Category: Rimes, vers et pseudo-poésie


Quelques vers, de l’encre tombée sur le papier.

 

[Syndrome de la page blanche]

Regard teinté de doubles croches
Encre sur les doigts, le monde sans sa poche,
Celui qui est tout sauf l’Homme de demain
Ne sait entamer d’autre refrain.

[Ode à la Solitude]

Croire et évoluer :
Penser que seule une en a la clef.
Laisser l’autre s’exprimer,
Et apprendre à naviguer.

[Lueur]

Elle revêt son habit de noir
Aux couleurs des larmes de ses filles.
Le silence, à l’instant ;
Cette beauté, discret firmament !

[L’Ami]

Tigre enfantin
Naturelle honnêteté
Plus que nous, humains,
Accompagne tes pensées !

[Panique]

Aux couleurs de l’esprit,
L’amour se mèle à la folie :
Des notes qui s’entrechoquent
— Sonnant l’espoir
Et la fin d’une époque.

[Sens]

Bonheur et résignation,
Etranges oxymores sentimentales.
Se donner et suivre une mission,
Embryons de bonheur global.

[Nuance]

Enfouies sous la pluie
Des mélodies sonnent à l’Orient.
Les fleurs sont réjouies,
On court après le temps.

[Création]

Entendre sous la pluie
Toutes ces mélodies
Causer de vie et d’humanité
En des lieux trop éloignés…

[Paix]

Le jour doucement s’éteint
Au creux de notes heureuses ;
Prenons nos destins en main
Et rêvons d’une année fructueuse !

[Imagine]

Retrouver cette joie amoureuse
D’une Canadienne aux rimes rêveuses ;
Dévoiler les pétales,
Courir après son idéal.

[Jour]

C’est la fin des aurores
La frise se déplace
Réfugions-nous dehors
Inlassable, si tenace !

[Temps]

Elargir ses perceptions
Sous un monde aux milliers de sons.
La solitude d’un jour qui s’éteint
L’hiver, n’est plus si loin.

[Avance]

S’élancer vers les étoiles
Vouloir surpasser son égal
Établir la confiance
Et arrêter les imprudences.

 

 

Olivia Ong, Emily

Vite, vite, vite, écrivons avant que la magie ne s’estompe !
Pendant que des bribes de notes me restent en mémoire.
Non, je ne me souviens pas de tout le concert. S’en rappeler parfaitement serait par trop insipide, je ne peux juste pas me rendre compte de sa richesse et de toutes les émotions qui m’ont *littéralement* fait fondre en larmes dès les premières notes.

J’aime Joe Hisaishi et sa musique absolument superbe.
Cela faisait longtemps que je n’étais pas entré dans un Zénith. J’étais relativement bien placé et, bien qu’un peu loin, je voyais très bien la scène.
Un piano bien évidemment au premier plan, entouré de violonistes et autres instruments à corde. Tout à droite, deux harpes siégaient fièrement…
Au second plan, Les bois. Il y avait des clarinettes, des hautbois, quelques bassons et flûtes traversières.
Derrière eux, les cuivres. Un tuba, des cors. À leur gauche, un second piano.
En arrière plan viennent tout d’abord cymbales, timbales et autres percussions, un gong, plusieurs xylophones ; au fond de la scène se trouvaient trois ou quatre rangs de choristes.
L’orchestre, le Star Pop Orchestra, a très joliment joué, à mes yeux c’était vraiment parfait.

Une soliste aussi a pris place sur scène pour quelques morceaux. Toutefois je dois dire que j’ai été assez déçu de l’entendre chanter en anglais et non en japonais. Je pense que ça aurait eu plus de charme, mais bon.

Le concert a débuté sur des morceaux tirés de Nausicaä et de la Princesse Mononoké. Ce sont ceux qui m’ont le plus transporté. Superbes. C’est difficile de mettre les mots sur une sensation aussi forte que celle que j’ai ressenti durant ces quelques heures de concert. Je ne vois pas vraiment comment l’expliquer ou le décrire…
Je ne sais pas trop pourquoi, mais des morceaux que j’avais simplement appréciés dans leur version normale étaient sur le coup extrêmement émouvants. J’en ai pleuré, oui, dès les premières notes, et c’est la première fois depuis plusieurs années je crois que je n’avais pas versé de telles larmes.

Ni de tristesse, ni de joie, seulement d’une émotion indescriptible, de beauté, de mélancolie, je ne sais pas trop.
Suivirent ensuite quelques morceaux tirés de films que je ne connaissais pas, très beaux eux aussi… L’entracte, puis l’Été de Kikujiro, entre autres, puis Totoro pour achever ce spectacle dans l’énergie et la liesse.

