C’est inutile. J’ai essayé de dormir depuis une demi-heure, et je n’y arrive pas. Écrire ici est une sorte de drogue. C’est la seule chose que j’espère et attends. Cet après-midi, j’ai lu ce que j’ai écrit… et ça m’a paru plein de vivacité. Je sais que cela tient à mon imagination, qui remplit tous les vides qu’une autre personne ne comprendrait pas. C’est de la vanité, au fond. Mais c’est comme une sorte de magie… et je ne peux tout simplement pas vivre dans ce présent-là.
Sinon, je deviendrai fou.

—John Fowles

Passage intéressant tiré de Misery que je parviens enfin à clore, assez représentatif de ce que je ressens parfois — le passé aurait ici été plus correct, j’en conviens — quand j’écris — idem — sur ce blog.

Dixit moi m’exprimant à ce sujet avec Sa Sainteté — oui, j’italise (néologisme ?) les surnoms désormais. —, ce n’est pas particulièrement pour les lecteurs éventuels que je prends un malin plaisir à écrire ici.
Non, dans le fond, je ne sais toujours pas pourquoi je tiens ce blog un tant soit peu à jour. Étrange. J’aime bien me raconter ma vie et/ou me l’inventer, sans doute. Probablement possible.

Donc, pour commencer, Misery. Derrière ce titre se cache un roman de Stephen King narrant la vie d’un écrivain qui se retrouve bien malgré lui emprisonné par son admiratrice n°1.
Je dois admettre avoir été assez enthousiasmé par l’oeuvre au départ, mais une fois arrivé à ses deux tiers j’ai eu quelques difficultés à poursuivre, la folie y étant trop omniprésente pour pouvoir en saisir les mailles correctement. Mais j’ai tenu bon et ai couru jusqu’au final flamboyant délivré par l’auteur.
C’est un huis clos angoissant et terriblement prenant, diaboliquement fou et passionnant. Un peu dérangeant et ayant tendance à mettre le lecteur mal à l’aise, il n’en est que plus attractif et intéressant.
Le protagoniste étant un écrivain, j’ai vraiment trouvé passionnante la façon dont était décortiqué le processus créatif. Emplie de folie et de perte totale de conscience, de contrôle… À noter que Paul Sheldon — l’écrivain en question — utilise aussi l’écriture comme un moyen pour s’évader de cet enfer et entrevoir un autre monde à travers sa plume.
Vraiment un ouvrage plus qu’excellent, que je conseille à tous les littéraires, écrivains ou psychopathes en herbe.

Je me permets de rapporter une seconde citation extraite du livre :

Les deux choses sont aussi différentes que des pommes et des oranges, Annie. En général, les gens qui savent raconter des histoires ne savent pas les écrire. Si vous croyez que les gens capables d’écrire des histoires savent aussi s’exprimer, c’est que vous n’avez jamais regardé un romancier bafouiller et s’empêtrer lors d’une émission littéraire à la télé.

Il a raison, absolument raison. On me dit asocial, mais c’est juste que je ne suis pas particulièrement à l’aise dans les dialogues réels. Oui, j’en conviens, c’est triste, c’est pathétique, mais c’est comme ça. Alors je comble cette faille béante par d’autres modes d’expression… Bref.

À part ça… Igby Goes Down est un film qu’une inconnue suédoise avait recommandé, ne l’ayant déniché qu’en version anglaise sans sous-titres, l’expérience fut assez amusante — puisque je ne comprenais pas même une phrase sur deux — et divertissante comme le veut un film sans trop de prise de tête.
L’histoire d’un garçon qui s’émancipe et découvre le monde… Intéressant mais encore plus en le comprenant. Libre à vous de le regarder si vous avez du temps à perdre.

