And sparkle sounds to say.

« So, how are you holding up ? Because… I'm a potatoe. »

Catégorie : Récit (Page 2 sur 2)

Ars

Comment j’ai pu oublier l’essentiel dans mon dernier article.

Sisi.

Mercredi dernier, je suis allé au Louvre. Et ce, pour la toute première fois de ma petite vie. Au départ, j’étais un peu sceptique. Le hall où se trouvait la billetterie était extrêmement bruyant, c’était une vraie galerie commerciale, et j’avais peur que ce soit pareil une fois dans le musée. Mais pas vraiment.

J’ai commencé par les appartements de Napoléon III. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il vivait à l’aise. Très à l’aise. Une prtie somme toute sympathique qui n’a pas été sans me rappeler la visite d’un château dont j’ai oublié le nom, à Brighton.
Ensuite, je ne me souvient plus exactement du chemin que j’ai pris, mais j’ai fini par atterrir dans les galeries des grandes peintures. Vous savez, les trucs super connus, Le Radeau de la Méduse, la Joconde, La Liberté guidant le peuple, tout ça… C’était assez sympa, certaines oeuvres étaient vraiment sublimes… mais c’était noir de monde. Des classes entières de collégiens / lycéens et des cars entiers de touristes. Pas très agréable au final. Et la Joconde. La fameuse Joconde. Et bien cela va sans dire que j’ai été terriblement déçu en la voyant. Enfin, en l’apercevant de quelques mètres, plutôt. Mais tout de même. Elle est vraiment minuscule, on dirait presque un timbre tellement elle est ridicule. Je ne comprends pas tout le buzz qu’il y a autour de ce tableau que j’ai vraiment trouvé banal à côté d’autres, vraiment plus agréables et superbes à regarder. Alors ouiiii, Mona Lisa a été peinte par Le Grand Et Fameux Léonard De Vinci. Ok.
Mais certaines oeuvres de Delacroix étaient vraiment plus belles. Plus claires, plus précises, plus colorées, plus vivantes…

Je suis ensuite allé faire un tour du côté égyptien. Alors là, c’était assez agréable aussi. En fait, les objets d’arts qui y sont présentés ne sont pas vraiment (ou moins que dans les autres parties du musée) axés sur la divinité ou l’irréel. L’art égyptien est plus terre-à-terre, il représente plus facilement des scènes réelles, de la vie quotidienne… Comme en témoignent par ailleurs les écrits manuscrits qui s’y trouvent.

Ensuite, je suis passé à l’étage où se trouvaient toutes les autres peintures. A noter que c’est le troisième, que je ne savais pas qu’il y avait des escalators, et que c’était haut. MAIS BON mon esprit d’artiste a pris le dessus, et tant mieux !

De très beaux tableaux ici aussi, surtout d’origine française. J’ai notamment noté un tableau de Mathieu Le Nain, L’Allégorie de la Victoire, datant du XVIIè siècle, que j’ai vraiment apprécié. La symbolique y est vraiment évidente et bien représentée.
Après, il y avait aussi des Muses, des bouquets de fleurs ou d’autres scènes irréelles, mais toujours très joliment reproduites.
J’ai également remarqué le portrait de Madame Pasteur, dont j’ai oublié l’auteur, vraiment excellemment bien réalisé lui aussi à mes yeux.

Ha sinon, j’ai aussi fait un tour du côté de l’antiquité non-égyptienne, où j’ai pu retrouver La Vénus de Milo ainsi que Psyché ranimée par le baiser de l’Amour, très belle représentation.
Voilà un petit cocktail (ayant eu une flemme immense de mettre en ligne mes propres images, je reprends celles du site officiel…)

Psyche
Psyché ranimée par le baiser de l’Amour
Meduse
La Radeau de la Méduse
Liberte
La Liberté guidant le peuple
Victoire
L’Allégorie de la Victoire
Pasteur
Madame Pasteur

C’était donc une première visite très agréable, très instructive et très intéressante !
Et en solitaire, qui plus est !

Day after day.

En fait, je pourrais très bien être seul au monde que ça ne me dérangerait pas. Mais vraiment seul. Sur une planète désertique pleine de sable et de villes-fantôme. Seul. En revanche, à une condition. Que j’aie de la musique. Et que je puisse renouveler les morceaux que j’écoute.
C’est vraiment ce que je me suis dit en écoutant Never let me down again de Depeche Mode.
Vraiment, là, maintenant, tout de suite, être le seul être vivant sur Terre, marchant dans des paysages infiniment vierges de toute respiration, je l’aurais bien voulu et j’aurais, je pense, apprécié que la situation fût ainsi.
Mais non, à la place de cette alléchante perspective de solitude, je suis allongé dans mon lit avec des aiguilles incandescentes me traversant la gorge, les yeux et le cerveau de part-en-part. Génial. Je n’aime pas être malade, ça non, mais en plus ça me pourrit presque mes vacances. Quoique, dans le fond, si je peux voir cette neuilléenne dont je parle tant la semaine prochaine, alors je pourrai les considérer comme réussies. D’autant plus qu’un anniversaire se déroulera demain dans la joie ! J’espère être en forme.

