Et oui, c’est seulement maintenant, une fois que la tension est retombée, que la routine se réinstalle pour quelques jours et que mon esprit est libre de retomber dans ses bassesses habituelles que je me décide à réécrire !

Bon d’accord, ça fait plus d’un mois que je n’ai rien écrit, maiiiiiiis que voulez-vous, je ne suis pas inspiré, je n’ai rien à raconter, alors je n’écrit pas. Voilà. Et puis en fait, maintenant j’ai l’impression que écrivant trop peu, c’est pas assez intéressant… Pas assez rempli.

Seul et marchant dans la rue tandis que la nuit commençait à tomber. Les cieux se couvraient d’ocre et de lueurs rosées, les nuages prenaient des teintes bleu marine et les toits comme les murs devenaient des ombres grises et pleines de mystères.
Les rues dans lesquels j’avançais me faisaient parvenir, de plus en plus nets, les bruits de la foule qui se décontracte. Les lampadaires et les lampions projetaient des ombres colorées sur les passants et les murs. Petit à petit, le bruit de couverts qui tinte se mêla aux bavardages, aux rires et à la musique sourde d’un concert que l’on sentait proche.

Une silhouette à côté qui se change en ombre puis finit par se matérialiser sous la forme d’une demoiselle aux cheveux rougis comme le sang et sombres comme la nuit. De grands yeux bleus pétillant d’étoiles, de légères tâches de rousseur qui ponctuaient ses joues et des lèvres rose clair qui formant un sourire des plus charmants. Julie avait une fois de plus fait son apparition, couverte cette fois d’une légère veste beige.

« Bonsoir, très cher.
-Tiens, heureux de te voir.
-Moi de même. Marchons un peu, veux-tu ?
-Avec joie ».

Elle passa son bras autour du mien et nous continuâmes tranquillement notre marche crépusculaire.
Des attroupements se formaient au gré des rencontres, les chats fuyaient cette curieuse et inhabituelle agitation tandis que les Hommes convergeaient vers les berges d’une rivière avoisinante.
La nuit recouvrait peu à peu le monde de son manteau sombre et étoilé et ce monde allumait à son tour ses étoiles de joie et de vie dans les ruelles de la ville. Le son des pas sur le pavé et le bien-être général procuraient une magnifique sensation de liberté.

« C’est une très belle soirée… », finit par dire Julie dans un petit soupir.
-« Parfaitement d’accord. Ce tableau est très agréable.
-Vivant !
-C’est le mot. Vivant. Et je crois que je ressens cette vie, que je l’aime de plus en plus.
-Haha, tiens donc ! M’en voilà absolument ravie ! », répondit-elle avec un grand sourire.
-« Ce moment est magique. Sans peur du lendemain. Juste concentré sur la joie de l’instant.
-Parfaitement d’accord. C’est beau, entraînant, et ce soir nous aide tous à oublier nos soucis habituels.
-Tiens donc, tu as des soucis toi ?
-Bien sûr que non, patate !
-J’aime ce surnom, tu sais…
-Haha je le sais bien, et c’est pour ça que je l’utilise figure-toi !
-Je n’arrive pas à voir si tu le fais dans un but cruel ou, au contraire, amical.
-Tu me crois encore capable de cruauté ?
-Bien sûr que oui.
-Que non !
-C’est ce que j’ai dit. »

Rires.

Les pavés amorcent une pente douce et finissent par tomber brusquement dans les eaux noires du fleuve. Les quais résonnent des bruits de la foule : celui des conversations, des exclamations d’enfants, des cris d’adultes perdus, des éternuements, des chaussures de cuir qui crissent sur le sable sortant des interstices entre les pierres…
Les gens sont assis sur les berges, face au fleuve afin d’admirer le spectacle qui allait survenir d’une minute à l’autre.

« Tiens regarde, là-bas, il y a une place ! », dit-elle avec entrain.
Et Julie de m’entraîner, à la suite de sa chevelure ocre, vers un coin du quai parmi les inconnus.

Craquements d’articulations et froissement de tissus tandis que l’on s’assoit sur la pierre froide.

« C’est une belle soirée », dit-elle en posant sa tête sur mon épaule.
« -Magnifique.
-Comme toujours. Un ciel et une terre parés de lumières au-dessus de leurs reflets dans les eaux noires.. Un spectacle unique et… prenant.
-C’est le mot. Prenant. Cette atmosphère simplement vivante a la belle faculté d’occulter, puis de happer et de digérer toutes les pensées trop grises pour ce jour de fête.

Tout à coup, les lumières s’éteignent et, quelques instants plus tard, la première fusée s’envole dans le ciel telle une étoile filante qui voudrait renaître.

Les couleurs illuminent le ciel et les nuages. La Lune devient rouge l’espace d’un instant. Tout s’oublie, sauf ce spectacle incandescent.

