Une nouvelle vie, c’est quoi ?

Du changement. Dans ses activités comme dans tout le reste.
Les deux premières différences sont ici, pour moi, les plus évidentes.
En premier lieu, Orléans s’est encore une fois effacée à l’horizon et j’ai rejoint une autre épingle sur le carte, celle de Tours. Je dois reconnaître avoir eu au départ quelques appréhensions, mais finalement c’est pas si mal comme ville. Enfin bon, c’est sûr que comparée à Paris… Non, non non non, c’est pas pareil. Pas comparable.

En second lieu, fini les écoles d’ingénieur privées et égoïstes, voici venu le temps des bancs de la fac ! Ah, y’a pas à dire, c’est un univers qui me plaît. Je sens vraiment que cette année et les suivantes vont être particulièrement agréables à vivre.

Voilà donc pour le changement.

C’est aussi une découverte. En ce qui me concerne, cette nouvelle vision était celle de la Médecine. Depuis que j’ai envisagé ces études et depuis quelques mois qu’elles sont confirmées, j’ai vraiment perçu un changement dans ma façon d’être et d’appréhender les choses. Plus heureux, plus épanoui et plus à l’aise dans ma peau et dans mes pensées, c’est dans ce nouvel esprit que j’attends les péripéties de la vie.

C’est la première fois que je me sens aussi bien dans quelque cgose que j’entreprends. Je crois que ça a débuté durant le mois que j’ai passé en neurologie.

Mais aussi rencontres. Et c’est à ce moment que je vais rebondir sur le sujet que je n’ai toujours pas traité… Les JMJ !
Ah ben oui il était temps hein…
Les JMJ, Journées Mondiales de la Jeunesse, WYD ou autres acronymes inconnus, l’un des moments les plus riches que j’aie jamais vécus.
Pourquoi ?
Par amour… Voir ces centaines de milliers de jeunes réunis en un seul lieu, simplement pour vivre cette unité dans la joie, ça donne foi en l’humanité, ça donne envie de hurler « J’AIME LA VIE ! », ça donne envie de vivre ! Enjoy !
Je fais ressurgir une courte saynète issue de mes souvenirs de ces jours : On était sur le quai du métro pour rentrer au gymnase après une soirée bien remplie, quand on commença à… Danser / chanter / communiquer / vivre avec des italiennes du quai d’en face. Et je me souviens qu’à un moment, l’une d’elles a formé un coeur avec ses mains, nous l’adressant. Je crois être le premier à avoir répondu à son message, nos regards se sont croisés, ça l’a faite sourire et j’ai presque vu les étoiles dans ses yeux. Puis les deux groupes l’ont repris et c’était beau.

Étrangement, je crois que c’est la rencontre qui m’a le plus touché. Quelques infimes et pourtant touchantes secondes avec une inconnue dont je ne connais ni le prénom ni la ville d’origine ni quoi que ce soit… C’est ce qui fait la beauté des JMJ… Le fait que tout se réduise à un battement d’ailes d’un papillon, que tout soit tellement éphémère qu’il faille le vivre pleinement pour que tout le monde en profite… C’est encore plus intense qu’un camp Mej, à mes yeux.
Cette déconnexion de la réalité pendant quelques jours, pour vivre en chœur avec tout ce monde, c’est vraiment quelque chose qui m’a subjugué.

Voilà, petite parenthèse fermée. J’ai pris des notes sur ce voyage et si j’y pense, je publierai ici celles avec le plus d’intérêt !

L’amour, parlons-en tiens… Ou plutôt NON, n’en parlons pas ! :D
C’est vrai quoi, pas de philosophie inutile aujourd’hui !

Je disais donc. Une nouvelle vie, c’est aussi des rencontres… Il y a donc toutes celles que j’ai pu faire à Madrid, qui m’ont fait beaucoup avancer sur le chemin de la joie de vivre ; mais il y a aussi les personnes plus réelles que l’on peut être amenés à connaître.
La demoiselle aux auto-portraits si réussis « rencontrée » il y a quelques jours en fait partie… Tout comme les profs de la fac et les quelques hospitaliers avec lesquels j’ai pu discuter. C’est vraiment un monde particulier et très riche dans lequel je suis plus qu’heureux de faire mes premiers pas.