Depeche Mode. Groupe découvert via une demoiselle musicalement extrêmement intéressante et fan de Muse, il m’est venu en tête alors que je cherchais des nouveautés à entendre.
Et je suis agréablement surpris par la tonalité du groupe en question. C’est vrai. Plus électronique que Muse, plus rythmé… Plus calme. Et surtout, psychédélique. Vraiment magnifique. En écoutant les bonnes chansons, on peut découvrir d’autres dimensions rien qu’ayant de telles notes dans les oreilles. Une rivière de sensations, de choeurs, de murmures, de lumière… Je ne sais pas trop comment décrire ce que je ressens. Vraiment, ce groupe joue avec nos sens de façon admirable. C’est reposant de les écouter, et passionnant. C’est comme de regarder un kaléidoscope. Voilà, c’est la définition parfaite.

Et ça ne m’étonne pas que ce soit la demoiselle mentionnée plus haut qui m’ait fait connaître ce groupe et qu’elle l’apprécie tant. Ca lui correspond parfaitement. Un peu à cheval sur deux univers elle aussi. Et c’est ça qui la rend particulièrement agréable à mes yeux.

Summer’s Story

Le titre est en rapport avec le nom anglophone du film, (500) Days of Summer, et aussi avec le sens que revêt le titre de cet article quant à tout ce que j’ai vécu dernièrement. Le point de départ de toute une histoire.

(500) jours ensemble, un excellent film, vraiment.

L’histoire d’une relation « amicalo-amoureuse » entre les deux protagonistes. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne s’agit pas du tout d’un film à l’eau de rose, loin de là. C’est une superbe histoire, très… réelle, en quelque sorte, racontée sans niaiseries. J’ai vraiment beaucoup aimé ce film, très belle oeuvre.

Elle part du fait suivant : une personne croit en l’Amour Fou, le Vrai, le Grand, le Beau Avec Une Majuscule, et la demoiselle n’y a jamais cru et n’est pas prête à y croire. Et pourtant, elles se rencontrent et s’apprécient.
Un film assez intéressant donc, et très agréable.

« Tom : What happens, if you fall in love?
Summer : You don’t believe that, do you?
Tom : It’s love, it’s not Santa Claus. »

Je pourrais presque citer le film entier tellement il y a de phrases sensées dans ce dernier.

Non, vraiment, superbe. Et, pour l’anecdote, découvert grâce au monteur du Rewind.

De plus, participent à ce film Joseph Gordon-Levitt, acteur de second plan pour Inception, et la jeune Chloë Moretz, jouant dans Let Me In et Kick-Ass, actrice que j’aime assez.

J’ai été touché par ce film, je ne saurais pas trop dire pourquoi… Certainement la réflexion sur « est-ce que l’Amour existe ? »

(désolé pour les citations en anglais, mais c’est dans cette langue que je l’ai regardé…)

« People should be able to say how they feel, how they really feel. Not, you know, some words that some strangers put in their mouths. Words like « love »… that don’t mean anything. »

C’est vrai… Dans le fond, qu’est-ce que tous ces sentiments définissent ? On est tous incapables de définir l’amour, alors pourquoi le nommer, pourquoi devoir s’y conformer ? C’est vrai que c’est contraignant. Si on savait parler et s’exprimer, si on pouvait dire ce qu’on ressent vraiment sans avoir l’air ridicule, sans être pris pour un idiot ou sans passer trois heures à trouver les mots… Ce serait tellement plus beau de pouvoir vivre comme ça. Mais non ! La société, le carcan émotionnel permanent dans lequel on vit… Alala.

Non mais c’est vrai… Dans le fond, on dit « je t’aime » à quelqu’un… Mais qu’est-ce que ça veut dire ? C’est peut-être pour ça que c’est si difficile à prononcer… C’est juste pas définissable comme sentiment, donc ce n’est pas la peine de vouloir le désigner avec des mots incapables d’en déterminer le sens.
Le fameux : « Comment je peux te dire, ce que je peux pas écrire ?! ‘faudrait que j’invente des mots, qui existent pas dans le dico ! » des Inconnus… Ce n’est que trop vrai !

Voir ce film m’a fait réfléchir. Trouver une raison à des sentiments. Comment les aborder, comment les interpréter. C’est d’ailleurs amusant de voir qu’une fois de plus c’est l’innocence qui triomphe. En effet, c’est la jeune Rachel (interprétée par miss Moretz justement), la petite soeur du protagoniste amoureux, qui fait des leçons de morale à ce dernier… Et force est de constater que tout ce qu’elle dit est vrai, et qu’au final c’est son innocence et son point de vue presque enfantin sur cette relation qui fait entendre raison à Tom, qui finit par joliment tourner la page. Ce que je trouve beau.

« You know, my friends are all in love with you. You know, it’s like we said. Plenty of other fish in the sea. »

Juste des coïncidences.

M.u.s.i.c

Je viens tout juste d’écouter In The Morning, de Wolfmother, et je suis dans un état un peu… second. Tout simplement, cette chanson respire la vie. Je ne sais pas vraiment comment le décrire, mais en l’écoutant j’aurais pu passer des heures à juste admirer la ville de Paris qui s’étalait sous mes yeux. Sans y réfléchir, juste à regarder le paysage.