The Joker. Ou comment deux seuls petits mots peuvent provoquer le chaos. J’ai pu revoir récemment The Dark Knight en HD et en version originale sous titrée anglais, et j’ai eu l’impression — mais ce n’est sans doute pas très objectif — que j’avais mieux saisi l’ampleur de l’œuvre de sieur Nolan.
La théorie du Joker, ou comment une seule chute peut entraîner les dominos dans sa folie. Ou comment une seule étincelle peut chambouler tout un univers. Il est inutile de dire que bien évidemment, il est un personnage fascinant. Que j’admire, presque, pour sa maestria du chaos. Un homme sans scrupules et sans limites qui ne cherche qu’à prouver que chacun peut libérer sa dose de folie enfouie en lui lorsque la situation l’incombe. Et il y parvient. C’est superbe.
Le Joker a vraiment un point de vue fascinant sur le monde. Et il est diabolique. Extrêmement intéressant.
Ce film est un chef d’œuvre et la performance d’Heath Ledger tout autant.
C’est une critique très bien pensée sur le monde d’aujourd’hui que l’on voit ici pourri jusqu’à la moelle. Je l’admets, j’adhère aux points de vue du Joker. Par forcément à ses méthodes légèrement cruelles, mais elles font partie du personnage, que j’admire.
Réussir à le concrétiser et ensuite à l’interpréter est une prouesse magnifique.

Je conseille à tous ceux qui ne l’ont pas vu — sans exception — de le dénicher et de le regarder le plus vite possible.

Il y a un extrait que j’ai particulièrement apprécié. Enfin, j’ai été totalement subjugué par le film dans sa totalité, mais si on devait le condenser pour en conserver l’essence, alors il resterait le scène de l’hôpital — anglophobes s’abstenir —. C’est le moment où le Joker exprime sont point de vue, sa façon de faire et ses raisons. Vraiment un instant fascinant et extrêmement intéressant voire… inspirant.

–1h34

–2h13

Dans l’obscurité, ce qui est rationnel devient stupide et la logique se réduit à un rêve.

J’aime la nuit et tous ses non-sens. Quand elle efface tout ce qui est inutile pour ne laisser filtrer que quelques rayons de lumière jaunâtre. Quand le brouhaha de la ville et de la vie s’est tu pour laisser place à la quiétude nocturne.

Ce n’est pas une surprise, j’aime particulièrement me promener la nuit. Dans les rues abandonnées et désertes de ces villes fantôme. C’est enivrant.

On se sent libre. Et c’est à ce moment que l’esprit s’envole et délaisse la réalité au profit de limbes plus attrayantes, que l’on peut voyager parmi les souvenirs sans avoir à craindre d’être interrompu, que l’on peut se questionner et éventuellement trouver des réponses aux questions que l’on ne se serait pas posées en plein jour. J’aime la nuit, donc.
C’est le moment le plus intense de la « journée » et, personnellement, celui où je suis le plus inspiré pour écrire ces lignes. Alors que le soleil est encore levé, on est toujours dérangé par un bruit, par n’importe quoi. La nuit, on est libre de ces contraintes. Voilà pourquoi je dors peu.
J’ai dans l’idée qu’une promenade nocturne dans les rues de Paris, qui doit alors bien porter son nom de « ville-lumière », doit être assez agréable et pourquoi pas relaxante. Il faudra que je pense à le faire, un jour, si j’en ai l’occasion.

–2h22
Bien que j’y rechigne habituellement, je continuerai plus tard, je ne suis plus inspiré pour ce soir. Mais ça viendra. Viendra le temps où je pourrai poser les notes sur cette partition.

À part tout cela, je continue de parcourir avec délectation les pages d’Insomniatic Dreams. Je suis vraiment heureux de lire ce recueil de poèmes, parce que c’est vrai, ils donnent accès à une petite partie d’elle-même. Elle a vraiment une personnalité très intéressante, très riche et pleine de surprises, que je me plais à découvrir petit à petit.

Voici Eyelines.

If words described a heavy eye
You know I’d never sleep,
But stem the tide of dreaming—I’d
Write you a book to keep.