[…]

« Allez viens, on va danser ! », reprit-elle avec entrain.
« Okay » :D

La Wild Waltz, entre autres, résonne une fois de plus dans l’air et nous dansons tous deux. Tels deux victimes du Carnaval, on tourbillonne encore et encore sur le parquet. Sa robe rouge sombre virevolte dans les airs. Les étoiles tournent au-dessus de nos têtes, encore et encore. Les souvenirs et les souhaits m’assaillent. Accrochés à la réalité, cette fois.

Je ne sais pas pourquoi je m’invente une autre personnalité. Je trouve ça intéressant et assez agréable si besoin est. En ce qui me concerne, elle est la partie de mon esprit qui me remet les idées en place quand il le faut. Et elle le fait bien. Et puis j’ai l’impression que ça m’aide à monologuer en ayant l’impression de dialoguer. Sisi.
Peut-être que ça m’occupe. J’aime bien l’idée de pouvoir être son propre psychologue, en quelque sorte.

Bref, ce feu d’artifice du 14 juillet dernier a fait remonter de beaux souvenirs et je dois admettre avoir ressenti un peu de mélancolie à ce moment. Et donc Julie entre alors en scène pour… m’occuper l’esprit. C’est le mot, et ça marche.

Sinon… Je viens de passer un mois absolument formidable en compagnie de l’équipe du service de Neurologie à La Source. Y avoir travaillé m’a vraiment plu. C’était extrêmement intéressant et infiniment enrichissant. De plus, je dois dire que durant ces 31 jours passés entre ces murs blanchis à l’éther je me suis senti vraiment… bien. En accord et harmonie avec moi-même. Je me sentais à l’aise et bien dans ma peau. Utile et apprécié. Avoir cette sensation d’une manière franche était vraiment très agréable. Aucune tâche d’ombre ne venait occulter le bonheur que me procurait ce petit CDD d’été.

Je dois admettre avoir regretté de ne pas partir en camp Mej avec la demoiselle aux yeux verdis ou autre. Mais maintenant, je ne regrette absolument pas. Je pense qu’avoir vécu cette expérience unique était vraiment nécessaire et très enrichissant. La seule chose que je regrette maintenant, c’est que ça se termine… Bref.

De plus, je suis maintenant absolument certain de vouloir continuer dans cette filière et aucune autre. J’ai trouvé ma voie. Somme toute, je suis heureux, pleinement, sans penser au reste, et ça me va.

Étrangement, je ressens presque les mêmes choses qu’à la fin d’un camp Mej. La même sensation de… vide. Pouf. Game Over. Retour à la vie normale. C’est blasant…

Sans cela c’était un stage extrêmement intéressant, ainsi que très enrichissant ! Pour une toute première expérience professionnelle, je dois admettre ne pas avoir été déçu !
En plus de faire mes premiers pas dans le monde hospitalier, ça m’a permis d’agrandir ma culture médicale. Inutile de vous dire que j’étais ravi quand j’ai pu assister à un IRM, un scanner, à une échographie des carotides — entre autres — et pour finir à une biopsie d’artère temporale. Je crois que c’était le plus intéressant…
D’une façon générale, c’est assez… prenant, en quelque sorte, d’être plongé dans ce milieu blanchi. Et ce parce que ça fait quelque chose d’y être réellement et non à travers une énième série ou un énième reportage. J’ai l’impression que… ça remémore la condition d’être vivant. Enfin moi quand j’y étais ça me rappelait que j’étais vivant, chose qu’on a tendance à oublier aujourd’hui tellement on peut se distraire par le monde qui nous entoure…

Pour conclure, c’était vraiment une expérience excellente, et durant ces 31 jours je me suis vraiment senti bien, heureux et à l’aise. C’est donc tout naturellement que je vais tout faire pour avoir mon concours du premier coup afin de pouvoir renouveler ce petit séjour au plus vite ! Ne serait-ce que pour le « bizutage » qu’on m’a repromis ^__^

Sans cela, j’ai eu l’occasion de parfaire ma culture ! Sisi.
Tout d’abord, j’ai pu regarder dans la plus totale légalité les trois volets du Seigneur des Anneaux, chacun en version longue et en version originale, s’il vous plaît. Bien évidemment, je les avais déjà vus auparavant — bien qu’il y a fort longtemps —, et j’avais pu autrefois arpenter les milliers de pages composant l’histoire originelle écrite et inventée par l’écrivain de génie qu’est Tolkien.

Et bien j’ai trouvé la version longue beaucoup plus intéressante que la courte. Normal, allez-vous me dire. Les ajouts se composent pour la plupart de saynètes parsemées tout au long du film. Elles rendent le scénario plus profond et permettent au spectateur de découvrir des aspects du film que l’on a un peu de mal à saisir dans la version classique.
Bien que ne reprenant évidemment pas l’histoire du livre dans sa totalité, la version longue est vraiment excellente. Je la recommande à tout amateur du genre… qui aurait du temps à dépenser. Je dois l’admettre, c’est long. Mais bon, ça en vaut la peine…

En plus de toutes ces heures de film, j’ai aussi pu apprécier Le Discours d’un Roi.