En ce qui concerne le morceau suivant, qui se nomme 10,000 feet et est joué par le même groupe, je crois que c’est la première fois que je l’entends. Cette fois, ce morceau me transmet un état d’esprit différent. Il est plein d’énergie. On pourrait marcher des heures sans but juste avec cette musique. Mouhahaha, c’est puissant.

Tout ça me fait penser avec la discussion que j’ai eue ce week-end avec une petite fan de Muse. Sur le fait que la musique est quand même extrêmement importante et très… déterminante je dirais. Je veux dire, personnellement la musique m’affecte beaucoup. L’écoute d’un seul morceau peut me rendre triste ou joyeux, peut être entraînante ou bien me blaser comme jamais. Une seule composition peut me rendre mélancolique ou bien m’éviter de repenser au passé. Une seule chanson peut me mettre en colère ou m’énerver…

A bien y réfléchir, les discussions les plus intéressantes que j’ai, sur le plan de la perception, concernent la musique.

C’est quand même beau la musique. C’est beau de savoir l’écouter et de ne pas passer dessus comme sur n’importe quel morceau. Non. Chaque son a sa personnalité, ses émotions, sa force ou sa faiblesse… Qu’il nous transmet.

Être un artiste, ce n’est pas créer un morceau. C’est lui donner vie, le faire exister pleinement. Faire en sorte qu’il ne soit pas plat et inintéressant. Non. Il faut qu’il soit surprenant la première fois où on l’écoute, qu’il nous rappelle une personne, un événement. Qu’ils nous transporte en un lieu inconnu.

Je pense que trop peu de personnes ont vraiment écouté un morceau de musique. Je ne parle pas d’avoir un morceau en arrière-plan pendant qu’on fait la cuisine. Non, juste s’allonger, tranquillement, avec de la musique.
Laisser son corps s’engourdir jusqu’au point de ne plus le ressentir. oublier sa respiration et son rythme cardiaque. Ne rien voir, ne rien sentir d’autre que les sons que l’on entend.Il n’est pas nécessaire de faire appel à du classique pour ça. Non, il suffit juste de se poser avec un morceau qu’on apprécie. Et de ne rien faire pendant ce laps de temps, juste profiter des notes qui parviennent au cerveau.

Mais pour cela, il faut le vouloir, en prendre le temps, ce que personne ne veut faire aujourd’hui.

Tayzay

Avant toute chose, je tiens à préciser que j’ai écrit ce qui suit « sous le feu de l’action », donc cela ne reflète pas forcément mon état d’esprit en cet instant là-maintenant-tout-de-suite, ni ce que j’ai pu éprouver par la suite.

—————

J’ai l’impression de ne pas être vraiment moi-même. Le train a cet avantage, de par le calme que j’éprouve en le prenant, de faire amplement réfléchir. Là, j’ai l’impression d’être comme une sorte de spectateur. Les formes de ce TGV et les personnes y étant semblent être autant de volutes de fumée.
Floues, ces silhouettes remplissent mon univers. Mes lèvres sont sèches, les odeurs ne me parviennent que partiellement, et je ne perçois plus parfaitement le goût de ce qui parvient à mes papilles.
Mes sens sont comme… émoussés. Et j’ai les jambes engourdies. D’habitude j’aime cette dernière sensation, mais dans ce contexte ce n’est pas des plus agréables.

Pourquoi cela ? En fait, ce serait bien que vous, lecteurs (voire lectrices), ayiez la réponse à cette question, parce que je ne la connais pas.
Ou bien je refuse de la connaître, de l’admettre, je ne sais pas vraiment.
je suis fatigué, trop fatigué. Physiquement, c’est plus que certain, comme en témoignent mes épuisements à répétition et les nombreux
fail réveil que j’ai pu avoir dernièrement.
Mentalement, aussi. je suis fatigué de réfléchir, de trop penser. Non pas que les cours soient éreintants, loin de là, puisqu’il me faut bien admettre que je n’y réfléchis guère.
Non, pas vraiment. Mais pourquoi ? ha ça, bonne question. une appréhension d’aller à Taizé seul, peut-être ? J’en doute, puisque je n’y serai au contraire pas seul. Mais un peu quand même. Car nul doute que ses pupilles bleu-vertes manqueront cruellement à la scène pour que le tableau soit parfait.
A bien y réfléchir, c’est peut-être (sûrement ?) la cause de cet univers que je ne perçois en cet instant précis qu’à demi. Son absence.
« Cette personne brille par son absence. » Pas vraiment, non. Je serais tout de même curieux de savoir qui est plus ou moins le créateur de cette phrase, ainsi que dans quel contexte il a été amené à la prononcer. Quoiqu’il en soit, il est certain qu’elle présente, ç’aurait été un un bonheur total. En ce qui me concerne, du moins.
Sans oublier, évidemment, les autres absents, tels qu’un coude, un Nanterrien et Coco, par exemple.

mais bon, la vie est ainsi faite. C’est certainement très égoïste de ma part que de désirer ainsi sa présence alors qu’elle est occupée à se forger un avenir, mais je suis définitivement trop têtu pour parvenir à tenter de faire éclater et mourir cette bulle de sentiments qui persiste.
Mais pardon pour ces propos défaitistes.

