And sparkle sounds to say.

« So, how are you holding up ? Because… I'm a potatoe. »

Auteur : Couette (Page 2 sur 5)

Where is my Mind ?

Et oui, c’est seulement maintenant, une fois que la tension est retombée, que la routine se réinstalle pour quelques jours et que mon esprit est libre de retomber dans ses bassesses habituelles que je me décide à réécrire !

Bon d’accord, ça fait plus d’un mois que je n’ai rien écrit, maiiiiiiis que voulez-vous, je ne suis pas inspiré, je n’ai rien à raconter, alors je n’écrit pas. Voilà. Et puis en fait, maintenant j’ai l’impression que écrivant trop peu, c’est pas assez intéressant… Pas assez rempli.

Seul et marchant dans la rue tandis que la nuit commençait à tomber. Les cieux se couvraient d’ocre et de lueurs rosées, les nuages prenaient des teintes bleu marine et les toits comme les murs devenaient des ombres grises et pleines de mystères.
Les rues dans lesquels j’avançais me faisaient parvenir, de plus en plus nets, les bruits de la foule qui se décontracte. Les lampadaires et les lampions projetaient des ombres colorées sur les passants et les murs. Petit à petit, le bruit de couverts qui tinte se mêla aux bavardages, aux rires et à la musique sourde d’un concert que l’on sentait proche.

Une silhouette à côté qui se change en ombre puis finit par se matérialiser sous la forme d’une demoiselle aux cheveux rougis comme le sang et sombres comme la nuit. De grands yeux bleus pétillant d’étoiles, de légères tâches de rousseur qui ponctuaient ses joues et des lèvres rose clair qui formant un sourire des plus charmants. Julie avait une fois de plus fait son apparition, couverte cette fois d’une légère veste beige.

« Bonsoir, très cher.
-Tiens, heureux de te voir.
-Moi de même. Marchons un peu, veux-tu ?
-Avec joie ».

Elle passa son bras autour du mien et nous continuâmes tranquillement notre marche crépusculaire.
Des attroupements se formaient au gré des rencontres, les chats fuyaient cette curieuse et inhabituelle agitation tandis que les Hommes convergeaient vers les berges d’une rivière avoisinante.
La nuit recouvrait peu à peu le monde de son manteau sombre et étoilé et ce monde allumait à son tour ses étoiles de joie et de vie dans les ruelles de la ville. Le son des pas sur le pavé et le bien-être général procuraient une magnifique sensation de liberté.

« C’est une très belle soirée… », finit par dire Julie dans un petit soupir.
-« Parfaitement d’accord. Ce tableau est très agréable.
-Vivant !
-C’est le mot. Vivant. Et je crois que je ressens cette vie, que je l’aime de plus en plus.
-Haha, tiens donc ! M’en voilà absolument ravie ! », répondit-elle avec un grand sourire.
-« Ce moment est magique. Sans peur du lendemain. Juste concentré sur la joie de l’instant.
-Parfaitement d’accord. C’est beau, entraînant, et ce soir nous aide tous à oublier nos soucis habituels.
-Tiens donc, tu as des soucis toi ?
-Bien sûr que non, patate !
-J’aime ce surnom, tu sais…
-Haha je le sais bien, et c’est pour ça que je l’utilise figure-toi !
-Je n’arrive pas à voir si tu le fais dans un but cruel ou, au contraire, amical.
-Tu me crois encore capable de cruauté ?
-Bien sûr que oui.
-Que non !
-C’est ce que j’ai dit. »

Rires.

Les pavés amorcent une pente douce et finissent par tomber brusquement dans les eaux noires du fleuve. Les quais résonnent des bruits de la foule : celui des conversations, des exclamations d’enfants, des cris d’adultes perdus, des éternuements, des chaussures de cuir qui crissent sur le sable sortant des interstices entre les pierres…
Les gens sont assis sur les berges, face au fleuve afin d’admirer le spectacle qui allait survenir d’une minute à l’autre.

« Tiens regarde, là-bas, il y a une place ! », dit-elle avec entrain.
Et Julie de m’entraîner, à la suite de sa chevelure ocre, vers un coin du quai parmi les inconnus.

Craquements d’articulations et froissement de tissus tandis que l’on s’assoit sur la pierre froide.

« C’est une belle soirée », dit-elle en posant sa tête sur mon épaule.
« -Magnifique.
-Comme toujours. Un ciel et une terre parés de lumières au-dessus de leurs reflets dans les eaux noires.. Un spectacle unique et… prenant.
-C’est le mot. Prenant. Cette atmosphère simplement vivante a la belle faculté d’occulter, puis de happer et de digérer toutes les pensées trop grises pour ce jour de fête.

Tout à coup, les lumières s’éteignent et, quelques instants plus tard, la première fusée s’envole dans le ciel telle une étoile filante qui voudrait renaître.

Les couleurs illuminent le ciel et les nuages. La Lune devient rouge l’espace d’un instant. Tout s’oublie, sauf ce spectacle incandescent.

[…]

« Allez viens, on va danser ! », reprit-elle avec entrain.
« Okay » :D

La Wild Waltz, entre autres, résonne une fois de plus dans l’air et nous dansons tous deux. Tels deux victimes du Carnaval, on tourbillonne encore et encore sur le parquet. Sa robe rouge sombre virevolte dans les airs. Les étoiles tournent au-dessus de nos têtes, encore et encore. Les souvenirs et les souhaits m’assaillent. Accrochés à la réalité, cette fois.

Je ne sais pas pourquoi je m’invente une autre personnalité. Je trouve ça intéressant et assez agréable si besoin est. En ce qui me concerne, elle est la partie de mon esprit qui me remet les idées en place quand il le faut. Et elle le fait bien. Et puis j’ai l’impression que ça m’aide à monologuer en ayant l’impression de dialoguer. Sisi.
Peut-être que ça m’occupe. J’aime bien l’idée de pouvoir être son propre psychologue, en quelque sorte.

Bref, ce feu d’artifice du 14 juillet dernier a fait remonter de beaux souvenirs et je dois admettre avoir ressenti un peu de mélancolie à ce moment. Et donc Julie entre alors en scène pour… m’occuper l’esprit. C’est le mot, et ça marche.

Sinon… Je viens de passer un mois absolument formidable en compagnie de l’équipe du service de Neurologie à La Source. Y avoir travaillé m’a vraiment plu. C’était extrêmement intéressant et infiniment enrichissant. De plus, je dois dire que durant ces 31 jours passés entre ces murs blanchis à l’éther je me suis senti vraiment… bien. En accord et harmonie avec moi-même. Je me sentais à l’aise et bien dans ma peau. Utile et apprécié. Avoir cette sensation d’une manière franche était vraiment très agréable. Aucune tâche d’ombre ne venait occulter le bonheur que me procurait ce petit CDD d’été.

Je dois admettre avoir regretté de ne pas partir en camp Mej avec la demoiselle aux yeux verdis ou autre. Mais maintenant, je ne regrette absolument pas. Je pense qu’avoir vécu cette expérience unique était vraiment nécessaire et très enrichissant. La seule chose que je regrette maintenant, c’est que ça se termine… Bref.

De plus, je suis maintenant absolument certain de vouloir continuer dans cette filière et aucune autre. J’ai trouvé ma voie. Somme toute, je suis heureux, pleinement, sans penser au reste, et ça me va.

Étrangement, je ressens presque les mêmes choses qu’à la fin d’un camp Mej. La même sensation de… vide. Pouf. Game Over. Retour à la vie normale. C’est blasant…

Sans cela c’était un stage extrêmement intéressant, ainsi que très enrichissant ! Pour une toute première expérience professionnelle, je dois admettre ne pas avoir été déçu !
En plus de faire mes premiers pas dans le monde hospitalier, ça m’a permis d’agrandir ma culture médicale. Inutile de vous dire que j’étais ravi quand j’ai pu assister à un IRM, un scanner, à une échographie des carotides — entre autres — et pour finir à une biopsie d’artère temporale. Je crois que c’était le plus intéressant…
D’une façon générale, c’est assez… prenant, en quelque sorte, d’être plongé dans ce milieu blanchi. Et ce parce que ça fait quelque chose d’y être réellement et non à travers une énième série ou un énième reportage. J’ai l’impression que… ça remémore la condition d’être vivant. Enfin moi quand j’y étais ça me rappelait que j’étais vivant, chose qu’on a tendance à oublier aujourd’hui tellement on peut se distraire par le monde qui nous entoure…

Pour conclure, c’était vraiment une expérience excellente, et durant ces 31 jours je me suis vraiment senti bien, heureux et à l’aise. C’est donc tout naturellement que je vais tout faire pour avoir mon concours du premier coup afin de pouvoir renouveler ce petit séjour au plus vite ! Ne serait-ce que pour le « bizutage » qu’on m’a repromis ^__^

Sans cela, j’ai eu l’occasion de parfaire ma culture ! Sisi.
Tout d’abord, j’ai pu regarder dans la plus totale légalité les trois volets du Seigneur des Anneaux, chacun en version longue et en version originale, s’il vous plaît. Bien évidemment, je les avais déjà vus auparavant — bien qu’il y a fort longtemps —, et j’avais pu autrefois arpenter les milliers de pages composant l’histoire originelle écrite et inventée par l’écrivain de génie qu’est Tolkien.

Et bien j’ai trouvé la version longue beaucoup plus intéressante que la courte. Normal, allez-vous me dire. Les ajouts se composent pour la plupart de saynètes parsemées tout au long du film. Elles rendent le scénario plus profond et permettent au spectateur de découvrir des aspects du film que l’on a un peu de mal à saisir dans la version classique.
Bien que ne reprenant évidemment pas l’histoire du livre dans sa totalité, la version longue est vraiment excellente. Je la recommande à tout amateur du genre… qui aurait du temps à dépenser. Je dois l’admettre, c’est long. Mais bon, ça en vaut la peine…

En plus de toutes ces heures de film, j’ai aussi pu apprécier Le Discours d’un Roi.