Ce film est vraiment très intéressant. Notre Roi, père d’Elizabeth II, actuelle Reine d’Angleterre, est amené, avant et au cours de son mandant, à prononcer bien évidemment quelques discours. Ceux-ci se voient de plus enjolivés par l’arrivée d’une technologie surprenante : la radio. Seulement voilà, un problème de taille se présente à notre petit souverain : il bégaie. Sévèrement. Le voir aligner trois mots sans erreur est une tâche qui revient pour lui à gravir l’Himalaya les yeux bandés et les mains dans le dos.

Bon, okay, j’exagère peut-être légèrement. Puisqu’en réalité, il y parvient. Il suffit de lui faire écouter de la musique, à un volume suffisamment élevé pour qu’il n’entende pas ce qu’il dit. Et là, la magie s’opère.
Le film narre donc le récit de ce souverain qui ne sait plus quoi faire pour pallier à ce souci qui lui pourrit son existence. L’acteur jouant le protagoniste est excellent, il retranscrit d’une manière absolument parfaite l’hésitation, le stress, la peur, la honte, son interprétation est vraiment criante de réalisme.
C’est donc un film très intéressant et vraiment prenant. On s’attache beaucoup au personnage.
À noter aussi que sa femme est jouée par nulle autre qu’Helena Bonham Carter, actrice que j’apprécie particulièrement pour la… folie qu’elle sait montrer à travers ses rôles, même si elle se fait relativement assagie ici.

Il m’a ensuite pris l’envie, un soir, de revoir L’Étrange Noël de monsieur Jack. Qui sait au fond pourquoi ? Mais ne nous posons pas la question !
Lui aussi dans sa version originale, j’ai pu redécouvrir cette œuvre sous un autre œil. Loin est le temps où e l’ai vu pour la dernière fois… C’est donc avec joie que j’ai redécouvert cet univers si particulièrement Burtonesque.
Inutile de dire que le voyage est unique et reste en mémoire. Partir à la découverte du village d’Halloween, y rencontrer monstres et fantômes, mortes-vivantes, insectes grouillants et autres squelettes est quelque chose de très attrayant, dans le fond. Un tond totalement décalé et pourtant légèrement glauque, qui sonne de toute sa beauté avec les chansons qui sont déclamées au long du film.
Tim Burton est vraiment un réalisateur exceptionnel. Edward aux Mains d’Argent, Sweeney Todd, Les Noces Funèbres… Chacune de ses réalisations est infiniment poétique et mystérieusement auréolée d’une atmosphère endiablée. J’y ai toujours trouvé un sens, une sorte de morale. C’est bien loin des dessins animés et films « classiques ». Ils sont vraiment très profonds, et c’est un plaisir que de les regarder, à chaque fois.

Je me suis aussi finalement laissé tenter et ai regardé Sucker Punch… Autant l’annoncer clairement de façon à ce qu’il n’y ait pas d’ambiguïté : j’ai été déçu. Profondément déçu.
Contrairement à Watchmen, du même réalisateur, qui est très sombre et très prenant, Sucker Punch n’est qu’un ramassis de missions insensées qui camouflent sans habilité aucune un défouloir musclé du triste réalisateur de 300.
Les premières minutes sont, en revanche, magnifiquement orchestrées, superbes et très touchantes… Quel dommage que cela ne persiste pas par la suite. Au fur et à mesure que les minutes défilent, la réalité perd peu à peu de sa matière et on finit par voir les protagonistes se battre contre des nazis morts bougeant grâce à de la vapeur. Pardon ? Quel rapport avec une jeune fille — dont la personnalité est d’ailleurs très proche de celle d’Alice de Madness Returns — qui aurait été traumatisée en tuant accidentellement sa sœur, seule personne qu’elle aurait jamais aimée ? Quel rapport avec un univers glauque et pluvieux, cruel et sans possibilité d’avenir ?
Je veux bien concevoir l’idée de s’évader par l’esprit, c’est même un concept excellent. Seulement, sous prétexte que l’on est le seul à avoir le contrôle de ce monde « virtuel », alors le réalisateur s’empresse d’y ajouter des ennemis tous vilains qu’il faut dézinguer à coups de bazookas. Là, je dis NON.

L’un des seuls points positifs du film, en dehors de son prologue excellent, est la bande-son qui est très bien choisie. J’ai tout particulièrement apprécié la reprise de Sweet Dreams (Are made of this) d’Emily Browning, l’actrice principale, qui est vraiment très mélodieuse, bien que très sombre, et très prenante.

Pour finir, je me suis permis de me plonger dans la célèbre série qu’est Doctor Who. J’ai pu en apprécier l’humour particulièrement british qui me plaît tant, mais aussi le côté humain qui ressort des péripéties du Docteur.
Les personnages et l’histoire globale, bien que parfois difficile à saisir dans son intégralité, sont vraiment prenants et assez touchants. L’ensemble est très dépaysant et très agréable à regarder.
C’est une série sans prise de tête que je conseille à tous ceux recherchant un extra-terrestre un peu intéressant, et différent des 15’000 séries policières américaines que l’on connaît aujourd’hui.