Et puis le dernier changement que je noterai, le plus important et de loin, c’est la façon d’accrocher mes posters ! On m’a obligé d’utiliser du scotch, et en plus de ne pas tenir ça déchire le papier — comme l’a vu mon cher tableau regroupant tous les albums de Muse… —, donc du coup j’ai fait mon troll et j’utilise de la Patafix blanche. Na.

À part ça… En fait, la médecine c’est trop bien ! Pour tout vous dire, je m’attendais vraiment à pire… Je pensais être totalement largué et ne rien comprendre (étant donné qu’en plus je n’avais absolument pas relu mes cours de term’ qui étaient désormais un peu loin), mais finalement je suis agréablement surpris par la limpidité et la facilité de compréhension des cours. La seule difficulté que j’y vois est tout simplement la densité de l’information et le nombre de connaissances à retenir. À part ça, ça ne me semble pas insurmontable :D
J’espère avoir raison, ce serait vraiment bien que je puisse fêter ma réussite avec tous les Spé et ex-lycéens que je connais ainsi que les carrés… Ce serait au moins une preuve qu’avec suffisamment de volonté et de boulot, on peut réussir sans souci :D
Donc pour l’instant, voyez que je pars plutôt dans un esprit positif. Comme je l’ai déjà dit, on verra bien qui de médecine ou moi sera le plus fort ^__^
Bon, ça n’empêche pas les petits moments de saturation comme celui que j’ai pu vivre samedi soir, et je suis désolé pour ceux en ayant fait les frais.

Sans cela… côté culture, j’ai enfin trouvé la volonté pour regarder Requiem for a Dream. Le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est une oeuvre très particulière. Elle est vraiment très dérangeante et pourtant je l’ai vraiment aimée. Peut-être grâce à son « réalisme » ? Je trouve, bien qu’il soit très exagéré, que c’est un film très… terrestre. Et bien que son sujet principal soit la drogue, on y trouve la représentation d’autres addictions, en l’occurrence la TV. C’est un point très intéressant qu’on peut élargir à beaucoup de choses. Jusqu’où est-on prêt à aller pour obtenir ce qu’on veut ? Il paraît que la fin justifie les moyens. Je n’en suis pas si sûr après avoir vu ce film. Bien évidemment ça dépend du but que l’on veut atteindre, mais ici on voit que pour peu que l’on obtienne pas ce que l’on veut, on est rapidement entraîné dans une chute des plus effrayantes… C’est un film vraiment très dérangeant, troublant et qui devrait me tourner longtemps entre les oreilles… Enfin ç’aurait été le cas si je n’étais pas focalisé sur mes cours.
Je le trouve de plus très bien réalisé, avec la trame entrecoupée de séquences ultrarapides et mécaniques que sont les prises de ces drogues, c’est vraiment très intriguant. Ça met mal à l’aise mais c’est un excellent film.

Le thème principal est de plus parfait pour illustrer cette sensation de chute, quand on perd prise sur la réalité… L’écouter me fait penser à ce qu’on ressent parfois quand on est malade et allongé dans son lit. Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé, mais il m’arrive alors d’avoir l’impression de tomber dans un abîme sans fond en tourbillonnant à une vitesse suffisamment lente pour être écœurante et faire tourner la tête… Quand j’écoute ce thème à tête reposée, c’est exactement ça que je ressens.
C’est fou les impacts que peut avoir la musique sur nos petits esprits si fragiles quand même.

Bref, après ce film je suis resté dans un état second pendant quelques minutes avant de retourner dans ma réalité de 18 m²…

Sinon, j’ai à nouveau regardé Edward aux Mains d’Argent, et cela va sans dire que j’ai encore une fois beaucoup apprécié. Je l’avais rapidement mentionné autrefois, sans vraiment développer ce que j’en avais pensé. La volonté de notre « Frankenstein » américain et légèrement plus abouti que l’original de vouloir s’insérer dans une société qu’il ne connaît pas, c’est vraiment très touchant et ça donne à réfléchir. La difficulté que tout le monde a à sortir de son carcan pour aller vers des personnes qui sont différentes de l’humain lambda peuplant cette planète est très bien illustrée. Encore une fois, il est montré qu’un nombre très mince de personnes comprennent cet être insensé et que seules elles comprennent que la société représentée ici est vraiment nulle. J’approuve ce point de vue, et c’est encore plus vrai aujourd’hui je pense. La tolérance de l’étranger est une chose inconnue de nos jours… Je le vois bien, quand des gens devant moi dans la rue font un écart de trois mètres pour ne pas risquer de frôler quelqu’un semblant subir une quelconque maladie mentale… C’est triste de voir ça. Et dans un sens, c’est peut-être pour ça que je me dirige vers la médecine aussi… Pour me prouver qu’il existe encore un peu d’humanité dans ce monde et que certaines personnes choisissent encore d’aller vers les autres.