Ce film est vraiment très intéressant. Notre Roi, père d’Elizabeth II, actuelle Reine d’Angleterre, est amené, avant et au cours de son mandant, à prononcer bien évidemment quelques discours. Ceux-ci se voient de plus enjolivés par l’arrivée d’une technologie surprenante : la radio. Seulement voilà, un problème de taille se présente à notre petit souverain : il bégaie. Sévèrement. Le voir aligner trois mots sans erreur est une tâche qui revient pour lui à gravir l’Himalaya les yeux bandés et les mains dans le dos.

Bon, okay, j’exagère peut-être légèrement. Puisqu’en réalité, il y parvient. Il suffit de lui faire écouter de la musique, à un volume suffisamment élevé pour qu’il n’entende pas ce qu’il dit. Et là, la magie s’opère.
Le film narre donc le récit de ce souverain qui ne sait plus quoi faire pour pallier à ce souci qui lui pourrit son existence. L’acteur jouant le protagoniste est excellent, il retranscrit d’une manière absolument parfaite l’hésitation, le stress, la peur, la honte, son interprétation est vraiment criante de réalisme.
C’est donc un film très intéressant et vraiment prenant. On s’attache beaucoup au personnage.
À noter aussi que sa femme est jouée par nulle autre qu’Helena Bonham Carter, actrice que j’apprécie particulièrement pour la… folie qu’elle sait montrer à travers ses rôles, même si elle se fait relativement assagie ici.

Il m’a ensuite pris l’envie, un soir, de revoir L’Étrange Noël de monsieur Jack. Qui sait au fond pourquoi ? Mais ne nous posons pas la question !
Lui aussi dans sa version originale, j’ai pu redécouvrir cette œuvre sous un autre œil. Loin est le temps où e l’ai vu pour la dernière fois… C’est donc avec joie que j’ai redécouvert cet univers si particulièrement Burtonesque.
Inutile de dire que le voyage est unique et reste en mémoire. Partir à la découverte du village d’Halloween, y rencontrer monstres et fantômes, mortes-vivantes, insectes grouillants et autres squelettes est quelque chose de très attrayant, dans le fond. Un tond totalement décalé et pourtant légèrement glauque, qui sonne de toute sa beauté avec les chansons qui sont déclamées au long du film.
Tim Burton est vraiment un réalisateur exceptionnel. Edward aux Mains d’Argent, Sweeney Todd, Les Noces Funèbres… Chacune de ses réalisations est infiniment poétique et mystérieusement auréolée d’une atmosphère endiablée. J’y ai toujours trouvé un sens, une sorte de morale. C’est bien loin des dessins animés et films « classiques ». Ils sont vraiment très profonds, et c’est un plaisir que de les regarder, à chaque fois.

Je me suis aussi finalement laissé tenter et ai regardé Sucker Punch… Autant l’annoncer clairement de façon à ce qu’il n’y ait pas d’ambiguïté : j’ai été déçu. Profondément déçu.
Contrairement à Watchmen, du même réalisateur, qui est très sombre et très prenant, Sucker Punch n’est qu’un ramassis de missions insensées qui camouflent sans habilité aucune un défouloir musclé du triste réalisateur de 300.
Les premières minutes sont, en revanche, magnifiquement orchestrées, superbes et très touchantes… Quel dommage que cela ne persiste pas par la suite. Au fur et à mesure que les minutes défilent, la réalité perd peu à peu de sa matière et on finit par voir les protagonistes se battre contre des nazis morts bougeant grâce à de la vapeur. Pardon ? Quel rapport avec une jeune fille — dont la personnalité est d’ailleurs très proche de celle d’Alice de Madness Returns — qui aurait été traumatisée en tuant accidentellement sa sœur, seule personne qu’elle aurait jamais aimée ? Quel rapport avec un univers glauque et pluvieux, cruel et sans possibilité d’avenir ?
Je veux bien concevoir l’idée de s’évader par l’esprit, c’est même un concept excellent. Seulement, sous prétexte que l’on est le seul à avoir le contrôle de ce monde « virtuel », alors le réalisateur s’empresse d’y ajouter des ennemis tous vilains qu’il faut dézinguer à coups de bazookas. Là, je dis NON.

L’un des seuls points positifs du film, en dehors de son prologue excellent, est la bande-son qui est très bien choisie. J’ai tout particulièrement apprécié la reprise de Sweet Dreams (Are made of this) d’Emily Browning, l’actrice principale, qui est vraiment très mélodieuse, bien que très sombre, et très prenante.

Pour finir, je me suis permis de me plonger dans la célèbre série qu’est Doctor Who. J’ai pu en apprécier l’humour particulièrement british qui me plaît tant, mais aussi le côté humain qui ressort des péripéties du Docteur.
Les personnages et l’histoire globale, bien que parfois difficile à saisir dans son intégralité, sont vraiment prenants et assez touchants. L’ensemble est très dépaysant et très agréable à regarder.
C’est une série sans prise de tête que je conseille à tous ceux recherchant un extra-terrestre un peu intéressant, et différent des 15’000 séries policières américaines que l’on connaît aujourd’hui.

Melancholia

Vite, vite, vite, écrivons avant que la magie ne s’estompe !
Pendant que des bribes de notes me restent en mémoire.
Non, je ne me souviens pas de tout le concert. S’en rappeler parfaitement serait par trop insipide, je ne peux juste pas me rendre compte de sa richesse et de toutes les émotions qui m’ont *littéralement* fait fondre en larmes dès les premières notes.

J’aime Joe Hisaishi et sa musique absolument superbe.
Cela faisait longtemps que je n’étais pas entré dans un Zénith. J’étais relativement bien placé et, bien qu’un peu loin, je voyais très bien la scène.
Un piano bien évidemment au premier plan, entouré de violonistes et autres instruments à corde. Tout à droite, deux harpes siégaient fièrement…
Au second plan, Les bois. Il y avait des clarinettes, des hautbois, quelques bassons et flûtes traversières.
Derrière eux, les cuivres. Un tuba, des cors. À leur gauche, un second piano.
En arrière plan viennent tout d’abord cymbales, timbales et autres percussions, un gong, plusieurs xylophones ; au fond de la scène se trouvaient trois ou quatre rangs de choristes.
L’orchestre, le Star Pop Orchestra, a très joliment joué, à mes yeux c’était vraiment parfait.

Une soliste aussi a pris place sur scène pour quelques morceaux. Toutefois je dois dire que j’ai été assez déçu de l’entendre chanter en anglais et non en japonais. Je pense que ça aurait eu plus de charme, mais bon.

Le concert a débuté sur des morceaux tirés de Nausicaä et de la Princesse Mononoké. Ce sont ceux qui m’ont le plus transporté. Superbes. C’est difficile de mettre les mots sur une sensation aussi forte que celle que j’ai ressenti durant ces quelques heures de concert. Je ne vois pas vraiment comment l’expliquer ou le décrire…
Je ne sais pas trop pourquoi, mais des morceaux que j’avais simplement appréciés dans leur version normale étaient sur le coup extrêmement émouvants. J’en ai pleuré, oui, dès les premières notes, et c’est la première fois depuis plusieurs années je crois que je n’avais pas versé de telles larmes.

Ni de tristesse, ni de joie, seulement d’une émotion indescriptible, de beauté, de mélancolie, je ne sais pas trop.
Suivirent ensuite quelques morceaux tirés de films que je ne connaissais pas, très beaux eux aussi… L’entracte, puis l’Été de Kikujiro, entre autres, puis Totoro pour achever ce spectacle dans l’énergie et la liesse.

Parmi les morceaux que j’ai découverts et aimés (bien que ce soit le cas pour tous, d’une façon générale), il y a Kids Return — La version orchestrale est bien plus sublime que les versions disponibles sur le net — qui m’a tout autant transporté que les morceaux tirés de Nausicaä…

En réalité, c’était un vrai soulagement, un vrai bonheur de pleurer sans raison. C’était indescriptible. Et si sublime.

Durant les morceaux étaient diffusées des extraits de films ou bien des images du Japon en ruines… Autant vous dire qu’il est normal d’être ému.

C’était mon premier concert de musique « classique », et je ne regrette vraiment pas d’y avoir assisté. Une magnifique et inoubliable expérience.

À part ça, rien.
Enfin, si. Mais disons que tout ce que j’aurais à raconter me semble maintenant tellement fade et insipide à côté de sa musique…
Ce qui est assez étonnant, c’est que même l’immense et lancinante mélancolie ─ grâce à laquelle je sais toutefois désormais sans erreur ni hésitation quels sont les sentiments que je ressens en ce moment et depuis tout ce temps, ndlr. ─ que j’éprouvais hier encore suite à la journée que j’avais passée à discuter, assis sur l’herbe des Tuileries, comme durant l’été dernier à Parménie, s’est totalement envolée durant ce concert et a joliment disparu.
Magnifique sensation de vide que celle que je ressens ce matin.
Magnifique et pourtant assez désagréable au final. Mais bon, ce n’est pas vraiment ça qui me dérange.

Sans cela… J’ai eu ma période de poétisation et j’ai écrit deux soit-disant poèmes, même s’il s’agit plutôt ici de récits auxquels j’ai ajouté des rimes…

Le premier, que je vous inflige presque à regret, n’a pas vraiment de titre — et de toutes façons je n’ai jamais été doué pour en trouver, donc si l’un d’entre vous est inspiré, qu’il se dénonce. — et raconte… Je ne sais pas trop, au juste.
Disons qu’il décrit le ressenti que j’avais au moment où j’ai voulu l’écrire.

Là n’est plus question de logique ni de vérité
On en vient même à se demander
Si de Mars il ne singe pas l’animal
Ou si son collègue immaculé ne l’a pas rattrapé.