And line on line, a phrase of rhymes
Would tell you you’re my thought,
When lying, moons, and sleep sublime
Call me away to dark.

I’ll hold off dreams with drowsy eyes
Skies—bleak without you near,
And I won’t dream, but words and I
Will dance until you’re here.

— Shawna J. D. Howson

Je trouve ce poème très beau ainsi que très vrai et très profond. Je dois avouer m’y identifier un peu. À faire un peu de rétrospection sur moi-même, je remarque que les dernières mesures de ma vie ont été une longue valse dansante entre rêves, musique et littérature. Ce qui, je l’admets aussi, n’est pas pour me déplaire.
Mademoiselle Shawna — quel beau prénom, je ne m’en lasse pas ^^ — a aussi la particularité d’être insomniaque, et doit en conséquence voir le monde d’une autre façon. C’est intéressant et c’est pour ça que j’apprécie ce qu’elle fait.

Tiens, je viens de me remémorer la pièce Huis Clos, de Sartre.
Il s’agit d’une formidable mise en scène des Enfers. Enfers qui se traduisent selon lui par la simple présence d’autres personnes et dont le seul remède, inaccessible, serait la solitude. Une pièce parfaite qui se clôt sur la sentence suivante :
« L’Enfer, c’est les autres. »

Pourquoi pas. Autrefois j’aurais accepté cette phrase comme étant ma nouvelle devise sans ciller, à ce jour je la prends avec plus de réserve. Enfin, me connaissant et tout lunatique que je suis, ça dépend des moments. Aujourd’hui, je suis plus désintéressé qu’autre chose.

Côté musical, j’apprécie mais sans plus la bande-son de The Social Network dont je retiens surtout A Familiar Taste ainsi qu’évidemment la superbe composition qu’est In the Hall of the Mountain King d’Edvard Krieg. Un « simple » crescendo qui se termine de façon… flamboyante.
Sinon, j’ai la chance d’assister le 23 juin prochain au concert donné par Joe Hisaishi, qui n’est autre que le compositeur de la plupart des films d’Hayao Miyazaki, au Zénith de Paris en faveur du Japon.
C’est fou parce que c’est quelque chose que je n’avais jamais espéré vivre. Ça ne m’avait même pas traversé l’esprit. Et pourtant…
J’ai hâte. Inutile de le dire, je suis plus qu’impatient.

J’ai aussi redécouvert Say Goodnight, de Bullet for My Valentine, dans ses versions normale et acoustique. La version originelle est plus forte je trouve, elle a plus de puissance et est plus profonde je trouve… Toutefois, tout se gâche dans les dernières minutes lorsque le chanteur se met joyeusement à vociférer comme un diable dans son micro. C’est dommage car elle était très belle mais perd à ce moment tout son charme.
La version acoustique, en revanche, est une superbe balade bien mélancolique qui fait pleurer les chaumières. C’est mélodieux, les paroles sont belles, j’aime beaucoup.

Pour finir, il y a Running up that hill de Placebo qui est superbe. Elle sonne d’une façon assez sombre, certes, mais je l’aime beaucoup, elle est très inspirante et entraînante. Pas trop joyeuse comme la version originelle.
Et l’album LPUX, ou plutôt Linkin Park Underground X en toutes lettres, qui regroupe des remix et morceaux inédits du groupe. Il a ce point positif d’être innovant et de vider l’esprit. Et je ne demande rien de plus !

// PUB TIME
Pour les curieux ou les ennuyés, je vous propose d’aller voir mon Tumblr où je partage les tableaux, illustrations et essais artistiques qui me plaisent et me touchent particulièrement. C’est aussi de là que proviennent la majorité des images que je lie désormais dans mes articles.

Oh, et je n’ai toujours pas trouvé le titre de cet article au moment d’écrire cela…

Voilà pour mon fouillis artistico-littéraire et philosophico-émotionnel du moment !

Haaa je viens de trouver le titre, et c’est Life in Technicolor, pour la chanson éponyme de Coldplay bien évidemment.