Parmi les morceaux que j’ai découverts et aimés (bien que ce soit le cas pour tous, d’une façon générale), il y a Kids Return — La version orchestrale est bien plus sublime que les versions disponibles sur le net — qui m’a tout autant transporté que les morceaux tirés de Nausicaä…

En réalité, c’était un vrai soulagement, un vrai bonheur de pleurer sans raison. C’était indescriptible. Et si sublime.

Durant les morceaux étaient diffusées des extraits de films ou bien des images du Japon en ruines… Autant vous dire qu’il est normal d’être ému.

C’était mon premier concert de musique « classique », et je ne regrette vraiment pas d’y avoir assisté. Une magnifique et inoubliable expérience.

À part ça, rien.
Enfin, si. Mais disons que tout ce que j’aurais à raconter me semble maintenant tellement fade et insipide à côté de sa musique…
Ce qui est assez étonnant, c’est que même l’immense et lancinante mélancolie ─ grâce à laquelle je sais toutefois désormais sans erreur ni hésitation quels sont les sentiments que je ressens en ce moment et depuis tout ce temps, ndlr. ─ que j’éprouvais hier encore suite à la journée que j’avais passée à discuter, assis sur l’herbe des Tuileries, comme durant l’été dernier à Parménie, s’est totalement envolée durant ce concert et a joliment disparu.
Magnifique sensation de vide que celle que je ressens ce matin.
Magnifique et pourtant assez désagréable au final. Mais bon, ce n’est pas vraiment ça qui me dérange.

Sans cela… J’ai eu ma période de poétisation et j’ai écrit deux soit-disant poèmes, même s’il s’agit plutôt ici de récits auxquels j’ai ajouté des rimes…

Le premier, que je vous inflige presque à regret, n’a pas vraiment de titre — et de toutes façons je n’ai jamais été doué pour en trouver, donc si l’un d’entre vous est inspiré, qu’il se dénonce. — et raconte… Je ne sais pas trop, au juste.
Disons qu’il décrit le ressenti que j’avais au moment où j’ai voulu l’écrire.

Là n’est plus question de logique ni de vérité
On en vient même à se demander
Si de Mars il ne singe pas l’animal
Ou si son collègue immaculé ne l’a pas rattrapé.

Tel la tortue forcée de courir à sa suite
Cette victoire on-ne-peut plus subite
N’en était pas réellement une
Étant aussi probable que la chute de la Lune.

« Ni l’un ni l’autre mes braves », aurait dit ce héraut
Qui autrefois de la reine tissait les chapeaux
« Simplement de mémoire en histoire
Et de souvenirs en soupirs
Il est parfois difficile de distinguer
Le rêve du sommeil de la réalité. »

Mais passons, là n’est pas l’importance.
Rien ne sert plus d’aller voir quelque sage
Qui d’un papillon a pris les feuillages
Lui assurant plus de prestance
Que l’être visqueux, chenille bleutée
Qu’autrefois elle était.

Notre malicieux ami souriant
Au conseils pourtant fort avisés
Se verrait dans ce cas bien malaisé
De devoir raisonner cet être aimant
Celui-ci n’écoutant plus que son cœur
Oui ce qu’il en reste n’ayant pas été brisé par la peur.
Ses conseils aussi sournois que malfaisants
Ne sauraient donc altérer de notre homme les tourments.

Heureusement, notre sanglant pion peut entrer en scène.
Parfaite dans son rôle de royal tyran,
Elle pourrait prononcer son injonction à tout instant
Et pourquoi pas user de son atout tranchant
Pour le délester de cet encombrant appendice
Dont il ne semble plus avoir l’usage depuis le dernier solstice.

Toutefois rien n’est moins sûr
Que cette lame percerait son armure
Longuement forgée par l’amour et le temps
Qui ne s’encombrèrent pas à prendre des gants.

Donc je propose de le laisser encore mijoter
Au fond de cette théière endiablée
Et attendons donc de voir ce qu’il advient
De ce fol être humain.

Le second, que j’ai voulu rendre aussi abstrait que celui-ci et sans pour autant réussir, raconte juste… un souvenir qui m’a particulièrement marqué et que j’avais évoqué dans cet article — ha ben non c’est vrai je l’ai supprimé celui-là \o/ —

Il n’a bien évidemment pas de titre non plus.

Tout à coup, sans raison,
Ce souvenir a décidé de refaire son apparition.
Subitement et sans prévenir,
Voilà que je me surprends à revivre cette fin d’un avenir.

À bien y réfléchir, c’est assez surprenant
De voir qu’il suffit d’un seul instant,
Que l’on n’aurait pas osé imaginer,
Pour que tout bascule et que ce qu’on appelait réalité
Soit défait de toute substance,
Perde la totalité de son essence,
Et voie ses atomes se décomposer.