Tel la tortue forcée de courir à sa suite
Cette victoire on-ne-peut plus subite
N’en était pas réellement une
Étant aussi probable que la chute de la Lune.

« Ni l’un ni l’autre mes braves », aurait dit ce héraut
Qui autrefois de la reine tissait les chapeaux
« Simplement de mémoire en histoire
Et de souvenirs en soupirs
Il est parfois difficile de distinguer
Le rêve du sommeil de la réalité. »

Mais passons, là n’est pas l’importance.
Rien ne sert plus d’aller voir quelque sage
Qui d’un papillon a pris les feuillages
Lui assurant plus de prestance
Que l’être visqueux, chenille bleutée
Qu’autrefois elle était.

Notre malicieux ami souriant
Au conseils pourtant fort avisés
Se verrait dans ce cas bien malaisé
De devoir raisonner cet être aimant
Celui-ci n’écoutant plus que son cœur
Oui ce qu’il en reste n’ayant pas été brisé par la peur.
Ses conseils aussi sournois que malfaisants
Ne sauraient donc altérer de notre homme les tourments.

Heureusement, notre sanglant pion peut entrer en scène.
Parfaite dans son rôle de royal tyran,
Elle pourrait prononcer son injonction à tout instant
Et pourquoi pas user de son atout tranchant
Pour le délester de cet encombrant appendice
Dont il ne semble plus avoir l’usage depuis le dernier solstice.

Toutefois rien n’est moins sûr
Que cette lame percerait son armure
Longuement forgée par l’amour et le temps
Qui ne s’encombrèrent pas à prendre des gants.

Donc je propose de le laisser encore mijoter
Au fond de cette théière endiablée
Et attendons donc de voir ce qu’il advient
De ce fol être humain.

Le second, que j’ai voulu rendre aussi abstrait que celui-ci et sans pour autant réussir, raconte juste… un souvenir qui m’a particulièrement marqué et que j’avais évoqué dans cet article — ha ben non c’est vrai je l’ai supprimé celui-là \o/ —

Il n’a bien évidemment pas de titre non plus.

Tout à coup, sans raison,
Ce souvenir a décidé de refaire son apparition.
Subitement et sans prévenir,
Voilà que je me surprends à revivre cette fin d’un avenir.

À bien y réfléchir, c’est assez surprenant
De voir qu’il suffit d’un seul instant,
Que l’on n’aurait pas osé imaginer,
Pour que tout bascule et que ce qu’on appelait réalité
Soit défait de toute substance,
Perde la totalité de son essence,
Et voie ses atomes se décomposer.

Mais cessons de digresser.
Revenons plutôt à ce fâcheux événement,
Qui me plongea quelque temps dans le tourment,
Et que je parviens pourtant sans peine à me remémorer.

Sa chronologie en reste parfaitement claire.
C’était au mois de juin, et je venais alors de disserter
Sur un sujet par lequel je n’étais vraiment pas intéressé.
Encore un, certes, mais celui-ci ne me plaisait guère.

Une fois sorti de cette usine d’encriers fumants,
J’avais aussitôt l’esprit ailleurs, ne songeant plus vraiment
À ce piètre essai que je venais d’accomplir
Et pour lequel je n’avais pris aucun plaisir.

Aussitôt dehors, j’étais déjà lentement bercé
Par la lumière que les feuillages alentour laissaient passer
Soleil éclatant, ciel limpide et bleuté,
Voilà le tableau que je dressais de cette banale journée.

Toutefois le hasard, suivant son machiavélique dessein,
Décida de prendre le destin d’une étrangère entre ses mains.

Entrent en scène les artistes de cet étrange drame,
Monstre aux crocs d’aciers, symbole d’une civilisation
Ayant alors perdu depuis longtemps toute son âme ;
Silhouette inconnue , dont les cellules vibraient de vie à l’unisson ;
Terrible personnage, s’amusant de ces cordes tendues
Qu’il pouvait couper à loisir quand il l’aurait voulu ;
Puissant et diabolique dramaturge, usant de ses doigts effilés
Pour contraindre ses marionnettes à se déplacer.

En un instant et en un lieu, l’action étant bien évidemment
Terminée dès la fin de son commencement.
Un claquement de doigts, ceux de Maître Destin
Et la pièce commence enfin.

Petite poupée sans identité, insouciante
De ce qu’il allait lui arriver, se prit à vouloir avancer
Dans ses yeux aucune peur, et dans ses pas aucun tremblement,
Le script étant réservé à nos deux marionnettistes hors de la réalité.
Celle-ci ne pouvait donc à nul moment
Savoir ce qui allait au prochain instant
Lui arriver

Tout à coup, sans prévenir, l’impact, le choc !
Guidé par ses fils lui insufflant sa vitesse
Le monstre argenté se jeta soudainement sur la princesse
L’espace d’un instant, celle-ci s’envola ;
L’espace d’un instant, le temps s’arrêta.
Hélas, le bruit comme son mouvement étaient des plus équivoques…

Fracas brutal et assourdissant,
Vol plané violent et terrifiant !

Sans crier gare, notre petite poupée
Avait soudainement vu le ciel basculer
Suite à ce mastodonte d’acier
Qui l’avait percutée
Avant qu’elle ne retombe,
Inconsciente,
Sur le pavé.

Voilà, voilà.
J’avais aussi écrit une petite nouvelle à l’intention de la demoiselle aux yeux verts — dont j’avais dit que j’arrêterais de parler et que je lui trouverais un autre surnom (même si à bien y réfléchir, combiner les deux est relativement impossible \o/)… — mais j’ai envie qu’elle en garde le privilège. Mouhahaha. De toutes façons, c’était court et enfantin. Un petit peu d’écriture dirigée ne fait pas de mal parfois, et puis dans le fond ça m’a plu, je crois… Oui, bon, d’accord, je l’admets, j’ai aimé. Voilà. BREF.

À part ça, comme je voulais le dire au départ, suite à cette journée de mercredi passée avec quelques bafaiens, j’étais un peu dans un état second. J’avais beaucoup de choses à dire ─ à qui, je ne sais pas ─ et en même temps ça tenant en si peu de mots… Mais j’avais envie de le dire, de le redire encore et encore… Je n’ai pensé qu’à ces quelques mots dans les heures qui suivirent et j’avais envie d’en écrire des pages entières.

C’est là, à cet instant précis, qu’entre en scène le Moleskine. Miam.
Cela faisait 111 jours (no fake) que je ne l’avais pas pris en main. Et pour compenser, j’ai écrit durant plusieurs pages, en me répétant inlassablement, j’ai écrit pour aussitôt passer à autre chose et ne plus jamais lire les mots que j’avais couchés sur le papier. C’est fou ce besoin que j’avais de monologuer sans propos.
Non, franchement, il faut l’avouer, quel intérêt j’aurais à relire ce que j’écris dans ce petit carnet ? Absolument aucun. Je me suis en effet aperçu que je le prenais quand j’étais plus troublé que d’habitude. Donc relire les passages précédents ne ferait que raviver ces troubles. Ce dont je n’ai, bien évidemment, pas particulièrement envie, vous vous en doutez.

Dernièrement, j’ai aussi vu Minuit à Paris. Je ne suis pas particulièrement friand des films de Woody Allen ─ C’était la première de ses œuvres que je voyais ─ mais j’ai vraiment eu le coup de foudre pour ce film. Je le conseille plus que fortement à toutes celles et ceux qui ne l’ont pas encore vu.
Sur un fond de comédie romantique, c’est l’histoire d’un écrivain qui cherche l’inspiration. Et il pense la trouver au travers de promenades dans les rues de Paris, une fois la nuit tombée et minuit sonné. mais lors de ses déambulations, il va tomber sur un agréable anachronisme paradoxal et se retrouver au milieu d’écrivains d’un autre temps.
C’est vraiment un film magique, on se laisse très facilement emporter par son ambiance… En tant qu’amoureux de la capitale, je ne pouvais bien évidemment pas ne pas l’apprécier. Il est très mélodieux. Sans que ça ait de rapport avec la bande-son, qui se fait discrète, non, c’est juste que ce film est comme… une seule danse.
En plus de cela, c’est un film très intéressant et captivant sur le plan culturel, puisqu’il nous fait visiter le Paris d’il y a quelques décennies et la vie de célèbres artistes de l’époque…

Enfin, je me suis aussi plongé dans la lecture des classiques de Shakespeare… Hmm ce cher William. Oui, je l’admets, j’aime l’anglais, et c’est à mes yeux une raison suffisante pour apprécier cette culture si particulière. Ou pour élargir sa culture d’une façon générale.
À noter que je me suis procuré les ouvrages ci-dessous en version bilingue mais que j’ai vite abandonné la lecture anglaise, le niveau étant légèrement trop élevé pour moi, dommage…
En premier lieu, Hamlet. Une pièce remarquable qui met en scène une trahison, une vengeance et un amour. Le tout encadré par la folie. Celle-ci est ici parfaitement dépeinte et c’était vraiment très intéressant de lire les tirades d’Hamlet (le protagoniste) et d’y discerner au fond une part de logique… Vraiment une œuvre passionnante que je conseille à tous ceux ayant un brin d’âme littéraire.

Ensuite, Le Songe d’une nuit d’été. Celle-ci est une pièce à tendance moins capillotractée, elle est juste agréable et amusante. Rien d’énormément transcendant à mes yeux, mais c’était intéressant tout de même… Et relativement simple à comprendre, contrairement à Hamlet où on se perdait quelquefois.

Et là, je vais entamer Othello… Après, je ne sais pas. Mystère, vide absolu.
Je sais qu’en revanche je continuerai à écouter les bandes-son de Nausicaä, Chihiro et Mononoké en boucle !