Je vais tout d’abord le relier à une vidéo que j’ai trouvée il y a plusieurs mois de cela s’intitulant The Bystander Effect. Pour les anglophobes, il y est dit que dans une population, les gens ont tendance à rester dans leur masse et à ne pas aller vers ceux en ayant besoin. Dans la vidéo ci-dessus, les « malades » sont des comédiens et ne sont généralement secourus par personne. Pourquoi ? Par peur. C’est terrible, mais les gens ont peur de quitter leur nombre si rassurant… il n’y a qu’à voir ce qui arrive, quelques minutes après, une fois que quelqu’un se décide à aller voir cette personne. Automatiquement, un deuxième groupe se forme autour d’elle.
Enfin, et c’est je crois le plus effrayant, que se passe-t-il lorsque la personne à secourir semble faire partie d’un milieu aisé ? Au bout de quelques secondes à peine, tout un amas de personnes vient se former autour d’elle… Alors que c’est un humain aussi, tout comme les acteurs précédents ! C’est absurde… L’apparence…

On dit souvent, lors de discussions, qu’on ne juge pas sur les apparences. Et pourtant si. Même si l’on ne veut pas juger par le physique, c’est néanmoins celui-ci qui nous donne une première impression sur la nature du personnage que l’on va aborder, et peut déterminer le comportement que l’on va avoir ensuite.

Voilà comment faire grossièrement le lien avec l’article du Washington Post ayant reçu le Prix Pulitzer 2008. Attention, anglophobes s’abstenir et il n’y a pas de traduction disponible autre que celle de Google, je le crains…
Ici, le journaliste décrit l’expérience qu’il a lancée. À savoir que Joshua Bell, un grand violoniste, a joué un matin dans une station de métro de Washington, à l’heure de pointe, comme n’importe quel amateur voulant partager sa musique ou comme n’importe quel hobo voulant arrêter le temps quelques instants. À noter qu’il a joué, durant ce moment, des pièces extrêmement complexes et célèbres, comme la Chaconne de Bach avec son joli Stradivarius. Et évidemment, une seule personne l’a reconnue et le reste est passé à côté comme si de rien n’était. Comme s’il s’agissait d’un clochard parmi d’autres, alors qu’il avait fait salle comble la veille à Boston pour plus de $100 la place… C’est quand même dingue de voir que l’on ne veut pas non plus sortir de la masse pour apprécier la beauté de la musique, ou de toute forme d’art en général. C’est quelque chose que je ne comprends pas. C’est pourtant tellement beau et si unique.
Le journaliste a vraiment une interprétation du phénomène très intéressante, et je vous suggérerais vraiment de prendre le temps de lire toutes ces lignes si vous en avez le temps, je suis certain que vous en ressortiriez différents. Après l’avoir lu, je me suis dit que l’anglais n’était pas juste bon à créer des memes et à du Shakespeare, mais qu’on pouvait aussi lire des textes très sensés dans cette langue, comme dans beaucoup d’autres. Il faut juste les trouver. Ce Gene Weingarten a mérité son Prix Pulitzer, cela ne fait aucun doute.
C’est triste de constater qu’au fil des décennies, le monde s’enferme de plus en plus dans ses building gris et sans âme derrière son ordinateur pour se relier rapidement à Facebook et aux fluctuations de la bourse. Monde de merde.

C’est pour ça que j’aime la photo, c’est une belle façon de s’évader quand on ne peut pas le faire réellement ou en-dehors de ses rêves.

Et Edward aux Mains d’Argent montre aussi à quel point il est parfois difficile de vivre l’amour que l’on peut ressentir… En particulier dans la scène ou Kim demande à Ed de la prendre dans ses bras et qu’avec ses doigts tranchants il ne peut pas, par crainte de la blesser. Se rendre compte de l’impossibilité, c’est terrible. Et finalement il ne gagne pas. Ce n’est pas vraiment une happy end parce qu’ils ne peuvent pas vivre cet amour. C’est cruel de voir que la réalité a parfois raison, bien plus que les sentiments.