A présent…
Le ciel est en majeure partie bleuté, bien que parsemé de nuages gris clair. j’aime à traverser ces plates contrées, légèrement vallonnées
(paradoxe, désolé), composées de champs et par instant striées de routes. Cette non-présence humaine est un régal pour les yeux et pour l’esprit. Le soleil vient de faire son apparition au-delà des arbres bordant la voie, haies boisées que nous parcourons à toute vitesse.
Ce si rapide mode de déplacement a quelque chose de grandiose une fois mis en musique. C’est grisant de voir le paysage se mouvoir si vite et rester flou à mes yeux.

Je conclurai cette première partie par un conseil : ne jouez jamais à saute-mouton avec une licorne.

—————

Ressentir toutes ces personnes chantant d’une même voix dans la chaleur de l’église comme un tout, comme un ensemble uni et indivisible.
Cette superbe sensation que je n’ai éprouvée qu’à Taizé.
Lorsqu’on entame ces chants pour la première fois, j’en frissonne. Ça fait si longtemps. C’est … oecuménique, vraiment. C’est beau. Si je vois flou, cette fois, c’est certes par la fatigue, mais aussi parce qu’il n’y a plus besoin de discerner chaque personne pour en voir les contours, la beauté, la grandeur, l’esprit. Nul besoin d’yeux pour cela. Ce qui est sans doute l’une des raisons qui fassent que l’on ferme les yeux durant le temps de silence.
Arrive le premier temps de prière justement. Temps de calme que je refusais de m’accorder depuis trop longtemps. A un instant, une bouffée d’amour fou m’envahit.
Et là, c’est vraiment la première fois que je ressens ça. Ce qui me fait songer que pour une fois, j’aime réellement une personne à ce point, que ce n’est plus une idiote lubie d’adolescent frustré.

—————

Décidément, Taizé me surprendra toujours autant. les temps de prière, au nombre de trois par jour, diffèrent grandement de ceux que j’ai connu les années précédentes. Maintenant que j’y pense, parce que j’ai fait ma confirmation ? C’est possible, très possible…
En particulier les temps de silence. Quoique je fasse, mes pensées finissent inlassablement par se tourner vers elle. Et je n’en peux plus de réfléchir autant à cela. Néanmoins, j’apprécie ces instants d’infinie tranquillité, bercé par le chant de centaines de voix oeuvrant à l’unisson pour produire le plus bel ensemble possible.
Ils me font du bien. Ce calme, je ne me l’étais pas accordé depuis longtemps. Dans ma nouvelle vie, je les refusais. Non pas que je n’en aurais pas eu la possibilité, mais je ne voulais pas. j’aurais dû vouloir, mais quelque chose m’en empêchait.
Cet univers dont je fais partie depuis quelque mois me semble… étranger. Et je ne m’y sens pas à ma place. Tous ces gens, bien que généralement aimables et agréables, ne s’offrent pas d’autre perspective que de passer tout leur temps devant un écran insensible. Ils semblent consternés que je me permette de partir et lâcher ce monde étouffant durant quelques jours. Mais qu’importe. Si cela continue à ne pas me correspondre, je préférerai choisir une voie qui me prendra moins la tête.
Pour en revenir à Taizé et aux pensées que j’y ai, qu’elle n’aille pas penser que l’évoquer en esprit elle, son souvenir ou son existence ne me fasse du mal, non, loin de là.
C’est simplement que c’est presque en permanence et que je n’en peux plus.

—————

Les alto. de si belles voix associées qui forment un sublime ensemble En les écoutant chanter, j’ai eu l’impression d’entendre la voix des anges.
Aussi, je suis resté ce soir jusqu’à plus de 22h30 dans la grande église de Taizé. Non pas pour prier, ou confier une quelconque pensée à Dieu, non, je l’admets.
Simplement pour chanter et résonner avec les quelques dizaines de personnes qui restaient. Ca fait tellement de bien de juste écouter ces chants. En fait, je me suis aperçu que ça me permettait de ne pas réfléchir. Du tout.
Et chasser quelqu’un de son esprit alors que cette personne nous hantait quasi-continuellement auparavant, ça procure un bien fou.

—————

C’est dans la quiétude peuplée de cette chambre 202 que j’écris. Il y a la belle mélodie de Cocoon qui me pousse à continuer la rédaction de ce pseudo-journal quotidien. Hier soir, la veillée agrémentée de bougies a subliment illuminé l’église. C’était beau. Et puis ensuite, comme dit précédemment, j’ai voulu rester. Parce que juste écouter, parfois chanter les mélodies dictées par trois chiffres lumineux, c’est vraiment relaxant. Et ça permet de se ressourcer, de se calmer. De ne lus penser à rien d’autre que ces chants, et ça en particulier, m’a donné beaucoup de bien.

Ha aussi, hier, MEJ à midi. On a retrouvé le camp qui était venu ici, on a chanté et dansé avec de parfaits inconnus, c’était vraiment très agréable.

A cet instant, un orchestre improvisé par un bonnet orange vient juste de se terminer dans des éclats de rire. pour ce qui était de nous remonter le moral, c’est réussi. Merci donc à lui pour ce moment.