Je vais finir sur une citation de Nietzsche que j’aime particulièrement et qui me donne un tout petit peu confiance en moi :

« Il y a toujours un peu de folie dans l’amour. Mais il y a toujours un peu de raison dans la folie. »

Life in Technicolor

C’est inutile. J’ai essayé de dormir depuis une demi-heure, et je n’y arrive pas. Écrire ici est une sorte de drogue. C’est la seule chose que j’espère et attends. Cet après-midi, j’ai lu ce que j’ai écrit… et ça m’a paru plein de vivacité. Je sais que cela tient à mon imagination, qui remplit tous les vides qu’une autre personne ne comprendrait pas. C’est de la vanité, au fond. Mais c’est comme une sorte de magie… et je ne peux tout simplement pas vivre dans ce présent-là.
Sinon, je deviendrai fou.

—John Fowles

Passage intéressant tiré de Misery que je parviens enfin à clore, assez représentatif de ce que je ressens parfois — le passé aurait ici été plus correct, j’en conviens — quand j’écris — idem — sur ce blog.

Dixit moi m’exprimant à ce sujet avec Sa Sainteté — oui, j’italise (néologisme ?) les surnoms désormais. —, ce n’est pas particulièrement pour les lecteurs éventuels que je prends un malin plaisir à écrire ici.
Non, dans le fond, je ne sais toujours pas pourquoi je tiens ce blog un tant soit peu à jour. Étrange. J’aime bien me raconter ma vie et/ou me l’inventer, sans doute. Probablement possible.

Donc, pour commencer, Misery. Derrière ce titre se cache un roman de Stephen King narrant la vie d’un écrivain qui se retrouve bien malgré lui emprisonné par son admiratrice n°1.
Je dois admettre avoir été assez enthousiasmé par l’oeuvre au départ, mais une fois arrivé à ses deux tiers j’ai eu quelques difficultés à poursuivre, la folie y étant trop omniprésente pour pouvoir en saisir les mailles correctement. Mais j’ai tenu bon et ai couru jusqu’au final flamboyant délivré par l’auteur.
C’est un huis clos angoissant et terriblement prenant, diaboliquement fou et passionnant. Un peu dérangeant et ayant tendance à mettre le lecteur mal à l’aise, il n’en est que plus attractif et intéressant.
Le protagoniste étant un écrivain, j’ai vraiment trouvé passionnante la façon dont était décortiqué le processus créatif. Emplie de folie et de perte totale de conscience, de contrôle… À noter que Paul Sheldon — l’écrivain en question — utilise aussi l’écriture comme un moyen pour s’évader de cet enfer et entrevoir un autre monde à travers sa plume.
Vraiment un ouvrage plus qu’excellent, que je conseille à tous les littéraires, écrivains ou psychopathes en herbe.

Je me permets de rapporter une seconde citation extraite du livre :

Les deux choses sont aussi différentes que des pommes et des oranges, Annie. En général, les gens qui savent raconter des histoires ne savent pas les écrire. Si vous croyez que les gens capables d’écrire des histoires savent aussi s’exprimer, c’est que vous n’avez jamais regardé un romancier bafouiller et s’empêtrer lors d’une émission littéraire à la télé.

Il a raison, absolument raison. On me dit asocial, mais c’est juste que je ne suis pas particulièrement à l’aise dans les dialogues réels. Oui, j’en conviens, c’est triste, c’est pathétique, mais c’est comme ça. Alors je comble cette faille béante par d’autres modes d’expression… Bref.

À part ça… Igby Goes Down est un film qu’une inconnue suédoise avait recommandé, ne l’ayant déniché qu’en version anglaise sans sous-titres, l’expérience fut assez amusante — puisque je ne comprenais pas même une phrase sur deux — et divertissante comme le veut un film sans trop de prise de tête.
L’histoire d’un garçon qui s’émancipe et découvre le monde… Intéressant mais encore plus en le comprenant. Libre à vous de le regarder si vous avez du temps à perdre.

The Joker. Ou comment deux seuls petits mots peuvent provoquer le chaos. J’ai pu revoir récemment The Dark Knight en HD et en version originale sous titrée anglais, et j’ai eu l’impression — mais ce n’est sans doute pas très objectif — que j’avais mieux saisi l’ampleur de l’œuvre de sieur Nolan.
La théorie du Joker, ou comment une seule chute peut entraîner les dominos dans sa folie. Ou comment une seule étincelle peut chambouler tout un univers. Il est inutile de dire que bien évidemment, il est un personnage fascinant. Que j’admire, presque, pour sa maestria du chaos. Un homme sans scrupules et sans limites qui ne cherche qu’à prouver que chacun peut libérer sa dose de folie enfouie en lui lorsque la situation l’incombe. Et il y parvient. C’est superbe.
Le Joker a vraiment un point de vue fascinant sur le monde. Et il est diabolique. Extrêmement intéressant.
Ce film est un chef d’œuvre et la performance d’Heath Ledger tout autant.
C’est une critique très bien pensée sur le monde d’aujourd’hui que l’on voit ici pourri jusqu’à la moelle. Je l’admets, j’adhère aux points de vue du Joker. Par forcément à ses méthodes légèrement cruelles, mais elles font partie du personnage, que j’admire.
Réussir à le concrétiser et ensuite à l’interpréter est une prouesse magnifique.

Je conseille à tous ceux qui ne l’ont pas vu — sans exception — de le dénicher et de le regarder le plus vite possible.

Il y a un extrait que j’ai particulièrement apprécié. Enfin, j’ai été totalement subjugué par le film dans sa totalité, mais si on devait le condenser pour en conserver l’essence, alors il resterait le scène de l’hôpital — anglophobes s’abstenir —. C’est le moment où le Joker exprime sont point de vue, sa façon de faire et ses raisons. Vraiment un instant fascinant et extrêmement intéressant voire… inspirant.

–1h34

–2h13

Dans l’obscurité, ce qui est rationnel devient stupide et la logique se réduit à un rêve.

J’aime la nuit et tous ses non-sens. Quand elle efface tout ce qui est inutile pour ne laisser filtrer que quelques rayons de lumière jaunâtre. Quand le brouhaha de la ville et de la vie s’est tu pour laisser place à la quiétude nocturne.

Ce n’est pas une surprise, j’aime particulièrement me promener la nuit. Dans les rues abandonnées et désertes de ces villes fantôme. C’est enivrant.

On se sent libre. Et c’est à ce moment que l’esprit s’envole et délaisse la réalité au profit de limbes plus attrayantes, que l’on peut voyager parmi les souvenirs sans avoir à craindre d’être interrompu, que l’on peut se questionner et éventuellement trouver des réponses aux questions que l’on ne se serait pas posées en plein jour. J’aime la nuit, donc.
C’est le moment le plus intense de la « journée » et, personnellement, celui où je suis le plus inspiré pour écrire ces lignes. Alors que le soleil est encore levé, on est toujours dérangé par un bruit, par n’importe quoi. La nuit, on est libre de ces contraintes. Voilà pourquoi je dors peu.
J’ai dans l’idée qu’une promenade nocturne dans les rues de Paris, qui doit alors bien porter son nom de « ville-lumière », doit être assez agréable et pourquoi pas relaxante. Il faudra que je pense à le faire, un jour, si j’en ai l’occasion.

–2h22
Bien que j’y rechigne habituellement, je continuerai plus tard, je ne suis plus inspiré pour ce soir. Mais ça viendra. Viendra le temps où je pourrai poser les notes sur cette partition.

À part tout cela, je continue de parcourir avec délectation les pages d’Insomniatic Dreams. Je suis vraiment heureux de lire ce recueil de poèmes, parce que c’est vrai, ils donnent accès à une petite partie d’elle-même. Elle a vraiment une personnalité très intéressante, très riche et pleine de surprises, que je me plais à découvrir petit à petit.

Voici Eyelines.

If words described a heavy eye
You know I’d never sleep,
But stem the tide of dreaming—I’d
Write you a book to keep.

And line on line, a phrase of rhymes
Would tell you you’re my thought,
When lying, moons, and sleep sublime
Call me away to dark.

I’ll hold off dreams with drowsy eyes
Skies—bleak without you near,
And I won’t dream, but words and I
Will dance until you’re here.

— Shawna J. D. Howson

Je trouve ce poème très beau ainsi que très vrai et très profond. Je dois avouer m’y identifier un peu. À faire un peu de rétrospection sur moi-même, je remarque que les dernières mesures de ma vie ont été une longue valse dansante entre rêves, musique et littérature. Ce qui, je l’admets aussi, n’est pas pour me déplaire.
Mademoiselle Shawna — quel beau prénom, je ne m’en lasse pas ^^ — a aussi la particularité d’être insomniaque, et doit en conséquence voir le monde d’une autre façon. C’est intéressant et c’est pour ça que j’apprécie ce qu’elle fait.

Tiens, je viens de me remémorer la pièce Huis Clos, de Sartre.
Il s’agit d’une formidable mise en scène des Enfers. Enfers qui se traduisent selon lui par la simple présence d’autres personnes et dont le seul remède, inaccessible, serait la solitude. Une pièce parfaite qui se clôt sur la sentence suivante :
« L’Enfer, c’est les autres. »

Pourquoi pas. Autrefois j’aurais accepté cette phrase comme étant ma nouvelle devise sans ciller, à ce jour je la prends avec plus de réserve. Enfin, me connaissant et tout lunatique que je suis, ça dépend des moments. Aujourd’hui, je suis plus désintéressé qu’autre chose.

Côté musical, j’apprécie mais sans plus la bande-son de The Social Network dont je retiens surtout A Familiar Taste ainsi qu’évidemment la superbe composition qu’est In the Hall of the Mountain King d’Edvard Krieg. Un « simple » crescendo qui se termine de façon… flamboyante.
Sinon, j’ai la chance d’assister le 23 juin prochain au concert donné par Joe Hisaishi, qui n’est autre que le compositeur de la plupart des films d’Hayao Miyazaki, au Zénith de Paris en faveur du Japon.
C’est fou parce que c’est quelque chose que je n’avais jamais espéré vivre. Ça ne m’avait même pas traversé l’esprit. Et pourtant…
J’ai hâte. Inutile de le dire, je suis plus qu’impatient.