Mais cessons de digresser.
Revenons plutôt à ce fâcheux événement,
Qui me plongea quelque temps dans le tourment,
Et que je parviens pourtant sans peine à me remémorer.

Sa chronologie en reste parfaitement claire.
C’était au mois de juin, et je venais alors de disserter
Sur un sujet par lequel je n’étais vraiment pas intéressé.
Encore un, certes, mais celui-ci ne me plaisait guère.

Une fois sorti de cette usine d’encriers fumants,
J’avais aussitôt l’esprit ailleurs, ne songeant plus vraiment
À ce piètre essai que je venais d’accomplir
Et pour lequel je n’avais pris aucun plaisir.

Aussitôt dehors, j’étais déjà lentement bercé
Par la lumière que les feuillages alentour laissaient passer
Soleil éclatant, ciel limpide et bleuté,
Voilà le tableau que je dressais de cette banale journée.

Toutefois le hasard, suivant son machiavélique dessein,
Décida de prendre le destin d’une étrangère entre ses mains.

Entrent en scène les artistes de cet étrange drame,
Monstre aux crocs d’aciers, symbole d’une civilisation
Ayant alors perdu depuis longtemps toute son âme ;
Silhouette inconnue , dont les cellules vibraient de vie à l’unisson ;
Terrible personnage, s’amusant de ces cordes tendues
Qu’il pouvait couper à loisir quand il l’aurait voulu ;
Puissant et diabolique dramaturge, usant de ses doigts effilés
Pour contraindre ses marionnettes à se déplacer.

En un instant et en un lieu, l’action étant bien évidemment
Terminée dès la fin de son commencement.
Un claquement de doigts, ceux de Maître Destin
Et la pièce commence enfin.

Petite poupée sans identité, insouciante
De ce qu’il allait lui arriver, se prit à vouloir avancer
Dans ses yeux aucune peur, et dans ses pas aucun tremblement,
Le script étant réservé à nos deux marionnettistes hors de la réalité.
Celle-ci ne pouvait donc à nul moment
Savoir ce qui allait au prochain instant
Lui arriver

Tout à coup, sans prévenir, l’impact, le choc !
Guidé par ses fils lui insufflant sa vitesse
Le monstre argenté se jeta soudainement sur la princesse
L’espace d’un instant, celle-ci s’envola ;
L’espace d’un instant, le temps s’arrêta.
Hélas, le bruit comme son mouvement étaient des plus équivoques…

Fracas brutal et assourdissant,
Vol plané violent et terrifiant !

Sans crier gare, notre petite poupée
Avait soudainement vu le ciel basculer
Suite à ce mastodonte d’acier
Qui l’avait percutée
Avant qu’elle ne retombe,
Inconsciente,
Sur le pavé.

Voilà, voilà.
J’avais aussi écrit une petite nouvelle à l’intention de la demoiselle aux yeux verts — dont j’avais dit que j’arrêterais de parler et que je lui trouverais un autre surnom (même si à bien y réfléchir, combiner les deux est relativement impossible \o/)… — mais j’ai envie qu’elle en garde le privilège. Mouhahaha. De toutes façons, c’était court et enfantin. Un petit peu d’écriture dirigée ne fait pas de mal parfois, et puis dans le fond ça m’a plu, je crois… Oui, bon, d’accord, je l’admets, j’ai aimé. Voilà. BREF.

À part ça, comme je voulais le dire au départ, suite à cette journée de mercredi passée avec quelques bafaiens, j’étais un peu dans un état second. J’avais beaucoup de choses à dire ─ à qui, je ne sais pas ─ et en même temps ça tenant en si peu de mots… Mais j’avais envie de le dire, de le redire encore et encore… Je n’ai pensé qu’à ces quelques mots dans les heures qui suivirent et j’avais envie d’en écrire des pages entières.

C’est là, à cet instant précis, qu’entre en scène le Moleskine. Miam.
Cela faisait 111 jours (no fake) que je ne l’avais pas pris en main. Et pour compenser, j’ai écrit durant plusieurs pages, en me répétant inlassablement, j’ai écrit pour aussitôt passer à autre chose et ne plus jamais lire les mots que j’avais couchés sur le papier. C’est fou ce besoin que j’avais de monologuer sans propos.
Non, franchement, il faut l’avouer, quel intérêt j’aurais à relire ce que j’écris dans ce petit carnet ? Absolument aucun. Je me suis en effet aperçu que je le prenais quand j’étais plus troublé que d’habitude. Donc relire les passages précédents ne ferait que raviver ces troubles. Ce dont je n’ai, bien évidemment, pas particulièrement envie, vous vous en doutez.