Tout cela me fait découvrir un attrayant répertoire musical, qui va de la mélancolie aux histories d’amour en passant par les odes à la vie. C’est particulièrement bien de chanter tout ça, car en plus de me faire sourire, ça m’évite de me focaliser sur autre chose. Mais excusez-moi, je me répète.
Tout comme le contexte de Taizé, à bien y réfléchir. C’est vrai qu’ici j’y pense beaucoup moins. Son souvenir qui s’estompe devant tous ces visages étrangers ? Non, je ne le pense pas. Peut-être plutôt qu’occupé, j’ai l’esprit plus aisément tournée vers autre chose.

[J’apprécie notamment ces paroles :

Et je cours,
Je me raccroche à la vie,
Je me saoule avec le bruit
Des corps qui m’entourent ;
Comme des lianes nouées de tresses
Sans comprendre la détresse
Des mots que j’envoie.]

—————

Je retrouve l’ambiance conviviale que j’apprécie tant ici. une douce et légère musique, le murmure de quelques voix et le bruissement de tissus qui se frôlent, c’est relaxant. Une lumière gentiment tamisée sans pousser à l’excès. En ajoutant une appréciable chaleur à cela, ainsi qu’un groupe d’amis alentour, je me sens juste bien. Détendu.

—————

Sur cette dernière journée flotte comme toujours un parfum de départ. Je ne sais pas comment l’ont ressentie les autres, mais je me sentais un peu étranger de tous ces gens. En effet, tout le monde est parti la veille, et ce sont désormais des personnes différentes que nous croisons. C’est agréable, mais troublant. Je note en particulier un sweat d’une suédoise estampillé « I love 9A ». Ce 9A restera un mystère, mais ça m’a plu. Le fait que les langues, les peuples, les coutumes (par exemple celle de se balader en soutien-gorge en sortant de la douche) se mélangent. C’est surprenant et vivifiant.

—————

Le train. Encore. C’est assez amusant de voir qu’une histoire se commence comme elle se termine. Ce que je retiendrai de ce séjour, c’est en majorité les « rencontres » que j’ai pu y faire. Bien qu’il y ait eu bien trop peu d’étrangers à mon goût, j’ai apprécie quand, par exemple, je chantais dans l’église tout en échangeant regards et sourires avec les personnes alentours. Ou les paroles échangées avec des inconnu(e)s autour d’un chocolat chaud à l’oyak.
Taizé est donc en définitive un lieu agréable, que j’apprécie énormément et qui, en l’occurrence, m’a réellement fait du bien, et relaxé comme je ne l’étais plus depuis plusieurs mois.

Smile.

En ce sombre jour du 15 octobre, la ville-lumière était étrangement enveloppée d’une lourde et désagréable obscurité. Les cieux d’habitude si bleus n’arboraient que différents tons de gris. Pas un seul rayon de ce si précieux soleil ne filtrait à travers cette oppressante masse nuageuse. C’est dans ce morne et déprimant cadre que je quittai une fois de plus la capitale pour retourner en « province ».
Malgré cette atmosphère fort pesante, j’ai vu pour la première fois la… personnification, en quelque sorte, de la saveur d’un instant.
Je vois bien que vous me regardez d’un air étrangement sceptique, prêts à me déclamer un « MER IL ET FOU ! », aussi permettez-moi de vous expliquer de quoi il retourne avant que vous ne preniez la fuite.

Lorsque je m’arrêtai comme à mon habitude au Relay de la gare d’Austerlitz pour y attraper de la lecture, je n’étais pas le seul à vouloir y faire quelques achats. La cliente qui me précédait devait avoir une année ou deux de plus que moi. Elle était plutôt petite, et brune. Elle venait ici pour s’acheter un Twix. N’ayant apparemment pas prévu le fait d’avance, elle s’empressa de sortir une pièce du fin fond de son sac afin de pouvoir payer le vendeur. Et à ma grande surprise elle déballa aussitôt sa friandise fraîchement acquise et la dégusta avec une grande joie apparente. Juste le fait de la voir savourer cet amalgame de caramels et chocolats, avec le sourire jusqu’aux oreilles et les yeux touts pétillants d’étoiles… On avait l’impression que cette bouchée avait suffit à rendre sa journée merveilleuse. Et j’ai trouvé ça beau.

Oui, j’ai trouvé ça beau de voir quelqu’un d’heureux grâce à une si petite chose. Le bonheur c’est contagieux. Avant cette « rencontre », je n’étais pas particulièrement heureux -ni malheureux d’ailleurs- mais cet événement m’a fait sourire.

Tiens, puisqu’on est partis, continuons donc dans l’optimisme.

J’ose supposer que chacun d’entre vous connaît Jade et les sacrés mystères de la vie ? A défaut de l’avoir lu, je pense que vous avez entendu ce titre au moins une fois dans votre vie…
Et bien j’ai lu pour la première fois cet ouvrage, et je dois reconnaître qu’il m’a beaucoup plu.

Ha, mais je vois qu’une question est sur le point de sortir de vos lèvres, aussi… CHUT !
De quoi traite ce livre ? De la joie, du bonheur, de l’amour, mais aussi de Dieu.