J’ai aussi redécouvert Say Goodnight, de Bullet for My Valentine, dans ses versions normale et acoustique. La version originelle est plus forte je trouve, elle a plus de puissance et est plus profonde je trouve… Toutefois, tout se gâche dans les dernières minutes lorsque le chanteur se met joyeusement à vociférer comme un diable dans son micro. C’est dommage car elle était très belle mais perd à ce moment tout son charme.
La version acoustique, en revanche, est une superbe balade bien mélancolique qui fait pleurer les chaumières. C’est mélodieux, les paroles sont belles, j’aime beaucoup.

Pour finir, il y a Running up that hill de Placebo qui est superbe. Elle sonne d’une façon assez sombre, certes, mais je l’aime beaucoup, elle est très inspirante et entraînante. Pas trop joyeuse comme la version originelle.
Et l’album LPUX, ou plutôt Linkin Park Underground X en toutes lettres, qui regroupe des remix et morceaux inédits du groupe. Il a ce point positif d’être innovant et de vider l’esprit. Et je ne demande rien de plus !

// PUB TIME
Pour les curieux ou les ennuyés, je vous propose d’aller voir mon Tumblr où je partage les tableaux, illustrations et essais artistiques qui me plaisent et me touchent particulièrement. C’est aussi de là que proviennent la majorité des images que je lie désormais dans mes articles.

Oh, et je n’ai toujours pas trouvé le titre de cet article au moment d’écrire cela…

Voilà pour mon fouillis artistico-littéraire et philosophico-émotionnel du moment !

Haaa je viens de trouver le titre, et c’est Life in Technicolor, pour la chanson éponyme de Coldplay bien évidemment.

Thousand Silences of Zoë’s Insomniatic Madness

En vrai, j’étais frustré. Paradoxalement, cela ne me dérange pas de ne pas écrire quand c’est moi qui m’amuse à mettre ce site hors-ligne, en revanche quand cette impossibilité ne vient pas de moi, ça m’ennuie. Oui. J’avais plein de trucs à raconter, mais j’ai hélas bien peur d’en oublier quelques parts en l’écrivant seulement aujourd’hui. En plus c’est une vraie fournaise dans c’pays, c’est pas très stimulant sur le point de vue intellectuel. Bref. C’était le moment #mylife, je m’arrête là.

Premièrement, *pouf* nouveau site. Mais bon, si vous êtes en train de lire ces lignes, c’est que vous êtes probablement déjà au courant. Enfin, je crois.

Attaquons cette nouveauté par deux angles. Le premier, j’en avais marre du mot « infr4red ». Il se faisait vieillissant et dépassé. J’avais envie de changement.
Deuxièmement, j’en avais marre du .com. Un internaute pouvait en effet facilement récupérer toutes mes coordonnées grâce à ce suffixe, et je n’y tenais pas paticulièrement. D’où le choix du .fr.
Et puis mon ancien hébergeur laissait à désirer.
BREF.

Maintenant, pourquoi « Sparkle sounds », hein ? Quelle question pas du tout existentielle quand même.

Ces deux mots sont tirés d’un court poème sans nom de la demoiselle dont j’ai déjà parlé de nombreuses fois, Shawna Howson alias Nanalew.

Ce poème, le voici :

She wants to be a pixie
Small to fly away
With nylon-fibred,
thin-stringed wings
And sparkle sounds to say.
But pretty little pixies
So tiny for a whim
All their magic, glow—forgo
To be like her or him.

On le trouve au dos d’Insomniatic Dreams, son premier recueil.
Je l’aime bien. Il est bref et beau. Simple et pourtant magique. Il n’y a pas grand-chose à dire dessus, si ce n’est qu’il me plaît. J’ai donc décidé d’en utiliser quelques mots pour nommer ce blog.
Pourquoi ? Je ne sais pas.
À chaque fois (et à vrai dire, c’est assez fréquent dernièrement) que je me réveille en pleine nuit, mes pensées vont immédiatement à cette insomniaque américaine, qui a écrit tant de poèmes au sujet de la nuit. C’est beau. Je ne prétends pas tout comprendre, mais peu importe. Ce qu’elle écrit est mélodieux et c’est tout ce que je recherche.

Elle commence Insomniatic Dreams par la citation de quelques lignes de Shakespeare. Par ailleurs, j’ai trouvé Hamlet en version bilingue, et je compte bien prendre le temps de le feuilleter après avoir fini le chef-d’œuvre qu’est Misery.

Sans cela, parlons d’Alice: Madness Returns. Tombé totalement par hasard sur cette invention vidéoludique, plus particulièrement sur cette vidéo présentant ledit opus, j’ai vraiment été charmé.
Je suppose que vous connaissez tous Alice au Pays des Merveilles, le conte écrit par Lewis Carroll narrant les aventures de l’héroïne éponyme.
La création dont il est question ici prend une toute autre orientation. Infiniment plus sombre, plus folle et plus cauchemardesque. À certains instants on s’approcherait presque de Tim Burton, mais cette comparaison est bien vite balayée par l’arrivée de sanglants et effrayants personnages sortis tout droit de l’imagination du créateur et sans le moindre rapport avec le conte originel.

Le principe est ici que le Pays des Merveilles qu’Alice a connu autrefois a profondément changé et est devenu un lieu où se concrétisent ses cauchemars, entremêlés de souvenirs douloureux.
À noter qu’en plus de cela, notre chère Alice est folle et ne fait parfois plus la différence entre son Pays des Merveilles, ses souvenirs et la réalité.
Réalité qui prend par ailleurs place dans un Londres glauque et sombrement humide.

Inutile de vous dire que le tout est très attrayant. Je doute qu’il touche un grand public, mais je suis particulièrement fan d’œuvres décalées comme celle-ci et à la limite de l’effrayant. Affaire à suivre donc.

Parlons musique, maintenant.

Premièrement, j’ai fait la découverte de Raven Zoë, une jeune guitariste et compositrice à ses heures perdues assez talentueuse et agréable à écouter. Parmi les chansons disponibles gratuitement, je me permets de vous conseiller d’écouter Unbelievable Things qui est des plus agréables.
Elle est aussi « experte » en reprise de diverses chansons, tant de Feist que d’Adele, je vous laisse découvrir si vous en avez envie. Bref, j’aime bien, ses morceaux sont très beaux, calmes et laissent gentiment l’esprit s’envoler, de quoi charmer donc.

Deuxièmement, totalement emporté par AMR (l’abréviation d’Alice: Madness Returns évidemment), j’en ai profité pour me procurer dans la plus totale légalité la bande-son de cette folle aventure.
J’ai particulièrement apprécié le morceau Madness (à peine étonnant hein) qui est absolument burtonesque. Un violon assez dérangeant et morbide et absolument pas mélodieux comme les autres compositions que j’ai pu vous présenter auparavant, vraiment très intéressant et follement, terriblement effrayant et entraînant à écouter. C’est un bon morceau comme il en existe peu. La folie brute et sans considération pour quoi que ce soit. J’aime j’aime j’aime et suis plus que pressé de voir ce que va donner cette création d’EA Games. Mouhahaha.

À part ça, j’ai aussi (re)découvert Sound of Silence, de Simon & Garfunkel — un groupe comme on en fait plus *pleure* —, un morceau sublimissime. Très calme, très mélodieux, très émotionnel je trouve. Au sujet du silence, de l’obscurité… Magnifique. Vraiment un morceau plus qu’excellent que je conseille à tout le monde.

« Fools ! » said I, « you do not know
Silence like a cancer grows »…

En fait elle est tellement superbe qu’il faudrait que je cite toute la chanson pour vous en montrer l’ampleur.

Sinon, j’ai redécouvert A Thousand Suns de Linkin Park que j’ai réécouté d’un bout à l’autre et que j’ai une fois de plus trouvé magnifique, innovant, profond… réel.
C’est assez magique d’écouter un morceau que l’on croyait oublié et d’en retrouver les mêmes sensations qu’à la première écoute. De se rendre compte à nouveau de la beauté du morceau en question, d’en être surpris, de recommencer à le lire en boucle, d’être encore une fois transporté par les notes qu’on entend… C’est une sensation vraiment très particulière.

« J’avais oublié à quel point Knights of Cydonia était magnifique ! Là j’écoute Invincible. Pour toi cette chanson elle signifie quoi ? »

Viva la vida !

Oh, perhaps ♪

Tiens, écrivons.

C’était évident que je finirais bien par réécrire ici. Y’a même plus de suspense, c’est pas drôle.
C’est assez fou, d’ailleurs, de noter qu’à chacune de ces « ruptures » je suis convaincu que cet endroit est plus qu’inutile pour au final me persuader du contraire d’une façon des plus lamentable. Mais passons.

Pour ceux ayant éventuellement suivi avec une minuscule once de curiosité ces dernières semaines, j’avais tout d’abord tout bonnement effacé ce blog. L’ayant ensuite remis à votre disposition, j’en avais dès alors supprimé l’intégralité des articles que j’y avais postés.
C’était sans compter sur mon fantastiquement désolant esprit qui s’empressa de restaurer lesdits articles. Quand je vous disais que c’était lamentable.

Ensuite, j’ai fait le tri. Si je ne me trompe pas, il doit rester une trentaine d’écrits restant visibles à vos yeux ébahis et abasourdis. Si je ne me trompe toujours pas et si l’un d’entre vous avait l’extrême patience de les parcourir en diagonale, il/elle s’apercevrait qu’aucun des articles en question n’est à mon sujet.