Dernièrement, j’ai aussi vu Minuit à Paris. Je ne suis pas particulièrement friand des films de Woody Allen ─ C’était la première de ses œuvres que je voyais ─ mais j’ai vraiment eu le coup de foudre pour ce film. Je le conseille plus que fortement à toutes celles et ceux qui ne l’ont pas encore vu.
Sur un fond de comédie romantique, c’est l’histoire d’un écrivain qui cherche l’inspiration. Et il pense la trouver au travers de promenades dans les rues de Paris, une fois la nuit tombée et minuit sonné. mais lors de ses déambulations, il va tomber sur un agréable anachronisme paradoxal et se retrouver au milieu d’écrivains d’un autre temps.
C’est vraiment un film magique, on se laisse très facilement emporter par son ambiance… En tant qu’amoureux de la capitale, je ne pouvais bien évidemment pas ne pas l’apprécier. Il est très mélodieux. Sans que ça ait de rapport avec la bande-son, qui se fait discrète, non, c’est juste que ce film est comme… une seule danse.
En plus de cela, c’est un film très intéressant et captivant sur le plan culturel, puisqu’il nous fait visiter le Paris d’il y a quelques décennies et la vie de célèbres artistes de l’époque…

Enfin, je me suis aussi plongé dans la lecture des classiques de Shakespeare… Hmm ce cher William. Oui, je l’admets, j’aime l’anglais, et c’est à mes yeux une raison suffisante pour apprécier cette culture si particulière. Ou pour élargir sa culture d’une façon générale.
À noter que je me suis procuré les ouvrages ci-dessous en version bilingue mais que j’ai vite abandonné la lecture anglaise, le niveau étant légèrement trop élevé pour moi, dommage…
En premier lieu, Hamlet. Une pièce remarquable qui met en scène une trahison, une vengeance et un amour. Le tout encadré par la folie. Celle-ci est ici parfaitement dépeinte et c’était vraiment très intéressant de lire les tirades d’Hamlet (le protagoniste) et d’y discerner au fond une part de logique… Vraiment une œuvre passionnante que je conseille à tous ceux ayant un brin d’âme littéraire.

Ensuite, Le Songe d’une nuit d’été. Celle-ci est une pièce à tendance moins capillotractée, elle est juste agréable et amusante. Rien d’énormément transcendant à mes yeux, mais c’était intéressant tout de même… Et relativement simple à comprendre, contrairement à Hamlet où on se perdait quelquefois.

Et là, je vais entamer Othello… Après, je ne sais pas. Mystère, vide absolu.
Je sais qu’en revanche je continuerai à écouter les bandes-son de Nausicaä, Chihiro et Mononoké en boucle !

Je vais finir sur une citation de Nietzsche que j’aime particulièrement et qui me donne un tout petit peu confiance en moi :

« Il y a toujours un peu de folie dans l’amour. Mais il y a toujours un peu de raison dans la folie. »

C’était une petite colline, au sommet battu, balayé et poli par les vents. Entourée de monts d’un vert sombre et parfois ornés de champs éclatants et lumineux, pourvue de forêts sur ses flancs et jusqu’à ses pieds.

D’un côté s’étendait une allée qui apparaissait illuminée d’activité une fois la nuit tombée. Une petite église agrémentée de quelques constructions en bois ou en pierre ainsi que de l’herbe simple, verdoyante et ondulant sous l’air ambiant, constituaient le point culminant de cette petite colline.

Nous étions à la mi-juillet, le ciel était d’un bleu sans impuretés et le soleil rayonnait sans ciller, loin au-dessus des frondaisons.

Tout a commencé à l’ombre d’un ukulélé, entre présentations et rires. Petit groupe « abandonné » là, à attendre quelques minutes l’arrivée d’une voiture.

Des goutes de couleur, souriantes et bariolées, vinrent à leur tour se loger sur cette petite colline. Ce petit groupe d’une quarantaine de personnes se retrouva réuni pour dix-sept jours.

23 juillet

Je m’allonge dans l’herbe légèrement humidifiée par une rosée crépusculaire.
Je ferme les yeux. le chant de quelques hirondelles ainsi que le bruissement des feuilles ondulant dans le vent parvient à mes oreilles en une curieuse mélodie.
Avec chacune de mes mains, j’attrape quelques brins d’herbe. Ces petits morceaux de vie tendus entre mes doigts me murmurent toute l’activité de ce sol terreux sur lequel je suis affalé.