Je n’étais au départ pas spécialement attiré par ce côté religieux, mais il se fait finalement assez discret, et en fait en lisant on s’aperçoit qu’au fond il n’est que secondaire.
Optimiste. Ce livre est optimiste. Mais tellement beau et innocemment écrit que ça en devient un réel plaisir d’être heureux.
Jade décrit le bonheur et la joie, mais aussi la tristesse qui n’est au fond que l’une des faces d’un nuage, d’une façon tellement… pure que l’on ne peut que lui donner raison.

Ce livre est vraiment une perle que je vous conseille fortement.

Personnellement, il y a trois passages que j’ai énormément apprécié :
« C’est difficile de sourire quand on est malheureux. En fait, on apprend. Et on s’aperçoit vite qu’il est encore plus difficile d’être malheureux quand on sourit. »
« La vie est comme une fontaine, elle chante toujours. Il suffit de savoir l’écouter. »
« A quoi ça sert de thésauriser dans son cœur ? Les sentiments qui ne sont pas donnés sont des sentiments perdus ! »

Avec une mention spéciale à la dernière, évidemment.

Imagine…

A prononcer à l’anglaise, sinon c’est moche.

Imaginons un monde sans humains. Ce serait tellement bien. Beau. Calme. Vierge de toute destruction. Délesté de toute bêtise et de toute ignorance.
« Il y a deux choses qui sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais pour l’Univers, je n’en suis pas sûr. », dixit Einstein.

Ce soir, j’ai lu la concrétisation de cette idiotie. Je suis tout simplement dégoûté. Pour même tout vous dire, j’ai honte. Tous simplement honte de mon espèce. L’humain, cette forme de vie si faible et qui pourtant a pu asseoir son hégémonie sur notre monde. Ce pauvre humain si frêle, et qui use de plus en plus de sa profonde idiotie pour plier le reste du monde à ses désirs.

Le rire n’est pas le propre de l’Homme. Certains singes savent rire. Le meurtre est le propre de l’Homme. Aucune autre espèce connue ne tue un membre de son espèce simplement pour que celle-ci ne vive plus.
Lorsqu’un loup en tue un autre, c’est pour suivre son instinct naturel et devenir chef de la meute. Lorsqu’un renard tue une poule ou qu’un chat fait d’une souris son repas, c’est pour sa survie.
Lorsqu’un humain en tue un autre, c’est pour satisfaire son plaisir sadique de voir les autres souffrir.
Ce n’est pas « Le bonheur des uns fait le malheur des autres »… Mais plutôt, « le malheur des uns fait le bonheur des autres. »

L’Homme entretient la haine. Lorsqu’un taureau est mis en cage pour le divertissement du public d’une arène. Lorsqu’un lion est privé de ses repas pour subir les coups de son dresseur.
Lorsqu’enfin, des hommes rient de la mort d’un autre.

C’est ce dernier cas qui provoque chez moi le plus d’aversion. Que cette personne ait été en colère ou non, soit-disant « attardée » ou non, rien ne permet de rire sur cet accident. Certains trouveront peut-être que je pousse la comparaison trop loin, mais j’ai le sentiment d’être retourné quelques millénaires auparavant, à l’époque où des foules abruties se rassemblaient pour assister aux jeux du cirque. Il suffit d’aller sur des sites proposant des vidéos « qui buzzent » pour voir que celles mettant en scène d’horribles accidents sont celles qui collectionnent le plus de vues.

Quand je vois que des gens s’amusent de la mort, je suis tout simplement dégoûté. Quand des gens s’amusent à enfoncer quelqu’un dans sa solitude. Quand des personnes apprécient de se moquer d’autres.

Et le pire est qu’ils ne se rendent pas compte de leur bêtise.
« Plus je vois l’Homme et plus j’aime les bêtes. »
Exact. C’est terriblement exact.

Je n’oserai même plus regarder les gens dans la rue, sachant que derrière chacun de ces visages fermés se cache un tortionnaire en puissance.

Cela me fait penser à l’Expérience de Milgram. Cette expérience qui met en scène une personne comme vous et moi. A cette personne on fait lire des questions à laquelle un comédien doit répondre. S’il se trompe, le participant doit lui envoyer des décharges électriques de plus en plus fortes. Bien évidemment, le « cobaye » n’est pas au courant que c’est un comédien qu’il a en face de lui et que les décharges électriques sont en fait totalement factices.
Il a été avéré qu’environ 65% des « cobayes » allaient jusqu’à administrer des décharges normalement mortelles à leur interlocuteur.
Si cette expérience prouve que l’humain joue parfaitement son rôle de mouton en suivant sans trop ciller les ordres d’une autorité supérieure, elle prouve aussi que l’Homme est parfaitement et simplement capable de faire du mal. Intentionnellement.

Et c’est particulièrement ça qui me dégoûte, aussi. L’être humain aime voir les autres avoir mal. Il aime faire mal. mais il n’aime pas avoir mal.

Quelle abjecte création. m’est avis que ce Dieu s’est planté dans son algorithme d’évolution lorsqu’il nous a banni au plancher des vaches. A moins qu’il ait prévu la chose et, par anticipation, nous ait envoyé loin de lui ?