Habile transition — SHAZAM — qui me permet de rebondir avec dextérité sur la nouvelle orientation de ce blog.
Tout d’abord, j’aimerais lui donner une visée moins personnelle. Je ne saurais pas vraiment dire si j’y parviendrai ou non, mais j’en ai un peu marre de m’étaler en sentiments désordonnés, lamentations pathétiques et autres crises de déprime, autant de scènes d’une minable pièce de théâtre, particulièrement harrassantes, désagréables et trop peu engageantes à ma relecture.

D’où le tri mentionné plus haut.
À noter que pour certains articles que je voulais en majeure partie conserver, j’ai simplement supprimé les passages qui me semblaient désormais trop émotionnels et donc pas vraiment à leur place. Ce qui implique, bien évidemment, qu’il n’est plus tellement fait mention des demoiselles au sujet desquelles je divaguais tellement autrefois.

Il paraît qu’un chat a neuf vies, je m’apprête à entamer la troisième de mon existence.

En plus de vouloir être désormais moins égocentré, j’ai la volonté d’être ici un peu plus misanthrope aussi. A voir par la suite de quelle façon ça se traduira.

C’est certainement un peu trop long pour dire que je veux tout simplement changer, mais une personne au coude plus que célébrissime m’a certifié que c’est ce qui lui plaisait chez moi, et je l’en remercie encore.

Oh, par contre, vous aurez encore droit à quelques crises de folie passagère s’il le faut, ainsi qu’à mes surnoms débiles.

Cette image illustre pour moi la volonté d’avancer. L’astronaute ici représenté, le pionnier de l’espace dont je ne sais jamais orthographier le nom sans coquille, a voulu franchir le pas et s’élever au-delà du globe terrestre.

Il y a une citation, plutôt récurrente dans la série Fringe, qui dit :
« Only those who risk going too far will find out how far they can go. »
Et, bien que j’y rechigne habituellement, la traduction en langue de Molière :
« Seuls ceux prenant le risque d’aller trop loin verront jusqu’où ils peuvent aller. »

À méditer.

Mais dans tous les cas, il faut avancer. Ne pas s’attarder sur le passé.

Tiens, une comparaison me vient en tête. Il faudrait que la vie se déroule comme un Super Mario. Que l’on ne puisse qu’avancer, et que revenir en arrière, ne serait-ce que d’une case, soit rendu impossible par un mur de pixels infranchissable que la plus grande volonté du monde ne saurait briser.

Qu’on ne puisse qu' »aller de l’avant ».

Hero

Regina Spektor. Je l’ai (re)découverte par hasard en voulant revoir l’introduction de (500) jours ensemble. Au départ j’ai à nouveau été enchanté par Us et ensuite par Hero que j’ai trouvé absolument sublime. Je l’ai écoutée de nombreuses fois, en boucle, et je suis vraiment tombé sous le charme du morceau. Il est très beau, très pur, tout comme Keep Breathing que j’ai déjà présenté il y a quelque temps.
Il y a certains artistes dont certaines compositions sortent de l’ordinaire. C’est beau.

Ensuite, ç’a été le tour le l’OST complète de (500) jours ensemble. Encore une fois, je l’ai aimée, plus qu’à la première écoute. Elle est très entraînante.
Je vais me permettre de revenir un petit peu sur le film, bien que ne l’ayant pas revu.
Comme il est dit à son commencement, « C’est l’histoire d’un garçon qui rencontre une fille. Mais ce n’est pas une histoire d’amour. »
C’est vrai, c’est vrai, terriblement vrai. Un film superbe, avec des sauts dans le temps assez bien ficelés, et une histoire tout autant entraînante qu’heureuse que triste. Une œuvre que j’ai vraiment extrêmement appréciée, très riche en émotions et en réflexions sur l’Amour-avec-une-majuscule. Voui, c’est un thème que j’aime bien. Et puis pour une fois que c’est bien fait, et en plus avec Joseph Gordon-Levitt et Zooey Deschanel — soit dit en passant, la petite sœur de l’actrice principale de Bones, merci Wikipaedia Universalis —, l’ensemble n’en est que plus attachant.

Enfin c’est vraiment un film que je conseille vivement à tous ceux qui ne l’ont pas déjà vu. J’avais déjà dit mon ressenti précédemment mais bon.

À noter que je ne crois pas que je pourrais le regarder en franco-français. Maintenant que je l’ai vu dans la langue de Shakespeare, le ton français sonnerait faux à mes oreilles. L’anglais est plus…Réel

Et sinon, miss Spektor. Vous savez, il y a certains morceaux que l’on pourrait écouter les yeux fermés, tranquillement allongés quelque part, de façon à être apaisé. Ruled by Secrecy, de Muse, en est un excellent exemple, ainsi que la plupart des morceaux d’Einaudi, entre autres.
La majorité des morceaux de Regina Spektor produisent cet effet. Par moments, ils sont quasiment parlés et pas réellement chantés. Ce n’en est que plus beau. Ça dégage une impression assez intrigante, un peu déroutante au départ mais au final très relaxante. J’aime beaucoup.
En fait, c’est très peu instrumental, on entend surtout sa voix au-dessus de légères notes au piano. L’ensemble en devient assez particulier, et d’autant plus qu’on ne voit pas vraiment de rythme puisque c’est plus parlé que chanté. C’est déroutant et presque désagréable, pourtant c’est idéal pour se reposer l’esprit.

La musique a en fait un rôle assez important dans certains films (<- réflexion évidente et inutile, je concède.) Sinon, moi qui n’aime pas vraiment la chanson française, je pourrais même dire que je ne la supporte pas de par sa niaiserie sans précédents, mais ça n’engage que moi, j’ai été agréablement surpris par Mozart, l’Opéra Rock. Un superbe concert / une superbe pièce de théâtre chantée. C’est beau, c’est mélodieux, c’est entraînant, c’est intéressant, et ce n’est pas niais. Rien à redire. Les costumes comme le décor sont très travaillés et les paroles sont absolument exquises. Je suis par ailleurs tombé amoureux — hum — de Mélissa Mars et de son interprétation de Bim Bam Boum. Mais, encore une fois, ça n’engage que moi.

Petite citation de Blink-182, issue du morceau s’intitulant The Rock Show pour terminer :

Black and white picture of her on my wall.
I waited for her call, she always kept me waiting.
And if I ever got another chance, I’d still ask her to dance.
Because she kept me waiting.

Cacophony

C’est enivrant. De sentir sa tête tourner parce qu’on est trop épuisé. Paradoxal mais enivrant, follement agréable. Cette sensation de perte. Plus rien n’importe alors que le vertige dans lequel on se trouve à cause de la fatigue… C’est vraiment entraînant. Enfin enivrant est un mot plus juste. Bref, c’est ce que je ressens là-maintenant-tout-de-suite en écrivant ces lignes.
Mais bon, je continue pour la énième fois à persister dériver sur un sujet qui n’était initialement pas prévu. Ça ne doit pas être si grave puisque je continue à le faire ^_^

Au départ, je voulais parler de Knights of Cydonia.
« Dis, c’est quoi ta chanson préférée ? »
Après un peu d’hésitation, j’ai convenu que c’était ce sublime morceau de Muse qui occuperait cette place de choix. Maintenant, tentons piètrement de le justifier.

Knights of Cydonia est grandiose. Une explosion de magnificence et de puissance… Toute la force de la chanson qui monte en crescendo durant l’opening et qui nous coupe le souffle à la fin. C’est beau. À chaque fois que je regarde le live du 11 juin de ce morceau, j’ai les larmes qui me montent aux yeux sur la fin tellement je suis emporté par la musique, tellement c’est grandiose de sentir toute cette puissance dans le bouquet final… J’ai une boule qui se forme das ma gorge parce que quelques instants après c’est la fin de ce concert. Magnifique. Il y a tellement de force dans ces dernières minutes, ça ferait vibrer de plaisir n’importe qui. On ne peut tout simplement pas rester de marbre devant cela.
Je me répète, mais grandiose, grandiose, grandiose. C’est l’un des mots qui qualifie le mieux ce morceau. Et c’est inégalé aujourd’hui avec les autres groupes que je connais.
De plus, ce soir-là était une parfaite soirée. Passée avec un citron, il n’y avait alors rien d’autre dans mes pensées que ce concert, que l’instant présent. C’était magique, je veux le revivre. En sortant de l’imposante masse du Stade de France, je me disais alors que je pouvais mourir heureux. Peu importait les jours à venir, le bac, le futur camp Mej de l’été (après réflexion, un peu quand même), je m’en foutais totalement. J’avais des étoiles dans les yeux et je pouvais mourir assassiné quelques minutes plus tard que j’aurais eu le sourire aux lèvres, J’AVAIS VU KNIGHTS OF CYDONIA EN LIIIIIIVE !
C’était sans conteste l’un des plus beaux jours de ma vie, sinon le meilleur. Difficile de faire la part des choses en ayant un jugement pas du tout objectif.

Alala, j’aime Muse.
Bref.

Hier était une excellente journée aussi. Un peu de rétrospection avec des amis issus du passé — pas si lointain, l’an dernier —, ça ne fait jamais de mal. Source Code, c’était pas si mal. Un peu spécial mais pas totalement inintéressant malgré un concept assez bancal. Ensuite, on s’est amusés comme on le voulait, à savoir 20 minutes de laser-game. C’est sans prise de tête, ça défoule, c’est parfait !
Bref, c’était une bonne et ensoleillée journée, bien meilleure que celle que j’aurais pu vivre à Paris en compagnie d’une personne dont je vais arrêter de parler parce que ça en devient pathétique et plutôt lassant.

Demain sera probablement une bonne journée aussi, en effet je vais revoir la capitale pour quelques heures. Depuis le temps, j’avais oublié Paris. Me la remémorer l’espace d’un instant me fera du bien.