Je m’étire autant que je le peux, et je sens le poids de mon corps s’évaporer peu à peu. Le souffle du vent, bien que léger, déclenche quelques frissons. Je me décide enfin à ouvrir les yeux.
Un nuage s’offre à moi, me proclamant toute sa morosité par une gerbe de gris noircie par l’absence de lumière ainsi que par le contre-jour lunaire.

En parlant de la Lune, cette dernière arbore un disque presque plein, dévoilant de multiples tâches noirâtres étant autant de cratères et dotant les nuages alentour d’un halo brumeux qui illumine l’espace tel une flamboyante aéronef.
Malgré la lueur diffusée par l’astre, quelques étoiles parviennent à pointiller le ciel nocturne de tâches lumineuses, nimbant les cieux d’autant de lucioles argentées.
Je pourrais m’endormir.

24 juillet

Les cailloux du sentier crissent sous mes pieds tandis que je me dirige vers le réfectoire. L’ai rais matinal ainsi que quelques gouttelettes de rosée déclenchent un petit frisson qui me fait enfiler un pull polaire. Ces derniers sont diablement bien faits. A la manière du pelage des ours vivant dans les étendues gelées de la banquise, sa texture crée une enveloppe d’air qui a pour particularité de conserver la chaleur.
Au moment où je me retrouve emmitouflé, je sens un petit peu d’air chaud m’envelopper. Je savoure cette sensation et hume l’air de ce matin. L’atmosphère plus que rafraîchie pénètre mes narines en créant un agréable picotement au niveau de mes joues.

J’aime ce moment.
Tant de silence. Pas de cris d’oiseaux ni de bruits d’enfants.
Aucun son tandis que je souffle quelques nuages de légère vapeur.

J’enfonce mes mains dans mes poches pour les protéger du froid. Je rêve qu’un petit oisillon vient se poser sur une branche basse puis sur mes doigts tandis que j’avance ma main vers ses plumes.
Enfin, la réalité me rappelle à elle alors que je me remets à penser.

Mon cœur bat à bon rythme après quelques échanges de balle au volley. je respire amplement afin d’emplir mes poumons d’oxygène.
En regardant autour de moi, je peux apercevoir des joueurs de chaque côté du filet ainsi que quelques groupes de filles assistant au spectacle. En arrière-plan, les arbres font un decrescendo en suivant la pente de la colline, découpant leur teinte turquoise sur des nuages d’un blanc laiteux et sur un ciel d’un bleu aussi pur que les yeux d’une princesse.

Un léger parfum de menthe lié à celui du chocolat, avec un soupçon de grenadine, emplit mes narines.

Je m’allonge dans l’herbe, les yeux fermés. Le contact de la nature sèche sur ma peau provoque un petit picotement sur mes bras, sensation très agréable. Je m’étends autant que je le peux. je sens un léger souffle de vent frapper mon corps et faire doucement onduler mon t-shirt..
Il me semble sentir une fourmi grimper le long de ma jambe gauche. Je la repousse doucement sur terre.

Mon corps entier est au repos. J’entends les feuilles des arbres à ma gauche qui, poussées par le vent, murmurent une liesse de mots m’étant totalement incompréhensibles.
Tandis qu’un nuage s’écarte, je sens le soleil ruisseler sur ma peau, provoquant une agréable sensation de chaleur sur mes bras et mon visage. A travers mes yeux fermés, je perçois une vive avalanche de lumière. Je les garde clos durant encore un instant pour profiter de mes autres sens.

Lorsque je les ouvre, c’est pour voir une masse nuageuse masquer une grande partie du ciel bleu. je peux apercevoir l’éclat solaire à la périphérie de mon champ de vision, à travers mon œil droit à moitié fermé et aveuglé par la lumière. il paraît qu’au soleil mes yeux se teintent de vert.
Je me relève et m’assieds pour admirer le paysage. Je vois quelques personnes assises, certaines écrivant, d’autres méditant sur je-ne-sais-quel sujet qui les intéresse. Je peux voir les feuilles en face de moi onduler sans ue le bruit de leur mouvement ne parvienne totalement à mes oreilles.

Un nuage se dresse au loin, surplombant l’à-pic des montagnes environnantes. Ils se déplacent toujours assez rapidement, signe d’un souffle puissant les habitant.
D’où je suis, je peux apercevoir leur masse cotonneuse de haut, du moins en partie.

Je m’allonge à nouveau pour profiter de quelques minutes supplémentaires d’ouverture au monde.

J’ouvre une dernière fois les yeux et regarde un triplet d’hirondelles voguer sur les vents.

[ La plume crisse sur le papier et projette son ombre sur les carreaux violacés d’un cahier à la couverture bleue.]

Les dernières paroles d’un chant résonnent encore dans ma tête.
L’univers m’entourant en ce moment est drapé d’ombre, uniquement éclairé par un halo de pleine lune. Aucun souffle de vent ne se ressent. La sensation du bois froid sur ma peau est très agréable.
J’entends les sons de la fête parvenir à mes oreilles et faire doucement trembler le sol.

Je vais danser.
Dans une légère pénombre, les gens exécutent des chorégraphies plus ou moins improvisées, au son de la musique diffusée par les hauts-parleurs. Le rythme de mon cœur s’adapte à celui, lourd, des basses. les pulsations m’entraînent moi aussi à bouger débilement dans tous les sens.

Il y a trop de lumière.

25 juillet

Le son des cloches me réveille par une tonalité étouffée par l’atmosphère. Je m’étire, emmitouflé dans son duvet tel un papillon naissant dans son cocon. L’air est frais et le contact de la toile glacée sur ma peau me fait frissonner. Je me prépare, soupire lentement, puis sors pieds nus de notre tente.
Le contact de la terre gelée et des herbes trempées, des cailloux du sentier, sur la paume de mes pieds provoque une sensation de douleur plus qu’appréciée en cet instant de la journée. Je marche étrangement, tentant en vain d’éviter les cailloux sans pour autant vraiment le vouloir, en me dirigeant vers la douche tout en frissonnant.

Arrivé sous l’eau brûlante et ruisselante qui me détend de manière plutôt efficace, je pense à Misguided Ghosts qui me trotte dans la tête. Aucune idée claire ne me traverse l’esprit. Je goûte cette tranquillité.
Toutes s’entremêlent, formant un nœud inextricable que je tente, avec un succès relatif, d’enfouir au plus profond de mes pensées.

[ Au fond, je n’ai jamais été qu’une plume devant une page vierge, à la recherche d’encre.]

Je me remémore une senteur de lilas associée à celle de la rose trémière. Le tout entouré d’un parfum de sève de sapin. La terre crissait doucement sous mes pieds tandis que la paire de lames que je tenais entre mes doigts entaillait la chair de ces fleurs.
J’imagine des êtres drapés de robes blanches, se mouvant sans bruit parmi les les plantes, s’y faufilant comme si elles en faisaient partie. Dryades ?

Brick by Boring Brick fait résonner ses accords à mes oreilles tandis que je fais briller les vitres avec un essuie-tout magique.
21 Guns vient ensuite, dévoilant sa puissante batterie. Je connais les paroles, les sons tout comme le rythme absolument par cœur.
Ayant terminé mon œuvre, je me mets à « osciller » en rythme, à jouer les pulsations de la grosse caisse avec ma main droite. Je chante aussi juste que je le peux (ahem), jusqu’au solo de guitare qui marque l’apothéose.

Assis, je fixe les flammes orangées dansant sur les braises rougies par la chaleur. Quelques petits brins de flamme virevoltent dans la fumée, créant autant de petites étoiles qui disparaissent dans les airs. La fumée est visible sous la forme d’un nuage grisâtre s’échappant en volutes des morceaux de bois enflammés.
je sens une odeur de brûlé, ce qui provoque un léger picotement dû certainement à la chaleur que j’inhale. J’aime sentir cette fumée.

Je ferme les yeux et écoute le léger souffle de vent faire frémir les étoiles, les craquements du bois soumis à l’étreinte mordante du feu, le crissement des grillons et les claquements de l’herbe qui se casse entre les doigts d’autres participants étant présents ici.

Des prénoms, des phrases, quelques faibles sanglots.

Des lumières dansent à travers mes paupières.

26 juillet

Mes doigts pianotent comme ils peuvent sur le manche de la guitare tandis que ma seconde main gratte les cordes pour tenter d’en faire sortir un son.
Je m’essaie à Wonderwall, d’Oasis, et je suis plutôt content de moi. Je joue ensuite ce qui me passe par la tête, sans que cela ait un sens, dans le seul et unique but de me distraire et m’occuper l’esprit.
J’entends les oiseaux gazouiller. De loin me parvient le bruit de la morsure d’une débroussailleuse. Un bourdonnement fébrile me fait tourner la tête et j’aperçois quelques guêpes voltant irrégulièrement et avec entrain autour des fleurs avoisinantes.

Une belle journée se termine. Entre une expédition parmi les arbres, des préjugés sur les geeks, un moment de solitude très agréable, une discussion intéressante qui a le mérite de mettre les choses au clair…
Je me rappelle. Le ballonnement du bus, diffusant une musique niaise. Des discussions plus ou moins intéressantes sur les sièges avoisinants. Mon esprit fatigué de réfléchir.

J’entends une musique assourdie par les murs, qui gagne en intensité tandis que la porte s’ouvre.