Ou, pour reprendre les mots de l’un des protagonistes de (500) days of Summer : « You know what sucks? That everything you believe in is complete and utter bullshit. It sucks. You know, destiny, soul mates, true love and all that childhood fairytale, none sense »
Ou, en bon françois : « Tu sais ce qui est nul ? De se rendre compte que tout ce en quoi tu crois, ce n’est que des conneries. C’est nul. Tu sais, le destin, les âmes soeurs, le Vrai Amour et touts ces contes de fées enfantins, aucun n’a de sens. »

Maintenant, je me dis que c’est vrai, je ne crois pas à toutes ces bêtises. Non, je crois plutôt à une coïncidence. Le fait que j’aie rencontré cette demoiselle aux yeux dont vous connaissez la couleur, c’est juste arrivé et voilà. Pas d’histoire de grand et zoli n’amour avec des coeurs partouts et surtout « cette rencontre ÉTAIT ÉCRITE », non non. C’est comme ça, c’est la vie, c’est tout. Et ça me plaît d’aborder ce que je ressens de cette façon.

Enfin, pour finir, il y a Other Lives. Ça va certainement sembler un peu faible après tout ça, mais c’est un groupe sans prétention que j’ai découvert il y a quelques jours et qui a pour particularité de créer une musique relativement agréable et très calme… À des années-lumières de Muse, et pourtant un groupe très bon. La chanson For 12 est encore plus belle que les autres. Elle laisse vraiment s’envoler et donne une impression de légèreté très agréable. Il y a aussi la Black Tables, présente dans un épisode de Grey’s Anatomy, qui est beaucoup plus mélancolique mais qui présente un aspect très apaisant dans un certain sens.

J’ai failli oublier ! J’ai aussi regardé Coraline, un dessin animé très burtonesque… Et pourtant ce n’est pas lui le réalisateur ! C’est l’histoire d’une petite fille qui se perd dans ses rêves… J’ai vraiment accroché, l’univers présenté ici est très beau et vraiment magique — rêverie oblige, me direz-vous —, et la bande-son est très entraînante une fois qu’on y a mis les pieds !
À mes yeux c’est un film assez… fou, et avec certainement un sens caché que je n’ai pas réussi à discerner dans sa totalité. C’est un peu comme Inception, quand on finit par préférer le rêve à la réalité…
Je n’aurais jamais cru faire un jour un parallèle aussi osé \o/
— Après avoir regardé ce film j’ai parfois du mal à bien orthographier Caroline / Coraline… Je m’emmêle les pinceaux. D’ailleurs, j’ai remarqué que depuis que je dois prendre mes cours à toute vitesse, je fais beaucoup plus de fautes dans ceux-ci… C’est terrible ! Ça me fait une raison de plus pour réussir en un an ! —

Avoir regardé Coraline m’a donné envie de redécouvrir L’Étrange Noël de Monsieur Jack ainsi que les Noces Funèbres, enfin plus particulièrement leur bande-son. Danny Elfman est définitivement un compositeur très talentueux, et c’est un plaisir que de le voir faire la paire avec Tim Burton.
C’est donc avec joie que j’ai appris les paroles de This is Halloween et que je me la passe régulièrement… Généralement, c’est pendant que je fais la vaisselle.

Bon ben voilà, je crois avoir fait le tour d’à peu près tout, sauf de ce que j’aurai oublié !

EDIT : Eeeet voilà, j’avais oublié quelque chose. Internet, c’est fou ! On trouve beaucoup de nullités sur YouTube, tout autant que de grands chanteurs… Mais parfois on tombe sur des gens sans prétention et qui ont du talent. C’est le cas de Josie Charlwood, qui a interprétée à elle seule la chanson Feel Good Inc. de Gorillaz. Et je dois dire que c’est très réussi, et que ça enjolive ma journée de tomber sur une telle réalisation ! Enjoy !

Pour résumer… la médecine me plaît plus que jamais et tout va parfaitement bien, grâce à ça en plus de la musique et de diverses rencontres…

La vie est belle, tâchez de ne pas l’oublier !