Ho, aussi, depuis quelques jours / semaines nous sommes comme en plein été. De beaux couchers de soleil agrémentent désormais nos soirées. Crépuscules qui me remémorent par ailleurs une certaine demoiselle aux iris turquoises tiens, c’est plus mélodieux ça — à laquelle j’avais promis d’assister ensemble à l’un de ces couchers de soleil. C’est magnifique, toutes ces nuances de lumière et d’ombre jouant toutes deux telles deux deux danseuses à rubans se frôlant dans leurs pas. Cette multitude de couleurs qui finit par s’unir en un bleu sombre.

À part tout cela, j’ai dans l’idée de m’incliner devant la société de consommation et de me procurer un Reflex. Je veux faire de belles photos.
Je finirai par une citation du collectif — c’est quand même relativement moche comme dénomination — Anonymous :

You can`t shoot people in real life, therefore you play a game and go online to shoot people. But now that you`ve also been denied that you rage mindlessly, maybe it`s about time you put your mind to productive use ?

J’avoue que j’adhère à leurs idées.

Her name was Shawna

Ces derniers jours, il fait beau. Tellement beau et chaud qu’on se croirait à la fin du mois de juin, à l’époque où la tension des cours diminue et que l’on est déjà dans un esprit de vacances. A l’époque où on va s’allonger dans l’herbe pour refaire le monde avec ses potes. Ça me rappelle l’été. Le soleil, le ciel bleu, la tranquillité. Ça me rappelle cet été, aussi. Le si bel été d’il y a quelques mois. j’ai quelques bribes de souvenirs qui me reviennent en tête… Ce temps, ça me rappelle les moments où l’on était libres de ne rien faire, où je prenais un malin plaisir à simplement m’allonger dans l’herbe et profiter de la vie — ce que j’ai par ailleurs retranscrit ici —. C’est beau. Il n’y a que durant les étés méjistes que j’ai vécu cela. Ho, puisque l’on est dans le thème du Mej, je ne partirai pas avec eux, cette fois. En fait, je ne partirai pas en camp d’aucune sorte. Enfin, peut-être aux JMJ, si j’arrive à concilier les dates avec la pré-rentrée de l’an prochain. Ce n’est pas que je n’ai pas envie de partir avec le Mej, bien au contraire, j’aurais aimé. Toutefois, je serai probablement en train de pousser des brancards à l’hôpital d’Orléans pendant la période des camps, ce qui pose un évident problème de disponibilité, et de plus je n’ai pas vraiment été inspiré par les camps proposés cette année. Il y en a de nouveaux et innovants, c’est bien, mais ce n’est pas vraiment ce qui me plaît. Dommage…

Sinon, ce temps, magnifique, me donne envie d’aller à Paris. J’aimerais tellement être dans la capitale en ce moment. Profiter des Jardins du Luxembourg et des Tuileries sous le soleil. Je me souviens de la première fois que j’ai foulé le sol des Tuileries. C’était une belle journée. Une belle rencontre, aussi. Enfin bon…

Ce temps est décidément plus que propice à laisser l’esprit s’égarer et s’envoler, en l’occurrence dans les limbes de mes souvenirs, mais ça n’étonnera personne que j’aie tant apprécié cet été.

Je viens de relire l’article que j’ai linké un peu plus haut, et je suis tout mélancolique maintenant. Fichtre. Avec le recul, c’est fou d’avoir été autant chamboulé juste par quelques jours sur toute mon existence, juste par quelques personnes sur toutes celles que je connais. C’est peut-être ça la force du Mej, aussi.

« It’s crazy how one minute of your life could affect the next million. »

Sans cela, je m’évade et me réfugie actuellement dans la musique. On m’a dit, et je remercie encore une une fois la personne m’ayant fait ce compliment, que j’avais un don pour dénicher de beaux morceaux de musique. Ce à quoi je réponds plutôt que le hasard fait bien les choses et me conduit vers de beaux morceaux. Je les découvre presque par hasard.

Le morceau que je vous ai présenté la dernière fois, Kikujiro’s Summer, je l’ai découvert en tombant sur une pub Renault juste avant les infos sur France 2… C’est véridique. J’ai ensuite cherché d’où venait la bande-son de la pub en question, et ai fini par dénicher ce superbe morceau.

Celui dont je vais parler aujourd’hui, sa découverte est survenue d’une toute autre manière. Il y a quelque temps j’étais dans une période d’otaku miyazakiste, et comme vous l’avez peut-être constaté je me suis adonné avec joie à la redécouverte de ses longs-métrage. Nausicaä, Mononoké… Je ne pouvais évidemment pas faire l’impasse sur Le Voyage de Chihiro. Ce devait être la troisième fois que je le voyais et je l’ai totalement redécouvert. Un monde magique, entraînant, mélodieux… Miyazaki dans toute sa splendeur en somme. Son style est définitivement inimitable. Chihiro est une œuvre transcendante.
Suite à cela, j’ai déniché les bandes originales de ces films ainsi que quelques compositions indépendantes de Joe Hisaishi.
La bande-son de Chihiro est très bien orchestrée. Rien qu’en l’écoutant on peut parvenir à revivre le film si on l’écoute bien. Qui a dit .flac ? Hum. Bref.

Et donc, en quatrième position de cet OST arrive The Dragon Boy, qui est vraiment un morceau… époustouflant. Il n’y a pas d’autre mot.
Il y a tout simplement une avalanche de sensations dans ce morceau. Il est diablement entraînant, et j’avais l’impression de le redécouvrir totalement à chaque fois que je l’écoutais. Il y a de tout dans ce morceau, c’est beau.
En fait il n’y a pas grand-chose à dire sur ce morceau car c’est indescriptible. Je m’en rends compte maintenant, c’est difficile de dire ce qu’on ressent, que ce soit en lisant un livre, en écoutant un opéra, en allant à un concert ou en aimant quelqu’un… En ce qui me concerne, j’ai moi-même du mal à mettre des mots sur ce que je pense, et donc l’exprimer est encore plus ardu. Enfin bon.

Dans les bandes-son des œuvres de Miyazaki, le compositeur parvient étonnamment, à chaque fois, à transmettre la peur, l’agressivité, la montée de l’adrénaline, la haine, la tristesse. Il est doué.

À part cela, et bien j’ai aujourd’hui reçu Insomniatic Dreams, le livre / recueil de poèmes de Nanalew… Hum, je vois que vous ne comprenez pas vraiment tout l’engouement que j’éprouve à son égard. À vrai dire, moi non plus. « Admirer » quelqu’un que l’on ne connaît pas et que l’on voit seulement à travers quelques vidéos, c’est assez étrange comme concept, je l’admets. Enfin, toutefois, pas plus que de devenir relativement proche de quelqu’un sans l’avoir jamais vu — la blondinette, pour ne pas la citer, entre autres étant bien au-dessus de pareilles considérations —, mais bon, je peux comprendre que certains d’entre vous soient étonnés, voire choqués, par cela. Mais bon, tant pis ! Moi j’aime ce qu’elle fait, elle y met une certaine légèreté, ça me plait. Shawna, c’est un beau prénom à mes yeux.
Et donc, Insomniatic Dreams. Un recueil de courts poèmes qu’elle a elle-même écrits. Ils livrent au lecteur une part de sa personnalité. Je n’ai pas encore tout lu, je n’ai pas vraiment tout le vocabulaire pour comprendre, mais je m’y attelle, et c’est assez… mélodieux, ça lui correspond bien.
C’est quelqu’un que j’aimerais bien rencontrer.

Sinon, deux petites citations à propos des rêves (un thème qui m’est cher en ce moment)
« The best reason for having dreams is that in dreams no reasons are necessary. »
« Dreams are answers to questions we haven’t yet figured out how to ask. »

— Et désolé pour l’anglais mais je trouve la langue de Molière de moins en moins propice à ces citations.
— Et une pensée pour mon Amirounet et sa famille… Triste monde.

Let’s play

L’Imaginarium du Docteur Parnassus. Tout tient dans le premier mot de ce titre. Imaginarium. L’imaginaire. Un film plutôt loufoque et presque incompréhensible sur une course contre le temps et contre le diable. Une histoire de paris. Car le diable est parieur ; c’est même un vrai businessman, que j’ai trouvé très classe. Une œuvre assez déconcertante et au sein de laquelle on se perd un peu, tout transporté que l’on est à travers une multitude de mondes rêvés. L’Imaginarium est un miroir qui concrétise avec irréalité les rêves les plus fous de la personne qui le trverse. Vraiment un excellent concept. Alala, l’imagination. Quel vaste monde que celui-ci. Tout comme Inception. Enfin, tellement différent. Ça n’a rien à voir.
Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est une œuvre transcendante de magnificence, seulement particulière. Très particulière.
Il va de soi que j’ai apprécié. De plus il y a l’acteur dont je sais pas orthographier le kom Heth Ledger qui y joue. Enfin, en partie puisque son overdose l’a foudroyé en plein tournage.

Ce soir, je vais au théâtre. C’est la première fois depuis mon passage à la Comédie Française il y a plusieurs mois. Nul doute que ce sera différent, mais il y a quelques personnes que j’apprécie assez qui y jouent. Je suis curieux et intéressé. Le sujet ? Rien d’autre que l’amour et la vie.

— Il est près d’une heure trente du matin et j’ai trop d’idées dans la tête pour parvenir à trouver le sommeil, bien que je sois épuisé.

Alors, cette pièce de théâtre… Une première saynète d’une petite demi-heure assez chaotique. Ensuite commença, avec une troupe différente, la vraie pièce.
Les Contes de Dannriel.
Dannriel est un monde où le temps ne passe pas, et aussi un conteur, les deux à la fois.
La pièce nous emmène à travers plusieurs contes décrivant plusieurs histoires ainsi que les quatre Merveilles de ce monde. C’est plutôt bien orchestré et assez joli, bien qu’avec un petit peu trop de cris et exclamations à mon goût.
Les contes parlent de Muses, d’une duchesse et de sa cour, d’un héros effrayé par la solitude, d’émotions, de la vie.
C’est pas vraiment simple à décrire… Un récit très fantastique organisé par Calliopée. Extrêmement gestuel, et c’est ce qui le rend si attrayant. Beaucoup de danses ou assimilés. J’ai par ailleurs énormément aimé les quelques minutes offertes à la Muse de la Danse, qui était vraiment magnifique.
C’est assez amusant d’aller au théâtre. Moi j’aime beaucoup. C’est très interactif, proche du public… Vraiment un art à promouvoir.