Je sens une odeur… nocturne. Juste celle d’un monde qui dort.

Voilà, je n’avais jamais pris la peine de publier tout ça, mais je pense qu’il n’y a pas de meilleur moment que maintenant pour le faire. :)

(bon, pour la suite, j’ai peur d’être un peu… maladroit, désolé :S)

Sentiments enfouis ou bien encore inexistants,
Toujours est-il que c’est alors en ce temps
Qu’une demoiselle aux yeux verts
Est entrée dans mon univers.

En ces jours d’été le ciel était bleu
Comme en réalité l’étaient en partie ses yeux ;
Et aussi niais que cela puisse sembler
Cette couleur en ma mémoire s’est imprimée.

Ce serait bien évidemment mentir
Que de dire qu’au premier coup d’œil
J’ai senti mon cœur bondir.

Non, je n’ai au premier abord rien ressenti de particulier
Après tout, je venais tout juste de faire sa connaissance,
Et rien ne pouvait à mes yeux alors justifier
Que je donne à cette rencontre tant d’importance.

Toujours est-il que ce séjour s’est admirablement déroulé,
La demoiselle et moi avons agréablement discuté ;
J’ai commencé à apprendre à la connaître
Et c’est sans doute à ce moment que ce que je ressens envers elle a dû naître.

Je me souviens d’avec elle avoir dansé,
C’était pour moi une première et j’ai beaucoup apprécié
Tout comme les quelques promenades nocturnes auxquelles
Nombre d’entre nous se sont adonnés,
Dans la quiétude d’une Lune pleine et belle,
Dans le silence des nuits d’été.

Après tous les jours que sur cette colline on a passé,
Il a bien fallu hélas un jour s’en détacher.
Illusion groupale, il paraît que ça a un nom.
Mais nous on s’en fichait, c’était surtout passé trop vite, au fond.

Ensuite, il nous a fallu oublier les chants en canon
Et s’adonner à toutes sortes d’émotions.
Décidément, il y a toujours autant d’adieux,
Et à chaque fois on a l’impression d’être plus malheureux.

Mais qu’importe !
Des souvenirs plein la tête et des étoiles plein les yeux,
Il leur a bien fallu rentrer chez eux
Et repenser durant quelques instants
A ce qu’on avait vécu, ensemble, auparavant.

Quant à moi, je n’ai rien trouvé de mieux à faire
Que de dans l’écriture une fois de plus me complaire ;
Et c’est donc tout guilleret et sans réfléchir
Que j’ai écrit une longue lettre à cette demoiselle dont me hantait le sourire.

Ayant terminé, je ne saurais dire comment j’avais fait…
Écrire autant, sans but, j’irais presque jusqu’à dire que ça m’effrayait.
C’est fou ce que parfois, sans faire attention
En laissant notre esprit voguer à l’horizon,
On peut se surprendre soi-même
A écrire des pages et des pages irréfléchies, sans aucune peine.

Je sais pas comment te dire
Ce que je peux pas écrire,
Faudrait que j’invente des mots
Qu’existent pas dans le dico !

Je ne saurais pas vraiment comment décrire
Ce qu’envers elle alors je ressentais,
Mais aujourd’hui ça me fait sourire
De voir toute la mélancolie qu’alors j’avais.

Toujours est-il qu’on a parlé,
Prétextant un pari insensé ;
Mais moi j’étais juste heureux
De pouvoir autant converser.
Je crois pouvoir dire sans trop me tromper
Que d’une belle part de nos vies on a discuté.

Ensuite, au début de cette année,
C’est une pièce assez confuse qu’elle et moi avons joué
Mais dans le fond c’était plutôt compréhensible
La distance et le temps nous ayant pris pour cibles.

C’est étrange ce qu’alors je ressentais
Toutefois, je pense être capable de dire
Que cette demoiselle, je l’aimais.
Il me faut bien admettre que c’était différent.
Des demoiselles, j’en avais aimées, mais à bien y réfléchir
Cette fois ça n’était vraiment pas comme auparavant.

C’était plus intense, et plus puissant
J’y étais plus attaché et je le ressentais différemment

Après tous ces jours passés à discuter
Je n’ai pas peur d’annoncer
Qu’elle fait depuis
Partie de ma vie

C’est ainsi, et aujourd’hui je ne sais pas.
Ce que je dois en penser,
Si il est raisonnable d’encore aimer.
Ni comment tout cela finira

Je peux même dire qu’en réalité je ne sais pas vraiment
Ce qu’à ce jour envers elle je ressens.

Parfois, je me surprends à y repenser
Lors de grands monologues insensés
Et je me dis alors que de toutes façons
C’est perdu d’avance et que j’ai été un peu con
D’avoir un jour seulement pensé
Qu’à quelque chose illogiquement ça pouvait mener

Mais il paraît qu’en plus de donner des ailes
L’amour a tendance à nous aveugler.

Il ne reste plus qu’à laisser le temps s’écouler
Avancer,
Jouer,
Manipuler ses petites poupées ;
Et regarder tout cela évoluer

Je ne voulais pas l’écrire sous forme de « poème » au départ, mais je n’ai pas réussi à le rendre assez beau sans ça… Désolé pour certaines rimes foireuses et tournures de phrases étranges ^^ »

Voilà voilà… C’est une histoire. Je ne sais pas trop à quoi ça rime d’écrire ça maintenant, mais ça me tenait à cœur depuis quelques jours.

Ce que je ressens / ai ressenti envers elle, c’était vraiment la première fois que ça m’arrivait.
C’est unique.

Je crois que je comprends maintenant un peu mieux le vrai sens du verbe Aimer.

Avec une majuscule.

Un beau soir de novembre froid,
Alors que le vent filait tout droit,
Eut lieu par un futile hasard en un endroit inconnu
La rencontre de deux êtres jamais vus.

L’un était sombre et déjà mélancolique,
L’autre rayonnait de lumière ;
Lui vivait dans un monde rempli de poussière,
Elle était tout simplement magique.

Ces deux personnes de plus en plus parlèrent,
Et certains secrets ils se sont confiés.
Pour lui c’était somme redécouvrir la mer,
Et elle semblait s’en amuser.

Des instants uniques ils ont ainsi partagé
Que ne semblait pas troubler l’univers auquel il était enchaîné
Et dont elle l’aidait à s’envoler.

Longtemps ainsi leurs vies furent unies
Par un lien étrange et impalpable,
Et le temps dans sa grande folie
Semblait alors tomber sur un obstacle inébranlable.

Toutefois il arriva un moment,
Où cela n’amusa plus nos jeunes gens.
En ce cas il faut plutôt parler d’elle,
Puisque cette dernière choisit de regagner son ciel.

Il faut croire que la demoiselle se lassa
De l’écouter déblatérer tout ce blabla,
Et préféra alors cesser de converser
Avec la personne qui l’avait tant appréciée.

Privé alors de sa seule source d’oxygène,
Lui tenta pendant un moment de refouler sa peine
Mais tomba finalement dans le désespoir
Et commença alors à broyer du noir.

De cette peine durant un temps il ne put se remettre,
Mais heureusement, au-dessus de toute chose régnait alors un maître :
Le dieu Chronos, qui s’aperçut avoir tout causé,
Tenta alors par tous les moyens de lui faire oublier
Cette demoiselle aux cheveux dorés
Qu’il avait tant aimé.

On peut ainsi dire qu’il y parvint.
Mais malencontreusement notre homme se souvint
Des moments qu’avec elle il avait passés.
Dès lors il s’abandonna à un fol espoir
Qui était celui d’un jour la retrouver.
Et depuis, chaque soir,
Inlassablement il continue à patienter.

Il se dit souvent qu’il ne comprend pas pourquoi
Toute cette histoire le met dans cet état.
Mais il n’a simplement pas songé
Qu’à cette demoiselle il s’était trop attaché.
Il se dit alors qu’il pourrait l’ignorer,
Mais dans la tristesse il ne manquerait pas de tomber.

Il est également hors de question de l’oublier
Puisqu’il faut bien avouer en premier
Que de ce courage il ne peut pas disposer.
Après tout ce qu’avec elle il a partagé,
En lui à jamais ces souvenirs sont ancrés.

Pour finir, cela l’attriste énormément
De voir que de lui elle se fiche désormais totalement,
Qu’elle semble l’avoir oublié celui
Avec qui elle avait autrefois tant ri.

Quelquefois encore il essaie de faire preuve de poésie,
Mais chacun des messages qu’il envoie se perd dans l’oubli…

Et le pire dans tout ça,
C’est que malgré les mauvais côtés qu’on y voit là
Sa vie est pourvue de plusieurs joyeusetés
Mais tristement sur cette histoire il préfère se focaliser.

« Ainsi est l’histoire de cette fameuse Neuilléenne ».
Après avoir prononcé ces mots et ayant fini d’écrire, Julie reposa sa plume, laissa quelques secondes à l’encre le temps de sécher puis caressa doucement les parties encore vierges de la page manuscrite. Le désordre qui régnait sur son bureau projetait sur le papier un chaotique et dément décor d’ombres.
Elle souffla la bougie qui s’éteignit sans un bruit, sortit de chez elle et s’enfut en courant dans l’obscurité, sous l’oeil blanchâtre de la Lune.