Aussi étonnant que cela puisse paraître, je tiens en plus haute estime certains animaux que la plupart des Hommes. Les chats. les fourmis. Ce sont de parfaites formes de vie qui vivent naturellement, sans vouloir faire le mal autour d’eux.

Après ce passage misanthrope et parfaitement fondé, je sens qu’il va m’être difficile de continuer un article dans la joie et la bonne humeur…

Donc je dirai ceci : Les humains aiment faire le mal. Aussi, chers, lecteurs, pour combler ceci, aimez-vous les uns les autres, plutôt. L’Amour, avec un A majuscule, est la plus belle et la plus puissante force de l’Univers. Donc aimez-vous. Et à défaut de changer l’être humain, peut-être arriverons-nous à créer un îlot de joie et de gentillesse autour de nous.

Je veux aussi dire que moi j’aime. Non pas le « j’aime ! » de Facebook (d’ailleurs un « j’approuve », « j’apprécie », ou « je plussoie », aurait été plus approprié), non, j’ai aujourd’hui la joie d’aimer une personne qui m’est incroyablement chère.
Et même si diverses choses me font du mal à cause de cet amour, je suis tout de même heureux de l’aimer.

Car ce sentiment me permet d’occulter certains des mauvais côtés de l’Homme. A côté de tous ces abrutis qui ne savent que dire et faire du mal, je suis content de savoir ce que signifie le mot « aimer ».

Je finirai en disant que j’ai reçu ce soir le plus beau message qu’il m’ait jamais été donné de lire, je crois. C’est la première fois que l’on daigne jouer pour moi. Aussi j’en remercie son auteur du fond du cœur.

@@@

Certains l’auront peut-être remarqué, mais cet article n’a pas de titre. Pourquoi ?
Ha, encore et toujours cette question du pourquoi. Parce que je n’ai aucune idée de ce que je vais écrire ici ? Oui, c’est vrai.
Mais pas seulement. Parce que je vis une soirée assez chaotique. Pas dans les faits et gestes de cette soirée, banale comme tant d’autres, simplement parce qu’une sorte de… désordre m’habite en cet instant.
Je ne parviens pas à déterminer si je suis en colère ou juste las. Je ne parviens pas à savoir quoi écrire. Je n’arrive plus à parler.

Je ne sais pas. En ce moment est comme le… fond d’un trou noir. Tiens, ça sonne bien ça. Ecrasé, inconnu, on ne sait pas ce qu’on va y trouver, ni dans quel état. On ne sait pas où ça mène. Et tant de choses sont regroupées et amalgamées en ces lieux.

Light at the end of the world…

Je ne sais même pas quoi écouter comme musique. J’oscille entre de l’Einaudi, une touche de Linkin Park, Oomph! et Nightwish.

Tout à l’heure j’ai été amené à parler de l’inaccessible, du bonheur, toussa. Ces deux notions étant (et c’est bien lourd d’ailleurs) fortement entremêlées.

Oui, mais c’est comme le bonheur, c’est pas le bonheur en lui-même qui nous rend heureux, c’est la recherche du bonheur. Je pense que c’est un peu pareil, on a tellement de plaisir a obtenir quelque chose que l’on a tant voulu, que l’on a cherché longtemps, avec toute les épreuves que l’on a traversées. Sans parler forcément d’inaccessible, mais juste de difficulté à obtenir quelque chose, le parcours qu’on a fait pour obtenir ça, c’est là le plus important.

Je suis parfaitement d’accord avec l’auteur de ce paragraphe. Mais ce qui m’ennuie et m’étonne, c’est de savoir que cette recherche du bonheur potentiellement inatteignable n’a absolument rien de rationnel. Et ça, je ne le comprends pas.
Qu’est-ce qui peut pousser l’esprit humain à se dire « tiens je vais désirer quelque chose que je sais pertinemment que je n’atteindrai jamais ». L’important, c’est de participer ? Donc au final, est-ce que l’on se ficherait totalement d’atteindre un but, du moment qu’on essaie de l’atteindre ?
Illogique.

Aujourd’hui… Enfin, ce soir. A bien y réfléchir, on peut se dire que la journée est une longue soirée.
Donc, ce soir j’ai eu un petit coup de colère et d’énervement par rapport à ce fameux rêve inaccessible.

Tiens, en parlant de rêve. Cette demoiselle aux yeux verts se baladant nonchalamment entre mes oreilles a atteint, la nuit dernière, ce lieu qu’on appelle Onirie. Ce démon est entré dans mes songes pour y perpétrer son méfait. J’ai vécu pendant quelques inestimables instants ce rêve inaccessible. Et c’est ainsi que je me réveillai de beau matin avec une terrible sensation de manque. Mais bon. Après tout, c’est pas comme si ça faisait depuis pal de temps que ça durait.

Ça me fait penser à Inception. Lorsque Cobb court après le rêve de revivre auprès de sa femme disparue.
Dans mon cas, j’ai apprécié ce rêve qui, au réveil, me semblait s’être encore plus éloigné. Ce qui se confirma par la suite durant la soirée. Ce que l’on ne sait pas ne peut nous faire de mal. La curiosité est donc un vilain défaut, je viens de le comprendre.