De plus, la musique était ici très belle et bien choisie, j’y ai reconnu plusieurs morceaux au piano que j’avais déjà entendus ainsi que Time, de l’OST d’Inception pour la scène finale, et ça c’est la classe.

Bref, c’était une excellente soirée, je n’ai pas encore réussi à saisir toutes les ficèles de la pièce, légèrement trop chaotique par moments, mais formidable. C’est pour ça que je suis très intéressé par le texte. Et encore une mention spéciale à la danseuse ainsi qu’à l’auteur / metteur en scène.

— Tiens, je réécoute Time, d’ailleurs. C’est fou comme un morceau à moitié oublié peut vous redonner des frissons.

— Bon, 1:47 et je finis d’écrire, je vais aller faire un tour sur tumblr, ça me videra la tête et me permettra de dormir.

« On trouve du tout au tout chez le couturier fou ! »

#Warp

C’était la nuit. La lune aidée de lampadaires éclairait faiblement d’une lueur jaunâtre une allée pavée coincée entre deux murs de briques rongées par le lierre. Le seul bruit de ses pas résonnait dans le silence nocturne sur le sol froid. Lentement, et sans précipitation. Mais comme de façon… Instoppable. Comme si sa marche et l’objectif à laquelle elle menait étaient inéluctables.

L’homme était complètement vêtu de noir. Un long manteau le couvrait et masquait ses formes. De son visage ne s’échappait qu’un fin nuage de fumée dû au tabac qu’inspiraient ses poumons à intervalles réguliers.

Des feuilles bruissèrent sous le passage soudain d’un chat, et l’inconnu se mit alors à suivre le félin, sans rupture dans son pas.

Il fut mené à une petite place d’où naissaient trois autres allées pareilles à celle d’où il venait, qui se trouvaient sur sa droite. Il s’arrêta pour mieux la saisir du regard.

La place avait la forme d’un demi cercle, les pavés au sol s’arrêtaient en effet pour former les berges d’un fleuve immense qui passait là.
En face de lui, des eaux noires. Sur la crête des vaguelettes se reflétaient parfois les lueurs des ampoules jaunies des lampadaires entourant la place. L’autre rive du fleuve était invisible en cette heure de la nuit, ces sombres eaux se perdant dans le néant des étoiles aussi loin que pouvait porter son regard.

Au centre de la place trônait, au milieu d’un cercle de terre, un saule pleureur au pied duquel s’était arrêté le chat. Le tronc s’élevait d’environ quatre mètres avant de se répandre en une multitude de branches — de larmes — qui continuaient à monter vers les cieux, se courbaient sous leur propre poids et se résignaient à pointer vers le sol.

Les lampadaires grésillèrent un instant, plongeant la scène dans le noir durant une fraction de seconde, et le félin disparut durant ce laps de temps.

L’homme s’avança doucement vers l’arbre et stoppa sa marche à quelques mètres des premiers branchages.

Il leva les yeux et aperçut une ombre, perchée dans l’arbre.

« Tu mériterais des baffes. », dit sur un ton las une voix qui semblait provenir de l’ombre en question.

Puis celle-ci se laissa tomber vers le sol, les feuilles sonnant le bruit de la descente comme un long souffle de vent. Enfin, ses pieds touchèrent le sol et l’être apparut en pleine lumière sous le feu du plus proche lampadaire. Julie.
Mais elle semblait avoir évolué.

Cette fois-ci, ses cheveux étaient rouges. Non pas roux, mais rouges. Rouge sang. Cette couleur ressortait d’une façon particulièrement inquiétante avec la luminosité ambiante. Elle portait un pantalon blanc et la même veste brune qu’à sa dernière apparition ainsi que des gants noirs en laine.

Ce qui l’avait changée, c’est son regard. Il était plus déterminé. En la regardant, on voyait réellement un être venu d’un autre monde.

« J’ai bien envie de te mettre mon poing dans les phalanges pour te remettre les idées en place mais j’ai peur que ta vie et, de fait, mon existence soient remis en question avec cet acte aussi je m’abstiendrai. »

Impassible devant cette apparition et cette première phrase peu aiguicheuse, l’homme en noir répondit :
« Trop aimable. Toutefois, tout entêté que je suis, je doute que cela ait un quelconque effet.
-Certes, certes. Il faut avouer que t’es vraiment assez borné. En fait, je crois que j’aimerais bien aller faire un tour entre tes oreilles pour découvrir pourquoi tu agis comme ça. Enfin je veux dire, qu’est-ce qui fait que tu t’accroches tant ? Même inconsciemment, regarde : un saule. « Je trouve ça poétique, l’image d’un saule pleureur sous la pluie. C’est beau. », tu t’en souviens ? Question rhétorique, évidemment que tu t’en souviens. Idiot va. Pose-toi la question : pourquoi est-ce que tu persistes à vouloir te rappeler de tous ces gens ? À bien y réfléchir, je pense que la niaise maxime « Le passé rattrape le présent quand celui-ci n’est plus à la hauteur » est on-ne-peut-plus vraie. Seulement, tu es trop détaché de ton présent et ne peux l’apprécier à sa juste valeur. Encore des conseils que tu donnes aux autres mais que t’es incapable de suivre toi-même. Le fameux « Ouais ben laisse tomber et passe à autre chose pour de bon ! », tu l’as dit combien de fois à l’autre geek ? Et LUI au moins il l’a fait. Toi, nada.
-Tu crois que je le sais pas ? Tu crois peut-être que je m’en fous ? Est-ce que tu oserais venir me dire que j’aime cette situation ?
-Ben ouais, j’ose te le dire. De mon point de vue, j’ai la sensation que oui, tu aimes à te faire du mal. J’ai l’impression que oui, tu aimes être borné et rester englué dans ton passé… Au lieu de te tourner vers ton avenir. Non mais sérieux, « on ne doit se résigner qu’au bonheur »… Oui, je suis totalement d’accord, il ne te reste plus qu’à le faire pour une fois. Il n’y a rien au monde qui justifie que tu sois malheureux. Alors aucune raison de l’être.
-Tu sais bien que j’y peux rien.
-N’importe quoi, quand on veut, on peut, c’est juste que tu ne veux pas ! Aies au moins la décence d’admettre ça !
-Soit, je l’admets. Mais peut-être que toi au moins peux me comprendre. Toutes ces discussions, tous ces échanges qui ont eu lieu entre ces personnes et moi… C’est du passé, et tirer un trait sur tout ça est juste impensable. Je peux pas, j’en suis incapable. Et même si je le pouvais, je ne suis pas sûr de le faire. Je ne veux pas perdre tout ça. Aussi « douloureux » que cela paraisse, ce sont ces discussions, ces mots, ces échanges et relations autrefois si riches qui aujourd’hui me manquent.
-C’est bien ce que je dis. Regarde ton présent. Les gens sont différents, mais c’est similaire.
-À d’autres.
-Essaie de te convaincre que c’est pareil.
-Bah, laisse tomber. Je ne veux pas que ce soit pareil. Je veux pas revivre la même chose. Avec la même fin qui semble inéluctable apparemment. Et de toutes façons, c’est impossible de revivre quelque chose d’aussi riche. Tu le sais bien.
-Ouais, je le sais… Mais c’est pas une raison pour refuser de vivre autre chose.
-Tu as raison. Mais je n’y arrive pas.
-Je vois. Idiot.
-Comme tu dis. Et tu sais, j’ai peur, aussi.
-Ho, en voilà une idée ! Et de quoi donc je te prie ?
-De ne pas grandir. De voir ces gens se faire une vie et oublier ce qu’on a vécu ensemble et que je reste englué dans ces années passées. Et pourtant, « tout irait bien ».
-Et oui mon p’tit ! C’est la vie ! Mais bon, ça ne te posera pas trop de problèmes puisque tu aimes à dire « tant pis », non ? Bon, trève de plaisanteries. Il faudra bien que tu grandisses un jour. Ces personnes et le monde qui t’entourent ne vont pas t’attendre. Donc tu grandiras, tu tourneras la page — à noter que j’aime pas cette formulation —, comme la plupart des gens finissent par faire. Il le faut, tu le dois, tu le feras, point. Je ne te laisse pas le choix.
-Le pire étant que nous savons tous les deux que d’ici quelques temps je referai appel à toi pour tenter d’évacuer mes angoisses.
-Mais tu en as parlé à quelques personnes hier, c’est bien. Et elles t’ont aidées à leur façon. La prochaine étape serait de parvenir à en discuter avec les principales intéressées. Ce dont je suis certaine que tu es incapable, malheureusement.
-Yep.
-Tant pis, c’est déjà ça. Et arrête de faire semblant d’en parler à travers des articles comme celui-ci, et comme on te l’a déjà dit, arrête de fuir et sois moins incompréhensible. Ça, en revanche, tu en es capable.
-Il paraît oui.
-Bien. Et par pitié, n’aies plus recours à moi. J’ai pas que ça à faire. »

Julie se retourna, marcha vers les flots, sauta sur les eaux calmes du fleuve, marcha quelques mètres vers l’autre rive, salua de façon nonchalante Chihiro qui passait par là et disparut dans le brouillard.

Quant à moi, j’esquissai un sourire et regardai ce monde s’effondrer en une multitude de cubes colorés, dévoilant une petite colline au-dessus de laquelle sonnaient quelques notes d’Hisaishi.

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