaque, et doit en conséquence voir le monde d’une autre façon. C’est intéressant et c’est pour ça que j’apprécie ce qu’elle fait.

Tiens, je viens de me remémorer la pièce Huis Clos, de Sartre.
Il s’agit d’une formidable mise en scène des Enfers. Enfers qui se traduisent selon lui par la simple présence d’autres personnes et dont le seul remède, inaccessible, serait la solitude. Une pièce parfaite qui se clôt sur la sentence suivante :
« L’Enfer, c’est les autres. »

Pourquoi pas. Autrefois j’aurais accepté cette phrase comme étant ma nouvelle devise sans ciller, à ce jour je la prends avec plus de réserve. Enfin, me connaissant et tout lunatique que je suis, ça dépend des moments. Aujourd’hui, je suis plus désintéressé qu’autre chose.

Côté musical, j’apprécie mais sans plus la bande-son de The Social Network dont je retiens surtout A Familiar Taste ainsi qu’évidemment la superbe composition qu’est In the Hall of the Mountain King d’Edvard Krieg. Un « simple » crescendo qui se termine de façon… flamboyante.
Sinon, j’ai la chance d’assister le 23 juin prochain au concert donné par Joe Hisaishi, qui n’est autre que le compositeur de la plupart des films d’Hayao Miyazaki, au Zénith de Paris en faveur du Japon.
C’est fou parce que c’est quelque chose que je n’avais jamais espéré vivre. Ça ne m’avait même pas traversé l’esprit. Et pourtant…
J’ai hâte. Inutile de le dire, je suis plus qu’impatient.

J’ai aussi redécouvert Say Goodnight, de Bullet for My Valentine, dans ses versions normale et acoustique. La version originelle est plus forte je trouve, elle a plus de puissance et est plus profonde je trouve… Toutefois, tout se gâche dans les dernières minutes lorsque le chanteur se met joyeusement à vociférer comme un diable dans son micro. C’est dommage car elle était très belle mais perd à ce moment tout son charme.
La version acoustique, en revanche, est une superbe balade bien mélancolique qui fait pleurer les chaumières. C’est mélodieux, les paroles sont belles, j’aime beaucoup.

Pour finir, il y a Running up that hill de Placebo qui est superbe. Elle sonne d’une façon assez sombre, certes, mais je l’aime beaucoup, elle est très inspirante et entraînante. Pas trop joyeuse comme la version originelle.
Et l’album LPUX, ou plutôt Linkin Park Underground X en toutes lettres, qui regroupe des remix et morceaux inédits du groupe. Il a ce point positif d’être innovant et de vider l’esprit. Et je ne demande rien de plus !

// PUB TIME
Pour les curieux ou les ennuyés, je vous propose d’aller voir mon Tumblr où je partage les tableaux, illustrations et essais artistiques qui me plaisent et me touchent particulièrement. C’est aussi de là que proviennent la majorité des images que je lie désormais dans mes articles.

Oh, et je n’ai toujours pas trouvé le titre de cet article au moment d’écrire cela…

Voilà pour mon fouillis artistico-littéraire et philosophico-émotionnel du moment !

Haaa je viens de trouver le titre, et c’est Life in Technicolor, pour la chanson éponyme de Coldplay bien évidemment.