J’aurais aimé regarder les étoiles cette nuit. Mais le ciel est d’un gris verdâtre faisant penser à de la cendre en suspension, les frondaisons, plus bas, résonnent du bruit de la pluie qui tombe sur les feuilles. C’est une belle nuit pour les oreilles. Moins pour les yeux. Ces yeux qui n’acceptent de ne rien voir d’autre qu’elle.

OptimiZ3d

Certes, je suis un geek.
Et quand on m’a dit qu’il fallait optimiser mon blog, je l’ai compris dans le mauvais sens. Mais ! Finalement, à défaut de le rendre plus mieux, je vais faire un article un peu plus joyeux que les autres.

C’est l’histoire d’un petit bonhomme qui se promenait dans la rue, entre de hauts bâtiments gris, par un matin pluvieux.
Ce petit bonhomme ne savait pas où il allait, ni pourquoi, ni comment. Alors il réfléchissait, afin de trouver des réponses à ces questions. Et il réfléchissait beaucoup, beaucoup, sans observer le paysage qui défilait à ses côtés, et sans faire attention aux passants.
Il était totalement aveugle au monde l’entourant. Il marchait tout droit et sans but, en bas devant lui.
De son univers, il n’apercevait que le sol maculé de saletés, que les gens qui tombaient par terre. Notre petit bonhomme n’aimait pas vraiment ce monde. Sans trop savoir pourquoi, mais il ne l’appréciait pas.

Et puis un jour, alors qu’il continuait son chemin, quelqu’un se cogna à lui sans prévenir. C’était le premier contact avec d’autres gens depuis fort longtemps. Voulant s’excuser, il observa plus attentivement la personne qu’il venait de croiser, et aperçut avant tout un sourire qu’arborait son visage radieux. Un sourire. Un vrai, qui vous met le baume au cœur.
Ne comprenant pas pourquoi cette demoiselle souriait tant, le petit bonhomme s’assit sur un banc avec elle, et ils discutèrent longuement.
Leurs bouches dévidèrent les fils de leurs vies, de leurs joies et peines, de leurs goûts, dans une atmosphère de joie que donnait la jeune fille.
A la fin de cette discussion, le bonhomme s’en alla et reprit son chemin, et il avait un peu relevé la tête. Il voyait maintenant les autres personnes qui marchaient comme lui. Certains semblaient hargneux, d’autres sautaient de joie dans tous les sens, d’autres avaient un regard sombre comme la nuit.
Il apprit ainsi à observer la beauté d’un regard.

Certains passant se retrouvaient à faire quelques mètres avec lui, et cela lui permit d’entamer de courtes discussions avec eux. Chacun des personnages s’en allait de cette discussion avec une connaissance en plus, un peu de joie supplémentaire, ou encore des idées pour commencer cette journée.

Alors que notre petit monsieur continuait d’avancer, toujours rongé par des pensées sombres, quelqu’un lui tapota sur l’épaule et l’embrassa sur les deux joues en riant. Puis cette personne repartit avec un sourire jusqu’aux oreilles. Le petit bonhomme avait les joues toutes enflammées ce cette rencontre et se surprit à sourire de plus belle.
Mais ils se recroisèrent de nombreuses fois, et chacun de leurs moments ensembles étaient autant de paroles, d’humour, de joies partagés.

Et ses pensées, qui n’étaient au départ qu’un tourbillon noirci et chaotique, s’éclaircissaient au fur et à mesure de ses rencontres. Lorsqu’un événement recréait des nœuds dans son esprit, alors comme par hasard il recroisait de nombreuses personnes et discutait longuement avec chacune d’entre elles, et s’en repartait tout joyeux et regonflé.

Et à chaque fois que des personnes prenaient le temps de l’écouter, sa tête se relevait un petit peu plus. Il apercevait alors le soleil et le ciel coloré qui se reflétaient dans les fenêtres, il aperçut le vol gracieux de quelques hirondelles planant entre les buildings.

Et puis parfois il se renfrognait à nouveau, pour une quelconque raison.
Alors, les gens auxquels notre petit bonhomme avait déjà parlé ou même, et c’est cela qui le surprenait le plus, qu’il ne connaissait pas énormément, accouraient à ses côtés et le secouaient afin de lui remettre les idées en place.

Et puis, un jour qu’il était ainsi remué par de nombreux passants, une main lui prit la tête et lui fit regarder le ciel.
Les volutes nuageuse sous un soleil doré se paraient de rose tandis que le disque lumineux se couchait derrière les flèches des gratte-ciels.

Et tous ses soucis s’envolèrent. Et il se dit que de toutes façons, regarder le sol ne lui apportait rien.
Alors il entreprit de sourire. Et il fit des efforts pour continuer à communiquer avec les gens qu’il avait rencontrés. Il voulait par-dessus tout rester en contact avec eux.

A ce jour, notre petit bonhomme est tantôt joyeux, tantôt heureux, parfois stressé, parfois rieur, parfois triste, parfois bougon.

Mais chacune de ses discussions avec ces gens aux yeux grands ouverts et pétillants de joie, aux sourires sincères et heureux de l’écouter le remplissent de joie.
Il aime toutes ces personnes. Grâce à elle, ce n’est plus un petit homme bougon qui regarde le sol, mais un humain souriant.

Page 2 sur 2

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén